Restitution of appeal deadline in civil cassation

CCC.2000.122Übriges Gericht13.02.2001Dismissed

Von Omnilex extrahiert

Omnilex-Zusammenfassung

The employer appealed a labor judgment after the 20-day limit, claiming emergency hospitalization. The civil cassation court accepted an implicit request for restitution of the appeal deadline because a medical certificate showed hospitalization from 31 August to 6 October 2000 and inability to defend his interests. The court nevertheless rejected the appeal. It held that the appeal lacked sufficient cassation reasoning, refused new witness evidence, and found the substantive complaints unfounded: no proven damages, no justified salary deduction for 1 May, meal allowances were owed under the construction agreement, and the family-allowance objection was new and inadmissible. The appeal was dismissed and no costs were awarded.

Omnilex-Regeste

Art. 114 CPC; restitution of the cassation appeal period where the party was prevented from acting by emergency hospitalization; an implicit request is sufficient if the impediment is established by medical evidence. A cassation appeal must be reasoned by indicating the statutory ground relied upon and explaining the defect in the attacked judgment; otherwise admissibility is doubtful. No new evidence is taken in cassation save for procedural-error proof. Contractual or collective-agreement wage claims cannot be reduced by unilateral employer conduct, and new factual objections are inadmissible on appeal.

Gesamter Gesetzestext

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N° dossier: CCC.2000.122

Autorité:

Date décision: 13.02.2001

Publié le: 14.04.2008

Revue juridique:

Titre: Restitution du délai de recours à la Cour de cassation civile

Résumé:

Il y a lieu de considérer comme recevable un recours à la Cour de cassation civile déposé après le délai légal de vingt jours, lorsque le recourant sollicite implicitement la restitution du délai de recours et établit, par un certificat médical qu'hospitalisé il était dans l'incapacité de défendre ses intérêts pendant la période du délai de recours.

Articles de loi:

Art. 114 CPCN

A. Selon contrat des 10 et 13 avril 2000, R. a engagé G. comme aide, en formation sur foreuse, dès le 1er mai 2000, pour un salaire mensuel brut de 4'000 francs versé treize fois l'an, la période d'essai étant fixée à trois mois. G. a eu un accident de travail, le rendant incapable de travailler du 11 au 23 mai 2000. Il a repris son activité le 24 mai et, lors d'un entretien téléphonique avec son employeur le 25 mai au soir, ce dernier lui a indiqué que l'essai était terminé. Cette résiliation du contrat de travail, pour le 1er juin 2000, a également été signifiée à l'intimé par lettre datée du 24 mai 2000.

B. Le 6 juin 2000, G. a ouvert action à l'encontre de R. devant le Tribunal de prud'hommes du district de Neuchâtel. A l'audience du 10 juillet 2000, lors de laquelle la conciliation a été tentée sans succès, G. a conclu au paiement de 4'828.80 francs brut et 178 francs net; R. a conclu au rejet de la demande. Toutefois, dans un document déposé lors de l’audience de jugement, celui-ci a admis devoir 1'350,63 francs.

C. Par jugement du 7 août 2000, le Tribunal de prud'hommes du district de Neuchâtel a condamné R. à verser à G. 4'758.80 francs brut et 72 francs net. Ces montants se décomposent comme suit :

Salaire : Fr. 4'000.--

Part au 13ème salaire Fr. 333.20

Droit aux vacances Fr. 425.60

Total Fr. 4'758.80

================

Indemnités repas Fr. 22.--

Allocations familiales Fr. 150.--

Total Fr. 172.--

===============

./. acompte Fr. 100.--

Solde Fr. 72.--

===============

Le tribunal de première instance a retenu en substance, contrairement à l'argumentation de R., que celui-ci ne pouvait opérer de déduction sur le salaire dû à G. parce que le premier jour de travail (1.5.2000) était un jour férié, étant donné que le travailleur avait été engagé sur la base d'un salaire mensuel. Quant à la fin des rapports de travail, le délai de résiliation étant de 7 jours puisque G. se trouvait encore en temps d'essai, le contrat pouvait être résilié le 25 mai pour la fin du mois de mai. R. n'ayant plus souhaité que G. travaille à son service entre le 25 et le 31 mai, il restait lui devoir son salaire pour cette période. Au surplus le tribunal a retenu que G. avait été engagé comme aide, en formation sur foreuse, et non comme ouvrier spécialisé et que les prétendus dommages dus à son incapacité, allégués par R., n'étaient pas établis par le dossier, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'entrer en matière sur ce point.

D. Le 2 octobre 2000, R. recourt contre ce jugement dont il a reçu l'expédition motivée le 25 août 2000. Il fait valoir n'avoir pas été en mesure de déposer son mémoire de recours dans le délai légal de 20 jours, en raison d'une hospitalisation d'urgence survenue le 31 août 2000. Il conclut à ce qu'il plaise au tribunal :

" 1. De condamner G. pour fausses déclarations sur son statut professionnel.

