Politique étrangère. Interventions personnelles
1936
N
16 décembre 1986
Est-il prêt à revenir sur sa décision de principe, du 18 août 1982, pour ce qui est de l'adhésion au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale?
Des voix officielles ayant sans cesse fait allusion, tout au long de la campagne qui a précédé la votation, à la politisa- tion extrême ainsi qu'à la mauvaise gestion de différentes organisations spécialisées de l'ONU, (et dont la Suisse fait partie), je demande au Conseil fédéral de nous renseigner sur les conclusions qu'il entend tirer de cet état de choses, compte tenu du résultat de la votation du 16 mars 1986. 5. D'une manière plus générale, le Conseil fédéral est-il prêt à tenir compte, dans sa politique étrangère, de l'attitude fondamentale du peuple suisse, enclin à plus de retenue en matière de politique extérieure ?
Mitunterzeichner - Cosignataire: Keine - Aucun
Schriftliche Begründung - Développement par écrit Der Interpellant verzichtet auf eine Begründung und wünscht eine schriftliche Antwort.
Schriftliche Stellungnahme des Bundesrates vom 22. September 1986
Rapport écrit du Conseil fédéral du 22 septembre 1986 Gegenstand der Abstimmung vom 16. März war der Beitritt der Schweiz zur Uno, den das Volk und die Stände klar abgelehnt haben. Selbstverständlich respektiert der Bun- desrat diesen Entscheid. Er ist aber gleichzeitig der Mei- nung, dass der negative Volksentscheid vom 16. März die Fortsetzung unserer Politik der engen Zusammenarbeit mit den Vereinten Nationen nicht in Frage stellt. Diese Politik, die seit 1946 verfolgt wird, entspricht einem beiderseitigen Interesse. Deshalb wird der Bundesrat den Vereinten Natio- nen im Rahmen der Schranken, welche die Nichtzugehörig- keit der Schweiz zu dieser Organisation setzt, weiterhin seine Unterstützung gewähren.
Der Bundesrat ist für die auswärtigen Angelegenheiten ver- antwortlich, doch steht es der Bundesversammlung und - wenn das Referendum ergriffen wird - dem Volke zu, die Gesetze zu erlassen und die internationalen Verträge zu genehmigen, wenn daraus der Schweiz neue Pflichten erwachsen. Die Bundesversammlung genehmigt ausserdem die Grundverträge der Organisationen, bei denen die Schweiz Mitglied ist. Die Tätigkeit des Bundesrats bewegt sich damit in Bereichen, die im Rahmen der schweizeri- schen Rechtsordnung klar definiert sind.
Den Bretton-Woods-Institutionen kommt nach Ansicht des Bundesrates Bedeutung zu als Stabilitätsfaktor im interna- tionalen Finanz- und Währungsbereich sowie als wichtige multilaterale Finanzierungsquelle der internationalen Entwicklungszusammenarbeit. Aus diesem Grund gedenkt er in Uebereinstimmung mit der Schweizerischen National- bank die pragmatische Zusammenarbeit weiterzuführen, die sich im Laufe der Jahre mit der Weltbank eingespielt hat und die unser Land bewogen hat, den Allgemeinen Kreditverein- barungen beizutreten sowie 1984 Vollmitglied des Zehner- klubs zu werden.
Die Schweiz hat sich in den Organisationen, in denen sie Mitglied ist, stets für eine sachbezogene Politik und für das gute Funktionieren der Institutionen engagiert. Der Bundes- rat beabsichtigt, sich auch weiterhin gegen Misswirtschaft und Verpolitisierung der internationalen Organisationen einzusetzen. Zusammen mit den andern Mitgliedern der Genfer Gruppe (Gruppe der westlichen Hauptbeitragszahler der Uno-Spezialorganisationen), der unser Land auch ange- hört, tritt die Schweiz für ein budgetäres Nullwachstum und für eine gesunde und übersichtliche Finanzsituation der internationalen Organisationen ein.
Der Bundesrat ist der Meinung, dass der ablehnende Volks- entscheid vom 16. März nur dem Beitritt zur Uno galt und nicht etwa unserem Willen, die internationale Zusammenar- beit fortzusetzen, oder gar unserer Aussenpolitik insgesamt. Er wird weiterhin alles daran setzen, der Schweiz eine wirk- same Beteiligung an der Bewältigung der Probleme zu ermöglichen, denen sich unsere Welt gegenübersieht.
85.969
Interpellation Grassi Aussenpolitik. Beteiligung der Bevölkerung Interpellanza Grassi Politica estera. Sensibilità del'opinione pubblica Interpellation Grassi Politique étrangère. Sensibilisation de l'opinion publique
Text der Interpellation vom 18. Dezember 1985
Die Gipfelkonferenz von Genf hat in der schweizerischen Bevölkerung ein grosses Interesse gefunden. Man hat jedoch den Eindruck, dieses Interesse habe mehr dem Spek- takel als den behandelten Problemen und ihren Auswirkun- gen auf die Entwicklung der internationalen Beziehungen gegolten. Auch die kaum in Gang gekommene Diskussion über den Beitritt der Schweiz zur Uno zeigt, dass sich unser Volk gegen aussen verschliesst, obwohl die Medien ausführ- lich über die Geschehnisse in der Welt berichten und der Tourismus den meisten Gelegenheit gegeben hat, andere Länder und Völker kennenzulernen.
Auch die Erfordernisse der Wirtschaft und der Technologie bestätigen, wie wichtig es für das Ueberleben unseres Lan- des ist, dass wir uns nicht in eine egoistische Isolierung begeben. Es ist darum absolut notwendig, dass auch unsere Aussenpolitik von der Mehrheit unserer Bevölkerung getra- gen und gestützt wird.
Deshalb frage ich den Bundesrat an, ob er es nicht für nötig erachtet, die Bevölkerung in vermehrtem Masse in die Poli- tik miteinzubeziehen, um sie an der internationalen Entwick- lung besser teilhaben zu lassen.
Testo del'interpellazione del 18 dicembre 1985
Il vertice di Ginevra ha creato un notevole interesse fra la popolazione svizzera. Si ha però l'impressione che l'inte- resse sia stato rivolto solo all'aspetto spettacolare e non al fondo dei problemi discussi, rispettivamente al loro riflesso sugli avvenimenti internazionali. Inoltre la discussione appena avviata sull'adesione della Svizzera all'ONU con- ferma la chiusura del popolo svizzero verso l'esterno e ciò malgrado che la stampa scritta e parlata riferisca compiuta- mente su ciò che accade nel mondo e che il turismo abbia permesso ai più di conoscere altri paesi e altri popoli.
L'importanza di non chiuderci in un'egoistica isolazione viene confermata dalle necessità economiche e technologi- che per la sopravvivenza del nostro paese. E' quindi indis- pensabile che anche la politica estera del nostro paese sia portata e ostenuta dalla maggioranza della nostra popola- zione.
A questo scopo chiedo al Consiglio federale se non ritiene necessario coinvolgere maggiormente la popolazione per renderla più partecipe agli avvenimenti internazionali.
Texte de l'interpellation du 18 décembre 1985
Le sommet de Genève a soulevé un grand intérêt parmi la population suisse. Toutefois, on a l'impression que cet inté- rêt s'est porté notamment sur l'aspect spectaculaire de la rencontre, et non sur le fond des problèmes qui ont été discutés ou leurs conséquences sur les événements interna- tionaux. En outre, la discussion à peine commencée sur l'adhésion de la Suisse à l'ONU confirme le manque d'ouver- ture du peuple suisse vers l'extérieur, cela en dépit au fait que la presse écrite et la presse parlée nous apprennent en détail ce qui se passe dans le monde, et que le tourisme a permis à nombre de gens de connaître d'autres pays et d'autres peuples.
Vu les nécessités économiques et technologiques qui conditionnent la survie de notre pays, il est d'une impor-
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tance capitale de ne pas nous isoler égoïstement. Il faut donc que la politique étrangère de notre pays soit assumée et soutenue par la plus grande partie de notre population. A cet effet, je demande au Conseil fédéral de dire s'il n'estime pas indispensable de sensibiliser dans une plus forte mesure la population pour qu'elle participe davantage à la vie internationale.
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Allgemeine Diskussion - Discussion générale
M. Grassi: Pour le peuple suisse, la politique étrangère est davantage une sorte de folklore qu'une véritable participa- tion. La visite d'un couple royal ou d'un chef d'Etat est, pour la plupart du spectacle. De plus, ni le Département des affaires étrangères ni le Conseil fédéral ne font quoi que ce soit pour illustrer, à l'intention des citoyens, les intentions et les objectifs de telles visites et les répercussions qu'elles peuvent avoir sur nos relations avec l'étranger. L'annonce des visites de M. Aubert, conseiller fédéral, à Moscou et en Chine, sans commentaires ni explications, sinon, au préala- ble, une vague conférence de presse de M. Brunner, secré- taire d'Etat, en est le témoignage récent.
Certes, dans une démocratie directe, la routine fait défaut sur le plan de la politique étrangère, et cela pour de bonnes raisons. En effet, la constitution fédérale confie la conduite de cette politique au Conseil fédéral et non aux cantons, tandis que le Parlement n'a que des fonctions limitées. On comprend donc pourquoi il existe une distance entre les citoyens et la politique étrangère, un certain manque de familiarité et de connaissances.
Le citoyen suisse est bien intéressé à l'évolution de la politique mondiale, mais pas à notre politique étrangère. En effet, il n'y voit pas la possibilité de l'influencer. En outre, le citoyen moyen a parfois des idées fausses, ou du moins dépassées, sur la politique étrangère. C'est ainsi qu'on a pu voir clairement, lors du vote sur l'adhésion de la Suisse à l'ONU, que la notion de neutralité n'est pas tellement ressen- tie comme un statut juridique bien défini, sur lequel se fonde une activité politique dans le domaine international, mais plutôt comme une distanciation à l'égard des querelles étrangères, presqu'une défense de faire de la politique étrangère. Très peu ont admis que la neutralité ne saurait être qu'un choix permettant de sauvegarder nos intérêts et rien de plus. C'est précisément un tel jugement sur nos intérêts, notamment ceux de notre Etat, digne d'être protégé sur le plan international, que le peuple n'est pas à même de porter. A cela s'ajoute le fait que l'information, d'une part, et la mobilité de la population, d'autre part, ont renforcé l'inter- dépendance des pays et de leurs habitants.
L'échange de biens avec l'étranger, à travers les importa- tions et les exportations, les disparités entre le Nord et le Sud sur les plans économiques et politiques, qui nous concernent, dans une certaine mesure, le développement fulgurant de la technologie et des catastrophes de grande envergure nous confirment que le monde est devenu une vaste communauté liée par le même destin.
C'est cette image du monde qui prévaut à l'heure actuelle, pour une humanité toujours plus «déboussolée», pour qui les choses les plus simples prennent un aspect émotionnel. Il est clair que l'homme y perd toute indépendance, tant sur le plan du jugement que sur celui des actes, et qu'il en arrive même à dépendre du jugement d'autrui. On constate ce phénomène partout, jusque dans les relations humaines et ni la politique intérieure ni la politique étrangère n'y échap- pent.
Pour toutes ces raisons, il me paraît d'une extrême urgence que le Conseil fédéral, autorité compétente pour l'exécution de la politique étrangère, la fasse mieux connaître au peuple, qu'il l'encourage à comprendre le pourquoi de nos relations internationales, de nos démarches, de nos actes de
toute nature, qu'il éveille dans le citoyen le sens de la participation en dehors de toute considération purement visuelle ou émotionnelle, et qu'il cherche un large appui dans la population au sujet des mesures arrêtées et des activités entreprises. Il faut, pour cela, avoir une stratégie globale et je demande au Conseil fédéral de dire s'il en a déjà une, et s'il est prêt à l'appliquer.
M. Carobbio: Il faut remercier la Commission des affaires étrangères de notre conseil qui nous donne aujourd'hui l'occasion de débattre de la politique étrangère du pays, même si le nombre de personnes présentes en ce moment dans la salle ne semble pas démontrer un intérêt particulier pour cette question, du moins jusqu'à présent. Notre groupe est convaincu qu'un tel débat est nécessaire, non seulement parce que le 16 mars dernier, le peuple et les cantons se sont prononcés contre l'adhésion de la Suisse à l'ONU, mais , surtout à cause des questions que maintes attitudes de notre pays dans le cadre de la politique étrangère soulèvent. C'est le cas en particulier des positions suisses sur le désar- mement et la paix, sur l'Afrique du Sud et sur le Nicaragua pour citer des exemples, sans parler des rapports avec les pays du tiers monde et du rôle que jouent dans ce contexte des milieux importants de notre pays comme les banques et certaines multinationales. Les réactions que ces attitudes suscitent dans notre pays, mais surtout dans ce Parlement - il suffit de rappeler à ce propos la position de ceux qui critiquent l'aide que la Suisse assure aux oeuvres d'entraide au Nicaragua - méritent un débat ouvert sur les orientations actuelles de notre politique étrangère. Nous souhaitons que de telles discussions aient lieu plus fréquemment.
