ß. Civllmchtspflege.
365 unb 368 0t. j!L OnöetUdj .lerurtgeUt; L au 10 r. uße;
2. 3u 50 r. ntfdjäbigung, 80 r. erftinftctnöHdje unb 20 g:r.
. Mur!3toften an Hfe stö9rer aUi; 3U ben stoften be 0taCtte!3,
lieftimmt; a. bie erftinftanöHdjen auf 16 r. 20 t .; b. bie
S'tefurnfoften be S'tidjteramte 58ern auf b r.; c. bie ooerge
rid)tfidjen auf 22 r.
B. egen biefe UrU)eH ergriff bie striigerin bie ?meiteraie9ung
an ba unbengertdjt. ei ber geutigen 5Ser9anbXung tft .btejeHie
Ueber erfönndj erfdjtenen nodj .lertreten. SDagegen erfdjemt bel'
effagte erfönndj. SDerfeIoe erWirt auf efragen, er 9aoe bn
efü9(, baß er 9iitte freigefnrodjen luft'ben foffen, ua er Uünfdje
unb beantrage.
SDa!3 unbenget'tdjt aie9t tn r Uägung:
- SDie eiteqie9ung ber stliigerin tann fidj natürIidj nur auf
ben i .lif , nidjt auf ben 0traftmnft beategen. ,3n 1 leijterer
e3ie9ung tft bM ltnbengeridjt J)ffenbar ntdjt fomnetent; ba
gegen ift banfetbe, ba bie ntfdjiibigungnforberung bel' stfiigerin
auf 3500 r. geftefft tft, alfo ben gefeijiidjen 0trett Uert9 enetdjt,
unb nadj eibgenöfiifdjem S'tedjte ölt oeurtgeHen tft, au ?BeurtgeiIung
be t '.lUnltnfte fomnetent. n ;obann bie geutige liirung
be eUagten anoe(angt, er oeantrage fretgefnrodjen au merben, fo
fann biefelbe nidjt in ?Betradjt faffen, ba ba uttbengeridjt all
58eurtgei(ung be 0trafnunft , 1.lie gefagt, nidjt fonetent ift.
- ,3n bel' 0adje feI6ft ift bie .lorinftanaHdje tfdjeibung ein
fadj au beftiitigen. SDer etIagte 9at bel' stliigerin, nadj me9rfadjen
'.lergeliHdjen 'lJ(a9nungen, burdj eine J)ffene fj30fttarte eine let?te
riit aur ?Beöa9lung 311.1eier lJ90tograptjifdjer Uber angefeijt, mit
ber SDr.o9un9, fie, Uenn iie nidjt beöal)le, tI im ?Blatte" öffentndj
mlld)en 3u Uoffen, unb mit bem eifügen, blle Uenn er bamit
tudj ntdjt erreidjen foUte, bodj Uenigften anbere '.lor bergfeidjen
dj Uinbeleien ge Uamt Uürben; er l)at im ernem ba 90to
gr 9ifdje '-ßorträt ber .reragerin in feinem an Iluffiiffiger 0telle
tngebradjten 0djaufaften altngeitefft, mit ber beutUdj renoaren
,3nfdjrift tI ltngeftefft UeH nidjt be3atjlt", unb 3 Uar gefdja9 bie ,
trot?bem bie .relägerin oe9Iluntete, ba nidjt fie :perfönHdj, fonbern
.lielme9r i9r l)emann au e3a9 ung ber !Redjnung be effagten
t ernfndjtet fei.
,3n biefem 5Ser9aUen be effagten Hegt otjne B Ueifef eine
VI. Ausdehnung der Haftpflicht. N0 32.
llttctlau"6te S)anblung unb e mui3te audj babltrdj, innbefonbere
burdj bie u5ftellung i9re5 fj3ortriit5, bie striigerin in Ujren
:perfönHdjen 5Ser9iHtntjfen emftrtdj tletleijt Uerben, Uurbe fie bodj
öffentndj in tledet?enber ?meile ar bö Umige 0djuibnerin gefeltn
aeidjnet unb bem ef:pötte be fj3uomum fj3rei gegeoen. mein
bie tlotinf
tan
3!idj geiprodjene ntfdjäbigung erfdjeint a '.loUftänbtg
genügenb; beren unmaß oetutjt in feiner ?meife auf unrtdjtiger
(nmenbung be eiel e . in öfonomifdjer 0djllben tft nidjt bar
get9an; e5 ift nidjt erfidjtltdj, baß bie strägetin ein e ueroe
betriebe ober f onft in einer 0teffung fidj oefiinbe, in Ueldjer itjr
burdj efiil)rbung i9re strebite ein mQterteffer 8djaben l)ätte
enti
te
g
en
rönnen; für ba oro mOt'aiifdje eib, Ue dje ber strä
Serin augefügt Uurbe, ift oie tlJ)rillftana(tdj gefnrodjene ntfdjabi
guns um fo mel)r boffgenügrnb, al ber efragte offenoar in
gutem lauoen ber, menn audj tlieffeidjt irrigen, illCeinung Uar,
eine orbetung an bie stliigerin oU oeftt?en, beren eaal)lung biefe
ö
u
Unredjt beweigere, fein 5Ser9aHen alfo MUU audj 3 Ueifeffoß
tCtbe!n )uertl) unb Uibenedjtndj, fo bodj fein befonber fdjulb
afte Ual'.