2. De condamner G. à réparer les dégâts causés par son incapacité.

3. De procéder aux corrections du salaire dû, selon décompte annexé.

4. …".

La "conclusion" 4 est relative à une proposition de témoignages.

Les arguments du recourant sur le fond seront repris ci-après dans la mesure utile.

E. Le premier juge ne présente pas d'observations. Dans les siennes G. conclut à ce qu'il plaise au tribunal :

"1) De se référer au seul contrat de travail écrit signé par le représentant de la société X. et G., afin de déterminer le statut professionnel réel du salarié.

  1. De condamner la société X. à payer le décompte de salaire non soldé à ce jour.

  2. De condamner la société X. aux dépents (sic) ainsi qu'à verser des dommages intérêts au salarié pour un montant que le tribunal appréciera.

…".

Dans la "conclusion" 4, l’intimé s’oppose aux témoignages proposés par le recourant.

C O N S I D E R A N T

en droit

1. a) Le mémoire de recours n'a pas été déposé dans le délai légal de 20 jours dès réception par le recourant, le 25 août 2000, du jugement motivé de première instance. Il résulte toutefois de ce mémoire et du certificat médical annexé que le recourant sollicite, à tout le moins implicitement, la restitution du délai de recours, alléguant avoir été empêché d'agir en temps utile par une hospitalisation d'urgence. Comme le recourant a établi par le dépôt d'un certificat médical complémentaire (D.6a) avoir été hospitalisé du 31 août au 6 octobre 2000, sans être en mesure de défendre ses intérêts à l'extérieur durant cette période, la restitution du délai lui sera accordée et son recours sera considéré comme recevable de ce point de vue (art.114 CPC).

b) Quant à la forme, la recevabilité du recours est douteuse. En effet un recours en cassation doit être motivé (art.416 CPC), c'est-à-dire indiquer, même sommairement, en quoi l'un au moins des motifs de cassation énumérés limitativement à l'article 415 CPC est réalisé. Il ne suffit d'ailleurs pas d'invoquer l'un des motifs de recours mais il faut encore indiquer en quoi le jugement pèche, soit en quoi le motif de recours est réalisé. En l'occurrence le recourant n'indique nullement en quoi la décision attaquée serait entachée d'un vice constitutif d'une ouverture à cassation.

c) Il n'y a pas d'administration de nouvelles preuves en procédure de cassation (sauf s'il s'agit de prouver une erreur de procédure, non invoquée en l'espèce), la Cour statuant sur le dossier tel qu'il a été soumis au premier juge (RJN 1995, p.52). Il n'y a dès lors pas lieu d'administrer les témoignages proposés par le recourant.

2. Même en admettant la recevabilité du recours, celui-ci devrait néanmoins être rejeté.

En effet le recourant fait valoir que l'intimé, s'étant déclaré capable d'effectuer des travaux de soudure lors de son engagement, n'a pas pu souder deux pièces sur un chantier à Payerne, ce qui a coûté la somme de 600 francs à l'entreprise, et qu'il n'a pas été en mesure de fixer une foreuse sur le chantier du nouveau théâtre à Neuchâtel, la chute de cet engin ayant occasionné des dégâts pour 55 francs. Le recourant estime que l'intimé doit être condamné à réparer les dommages ainsi provoqués par son incapacité. Toutefois, comme souligné par le jugement de première instance, l'intimé avait été engagé comme aide, en formation sur foreuse, et non comme ouvrier spécialisé, et les dommages allégués par le recourant n'ont pas été établis.

Le recourant soutient par ailleurs que le 1er mai n'est pas considéré comme jour férié dans le secteur de la construction, que ce jour peut être chômé à la demande du travailleur mais qu'il n'est alors pas payé et qu'il lui a paru logique, l'ensemble des travailleurs de son entreprise ayant demandé à ne pas travailler le 1er mai 2000 de reporter l'engagement de l'intimé au jour suivant. Cette argumentation n'est pas pertinente. En effet l'intimé a été engagé dès le 1er mai 2000 pour un salaire payé au mois, de sorte que l'employeur était en demeure de lui fournir du travail dès cette date et qu'il n'est pas en droit d'opérer une déduction sur son salaire s'il a choisi de ne l'employer en fait qu'à compter du 2 mai 2000.