C'est donc avec le plus vif intérêt que notre groupe a examiné et discuté la réponse du Conseil fédéral à l'interpel- lation de notre Commission des affaires étrangères. Disons d'entrée de cause que cette réponse peut avoir notre accord, dans la mesure où le Conseil fédéral revendique une présence active de la Suisse dans le concert des nations du monde. Nous aussi, comme le Conseil fédéral, nous avons été favorables à l'adhésion de la Suisse à l'ONU et parta- geons l'opinion, affirmée dans le rapport du gouvernement, selon laquelle la Suisse doit développer dans le respect de sa politique de neutralité et dans la défense de son indépen- dance des relations avec tous les pays du monde. Elle doit être présente de façon active dans les organisations interna- tionales, notamment dans celles qui s'occupent de la défense des droits de l'homme et du développement de nouveaux rapports entre les peuples et les Etats. Dans cette optique, nous approuvons les initiatives du Département fédéral des affaires étrangères à la Conférence d'Helsinki, pour citer un exemple, et dans d'autres instances internatio- nales. Nous approuvons aussi les initiatives de notre minis- tre des affaires étrangères dans ses contacts avec les divers pays du monde, y compris ceux impliqués dans des crises politiques ou militaires et ceux dont le régime est différent du nôtre. Nous soutenons également l'aide que la Suisse assure à des pays - je l'ai déjà dit - comme le Nicaragua, tout en la considérant insuffisante. Les critiques adressées aux responsables de notre politique d'aide au développe- ment, au nom d'une prétendue limitation des droits démo- cratiques dans ce pays n'ont aucun fondement. Elles oublient de préciser qui est l'agresseur et qui est la victime au Nicaragua. Il s'agit d'une position et d'une attitude pure- ment idéologiques, en définitive contraires aux principes mêmes d'une politique étrangère suisse respectueuse des droits des gens et des peuples. A ce sujet, permettez-moi, Monsieur Aubert, de vous dire que vos propos tenus à l'assemblée de l'Oeuvre suisse d'entraide ouvrière concer- nant précisément la démocratie au Nicaragua - si je m'en tiens à ce qu'a écrit la presse - sont fort discutables, pour ne pas dire autre chose. Je souhaite obtenir quelques préci- sions à ce sujet.
Cependant, le fait que notre groupe souligne les points d'accord avec les considérations contenues dans le rapport du Conseil fédéral ne signifie pas encore qu'il puisse se déclarer satisfait de la position de la Suisse sur le plan
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international et des attitudes qu'elle maintient ou assume dans plusieurs situations et problèmes de caractère interna- tional. Cela est d'autant plus vrai si l'on ne se limite pas à considérer la position suisse sur le plan international sous le seul aspect de la politique menée par le Département des affaires étrangères et si l'on tient compte du contexte global ainsi que de l'attitude générale du gouvernement et - je pense finalement que ce dernier est un aspect très impor- tant - des choix effectués par ce Parlement à plusieurs reprises en matière de politique étrangère. En définitive, dans cette optique, nos réserves et nos critiques sont multi- ples. Elles nous amènent à considérer la réponse du Conseil fédéral à l'interpellation de notre commission comme par- tielle ou du moins incomplète.
Nos réserves et nos critiques concernent plus particulière- ment la position et l'attitude de la Suisse par rapport à la politique du désarmement et de la paix dans le monde, la position et l'attitude de notre pays sur la situation en Afrique du Sud et en Amérique centrale, la position de la Suisse au sujet de questions comme l'endettement mondial et les rapports nord-sud, le rôle que des institutions suisses importantes comme nos banques et certaines de nos indus- tries, en particulier celle de l'armement, jouent dans les pays en guerre ou dans ceux victimes de graves tensions sociales et, finalement - c'est un cas particulier, mais également important - l'attitude que la majorité de ce Parlement a généralement - à ce propos notre assemblée est générale- ment en retard par rapport au Conseil fédéral - vis-à-vis des relations avec l'Europe communautaire et sa législation, surtout dans le domaine des questions du travail, de la politique sociale et de la protection de l'environnement.
Ce sont là des aspects importants que nous ne pouvons pas oublier, lorsque nous parlons de la position suisse sur le plan international. Dans ce domaine, l'attitude de notre pays est encore trop passive quand elle ne s'aligne pas sur des positions discutables. Pour nous convaincre, examinons brièvement chacun des points précités.
Premièrement, la politique de désarmement et de paix. On peut considérer comme positive la disponibilité suisse à organiser et à faciliter des rencontres internationales comme celles qui ont eu lieu à Genève, ainsi que d'autres démarches allant dans cette direction, mais notre groupe doit dénoncer le manque d'initiatives, de prises de position courageuses et claires face à toutes les propositions d'arrêt de la course aux armements discutées aujourd'hui dans le monde, notamment pour les armes nucléaires. Il est vrai que le Conseil fédéral et M. Aubert lui-même ont plusieurs fois déclaré que la Suisse est favorable à un désarmement. Nous approuvons cette déclaration, mais il nous semblerait utile que la Suisse prenne des initiatives plus concrètes en colla- boration avec d'autres pays neutres ou non alignés, afin de favoriser un véritable processus de désarmement. Notre pays a, à ce sujet, un rôle important à jouer.
Deuxièmement, la politique vis-à-vis de l'Afrique du Sud. Je ne veux pas anticiper sur le débat qui suivra, mais notre groupe doit tout de suite affirmer qu'il est inconcevable et inadmissible que la Suisse ne se soit pas encore décidée à prendre des sanctions économiques envers le gouverne- ment d'Afrique du Sud qui fait fi des droits de l'homme les plus élémentaires. Dans ce cas, on a la nette impression que les intérêts de nos banques et de nos entreprises multinatio- nales ont plus d'influence sur les choix de politique étran- gère que sur l'intérêt général d'une attitude plus claire envers l'Afrique du Sud. En ce qui concerne l'Amérique centrale, il faut également dénoncer, malgré le fait positif qu'est le maintien de l'aide, le manque de fermeté de la part du Conseil fédéral face à l'ingérence des Etats-Unis dans les affaires intérieures d'un pays libre et indépendant comme le Nicaragua. Cette ingérence a été démontrée clairement par les derniers faits relatés par la presse et les victimes suisses des interventions de la «Contra» au Nicaragua justifient d'autant plus une prise de position claire de la part de notre gouvernement vis-à-vis de l'attitude des Etats-Unis en Amé- rique centrale. De même que l'on a justement dénoncé l'intervention soviétique en Afghanistan, nous devrions éga-
lement, après tout ce que nous connaissons aujourd'hui, condamner l'interventionnisme de l'administration Reagan. Troisièmement, l'endettement mondial et les rapports Nord- Sud. Trop souvent à notre avis la Suisse - ce n'est pas toujours la responsabilité du Département des affaires étrangères, mais de toute façon, c'est l'affaire du Conseil fédéral - se rallie à des prises de position des puissances industrialisées, au détriment des pays du tiers monde. Notre rôle dans l'objectif d'un équilibre économique meilleur et plus juste entre le Nord et le Sud est nettement insuffisant. Quatrièmement, le rôle des banques et des industries multi- nationales. L'argent sale qui transite par nos banques, les détournements de la loi sur le matériel de guerre au sujet de l'exportation d'armes et le fait qu'aucune mesure législative précise n'est prise - je dénonce à ce propos la décision du Conseil fédéral qui a renoncé à réviser la loi sur les banques qui aurait pu permettre d'introduire des normes plus pré- cises - sont des éléments critiquables, parce qu'ils engen- drent des phénomènes négatifs pour l'image de la Suisse sur le plan international. Il ne suffit pas de prendre des initiatives positives dans d'autres domaines, si les agisse- ments de certains milieux finissent par ternir la réputation de notre pays.
Cinquièmement, les relations avec l'Europe communautaire et les dispositions législatives. Je ne veux pas m'étendre sur cette question, mais il me semble - ce problème concerne plus particulièrement le Parlement - que la Suisse doit prendre conscience - et à ce propos je partage les considé- rations émises par l'ambassadeur Blankart dans une récente conférence à Lucerne - de la nécessité de s'insérer plus activement dans le concert de l'Europe communautaire, si elle ne veut pas risquer de s'isoler. Il serait important que notre Parlement prenne des décisions sur toute une série de conventions européennes d'une façon différente que d'habi- tude, c'est-à-dire en les ratifiant.
Voilà les considérations d'ordre général auxquelles notre groupe est parvenu à propos de la politique étrangère. Lorsqu'on parle de la position suisse sur le plan internatio- nal, il faut donc aborder et débattre ces aspects particuliers précités. En plus des avis émis par le Conseil fédéral dans son rapport, nous souhaiterions avoir de la part de M. Au- bert quelques précisions sur les points soulevés ci-dessus.
Sager: Die Fraktion der Schweizerischen Volkspartei hat mit Interesse und Zustimmung vom Bericht des Bundesrates über die internationale Stellung der Schweiz Kenntnis genommen. Der Bericht ist so umfassend wie innerhalb dieses Umfanges überhaupt möglich. Er ist zudem so ausge- wogen, dass er auf der Linie dessen liegt, was als Minimal- konsens des Volkes über Aussenpolitik und Stellung unse- res Landes betrachtet werden kann.
Wir danken dem Bundesrat für diesen wertvollen Bericht, der den heiklen Problemen nicht ausweicht, sondern sie behutsam angeht. Er bringt zum Ausdruck, dass die interna- tionale Stellung der Schweiz - in der Momentaufnahme gesehen - zu keinen wesentlichen Besorgnissen Anlass gibt, abgesehen vom Gebrauch der Möglichkeiten, die unser Land, wie andere Länder auch, bietet, deren Missbrauch aber eher offenlegt als andere Länder. Wenn man jedoch den raschen Wandel der Möglichkeiten und die Zwänge zu internationalen Beziehungen berücksichtigt, sieht das Bild weniger rosig aus. Es sind nicht die bilateralen, sondern die multilateralen Probleme, die uns Sorgen bereiten.
Die Abstimmung vom 16. März hat eines sichtbar gemacht: Die Aussenpolitik unseres Landes löst im Volk wenig Echo aus, in einem Volk, das im Durchschnitt gesehen der weltpo- litischen Entwicklung vermutlich mehr Interesse entgegen- bringt als andere Völker. Da aussenpolitische Entschlüsse in zunehmender Zahl dem Referendum - und damit mögli- cherweise dem Volksbeschluss - unterstellt werden, müs- sen wir, als Vorbereitung auf künftige Entwicklungen, unsere Aussenpolitik dem Volke nahebringen.
Wir denken natürlich sofort an die Schulen und an die Parteien, die hier im Rahmen staatsbürgerlicher Ausbildung eine besondere Rolle zu spielen hätten. Allein, Schulen und
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Parteien sind mit der Bewältigung ihrer bisherigen Pflichten bereits an der Schwelle der Ueberforderung angelangt. Ohne Hilfe durch den Bundesrat werden sie kaum zusätzli- che Aufgaben übernehmen und erfüllen können. Es wäre darum verdienstvoll, wenn die heute vom Chef des Departe- mentes für auswärtige Angelegenheiten vorgelegte Ueber- sicht zu einem Leitfaden schweizerischer Aussenpolitik erweitert würde. Darin könnten sowohl deren Grundlagen - Neutralität, Solidarität, Universalität und Disponibilität - als auch die aussenpolitischen Mittel und namentlich die erwei- terten Bereiche, in denen Aussenpolitik heute geführt wer- den muss, etwas eingehender dargestellt werden. Ein sol- cher Leitfaden könnte von Schulen als Unterrichtsmittel und von Parteien als Diskussionsgrundlage eingesetzt werden. Das ist eine Anregung; sie liegt auf der Linie der Interpella- tion des Kollegen Grassi.
Wir haben nicht nur die eine Pflicht, unser Volk näher an die Aussenpolitik heranzuführen, sondern auch jene andere, nämlich die Schweiz und ihren Stellenwert im internationa- len Konzert der Staatengemeinschaft im Ausland selbst bes- ser zu erklären. Das sind Investitionen in unsere Zukunft; so wie die heutige Stellung dem Einsatz vorangehender Gene- rationen zu verdanken ist, haben wir uns auch für die nach- folgenden einzusetzen und zu arbeiten.