SDemnadj l)at ba ltnbengeridjt
erl'annt:
)ie ?meitel'aie9ung Uirb aogeroiefen unb e 9at bemnndj in
aUen l)etrelt oei bem angefodjtenen Urt(leife ber qsoliaeifammer
be efflltiou unb .reaffation 90fe5 be stanton ern '.lom
17. ,3anuar 1891 fein emeltben.
VI. Ausdehnung der Haftpfticht. -Extension
de la responsabilite civile.
32. A 'fret du 6 Fem'ier 1891 dans lu Cetuse Grivel
contre
Lienlwrd.
Par jugement du 23 Decembre 1890, la Cour civile du
canton de Vaud, statuant sur la demancle civile intentee
par
Grivel contre Lienhard, a ecarte les conclusions du deman-
166 B. Civilrecttspllege.
deur, admis celles liberatoires de la partie defenderesse, et
condamue le
clit demandeur a tous les frais du proces.
C'est contre ce jugement que Grivel, par declaration du
31 Decembre
1890, a recouru au Tribunal federal, conc1uant
a ce qu'il lui plaise lui adjuger les conclusions prises par Iui
en demande. Il declare renoncer a s'appuyer dorenavant Sur
les pretendus vices d'installation de la scie circulaire par
laquelle l'accident s' est produit, installation que le sieur
Grivel avait critiquee devant l'instance cantonale.
Le defendeur a concln au maintien du jugement attaque.
Statuant et considemnt:
En ai!:
Le 27 Mars 1890, en travaillant comme ouvrier salarie de
Jean Lienhard, locataire de la scierie du Tunnel a Lausanne
, ,
en compagnie de ce dernier et d'un sieur Pittet, Joseph Gri-
vel a
ete blesse a la main gauche par la seie circulaire, au
moment Oll il confectionnait un coin en bois destine a etre
utilise
pour un travail auquel Grivel partieipait sur Fordre de
son patron.
Par suite de la blessure regue Grivel a du etre ampute de
deux doigts, savoir l'annulaire et le petit doigt de la main
gauche, operation
qui entralna une incapaeite de travail cle
3 semaines seulement. Grivel a regu de Lienhard son salaire
jusqu'au
10 Mai 1890, plus une certaine quantite cle bois'
Lienhard, au cours du pro ces , a, en outre, offert amiablemen
une indemnite de 150 francs au demandeur, pour le cas Oll il
se clesisterait de son action, mais cette offre ne fnt pas
acceptee.
-Grivel est actuellement employe dans la
brasserie Gassier, a Lausanne, Oll il pergoit un salaire au
moins egal a celui que lui payait Lienhard.
Par demande deposee au greffe cantonal vaudois le 26
Aout 1890, Grivel fonde sur les dispositions de la loi federale
du 25 Juin 1881 Sur la responsabilite chile des fabricants, a
conclu
a ce qu'il plaise a la Cour civile prononcer que Lien-
hard est
son debiteur d'une somme de 3000 francs et interets
au
5 % des le 26 Juin 1890, pour indemnit8 ensuite de l'acci-
dent
du 27 Mars 1890.
VI. Ausdehnung der Haftpflicht. N° 32.
Par sonjugement du 23 Decembre suivant., dont est recours,
la
Cour civile astatue comme il est cUt plus haut.
En droit:
Le jour de l'aceident, la scierie du Tunnel figurait dans
la liste des etablissements
sOllmis a la loi du 23 Mars 1877
concernant le travail dans les fabriques.
En
ce qui concerne la responsabiIite du defendeur, le de-
roandeur a
declare, a l'audience de ce jour, abandonner son
alIegue consistant apretendre que la seie eirculaire aurait ete
eonstruite
cl'une maniere clefectueuse. Il reste a examiner si
cette responsabilite resulte de
rart. 2 de la loi sur la respon-
sabilite eivile des fabricants.
Le sieur Lienharcl ayant
excipe de la propre faute de la
victime, la
Cour a admis cette fante, par les motifs que Grivel
n'avait point
regu l'ordre de confectionner un coin neuf, en
usant de la scie circulaire; qu'en confectionnant neanmoins
ce coin, destine a detacher, soit a soulever les plateaux d'une
bille de noyer, Grivel le tenait par le petit bout,
mode de
proceder dangereux, et que pour faire un coin de ce genre
il n'etait point nenessaire d'utiliser la seie eirculaire, nne
hache pouvant suffire.