Le recourant allègue que, dans son entreprise, les indemnités de déplacement sont payées à raison de 5 francs par jour (entrant dans la part salariale) et de 9 francs (entrant dans le quota des indemnités proprement dites). Toutefois, en l'espèce, ce sont des indemnités relatives à deux repas de midi pris à l'extérieur sur un chantier à Payerne qui ont été allouées à l'intimé, soit 11 francs par repas, conformément à l'article 60 de la convention nationale pour le secteur principal de la construction en Suisse, à laquelle l'employeur ne peut déroger au détriment du travailleur (art.357 al.2 CO), de sorte que le grief du recourant n'est pas fondé.

La résiliation du contrat de travail étant intervenue pendant le temps d'essai, elle pouvait avoir lieu, chaque jour, en observant un délai de congé de 5 jours de travail, conformément à l'article 18 al.3 de la convention précitée. Le recourant a respecté ce délai en licenciant l'intimé par lettre du 24 mai pour le 31 mai 2000. Ayant renoncé à ce que l'intimé fournisse sa prestation de travail du 25 au 31 mai 2000, il restait tenu de lui verser son salaire durant cette période. Peu importe à cet égard que le recourant ait engagé l'intimé "sur la base de déclarations fixant ses capacités initiales".

Le recourant conteste devoir des allocations familiales à l'intimé par 150 francs, celui-ci n'ayant fourni aucun document attestant de l'existence de l'enfant y donnant droit, de sorte qu'aucune demande d'autorisation d'accorder ces allocations n'a été adressée à la Caisse cantonale neuchâteloise de compensation. Sur ce point, le jugement de première instance indique seulement que l'intimé a droit à des allocations familiales par 150 francs, ce dont on doit inférer que le recourant n'a pas fait valoir l'argumentation précitée en première instance; ce moyen, nouveau, n'est pas recevable en instance de recours. De plus il ressort des allégations mêmes du recourant que celui-ci n'a pas adressé de demande d'allocations familiales à la caisse concernée en faveur de l'intimé et nullement que celle-ci aurait refusé de les verser, faute de dépôt des pièces utiles par l'ayant-droit. Dès lors le recours n'est pas non plus fondé sur ce point.

3. Mal fondé le recours doit être rejeté, sans dépens, l'intimé n'étant pas assisté par un mandataire professionnel.

**Par ces motifs,

LA COUR DE CASSATION CIVILE**

1. Rejette le recours.

2. Statue sans frais.

Schlagwörter

deadline restitutioncassation appealhospitalizationemployment contractsalary deductioncollective agreementnew evidencefamily allowanceslabor law

Von Omnilex extrahiert

Kernrechtsfrage

Whether the late cassation appeal should be restored because the appellant was hospitalized and unable to act in time.

Extrahierter Entscheid

Yes. The court inferred an implicit request for restitution and accepted it because the medical certificate showed hospitalization from 31 August to 6 October 2000 and inability to defend his interests.

Extrahierte Begründung

Under Art. 114 CPC, a party prevented from acting by emergency hospitalization may obtain restitution; the certificate established such incapacity during the relevant period.

Kernrechtsfrage

Whether the cassation appeal was sufficiently reasoned.

Extrahierter Entscheid

The court found the admissibility doubtful because the appeal did not indicate which cassation ground under Art. 415 CPC was met or how the judgment was flawed.

Extrahierte Begründung

A cassation appeal must identify and explain at least one statutory ground; mere invocation of complaints is insufficient.

Kernrechtsfrage

Whether new witness evidence could be taken in cassation.

Extrahierter Entscheid

No. The proposed testimonies were refused.

Extrahierte Begründung

No new evidence is taken in cassation, except to prove procedural error, which was not alleged.

Kernrechtsfrage

Whether the employee had to compensate alleged damage caused by his alleged incapacity.

Extrahierter Entscheid

No. The damages were not established, and the employee had been hired as an apprentice/helper rather than a specialized worker.

Extrahierte Begründung

The record did not prove the alleged losses, and the first-instance court's factual assessment stood.

Kernrechtsfrage

Whether the employer could deduct salary because work did not start on 1 May 2000.

Extrahierter Entscheid

No. The employer remained in default to provide work from the contractual start date and could not reduce salary for having chosen not to employ the worker that day.

Extrahierte Begründung

The contract began on 1 May 2000 with monthly salary; the employer's later practical start did not justify a deduction.

Kernrechtsfrage

Whether meal allowances of 11 francs per meal were owed.

Extrahierter Entscheid

Yes. The allowance was due according to the applicable national construction agreement and could not be worsened by the employer.

Extrahierte Begründung

Art. 60 of the national construction collective agreement applied, and Art. 357(2) CO bars derogation detrimental to the worker.

Kernrechtsfrage

Whether family allowances of 150 francs were owed.

Extrahierter Entscheid

The challenge was inadmissible or unfounded because the objection was raised for the first time on appeal and the appellant did not show refusal by the compensation fund.

Extrahierte Begründung

New factual/legal arguments are not admissible in cassation, and the appellant did not prove any refusal by the fund.

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