Als zweite Anregung sei der Vorschlag unterbreitet, dass sich das Departement für auswärtige Angelegenheiten intensiver mit der Darstellung der Schweiz und ihrer interna- tionalen Stellung im Ausland befasst. Am Ende seines Berichtes hat Herr Bundespräsident Aubert gesagt, das Hauptziel unserer Aussenpolitik sei es, die Stellung der Schweiz in der Gemeinschaft der Nationen zu festigen. Das ist von Bedeutung. Es geht nicht um Verkehrswerbung oder Landespropaganda, sondern um Beiträge zu internationa- len Diskussionen, die bereits geführt werden oder unbedingt zu führen sind. Die Themen liegen auf der Hand und seien hier nur mit einigen Andeutungen aufgeführt: Was ist die schweizerische Neutralität in Vergangenheit und Gegen- wart? Was kann sie in Zukunft sein? Wie grenzt sie sich von der Neutralität anderer Länder ab? Welche Haltung kann und will die Schweiz zur fortschreitenden Integration ein- nehmen? Welche Alternativen bestehen zur Europäischen Gemeinschaft? Wie ist es um die EFTA bestellt? Auf solche Weise bekunden wir eine stärkere Präsenz. Das müssen wir tun, weil wir sonst der Vergessenheit anheimfallen. Das wäre ein Rückfall.
Die Fraktion der Schweizerischen Volkspartei würde es begrüssen, wenn sich die Diskussion, anders als es Herr Carobbio vorschlägt, auf den Bericht beschränken würde und damit die Ueberparteilichkeit unserer Aussenpolitik in den grundlegenden Fragen demonstriert werden könnte. So bringen wir das Anliegen dem Volke gewiss näher als mit einer Diskussion der strittigen und polarisierenden Fragen. Dass auch diese bestehen, ist selbstverständlich. Aber es ist sinnvoll, das, was uns eint und verbindet - das konsensfä- hige Minimum also -, gelegentlich auch zu unterstreichen und die Spezialprobleme besonderen Diskussionen vorzu- behalten, wie sie über unsere Haltung gegenüber Südafrika zu führen sein wird.
Wenn wir getrennte Probleme getrennt halten, ebnen wir den Zugang des Volkes zum besseren Verständnis unserer Aussenpolitik.
Fischer-Sursee: Nach dem Nein des Schweizervolkes zum Uno-Beitritt sind Ueberlegungen zur schweizerischen Aus- senpolitik geboten. Es ist zu überlegen, was das Nein bedeu- tet, und vor allem, was es nicht bedeutet. Das Nein zum Uno- Beitritt war zweifelsohne nicht eine Absage an eine aktive Aussenpolitik und an eine völkerverbindende Solidarität. Das Nein war vielmehr von der Befürchtung getragen, unsere Neutralität würde beeinträchtigt. Zudem wollte sich der Souverän nicht in ein festes Organisationssystem ein- binden lassen, dessen Effizienz in Frage gestellt ist.
Das Nein bedeutet daher vielmehr eine erneute und massive Bejahung unserer Neutralitätspolitik, wie wir sie in den letz- ten Jahrzehnten entwickelt haben.
Wenn wir unsere künftige Aussenpolitik definieren wollen, ist ein Blick auf das Umfeld unerlässlich. Unsere Aussenpoli- tik steht im Spannungsfeld zwischen der Ost- und Westpola- rität und des Nord/Süd-Gegensatzes. Es gibt kaum ein welt- weites Problem, das nicht mindestens indirekt damit zusam- menhängt. Dessen müssen wir uns bewusst sein und unsere Aussenpolitik danach ausrichten.
Aufgrund unserer wirtschaftlichen Situation, unserer geografischen Lage und unserer Stellung als exportorien- tierter Industriestaat sind wir je länger, je mehr von diesen Gegensätzen und unerfreulichen Begebenheiten direkt betroffen. Ob wir es wollen oder nicht: wir geraten immer mehr in eine wechselseitige Abhängigkeit. Für uns heisst das, dass wir unser Land gegenüber der übrigen Welt wei- terhin aktiv öffnen. Viele Aufgaben können wir nur noch in einer grenzüberschreitenden Zusammenarbeit bewältigen. Aufgrund dieser Prämissen sieht die CVP-Fraktion die Stel- lung der Schweiz und ihre Aussenpolitik kurz wie folgt:
Unsere bewährte Neutralitätspolitik ist weiterhin Richt- schnur unserer Aussenpolitik. Diese Position wird durch die Solidarität und Disponibilität ergänzt. Wir dürfen in dieser Völkergemeinschaft nicht ein Passivmitglied sein, sondern haben aktiv mitzuwirken.
Solidarität heisst Fortsetzung und Verstärkung unserer humanitären und entwicklungspolitischen Hilfe zur Selbst- hilfe der Entwicklungsländer. Das Schicksal anderer Völker kann und darf uns nicht gleichgültig sein. Hier hat unsere Aussenpolitik einzusetzen und zu helfen, das wirtschaftliche Gefälle zu mildern und Strukturveränderungen herbeizu- führen.
Disponibilität bedeutet, dass wir bei Konfliktlösungen wei- terhin unsere guten Dienste anbieten und zur Verfügung stellen.
Als friedliebender Staat haben wir uns auf eine konse- quente Menschenrechtspolitik festzulegen und der Beach- tung der Menschenrechte auf der ganzen Welt Nachachtung zu verschaffen. Die KSZE bietet dafür ein besonders geeig- netes Forum.
Nach dem Nein zur Uno hat sich unsere Aussenpolitik, insbesondere die Aussenwirtschaftspolitik, noch vermehrt europabezogen aktiv auszurichten. Die europäischen Dimensionen sind neu auszuloten, vorab im Hinblick auf die Entwicklung in der EG. Trotz ihrer Schwierigkeiten wird die EG zu einem immer bedeutenderen wirtschaftlichen und politischen Machtfaktor. Es besteht die grosse Gefahr, dass wir wirtschaftlich ins Abseits gedrängt werden; andererseits stehen einem Beitritt zu viele Hindernisse entgegen.
Diese Entwicklung gilt es daher, im Interesse unserer Aus- senwirtschaft und unserer Gesamtpolitik im Auge zu behal- ten. Generell kann gesagt werden, dass sich unsere Aussen- politik noch vermehrt in den Dienst der wirtschaftlichen Belange unseres Landes stellen sollte. Man hört von seiten der Wirtschaft immer wieder Klagen, dass die Unterstützung durch unsere aussenpolitischen und aussenwirtschaftspoli- tischen Instrumentarien bisweilen Wünsche offenlasse.
Es ist durchaus legitim und erforderlich, dass sich unsere Aussenpolitik auch in den Dienst unserer Wirtschaft stellt. Eine gesunde Wirtschaft ist für uns als Exportland von lebenswichtiger Bedeutung. Hier hat die Aussenpolitik der Innenpolitik zu dienen. Allerdings stellt sich die Frage, ob die Wirtschaft nicht ihrerseits mehr mit der Politik zusam- menarbeiten sollte. Sie selbst weiss ja schon längst, dass sie, um bestehen zu können, mit der internationalen Entwicklung Schritt halten muss.
Wir bitten Sie daher, Herr Bundesrat, aber ebenfalls unsere
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Parlamentarier im Europarat, diesem Problem Ihre volle Aufmerksamkeit zu schenken.
Renschler: Aus der öffentlichen Diskussion über den Uno- Beitritt lassen sich u. a. folgende vier Punkte herauskristalli- sieren:
In der Bevölkerung herrscht grosse Skepsis bis Abnei- gung gegenüber internationalen Organisationen, wenn deren Nützlichkeit und Effizienz nicht offenkundig ist, was ja manchmal auch relativ schwierig festzustellen ist. Bei der Uno wog die Unglaubwürdigkeit des Handelns stärker als die Glaubwürdigkeit des Willens zur kollektiven Friedenssi- cherung.
Aktive Aussenpolitik findet Unterstützung, insbesondere die bilaterale Aussenpolitik und auch aussenpolitische Akti- vitäten im Bereich humanitärer Massnahmen, Menschen- rechte und gute Dienste. Das hat sich in den Diskussionen um den Uno-Beitritt immer wieder deutlich gezeigt.
Grosse Teile unseres Volkes messen der Neutralität eine geradezu magische Schutzwirkung für unser Land zu. In die Neutralität wird meiner Meinung nach mehr hineininterpre- tiert, als was sie tatsächlich gewährleisten kann, d. h. dass bei allen aussenpolitischen Aktivitäten, vor allem wenn es um Beitritte zu internationalen Organisationen geht, die Frage der Neutralität zu einem ganz zentralen Problem wird. 4. Wegen der ausgeprägten Neutralitätshaltung wird Aus- senpolitik häufig auch als alleinige Angelegenheit der ande- ren Staaten betrachtet. Man fühlt sich gewissermassen als Zuschauer am Rande der Weltbühne.
Weder der Bundesrat noch das Parlament konnten bisher die Aussenpolitik zur «Innenpolitik» machen und sie dem Volke entsprechend näherbringen. Hier stellen sich dem Parlament besondere Aufgaben.
Dazu bieten sich einige konkrete Massnahmen an:
Vermehrte Debatten über aktuelle aussenpolitische The- men - solche Debatten finden leider nicht sehr häufig statt; gängige Praxis ist, dass Aussenpolitik meist nur dann Gegenstand der Diskussion ist, wenn sie wegen Beschlus- seskompetenz unvermeidbar geworden ist.
Stärkerer Einbezug der aussenpolitischen Kommissionen in die Gestaltung der Aussenpolitik. Dazu gehört beispiels- weise die Konsultation der parlamentarischen Kommissio- nen bei neuen internationalen Abkommen, an denen die Schweiz mitarbeitet. Es ist für die Oeffentlichkeit wie auch für das Parlament besonders unbefriedigend, wenn wir zu internationalen Abkommen nur ja oder nein - im Sinne einer Ratifikation - sagen können. Hier sollten die Kommissionen über den Inhalt der auszuhandelnden Abkommen orientiert werden und dort auch ein Mitwirkungsrecht eingeräumt bekommen.
Die Beteiligung von Ratsmitgliedern an Delegationen für internationale Konferenzen ist als Möglichkeit der aktiven parlamentarischen Mitwirkung ins Auge zu fassen.
Es geht natürlich nicht nur um die Frage, wie der Stellenwert der Aussenpolitik in Volk und Parlament verstärkt werden kann; das ist ein Element. Entscheidender ist für mich die Frage, welchen Inhalt diese Aussenpolitik haben soll. Der Bundesrat nennt in seiner Interpellationsantwort die Prinzi- pien, nach denen sich die Aussenpolitik richtet: Neutralität, Solidarität, Universalität und Disponibilität, das sind alles so wunderbare Worte, dass das Volk sie einfach verstehen muss!
Nach Meinung des Bundesrates soll die Neutralität das Rückgrat unserer Aussenpolitik sein, also müssen wir eine Neutralitätspolitik mit Rückgrat betreiben. Das aber heisst Stellung beziehen, heisst Handeln, dort beispielsweise, wo Ungerechtigkeiten und Verletzungen von Menschenrechten manifest werden. Die Neutralitätspolitik darf sich nicht auf ausgewogene Lippenbekenntnisse beschränken, um ja kein Geschäft zu verpassen!
Solidarität soll nicht Herrschenden, sondern Unterdrückten gegenüber geübt werden. Universalität ist nicht auf die Beziehungen zu den Machthabern begrenzt. Sie muss die Völker, insbesondere die benachteiligten Bevölkerungs- schichten, mit einschliessen.
Disponibilität ist nicht allein für die Problemlösung zwi- schen Staaten reserviert. Wir sollten auch gegenüber bedrohten und verfolgten Einzelmenschen und -gruppen disponibel sein. Eine Aussenpolitik mit menschlichem Ant- litz ist notwendig. Eine solche Aussenpolitik entspricht unserer humanitären Tradition und dürfte auch in unserem Volke eine breite Resonanz finden.
Davon ausgehend ergeben sich drei Hauptakzente unserer Aussenpolitik:
Entspannungs- und Stabilisierungspolitik;
Friedenspolitik;
Integrationspolitik.
Bei der Entspannungs- und Stabilisierungspolitik steht Europa im Vordergrund. Die SPS strebt langfristig ein Europa an, das gleiche Distanz zu den Machtblöcken bewahrt und in der Welt eine eigenständige, stabilisierende und friedenssichernde Rolle spielt. Es gilt, den sogenannten Frieden der gegenseitigen Abschreckung in einen Frieden der gegenseitigen Verständigung zu wandeln.