Ces divers motifs n'apparaissent toutefois point comme
c011stitutifs de la propre faute prevue a l'art. 2. precite. En
effet:
Il ne se justifie pas de pretendre qu'en se rendant a la
scie circulaire pour confectionner le coin destine a detacher
les plateaux d'une bille, le demandem a quitte le travail
commence
pom en entreprenclre U11 autre qui ne lui avait pas
ete ordonne.
Le detachement et l'enlevement de ces plateaux n'etaient
point
executes d'apres les regles cl'une division stricte des
operations entre les trois personnes qui s'en occupaient;
il
n'est, en particulier, nullement etabli, ni meme allegue, que
Grivel ait
regu l'ordre expres de vaquer exclusivement a la
manutention, soit
a l'enlevement des cueneaux et plateaux,
sans avoir a s'inquieter en quoi que ce soit de ce qui concer-
nait les coins.
Dn ordre tacite dans ce sens n'existait pas
B. Civilrechtspflege.
davantage, puisque Lienhard, qui voyait le demandeur s'ap-
procher
de la seie eirculaire dans le but indique, n'a lien fait
pour l'en
detourner; ainsi dans sa deposition 10rs de l'enquete
penale instruite par le juge informateur de Lausanne a la suite
de l'aceident, Lienhard
n'a d'ailleurs pas pretendu qu'en se
livrant a la confection du coin en question, Glivel ait uSurpe
un travail qui 1ui etait interdit, mais il s'est borne a constater
que
1e demandeur prenait son morceau debois maladroi-
tement
et le poussait directement, au lieu de le placer sur le
chaliot.
La confection du coin mmf par Grivel n'etait pas un travaiI
superflu, puisqu'il
est etabli, d'une part, que les deux vieu
coins, dont on pouvait disposer, etaient de qualite infelieure,
et que celui fabrique par le demandeur a ete reellement utilise
quelques instants
aprils par l'ouvrier Pittet.
En tout cas, meme une appreciation inexacte, de la part de
Grivel, de la
necessite de ce travail ne saurait, en dehors de
toute negligence de sa part, lui etre imputee a faute, des le
moment
Oll le defendeur n'a point proteste contre le dit tra-
vail, entrepris dans son intere1 et sous ses yeux.
4° Le reproche fonde sur l'usage fait par Grivel de la seie
circulaire en vue de ce travail
n'est pas davantage justifie. Il
n'est pas etabli que cet usage fut interdit en pareil cas; l'at-
titude passive de Lienhard, alors qu'il voyait le demandeur
se.
diriger vers cet instrument, et 1a deposition de l'ouvrier
Pittet, disant simplement que Grivel allait a la eirculp;re
pour confectionner UD coin parlent certainement en faveu!'
du contraire.
5° Il est, en revanche, constate par l'instance cantonale que
Glivel a saisi par le petit bout 1e morceau de bois qu'il pre-
sentait a la seie. Ce mode d'agir ne pouvait toutefois exclure
la responsabilite de l'entrepreneur que s'il etait etabli qu'il
impliquait
UD defaut de prudence ou une negligence de la part
du demandeur; or la partie defenderesse, a laquelle il incom-
bait de le demontrer,
n'a offert aUClme preuve a cet effet.
En tout cas il y aurait lieu de prendre en consideration que
des le moment qu'il ne s'agissait pas d'un ouvrier scieur de.
VI. Ausdehnung der Haftpflicht. N 32.
profession, mais d'un simple manamvre,l'emploi de celui-ci a
la seie eirculaire par le clefendeur comportait de la part du
sieur Lienhard un risque dont
il doit supporter les conse-
quences, alors que la maladresse cause de l'accident doit etre
attribuee a l'imperitie de la victime.
TI ressort de tout ce qui precMe qu'aucune faute, dans le
sens de l'art. 2. de la 10i de 1881 sur la responsabilite des
fabricants, ne peut etre attlibuee au sieur Grivel, et que le
defendeur Lienhard demeure des lors, aux termes du meme
article, responsable du dommage cause a son ouvrier.
6" Relativement a la quotite de l'indemnite a allouer au
demandeur, en prenant en consideration la diminution de
capaeite de travail resultant pour un manceuvre de la perte des
deux
deruieres phalanges du petit doigt et de l'annulaire de
la main gauche, en tenant compte du fait non conteste que
t
depuis l'accident, Glivel a trouve une occupation non moins
lncrative, en considerant enfin
l'age de 39 ans du demandeur
t
le montant de son gain annuel et la circonstance qu'il a deja
renu 158 francs du defendeur, une somme de 600 francs ap-
parait comme un equivalent suffisant du dommage eprouve
par le dit demandeur.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours
est admis, et le jugement rendu les 17/23 De-
cembre 1890 par la Cour civile du canton de Vand est reforme
en ce sens que le defendeur Jean Lienhard est condamne a
payer a titre de dommages-interets au clemandeur Joseph
Grivel-Pittet, la somme de 600 francs avec interet a 5 % ran
des le 26 Jnin 1890.