Für Aktivitäten in diesem Bereich ist die Konferenz für Sicherheit und Zusammenarbeit in Europa, KSZE, das geeignete Forum. Der KSZE-Prozess hat sich bisher als ein krisenstabilisierender Faktor in der gesamteuropäischen Beziehung erwiesen. Die Konferenz über vertrauens- und sicherheitsbildende Massnahmen und Abrüstung in Europa, KVAE, schloss ihre erste Phase mit einem Dokument ab. Das Stockholmer Dokument bildet die Voraussetzung dafür, dass die dritte Folgekonferenz der KSZE in Wien der KVAE den Auftrag für die zweite Phase, nämlich für die Abrüstung, erteilen kann.
Wir von der SP erwarten, dass sich die Schweiz auch daran aktiv beteiligen wird. Es geht nicht an, dass sich die Schweiz in der Frage der Abrüstung abkoppelt. Die Abrüstung ist zu wichtig, als dass sie den beiden Grossmächten überlassen werden kann. Aus unserer Sicht muss in der KSZE ein Prozess eingeleitet werden, der von Absichtserklärungen zu völkerrechtlichen Verträgen führt. Gegenstand solcher Ver- träge könnten beispielsweise sein: die Schaffung einer atomwaffenfreien Zone in Europa, das Verbot chemischer Waffen, die Schaffung eines Systems zur friedlichen Rege- lung von Streitigkeiten oder die Bildung eines europäischen Sicherheitsrates. Entspannungs- und Stabilisierungspolitik, die innerhalb der KSZE zielstrebig zu verfolgen sind, stellen auch ein wichtiges Element der Friedenspolitik dar. Aber Friedenspolitik beschränkt sich nicht auf Europa, sie muss weltweit zum Tragen kommen. Unter Friedenspolitik verste- hen wir aussenpolitische Aktivitäten, die dazu dienen, die Ursachen politischer Spannungen und Konflikte bis hin zu denen von kriegerischen Auseinandersetzungen zu beseiti- gen. Der Friedenspolitik ordnen wir deshalb auch die Entwicklungspolitik zu, eine Entwicklungspolitik, die unci- gennützig und basisbezogen sein soll. Dabei messen wir den folgenden Leitlinien grosses Gewicht bei:
Die wirtschaftlichen Beziehungen mit Entwicklungslän- dern müssen konsequenter auf die gesetzlich verankerten Grundsätze der Entwicklungspolitik ausgerichtet werden. Das gilt für den Handel, die Kreditgewährung, die Exportrisi- kogarantie und die Privatinvestitionen. Es muss verhindert werden, dass positive Ansätze der Entwicklungszusammen- arbeit durch privatwirtschaftliche Tätigkeiten überlagert oder gar zerstört werden.
Statt staatlicher Mammutprojekte sollen in vermehrtem Masse Kleinprojekte nichtstaatlicher Organisationen geför- dert werden.
Das bisherige Verhältnis von zwei zu eins zwischen bilate- raler und multilateraler Hilfe soll beibehalten werden, und zwar ohne faule Tricks.
Die finanziellen Leistungen des Bundes für die Entwick- lungszusammenarbeit sollen weiter erhöht werden. Wir ste- hen da immer noch ganz unten auf der Liste der Industrie- länder.
Zur Friedenspolitik: Zu ihr gehört auch die konsequente Stellungnahme gegen Ungerechtigkeit und gegen eine Ver- letzung der Menschenrechte. Aktuelles Beispiel ist die Not- wendigkeit von wirtschaftlichen Sanktionen zur Unterstüt-
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zung der Anti-Apartheidpolitik in Südafrika. Aktive Friedens- politik verlangt ferner, dass das Waffenausfuhrgesetz strikt angewandt und verschärft wird, worunter beispielsweise auch Lizenzverkäufe fallen bzw. worin sie einbezogen wer- den müssen.
Mit der Integrationspolitik ist in erster Linie die Verstärkung der Position des Europarates voranzutreiben. Eine der Hauptaufgaben des Europarates liegt in der europäischen Rechtsharmonisierung. Diese müssen wir fördern, weil wir daran ein Interesse haben. Von den rund 120 Konventionen haben wir bisher nur 50 ratifiziert, wir müssen aber solche Konventionen noch vermehrt ratifizieren. Wichtigste Kon- vention, wichtigstes Werk des Europarates ist für uns die Ratifikation der Sozialcharta.
Ferner gilt es, unser Nahverhältnis zur EG weiter zu entwik- keln, beispielsweise durch die Verbesserung der Ursprungs- regein, durch ein Verbot mengenmässiger Ausfuhrbe- schränkung und durch die Einführung einer Schiedsge- richtsbarkeit in Freihandelsfragen.
Ich komme zum Schluss. Auch wenn wir bedauern, dass wir die Uno als zusätzliches aussenpolitisches Forum nicht zur Verfügung haben, glauben wir doch, einen weiten Spiel- raum für eine aktive Aussenpolitik zu haben. Wir brauchen nur Willen, Mut und Beharrlichkeit dazu.
Widmer: Unbewusst, oft sogar bewusst schwebt dem Schweizer ein Idealbild unserer Aussenpolitik vor, das sich auf eine prägnante Kurzformel bringen lässt: Die beste Aus- senpolitik ist, keine Aussenpolitik treiben zu müssen. So extrem war das in unserem Land natürlich nicht immer der Fall. Noch das neunzehnte Jahrhundert zeichnete sich durch eine muntere, unternehmungslustige Aussenpolitik aus.
Die grosse Wende kam in den dreissiger Jahren unseres Jahrhunderts. Die zwiespältigen Erfahrungen mit dem Völ- kerbund und die lähmende Bedrohung während des Zwei- ten Weltkrieges lösten auf dem Gebiet der Aussenpolitik einen Rückzug ins Reduit-Denken aus. Damit nicht genug: Die Entstehung neuer, riesiger Supermächte liess die Schweiz in ihrer relativen Grösse zusammenschmelzen. Es ist deshalb durchaus verständlich, dass die grosse Mehrheit unserer Landsleute von einer Aussenpolitik in erster Linie erwartet, sie habe uns aus den Händeln der Welt herauszu- halten. Eigenaktivitäten will man eigentlich nur auf dem Gebiet der Aussenwirtschaft - zugunsten der Exportförde- rung, zur Sicherung der Arbeitsplätze.
Dieses eindeutige Verhalten des Schweizer Souveräns muss sich zwangsläufig auf das Verhalten dieses Parlaments aus- wirken. Jeder Parlamentarier weiss, dass er seine Wieder- wahl gefährdet, wenn er öffentlich eine aktivere Aussenpoli- tik fordert. Umgekehrt erwirbt man Popularität, wenn man warnend den Drohfinger hebt und mahnend ausruft: «Machet den Zaun nicht zu weit!» Angesichts dieser absolut klaren Ausgangslage ist es überraschend und spricht sehr für die Qualität dieses Parlaments, dass die Zahl derer, die sich mit aussenpolitischen Rückzugsparolen populär zu machen versuchen, bescheiden ist.
Freilich ist auch die Zahl jener, welche sich für eine aktive Aussenpolitik einsetzen, kaum grösser. Eine solche Haltung ist ein Luxus, den sich nur Parlamentarier leisten können, die in ihrem Wahlkreis über eine unangefochtene Stellung verfügen oder schon so von Altersweisheit durchtränkt sind, dass sie von keinen politischen Ambitionen mehr geplagt werden. Zudem ruft das Parlament Aussenminister, die sich zu aktiv gebärden, unsanft zur Räson. Da die meisten Bun- desräte dazu neigen, mit schönen Stimmenzahlen wiederge- wählt werden zu wollen, sind jeder aktiveren Aussenpolitik sehr enge Grenzen gesetzt.
Vor diesem allgemeinen Hintergrund ist auch die vorlie- gende Antwort des Bundesrats auf die Interpellation der Kommission für auswärtige Angelegenheiten zu sehen und zu bewerten. Gerade aus der geschilderten Perspektive muss das Urteil über die Antwort positiv lauten. Gewiss ist die Antwort des Bundesrats keine tollkühne; sie ist aber doch einigermassen mutig und ausgewogen.
Positiv zu bewerten ist das Bekenntnis zu einer verstärkten Entwicklungshilfe als eines Grundelements unserer Aussen- politik. Persönlich wie auch im Namen unserer Fraktion hätte ich es begrüsst, wenn das Kapitel über unsere Hilfsver- pflichtungen mit etwas mehr Wärme formuliert worden wäre. Uns geht es hier ganz bewusst um mehr Idealismus, um mehr Opferbereitschaft in unserer gesamten Beziehung zur übrigen Welt. Ein Land, das so reich, so privilegiert ist wie die Schweiz, darf seine Auslandbeziehungen nicht pri- mär auf materielle Vorteile ausrichten, es sei denn, man wolle sich wissentlich Neid und Kritik der Welt zuziehen. Jenes Kapitel, das uns nach menschlicher Voraussicht in den nächsten Jahren am meisten Kopfzerbrechen machen wird, ist unsere Beziehung zur Europäischen Gemeinschaft. Da sich hierüber, so hoffe ich wenigstens, noch andere Redner äussern werden, kann ich mich kurz fassen.
Der Mythos der Neutralität, der heute nachmittag schon mehrfach erwähnt wurde und bei der Uno-Abstimmung Triumphe gefeiert hat, wird sich in unseren Beziehungen zur EG einige Abstriche gefallen lassen müssen. Unsere Bezie- hungen zur EG werden uns ein hohes Mass von Phantasie und Klugheit - kurz: von aktiver Aussenpolitik - abfordern. Dazu eine eher persönliche Bemerkung: Mir scheint es für ein geschicktes Lavieren mit der EG wesentlich, dass wir uns möglichst viel Manövrierfähigkeit und -möglichkeiten offenhalten. Mit anderen Worten: dass wir uns nicht nur auf die in nächster Zeit akut werdenden Beziehungen zu Europa konzentrieren, sondern uns ebenso aufmerksam andere Wege, andere Türen offenhalten. Ein Beispiel: Ich halte den pazifischen Raum als einen für die Schweiz sehr wichtigen. Es ist kein Zufall, dass sich heute die schweizerische Wirt- schaft in hohem Masse in jenem Teil der Welt engagiert. Ich habe seinerzeit versucht, die aussenpolitische Kommission dazu zu überreden, sich mit den Problemen des pazifischen Raums zu beschäftigen - leider war ich da absolut erfolglos. Ein weiteres wesentliches Stichwort: Ich war bei der Lektüre der Interpellationsantwort einigermassen verblüfft, dass das Wort «Kultur> kein einziges Mal im Text vorkommt. Das scheint mir deshalb bedauerlich, weil die Kultur im weite- sten Sinn des Wortes ohne Zweifel eine der Möglichkeiten ist, mit denen ein kleines Land seine Präsenz in einer gros- sen Welt aufzeigen kann. Wir haben kaum Machtmittel, mit welchen wir anderen Staaten gegenüber Pressionen aus- üben können. Wir sind ein Kleinstaat, jedoch ein kulturell hochinteressantes Phänomen in dieser Welt. Das gibt uns Argumente, mit denen wir ausserhalb der Schweiz erfolg- reich auftreten können. Dazu erlaube ich mir ein konkretes Beispiel von einem anderen Land zu nennen. Dort hat man diese Situation erfasst. Ich war letztes Jahr zufällig in New York, als dort die Liechtensteiner ihre Ausstellung «Kunst- schätze aus Liechtenstein» eröffneten. Das war ein grosser Erfolg. Nachher hat man gesagt - zu Recht -, das sei im wesentlichen eine Werbeaktion für die Bank von Liechten- stein gewesen. Was am Schluss als Resultat herausge- schaut hat, darüber möchte ich nicht diskutieren. Aber die Grundtatsache war unbestreitbar: Ein kleines Land trat auf positive Art und Weise in Erscheinung und öffnete sich damit neue Türen. Darum muss man die Frage stellen: Wie ist es möglich, dass das Wort «Kultur» in dieser Interpella- tionsantwort überhaupt nicht vorkommt? Die Antwort wird vermutlich lauten: Die Kultur wird vom Departement des Innern betreut.
Und das führt mich zum nächsten Stichwort, nämlich zur Koordination innerhalb der Bundesverwaltung in bezug auf die aussenpolitischen Belange.
Es ist ziemlich wahrscheinlich und wird sich im Laufe der nächsten Jahre verdeutlichen, dass wir kaum mehr Themen von einiger Bedeutung in unserem Lande behandeln kön- nen, die nicht irgendwie die Aussenpolitik berühren. Denken Sie an die Umtriebe, die wir mit den Schwerverkehrssteuern bekamen. Wir sind uns wahrscheinlich einig, dass die Pro- bleme des Umweltschutzes nur noch grenzüberschreitend bewältigt werden können. Sie haben gestern abend stun- denlang über das Thema «Schweizerhalle» diskutiert, in dem Sie mit aller Schärfe sehen, wie die Schweiz mit der
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übrigen Welt verknüpft ist, auch wenn sie die Absicht dazu gar nicht hatte. Hier ergibt sich eine neue Aufgabe für den Bundesrat. Vermutlich wird es so sein, dass man jede eini- germassen wichtige innenpolitische Frage einer Art Umwelt- verträglichkeitsprüfung zu unterziehen hat, wobei das Wort Umwelt nicht nur im ökologischen Sinn, sondern im Sinn der aussenpolitischen Beziehungen zu verstehen ist. Es ist ein gefährlicher Irrtum, wenn die vier Regierungsparteien immer wieder glauben, dass das Departement für auswär- tige Angelegenheiten ein unwichtiges Departement sei. Ich will es Ihnen ersparen, Zitate über diesen Irrglauben vorzu- tragen. Es geht mir nicht darum, hier Kritik zu üben, sondern ich komme damit zu meiner abschliessenden und sehr dezi- dierten Ueberzeugung: Die Bedeutung der aussenpoliti- schen Beziehungen für unsere schweizerische Existenz wird heute unterschätzt. Das Departement für auswärtige Angelegenheiten kann schon morgen das wichtigste Depar- tement in unserer Bundesverwaltung sein. Niemand kann voraussagen, welche Ereignisse uns die Zukunft bringen wird. Das Entscheidende an der ganzen Debatte scheint mir zu sein, dass wir uns auf eine Zukunft, in der die aussenpoli- tischen Beziehungen ein entscheidendes Gewicht bekom- men, rechtzeitig vorbereiten.
Bonny: Die heutige Debatte wird von der FdP-Fraktion als eine willkommene Gelegenheit wahrgenommen, um losge- löst von den Emotionen des Urnengangs vom 16. März 1986 einige grundsätzliche Ueberlegungen zu unserer Aussenpo- litik anzustellen.
Zuerst will ich mich kurz zu zwei behördlichen Kommenta- ren äussern, die unmittelbar nach dem Uno-Entscheid zu hören waren. Ich tue das, weil ich festgestellt habe, dass in den bisherigen Voten - mit Ausnahme desjenigen von Herrn Renschler - die Kommentierung des Uno-Entscheides rela- tiv kurz erfolgte.
Von behördlicher Seite hiess es damals:
Der Entscheid beweise, dass sich das Schweizervolk zu wenig für Aussenpolitik interessiere.
Der Uno-Entscheid hätte an unserer Aussenpolitik nichts geändert.
Wir erachten beide Thesen als unrichtig. Die Uno-Abstim- mung, zweifellos ein aussenpolitischer Entscheid par excel- lence, kannte die seit Jahren grösste Stimmbeteiligung. Dem Entscheid war eine intensive Kampagne mit vielen gut besuchten Veranstaltungen vorausgegangen, in denen sich das Schweizervolk engagiert mit Aussenpolitik auseinander- gesetzt hat.
Es ist oberflächlich, zu sagen, der Uno-Entscheid habe an unserer Aussenpolitik nichts geändert, nur weil wir auch vor dem Entscheid nicht der politischen Uno als Mitglied ange- hört haben. Tatsache ist vielmehr, dass der Bundesrat in den letzten 20 Jahren mit mehr oder weniger grosser Intensität den Beitritt der Schweiz zur Uno angestrebt hat. Diese Marschrichtung wurde zu einer Komponente unserer Aus- senpolitik. Damit war auch ein weiteres Phänomen verbun- den: Offiziell blieb zwar unsere Neutralitätspolitik integrie- render Bestandteil unserer Aussenpolitik. Dem aufmerksa- men Beobachter konnte aber nicht entgehen, dass sie in den letzten Jahren etwas in den Hintergrund gedrängt wurde. Variationen vor dem 16. März zum Thema Neutralität - da war von dynamischer, kasueller, ja gar von rollender Neutralität die Rede - zeigten dies deutlich. Die unmittelbare Aussage des Verdikts des 16. März 1986 - diese Aussage vermissen wir leider in der bundesratlichen Antwort - besteht darin, dass mit bemerkenswerter Geschlossenheit und mit massiven Mehrheiten Volk und Stände dem Uno- Beitritt unmissverständlich Einhalt geboten haben. Bundes- rat und Parlament haben sich bei der Führung unserer Aussenpolitik an diesen vom Souverän gesetzten Markstein zu halten.
Im übrigen hat sich gezeigt, dass die Befürchtung, die Schweiz würde sich bei einem Nein vor den Augen der Welt unmöglich machen, in keiner Weise zutrifft. Kontakte in aller Welt zeigen, dass man für den zwar eigenwilligen, aber
klaren Entscheid des Schweizervolkes durchaus Verständ- nis hat.
Es wäre nun eine Fehlinterpretation, dieses Nein als ein Zeichen zum aussenpolitischen Rückzug oder gar zu einem weltabgewandten Isolationismus zu werten. Die Schweiz ist zwar nicht Bestandteil der politischen Uno, aber Bestandteil der Welt. Daher ist sie aufgerufen, im Sinne unserer aussen- politischen Maximen Neutralität, Solidarität und Disponibili- tät weiterhin durch ihre Präsenz gegen aussen dafür zu sorgen, dass unsere Freiheit und Unabhängigkeit behauptet und schweizerische Interessen auch im internationalen Rah- men wahrgenommen werden. Die Maximen der Solidarität und der Disponibilität zeigen gleichzeitig auf, dass unsere Aussenpolitik auch ein Beitrag zur Erhaltung des Friedens und zur Milderung der wirtschaftlichen und sozialen Not in der Welt sein soll. Nicht alleiniges, aber wichtigstes Instru- ment unserer Aussenpolitik bleibt unsere dauernde und bewaffnete Neutralität.
Die Neutralität dient nicht nur der Wahrung unserer Interes- sen. Eine konsequente Neutralitätspolitik macht unser Land für die anderen Staaten berechenbar, indem sie gleichsam ein Territorium der Stabilität und hervorragende Vorausset- zungen für die Erbringung von guten Diensten schafft.
Hinsichtlich Neutralität hat der 16. März 1986 Zeichen gesetzt. Das Schweizervolk erwartet in seiner grossen Mehr- heit, dass dieser Status unter keinen Umständen verwässert, sondern konsequent und kraftvoll und nicht etwa im Sinne einer Gesinnungsneutralität vertreten wird.
Hierzu ein gutes und ein weniger gutes Beispiel der letzten Monate. Die dezidierte Haltung, welche unsere Delegation anlässlich der Stockholmer KVAE-Konferenz durch die Anbringung eines Vorbehaltes hinsichtlich der Mobilma- chungsaktivitäten an den Tag gelegt hat, verdient ausdrück- liche Anerkennung. Wenn uns dabei einige Grossmächte und gar Nachbarstaaten schlechte Zensuren erteilten, darf uns das nicht sonderlich beeindrucken, ging es doch hier um unsere Milizarmee, die eine unabdingbare Vorausset- zung unserer bewaffneten Neutralität ist.
Demgegenüber setzen wir, was die Teilnahme der Schweiz als Beobachter an der tumultuösen Gipfelkonferenz der blockfreien Staaten anfangs September in Harare betrifft, ein grosses Fragezeichen. Der Spektakel dieser Konferenz wurde nicht zuletzt durch höchst umstrittene Staatschefs und Leader von Befreiungsbewegungen - wie Fidel Castro aus Kuba, Ghadhafi aus Lybien, Khomeiny aus Iran und Arafat von der PLO - geprägt.
Eines der wichtigsten Resultate dieses aussenpolitischen Happenings bestand nach Aussagen unserer Delegation in der Wahl des Vorsitzenden und des Tagungsortes für den kommenden Gipfel von 1989! Wir sind der Auffassung, dass die Schweiz an einer solchen Uebung, zudem noch mit einer hochkarätigen Delegation von drei Botschaftern und einem Minister, wenig bis nichts zu suchen hat. Wenn wir das hier im Zusammenhang mit der Neutralität erwähnen, dann des- halb, weil auf diese Weise die Neutralität abgewertet, wenn nicht sogar - denken wir an einen Mann wie Ghaddafi - pervertiert wird.
Das Universalitätsprinzip gebietet, dass die Schweiz auch künftig in dieser interdependenten Welt in multilateralen Organisationen mitwirkt.
An diese sind hohe Anforderungen zu stellen. Tendenzen zur missbräuchlichen Verpolitisierung von Spezialorganisa- tionen sowie zur Verschwendung und Zweckentfremdung der Mittel ist mit Entschiedenheit entgegenzutreten.
Bei Anwendung dieser beiden Kriterien muss der Zustand der Unesco nach wie vor als sehr kritisch bewertet werden. An die angekündigte Ersetzung des Generalsekretärs M'bow - eine entscheidende Voraussetzung für die Gesun- dung der Unesco (wir wissen uns in diesem Punkte mit dem Bundesrat absolut einig) - glauben wir erst dann, wenn sie tatsächlich stattgefunden haben wird. Die heutigen Miss- stände in der Unesco können jedenfalls mit Blick auf die sehr wichtige Aufgabe, welche sie eigentlich zu erfüllen hätte, auf die Dauer nicht akzeptiert werden. Hier noch eine Klammerbemerkung: Es wird im Volk auch kaum verstan-
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Aussenpolitik. Persönliche Vorstösse
den, dass wir in letzter Zeit durch freiwillige Zusatzspenden an Uno-Spezialorganisationen über unsere normalen und durchaus selbstverständlichen Mitgliederbeiträge hinaus brillieren. Man hat den Eindruck, dass wir ein schlechtes Gewissen - das wir gar nicht haben - beschwichtigen möchten.
Es ist nicht nur wünschbar, sondern sogar notwendig, dass wir in bestimmten internationalen Bereichen noch aktiver werden. Wir denken insbesondere an eine intensivere, inter- nationale Zusammenarbeit zum Schutze der Umwelt, an eine koordinierte Bekämpfung des Terrorismus, an wirksa- mere Massnahmen gegen den internationalen Drogenhan- del und an die grenzüberschreitenden Notfallvorkehren bei der friedlichen Nutzung der Atomenergie.
Wir haben hier mehrfach von Aktivität gesprochen. Wir meinen damit nicht etwa Aktivismus - ich richte mich hier an Herrn Widmer -, da der Aktivitätsgrad nichts über die Quali- tät einer Aussenpolitik aussagt. Gerade punkto bundesrätli- che Reisen (wir negieren diese durchaus nicht) ist man hin und wieder versucht zu sagen: Weniger wäre mehr!
Wir sind froh, dass schweizerische gute Dienste nach wie vor gefragt sind. Daran hat erfreulicherweise auch der Uno- Entscheid nichts geändert. Im Bereich der internationalen Rüstungskontrolle ist aber darauf zu achten, dass sich unser Land nicht mit politisch oder technisch riskanten Ueberwa- chungs- und Schiedsrichterfunktionen übernimmt. Die Erfahrungen mit den Initiativen bezüglich dem Inspektions- flugzeug und der Satellitenüberwachung lassen eine gewisse Zurückhaltung als geboten erscheinen.
Gute Dienste sollen und dürfen nicht aus Prestigeüberle- gungen erfolgen. Die Schweiz hat es auch nicht nötig, in einen diesbezüglichen Wettbewerb mit anderen neutralen Staaten zu treten. Das Universalitätsprinzip schliesst nicht aus, dass wir in unserer Aussenpolitik einen klaren Schwer- punkt in den Beziehungen zu den westeuropäischen Staa- ten und vor allem zu unseren Nachbarn setzen. Von beson- derer Bedeutung werden in den nächsten Jahren unsere Beziehungen zur Europäischen Gemeinschaft sein. Aber auch gegenüber der EG ist zu betonen, dass die Souveräni- tät, die Neutralität und unsere Referendumsdemokratie - gegenüber der EG besonders wichtig - Eckpfeiler unserer Aussenpolitik sind. Das soll nicht verhindern, dass wir alle zur Verfügung stehenden Mittel systematisch nutzen, um wirkungsvoll am wirtschaftlichen Aufbau Europas zu partizi- pieren.
Wir unterstützen auch ausdrücklich die Bemühungen zu einer intensiveren europäischen wissenschaftlichen und technologischen Zusammenarbeit. Seien wir uns aber gleichzeitig bewusst, dass die Bäume der EG nicht in den Himmel wachsen werden. Ich teile wiederum die Auffassung von Herrn Widmer, dass wir gerade mit Bezug auf die EG eine gewisse Manövrierfreiheit behalten müssen. In diesem Zusammenhang stelle ich mir ernsthaft die Frage, ob es wirklich der Weisheit letzter Schluss war, dass Staatssekre- tär Blankart einige Wochen nach seinem Amtsantritt in Luzern am letzten Wochenende zu dieser Problematik bereits recht pointiert Stellung bezogen hat.
Wir unterstützen auch die Fortentwicklung des Völkerrech- tes; insbesondere geht es um die stärkere Durchsetzung der Menschenrechte und der Grundfreiheiten, zum Beispiel der Gedanken-, Gewissens-, Religions-, Rede- und Pressefrei- heit. Deutliche Skepsis melden wir aber dort an, wo es darum geht, durch Ratifikation von internationalen Rechts- vereinbarungen, die oft durch Partikularinteressen einzelner Staaten geprägt sind, schweizerisches Landesrecht abzuän- dern und gleichzeitig unser ordentliches Gesetzgebungsver- fahren zu umgehen. Verschiedene Vorkommnisse der letz- ten Jahre zeigen, dass hier in Zukunft ein strengerer Mass- stab angelegt werden muss. Wir sollten auch endlich den Mut haben, die sich nun über zehn Jahre erstreckende und bald einmal peinlich werdende Uebung mit der Europai- schen Sozialcharta, in Uebereinstimmung mit dem Entscheid des Plenums des Ständerates, zu beenden; einer Sozialcharta, die in verschiedenen Punkten - ich denke insbesondere an das Streikrecht der Beamten - wohl mit
dem politischen Willen unseres Volkes kaum in Einklang stehen dürfte.
Ein wichtiger Bestandteil unserer Aussenpolitik bleibt die humanitäre Hilfe. Die Unterstützung des IKRK ist eine tradi- tionelle und historische Aufgabe unseres Landes, deren Stellenwert nicht hoch genug eingeschätzt werden kann. Die kürzliche internationale Rotkreuzkonferenz hat aller- dings drastisch gezeigt, welche Gefahren der Verpolitisie- rung auch dieser Organisation drohen. Gleichzeitig traten bei dieser Gelegenheit auch auf schweizerischer Seite gewisse Koordinationsmängel und Vorbereitungsschwä- chen zutage. Wir dürfen erwarten, dass aus diesem negati- ven Beispiel auch die nötigen Lehren gezogen werden.
Die Entwicklungszusammenarbeit schliesslich ist Ausdruck unserer Solidarität gegenüber dem Elend in der Dritten Welt. Wir bekennen uns ausdrücklich auch in einem verstärkten Masse zu ihr. Wir möchten aber nicht verhehlen, dass in letzter Zeit die Entwicklung in diesem Bereich nicht unpro- blematisch ist. Für unser Land sollten nicht ideologische Streitereien und Parteinahmen im Vordergrund stehen; die Gefahr, dass durch schlechte Beispiele letzten Endes der Grundgedanke der Entwicklungshilfe Schaden nehmen könnte, ist nämlich nicht von der Hand zu weisen.
Weil die Mittel beschränkt sind und das Elend in der Dritten Welt gross ist, drängt sich gebieterisch auf, dass wir unsere Hilfe in jenen armen Ländern entfalten, in denen die Tätig- keit unserer Helfer nicht durch eine Unzahl von politischen Hypotheken gehemmt wird - eben dort, wo wirklich effizient gearbeitet werden kann.
Auch nach dem negativen Uno-Entscheid kommt der schweizerischen Aussenpolitik grosse Bedeutung zu. Ich würde meinen, dass entscheidend sein wird, ob es uns gelingt, die neutrale Schweiz in ihrer demokratischen Eigen- ständigkeit in der Welt überzeugend zur Darstellung zu bringen. Wenn diese Voraussetzungen beachtet werden, wird unsere Aussenpolitik wieder auf vermehrten Rückhalt im Volke zählen dürfen. Eine schweizerische Aussenpolitik ohne Volk gibt es nicht!
M. Eggly-Genève: Le groupe libéral tient à remercier le Conseil fédéral pour sa réponse à l'interpellation de la Commission des affaires étrangères. Celle-ci se justifiait pleinement pour plusieurs raisons. Tout d'abord, comme l'avait relevé le chef du Département des affaires étrangères, juste après le scrutin sur l'ONU, avant ce vote la Suisse n'était pas membre de l'ONU, depuis ce vote la Suisse aura refusé d'être membre de l'ONU. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Cela ferme certaines possibilités d'action, de présence, d'influence et de défense de nos intérêts. Il s'agit donc d'utiliser à fond les possibilités que nous avons, les canaux qui s'offrent à nous et de tirer, si c'est possible, des arguments, des avantages de notre situation spéciale.
C'est bien ainsi que l'on peut interpréter la volonté de la majorité rejetante. Il faut donc être d'autant plus clair dans l'expression de notre politique de neutralité, vis-à-vis de l'extérieur et vis-à-vis de l'opinion intérieure, car le scrutin sur l'ONU a démontré que, s'il y avait consensus sur l'atta- chement à la politique de neutralité, il n'y avait pas forcé- ment consensus sur les conséquences à en tirer. Cela, on l'avait peut-être un peu oublié à Berne.
Certes, la conduite de la politique étrangère appartient au Conseil fédéral, mais elle ne peut être bien conduite - le Conseil fédéral l'admet lui-même - que si sa continuité, son évolution, en regard des difficultés qu'elle rencontre, sont parfaitement comprises et approuvées. Le relais pour cette communication est nécessairement le Parlement.
Il faudrait qu'il y ait davantage de débats de politique étran- gère dans cet hémicycle. Trop d'entre nous ont tendance à ne voir dans ce domaine que luxe de l'esprit, discours et action un peu vide. Il faut que ce Parlement déjà prenne l'habitude de suivre la politique étrangère suisse dans sa globalité. Des rapports comme cette réponse-ci devraient devenir périodiques et réguliers. C'est ainsi et ainsi seule- ment que la politique étrangère retrouvera l'intérêt, le sou- tien dont elle a besoin. Je dis bien dans sa globalité, et je
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rejoins ici les préoccupations exprimées par M. Hubacher. Les éléments de politique étrangère sont de plus en plus divers, compliqués, étroitement imbriqués les uns dans les autres, complémentaires. Cependant, ce n'est que grâce à des rapports comme celui-ci que le parlementaire moyen pourra être à jour - si vous me permettez cette expression - et, à plus forte raison, le citoyen moyen.
Ce sera donc la première conclusion du groupe libéral, Monsieur le Conseiller fédéral, exercice à répéter. D'ailleurs, obliger le Conseil fédéral à cet exercice, ne serait-ce pas obliger le gouvernement lui-même à mieux coordonner les éléments de sa politique étrangère? Il n'est pas sûr que le collège gouvernemental en prenne toujours le temps et la peine. J'en veux un exemple: cette vignette autoroutière, et surtout cette taxe poids lourds. Le Conseil fédéral avait-il bien apprécié la contradiction avec ses déclarations sur les efforts à poursuivre pour s'harmoniser avec l'Europe?
Puisque nous en sommes à l'Europe, arrêtons-nous un moment. La réponse du Conseil fédéral relève très bien l'importance de l'évolution de nos relations avec la Commu- nauté élargie. Nous avons eu, ici même, un court débat sur ce sujet, à propos d'une motion de M. Butty. M. Furgler nous a assurés que le Conseil fédéral exploiterait au maximum les possibilités de notre accord actuel avec la CEE, afin de participer au processus d'harmonisation européenne, d'in- fluencer le cours des choses vers un grand marché euro- péen homogène, mais aussi ouvert à l'évolution de l'autre Europe, celle de l'Est, une Europe sachant se sortir si possible des rigidités bureaucratiques, sachant respirer un air vivifiant de libéralisme économique.
Les canaux de la collaboration européenne ne sont pas tous étatiques. Nous en sommes bien conscients. Néanmoins, Monsieur le Conseiller fédéral, je répète, à l'occasion de la présente discussion, l'inquiétude exprimée par les libéraux lors d'un récent congrès. Malgré tous les efforts de nos diplomates, ne risquons-nous pas de subir l'évolution du Marché commun, de devoir nous adapter en quelque sorte après coup, ou encore, si vous voulez, comment éviter le dilemme, être absorbé avec des risques pour notre neutra- lité ou être un jour dangereusement isolé? Ne faut-il pas, tout en exploitant l'accord actuel, en utilisant naturellement l'AELE, songer peut-être à un nouvel accord avec le Marché commun? Nous n'en sommes pas sûrs. Une troisième voie serait-elle nécessaire, cela vaut la peine d'en discuter, entre l'intégration et l'accord de libre échange? En tout cas, ne faudrait-il pas, dès maintenant, sonder de manière appro- fondie et suivie les rangs des pays de la Communauté et les milieux de Bruxelles?
Nous répétons, Monsieur le Conseiller fédéral, cette interro- gation devant vous, car nous sommes persuadés que le Conseil fédéral devra y réfléchir plus intensément, que le Parlement devra en discuter et que le peuple sera peut-être amené à comprendre ou à approuver les concessions éven- tuelles que cela pourrait supposer, sans pourtant renoncer à l'essentiel qu'impliquent notre neutralité, notre démocratie directe, notre fédéralisme.
Il n'est pas question pour nous, nous le savons bien, de laisser prévoir un automatisme d'absorption par le Marché commun. Nous voyons bien tous les avantages de la voca- tion d'universalité de la Suisse dans le commerce internatio- nal. Nous comprenons bien que son rôle de place financière est lié à cette vocation. Nous savons bien qu'au sein du Marché commun les petits pays sont souvent à la remorque des grands et que, selon les termes d'un diplomate belge vidant son coeur, il est peut-être plus facile d'être Suisse à l'extérieur de la CEE que Belge à l'intérieur. De plus, les véritables solutions, par exemple dans le domaine agricole, ne se négocieront-elles pas dans des cercles plus larges, au GATT notamment.
Néanmoins, le dynamisme intégrationniste et supranational de la Communauté existe. Nous aimerions faire le point là- dessus, quitte à participer à un consensus national pour renoncer à certains avantages et accepter certains inconvé- nients de notre situation particulière. Neutralité, disions- nous, Monsieur le Conseiller fédéral, ce n'est pas toujours
simple d'en tirer les conséquences. Prenons l'aide au déve- loppement: le Conseil des Etats a discuté du Nicaragua, à propos duquel M. Carobbio a eu un peu le «culot» de dire qu'on pouvait parler de prétendues atteintes aux droits de l'homme. Monsieur Carobbio, si j'ose me permettre un conseil, soyez prudent dans ce genre de déclarations, vous avez déjà dû regretter des déclarations que vous avez faites à propos de certains pays. Il vaudrait mieux que, dans quelques années, vous n'ayez pas à dire: je n'en savais rien. Il y a beaucoup de gens qui savent qu'il y a d'affreuses atteintes aux droits de l'homme au Nicaragua, comme en Afrique du Sud, au Chili, en URSS et dans d'autres pays. Cela dit, le groupe libéral pense que le Conseil fédéral a raison de ne pas vouloir interrompre l'aide au développe- ment au Nicaragua. Néanmoins, il est clair qu'au-delà d'une certaine limite notre présence peut être utilisée par un régime totalitaire. Notre présence doit être universelle, en raison de la politique de neutralité, mais celle-ci implique aussi que nous ne soyons pas «récupérés».
Un autre point pour renouer avec le début de cette interven- tion. Les libéraux ne sont pas de ceux qui ont exprimé systématiquement leur scepticisme lors de vos voyages. Ce scepticisme traduit d'ailleurs souvent un recul fâcheux et qui ne veut pas s'avouer à l'endroit de toute politique étran- gère autre que strictement économique. Les libéraux sont pour que l'on ne renonce pas au multilateralisme. Ils savent qu'il y a actuellement un risque considérable à cet égard. Nous ne suivons donc pas certaines accusations portées contre notre politique étrangère, par exemple par M. Blo- cher et certains de ses amis.
Cela étant, avec M. Bonny, nous aimerions bien tout de même que l'on soit prudent lorsque l'on participe aux confé- rences des non-alignés où beaucoup de pays n'ont vraiment rien de non-aligné.
Toutefois, nous croyons que chaque démarche de la Suisse, chaque voyage doit répondre à des objectifs clairement expliqués. Surtout ne pas donner l'impression de bouger pour bouger, d'agir pour agir. L'image suisse à cultiver n'est guère celle du lévrier bondissant et zigzaguant. On attend à l'étranger le pas prudent mais décidé du montagnard.
C'est ce qui inspire confiance également chez nous. Il y a là quelque chose peut-être d'un peu artificiel dans le style - convenons-en - mais le style n'est pas indifférent non plus pour la crédibilité d'une politique; je dis cela à tout hasard, Monsieur le Conseiller fédéral.
Un dernier mot. La réponse du Conseil fédéral souffre, à notre sens, d'une lacune dans l'évocation de la dimension de la solidarité. On y parle d'aide au développement et d'aide humanitaire. On n'insiste pas du tout - je ne sais même pas si c'est mentionné - sur le rôle particulier et primordial de la Suisse dans le soutien au CICR. Or, tout de même s'il est une constante, c'est bien celle-là, reconnaissa- ble et reconnue tout aussi bien à l'étranger qu'en Suisse. Dans ce monde où règnent tant de violence et de mépris de droits, ne croyez-vous pas que cet engagement de la Suisse méritait d'être souligné ?
Il faut bien, à ce propos, évoquer la récente Conférence internationale de la Croix-Rouge qui s'est tenue à Genève en octobre dernier. Elle a certes obtenu des résultats. Mais l'expulsion de la conférence de la délégation gouvernemen- tale d'Afrique du Sud n'a-t-il pas été aussi un échec de cet aspect de la politique étrangère suisse, support traditionnel de l'universalité de la Croix-Rouge. Je ne m'arrêterai pas davantage sur cet incident, car le groupe libéral a déposé une interpellation sur ce sujet.
Il y aurait d'autres points à discuter, Monsieur le Conseiller fédéral, que ce soit sur la sécurité en Europe, le désarme- ment, domaine où les efforts de notre diplomatie sont à saluer, que ce soit sur les négociations du GATT, sur l'endet- tement du tiers monde, ses risques, les solutions à envisa- ger, sur la situation problématique - c'est un aspect plus particulier - de notre système de garantie des risques à l'exportation, système d'assurance qui ne fonctionne plus très bien et qui commence à ressembler aux subventions à l'exportation que nous dénonçons chez nos voisins. Et puis,
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il y a les menaces militaires mais aussi le terrorisme. Il est heureux que, jusqu'ici, nous ayons toujours pu faire libérer les otages suisses sans avoir à donner des gages impor- tants, comme d'autres pays sont obligés de le faire. Il faut aussi parler des risques accrus de l'informations, des consé- quences de Tchernobyl ou de l'incident de Schweizerhalle, de la collaboration en matière de protection de l'environne- ment. Et, que penser d'autres menaces venues de l'inté- grisme musulman. Je pense que la réponse du Conseil fédéral ne va pas au fond des choses lorsqu'il nie à ce propos que les tensions et les dimensions d'affrontements culturels puissent être jugées en espace de civilisation. Je crois, Monsieur le Conseiller fédéral, que d'une manière générale, on aurait pu, dans la réponse gouvernementale, aller plus au fond des choses sur le diagnostic des tensions qui agitent le monde. Nous pensons quant à nous que notre solidité, notre propre enracinement, notre engagement décidé derrière des valeurs de civilisation reconnaissables seront également déterminantes pour notre destin. Oui, le monde est trouble, le monde est compliqué, parsemé de foyers pouvant à tout moment produire des explosions. Raison de plus pour que la Suisse ait une politique étran- gère - je le répète - claire, reconnaissable, continue, démo- cratiquement soutenue. C'est là un facteur d'identité, de cohésion nationale essentielle et je suis d'accord avec M. Widmer pour dire que dans les prochaines années, la politique étrangère pourrait être la chose la plus importante que nous ayons à faire dans le domaine politique. De tout cela, Monsieur le Conseiller fédéral, il faudrait prendre l'ha- bitude de parler périodiquement. Je n'ai fait qu'évoquer certains sujets, c'est pourquoi nous insistons sur notre souhait de voir se reproduire régulièrement l'exercice d'au- jourd'hui et nous remercions le Conseil fédéral de sa ré- ponse.
M. Dupont: Je n'aborderai pas l'ensemble des domaines de la politique étrangère de la Suisse. Je n'en ai ni le temps ni l'envie, car le rapport que nous a fourni le chef du départe- ment est particulièrement complet.
D'entrée de cause, je dirai que la politique étrangère est aujourd'hui importante, comme elle l'a toujours été, et qu'il n'y a pas à attendre demain pour qu'elle devienne une partie significative de la politique nationale suisse. Aujourd'hui, pratiquement, tous les départements et tous les conseillers fédéraux ont des activités de politique étrangère, ont des contacts avec l'étranger, dans les organisations internatio- nales ou bilatéralement. Nous savons que le Conseil fédéral s'efforce de coordonner ces activités. Il en discute dans ses séances hebdomadaires. Souvent, un représentant du Département des affaires étrangères ou en tout cas un représentant de l'ambassade est membre de la délégation. Malgré tout, notre politique étrangère apparaît et reste aux yeux de notre peuple une politique éclatée. La fonction de coordination du Département des affaires étrangères devrait donc être renforcée. Il faut qu'il y ait dans ce département des fonctionnaires connaissant suffisamment bien les dos- siers techniques afin de pouvoir jouer un rôle actif dans des négociations menées par d'autres départements. Ces fonc- tionnaires doivent être en mesure d'assurer une véritable coordination des offices et des départements qui font la politique étrangère de notre pays. Il faut que les décisions prises, par exemple par l'Office de la police, l'Office de la protection de l'environnement, l'Office de l'aviation civile, mais plus, l'harmonisation des politiques d'asile sur le plan européen ou encore l'Office des affaires économiques exté- rieures, tiennent compte des impératifs de notre politique étrangère et de la volonté du Conseil fédéral et du Parlement d'avoir une politique étrangère cohérente. Il y va de la sécurité de notre pays et de son indépendance. C'est aussi la meilleure réponse aux interrogations du peuple suisse sur cette politique.
Je rappelle aussi à ceux qui élèvent des restrictions à notre participation à certaines conférences, celle des non-alignés en particulier, qu'on ne peut prêcher l'universalité de notre politique extérieure et en même temps refuser de s'asseoir à
une table internationale parce que l'un des convives nous déplaît. La Suisse reconnaît les Etats et non les régimes. Participer ne signifie pas souscrire à des textes ou à des décisions et déclarations contraires à nos intérêts. Dans le cadre des non-alignés, c'est surtout s'informer. Nous n'y sommes d'ailleurs qu'observateurs.
Je voudrais surtout attirer votre attention sur la question des voyages tellement contestée. En cette fin de vingtième siè- cle, il est difficile de concevoir une politique étrangère sans contacts directs des responsables de notre Etat. Tous les chefs d'Etat ou de gouvernement voyagent et se rencontrent très fréquemment. Toujours plus de questions doivent être réglées sur le plan international et le sont souvent au plus haut niveau, soit ministériel. Il est difficile d'imaginer que tous les contacts se passent en Suisse. On ne peut toujours demander aux autres de venir nous voir, sans jamais leur rendre visite, d'autant plus que la politique étrangère devient de plus en plus multilatérale. Il est important aussi d'apprendre à connaître d'autres pays, de voir comment on vit et comment on travaille ailleurs dans le monde. Nous le savons nous aussi, parlementaires, qui consacrons à des contacts internationaux, nous qui sommes présents au Conseil de l'Europe et à l'Union interparlementaire, nous qui, régulièrement, allons à l'étranger, que ce soit pour nos affaires ou pour accomplir notre travail de parlementaire! La Suisse est un pays que l'on connaît presque partout dans le monde. C'est un pays dont le succès économique, la stabilité politique et sociale fascinent, certainement plus d'ailleurs que notre neutralité, à laquelle, certes, je reste attaché. Cependant, je dis à ceux qui l'élèvent au rang de dogme et qui, en même temps, veulent soutenir une politi- que plus intensive d'intégration en direction de la Commu- nauté économique européenne, que c'est «ou bien» «ou bien», que ce ne sera pas possible d'élever au rang de dogme notre politique extérieure de neutralité et en même temps de vouloir s'intégrer plus profondément. Pour ce faire, il faudrait vraiment être funambule.
En réalité, notre politique, sur le fond, n'a guère changé dans la dernière décennie. Elle reste identique et constante. La Suisse a de bonnes relations avec tous les pays du monde. C'est assez unique et nous le devons à tous les points soulignés par les intervenants, comme aussi à notre diplomatie. Parce que nous ne le faisons jamais ou pas assez souvent, je voudrais, pour l'avoir expérimenté et observé dans toute une série de démarches et de missions sur le plan international, souligner la qualité du personnel diplomatique, de l'ensemble des fonctionnaires de ce dépar- tement, qu'il soit dans les ambassades, les consulats ou dans des services de l'administration fédérale. La capacité de ces fonctionnaires de s'entremettre, de servir, d'être disponible correspond véritablement à la disponibilité de notre pays, qui n'est réelle que si elle est pratiquée par des Suisses, par des fonctionnaires ou par des personnalités suisses. C'est par eux que la permanence de la présence suisse à l'étranger est assurée, voire garantie.
Je souhaite que, par son attitude généreuse, ouverte, pacifi- que, notre petit pays reste un Etat crédible sur l'ensemble du monde, car, aujourd'hui encore, la Suisse est très crédible pour l'ensemble de la planète.
Dünki: Ich danke dem Bundesrat für seine allgemein gehal- tenen Antworten auf meine Interpellationsfragen. Die geäus- serte Absichtserklärung, in Zukunft eine aktivere Aussenpo- litik zu betreiben, ist sehr erfreulich. Wir zweifeln auch nicht daran. Wir zweifeln vor allem nicht am guten Willen der Landesbehörde. Am Schluss der Interpellationsantwort schreibt der Bundesrat: «Im Grunde genommen gibt es keinen Ersatz für die seinerzeit angestrebte Möglichkeit, durch einen Beitritt zur Uno schweizerische Interessen bes- ser vertreten zu können.» Ein Uno-Beitritt kommt nun aber nicht. Das ist eine Tatsache. Unmöglichem nachzutrauern, bringt nichts; das sollte auch der Bundesrat wissen.
Ich hätte erwartet, dass der Bundesrat jetzt eine Alternative zum Uno-Beitritt aufzeigt oder ausarbeitet. Der Uno-Beitritt muss vergessen werden. Die Aussenpolitik muss ohne diese
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Möglichkeit weitergeführt werden. Sie ist zu aktivieren. Mir fehlen konkrete Angaben, wie sich der Bundesrat das Wie, Wo und Wann vorstellt. Die Aussenpolitik muss meiner Meinung nach innenpolitisch verständlicher gemacht wer- den. Das ist eine anspruchsvolle Aufgabe. Sie ist didaktisch nicht leicht zu lösen. Dem Bürger im eigenen Land müssen die Zusammenhänge zwischen dem Schicksal der Welt und dem Schicksal der Schweiz besser erklärt werden. Es müs- sen ihm die Wechselwirkungen aufgezeigt werden; es muss klar werden, dass die weltweiten Probleme mit unserem Wohlergehen eng zusammenhängen und dass internatio- nale Probleme Rückwirkungen auf unser Land haben.
Die vorhandenen Zielvorstellungen des Bundesrates müs- sen in ein fassbares Konzept eingebettet werden. Eine Lehre kann aus dem Uno-Beitrittsdebakel gezogen werden, näm- lich dass die globalen Weltprobleme besser als bis anhin beleuchtet und die Rückwirkungen auf die Situation der Schweiz dem gewöhnlichen Bürger verständlich gemacht werden müssen.
Nach unserer Meinung hat der Bundesrat noch nicht ganz begriffen, dass man mit dem Bürger auch über aussenpoliti- sche Fragen sprechen muss. Seine Aussenpolitik ist für den Bürger zu abstrakt oder zu akademisch. Der Bundesrat muss seine aktive Aussenpolitik im Inland besser verkaufen. In aussenpolitischen Belangen ist er ein schlechter Verkäu- fer. Das hat die Uno-Abstimmung bewiesen.
Uns fehlt ein leicht verständliches Konzept, das Klarheit verschafft, etwas Handfestes, mit dem der Bürger etwas anfangen kann. Der Bundesrat und die Verwaltung wissen, was sie wollen, sie nehmen sich aber zu wenig Mühe, es an den Mann oder die Frau zu bringen. Ich unterbreite ihnen deshalb einen Vorschlag. Er geht in ähnlicher Richtung wie derjenige von Herrn Sager.
Die Aussenpolitik und die internationale Solidarität des Bun- des sollte in einer Broschüre verständlich und einfach auf- geschrieben werden. Dieses Büchlein sollte so gestaltet werden wie zum Beispiel ein Abstimmungsbüchlein. Es sollte die Zusammenhänge besser erklären.
Wenn der Bürger die Aussenpolitik besser versteht, wird er sie auch besser mittragen. Hier hapert es, das hat die Uno- Abstimmung eindeutig gezeigt. Hier muss gründliche Auf- klärungsarbeit betrieben werden. Ueberall versuchen die Landesregierung und die Departemente ihre Standpunkte in Schriften und Erklärungen an den Bürger heranzutragen, nur in der Aussenpolitik fehlt dies. Es muss etwas getan werden, der Nachholbedarf ist gross.
Ich bitte den Bundesrat, meine Empfehlung zu prüfen und rasch zu realisieren. In diesem Sinne bin ich von der Antwort des Bundesrates nur teilweise befriedigt.
Frau Grendelmeier: Ich sehe unser wuchtiges Nein zur Uno nicht so optimistisch, wie das Herr Fischer am Anfang dieser Debatte getan hat, das heisst, dass blosses Nein zu dieser Weltorganisation gleichzeitig bedeuten soll, dass wir auf andere Weise gewillt seien, aktiv an den Geschehnissen dieser Welt und auch ausserhalb unserer eigenen Grenzen teilzunehmen. Ich fürchte viel eher, Herr Widmer hatte recht, als er sagte: Für viele Schweizer ist die beste Aussenpolitik keine Aussenpolitik.
Ich glaube auch, dass das politisch aktivste Volk der Welt eine seltsame Scheu hat, zur Kenntnis zu nehmen, dass wir halt eben ein Teil dieser Welt sind. So aktiv wir am innenpoli- tischen Geschehen teilnehmen, so passiv, ja praktisch inexi- stent ist unser Interesse an aussenpolitischen Zusammen- hängen, mit Ausnahme selbstverständlich der aussenwirt- schaftspolitischen Aktivitäten.
Ein Hauptgrund dafür dürfte unsere Neutralität sein, das heisst die Zelebrierung unserer Neutralität, die immer wie- der als Alibi hinhalten muss, und die Tatsache, dass wir seit praktisch anderthalb Jahrhunderten keinen Krieg mehr hat- ten, dass wir ganz einfach etwas verwöhnt sind, dass wir uns, solange es uns gut geht, nicht gern um den Rest dieser Welt kümmern.
Das scheint mir gefährlich zu sein. Wir sind nun einmal keine friedliche Insel; wir sind durch und durch vernetzt und
abhängig vom Ausland. Unsere Grenzen dürfen nicht mehr nur historisch verstanden werden. Ganz im Gegenteil, unsere Grenzen sind unendlich durchlässig geworden, sie existieren oft nur noch auf der Landkarte. Herr Widmer hat das in seinem Votum auch angetönt. Ausgerechnet in die- sem Jahr, in welchem wir den Beitritt zur Uno wuchtig abgelehnt haben, wurde uns die Grenzenlosigkeit auch unseres Landes mehrfach und in drastischer Weise vor Augen geführt.
Tschernobyl hat uns erschreckt, nicht nur durch die Reak- torkatastrophe im fernen Russland. Wir selber waren - 1500 km davon entfernt - davon betroffen durch die weiträu- mige Luftverfrachtung, die keine noch so neutrale Grenze respektiert. Dann die Marcos-Gelder, die auf Schweizer Ban- ken lagern sollen. Kürzlich die Involvierung der Schweizer Banken in die Affäre zwischen den USA und Iran mit ihren Waffenlieferungen. Auch hier waren die Schweizer Grenzen nicht mehr so geschlossen, ganz im Gegenteil, sie waren weit offen und haben die Schweiz in die Schlagzeilen, d. h. in die negativen Schlagzeilen der Weltpresse, gebracht.
Zum Schluss - wir haben gestern darüber diskutiert - haben wir erfahren, dass auch ein Fluss, ein toter Fluss, uns zeigen kann, wie sehr wir mit ein paar Ländern Europas verbunden sind. Auch das hat uns Schelte eingebracht: ausgerechnet das Musterland, das sich aus allem raushalten will oder dann nur immer profitieren möchte.
Es wäre also höchste Zeit, dass wir von uns aus der Welt darlegen würden, dass es durchaus auch Positives über unser Land zu berichten gäbe. Den Anfang aber müssen wir hier drinnen machen, und zwar indem Aussenpolitik auch bei uns zu einem Thema wird. Das braucht jedoch eine wesentlich verbesserte Informationspolitik.
Ich bin von der Antwort des Bundesrates auf meine diesbe- zügliche Motion nicht sehr oder wenigstens nur teilweise befriedigt. So möchte ich erstens noch konkreter wissen, welche der Mittel, die er hier in seiner Antwort angibt, er konkret zur Verbesserung der Information einzusetzen gedenkt. Zweitens: Reicht es, wie er hier schreibt, dass wir die Aussenpolitik praktisch den Aussenwirtschaftspolitikern überlassen? Und wenn ja, zementieren wir dann nicht genau das Bild vom Ausland, das es zu korrigieren gälte, nämlich ein Ausland, das in erster Linie unserem Eigennutz zu die- nen hat?
Lüchinger: Ich äussere mich zur Antwort des Bundesrates auf meine Interpellation, mit welcher ich mich für eine Verstärkung der Flüchtlingsaussenpolitik eingesetzt habe. Es geht hier um ein Beispiel für eine mögliche Aktivierung unserer Aussenpolitik auf einem Gebiete, welches das Volk brennend interessiert. Es gibt also da eine Möglichkeit, die Aussenpolitik dem Volk näher zu bringen.
Ich bedanke mich für die Antwort des Bundesrates; sie ist sachlich, sie ist verständlich; aber ich empfinde sie als lauwarm. Man tut mit Umsicht, was man tun muss, und man tut auch jedes Jahr ein wenig mehr, man rafft sich aber nicht zu wegleitenden und weitreichenden Initiativen auf, die man dann mit Hartnäckigkeit weiterverfolgt. Hartnäckigkeit ist ja ein wesentliches Element der Politik.
Ich denke zuerst an die naheliegende Aufgabe einer besse- ren Zusammenarbeit der europäischen Staaten auf dem Gebiete der Asylpolitik. Es ist doch immer noch so, dass jeder europäische Staat seine eigene Asylpolitik macht, seine eigene Gesetzgebung entwirft, immer mit dem Ziel, die unechten Wirtschaftsflüchtlinge von den eigenen Grenzen wegzuhalten. Und jede neue Verschärfung einer nationalen Gesetzgebung lenkt den Asylantenstrom vom eigenen Lande weg zu den Nachbarländern.
Wenn wir in den ersten Monaten dieses Jahres weniger Asylbewerbungen hatten, so hat das meines Erachtens mit unserer Asylgesetzrevision zu tun; und wenn nun in den letzten Monaten die Asylantenzahl plötzlich wieder steil angestiegen ist, so dürfte das u. a. damit zusammenhängen, dass das Tor Berlin, durch das Flüchtlinge über die DDR in grosser Zahl in die BRD eingereist sind, verschlossen wurde. Dazu kamen Asylgesetzrevisionen in Dänemark, aber auch
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in der Bundesrepublik Deutschland, wo man die Bestim- mungen erneut verschärft hat. Eine europäische Koordina- tion der Asylpolitik ist also notwendig. Eine solche Zusam- menarbeit müsste sich auch auf die Einflussnahme auf die Herkunftsländer der Asylbewerber ausdehnen, auf die Tür- kei zum Beispiel, auf Sri Lanka, Zaire usw. Es geht darum, eine hoffnungslose Wanderbewegung zu unterbinden, die ja schliesslich für die unechten Flüchtlinge immer wieder im Herkunftsland endet. Das kann man durch Information, durch Zusammenarbeit mit den Behörden in den Herkunfts- ländern, aber auch durch eine Verbesserung der Lebensbe- dingungen in der Heimat der Flüchtlinge erreichen. Auch eine Zusammenarbeit auf dem Gebiete der Rückkehrhilfe wäre möglich.
Ich habe mich in meiner Interpellation auch zur Frage der Bedeutung der Entwicklungshilfe im Zusammenhang mit der Milderung der Flüchtlingsnot geäussert. Der Bundesrat nimmt dazu sehr zurückhaltend Stellung. Er glaubt, dass da nur eine beschränkte Möglichkeit besteht, die Flüchtlings- not zu vermindern. Das Hochkommissariat für die Flücht- linge in Genf sieht das etwas anders. In einem Teilbericht des Hochkommissariats vom August dieses Jahres zum Budget 1987 findet sich ein ganzes Kapitel über die Zielset- zung, wie man die Entwicklungshilfe in den Dienst der Milderung der Flüchtlingsnot stellen kann. Ich habe wäh- rend der Herbst-Session mit zwei freisinnigen Kollegen das Hochkommissariat für Flüchtlinge in Genf besucht und im Gespräch mit einem leitenden Mitarbeiter den Eindruck erhalten, dass das Hochkommissariat selber in solchen Fra- gen sehr stark auf Initiativen und Impulse seiner Mitglied- staaten angewiesen ist. Die Schweiz hat zur Zeit die Ehre, den sehr tüchtigen Hochkommissar für Flüchtlinge zu stel- len. Das sollte uns nach meiner Meinung zu einer Sonderan- strengung auf dem Gebiete der Flüchtlingsaussenpolitik führen.
Ich sehe diese Anstrengung auch mit Blick auf unsere Innenpolitik als ein wünschbares Ziel. Wir streiten uns ja zur Zeit über Verfahrensfragen unseres Asylgesetzes, und es kommt immer wieder zu heissen Auseinandersetzungen über die Heimschaffung abgewiesener Asylbewerber. Wir wollen diese Auseinandersetzungen in keiner Weise ver- drängen; diese müssen in unserm Lande ausgetragen wer- den. Aber wir sollten über eine aktivere Flüchtlingsaussen- politik versuchen, in den Herkunftsstaaten der Flüchtlinge und in den grossen heimatnahen Aufnahmestaaten - den- ken Sie an Pakistan und andere Staaten in Asien bzw. in Afrika - eine von unserem ganzen Volk getragene grössere Hilfeleistung zu erbringen und darin Gemeinsamkeit anzu- streben.
Herr Bundesrat Aubert, Sie haben sich in den letzten Jahren immer wieder für die Menschenrechte eingesetzt. Sie waren das Hauptziel Ihrer Aussenpolitik. Ich möchte Sie auffor- dern, Ihr nächstes Amtsjahr - es ist vielleicht Ihr letztes, aber es ist erst noch Ihr Präsidialjahr - für den Aufbau einer schweizerischen Flüchtlingsaussenpolitik zu verwenden, die diesen Namen verdient. In der Hoffnung auf eine solche Aktivierung unserer Flüchtlingsaussenpolitik, und weil ich ein höflicher Mensch bin, erkläre ich mich von der Antwort des Bundesrates befriedigt.
Blocher: Die Verwerfung der Uno-Vorlage bedeute «keine Stellungnahme gegen die bisherige Aussenpolitik»: Das war die Erklärung des Bundesrates am Abend nach der Uno- Abstimmung. Herr Staatssekretär Brunner hat in einem Referat vom 28. Mai 1986 erklärt, das Volk wolle eine aktive Aussenpolitik. Er bezog sich dabei auf eine Umfrage der vox populi. Dort sei zum Ausdruck gekommen, dass das Volk eine aktive Aussenpolitik wolle.
Ich habe mir diese Umfrage angeschaut. Dem Volk wurden zwei Fragen gestellt: Wollen Sie eine aktive oder eine isola- tionistische Aussenpolitik? Da muss einer schon ziemlich dumm sein, wenn er die zweite Frage mit Ja beantwortet hat. Nur sagt «eine aktive Aussenpolitik» natürlich nichts aus. Es erstaunt mich, dass immer wieder erklärt wird, der verwor- fene Uno-Beitritt - den man vor der Abstimmung als «logi-
sche Konsequenz der bisherigen Aussenpolitik» bezeichnet hat - habe keine Konsequenzen auf die künftige Aussenpoli- tik. Man kann nicht eine logische Konsequenz ablehnen und dann behaupten, es bleibe danach - nach der Abstimmung - trotzdem alles beim alten.
Wie interpretiere ich das Nein zum Uno-Beitritt? Vorsichti- gerweise darf man wohl sagen, es sei ein qualifiziertes Bekenntnis zu unserer Neutralität. Es bedeutet ein Unbeha- gen gegenüber dem finanziellen Gebaren und der Wirksam- keit auf dem internationalen Parkett - vor allem in grossen Gremien und Konferenzen - und ein ausgesprochenes Miss- trauen gegenüber einem aufwendigen internationalen Kon- ferenztourismus und gegenüber einem allzu grossen inter- nationalen Rummel.
Ein Bekenntnis zur aktiven Aussenpolitik mit Wörtern wie Neutralität, Disponibilität, Universalität und Solidarität sagt einfach zu wenig aus.
Zur Neutralität: Die Uno-Abstimmung hat die Neutralität aufgewertet als ein wichtiges sicherheitspolitisches Instru- ment unseres Landes.
Zur Disponibilität: Disponibel heisst für unser kleines Land: Wir haben uns zur Verfügung zu halten. Wenn man uns ruft, sind wir da. Wir drängen uns nicht auf. Wir sind ein Klein- staat. Stil und Ausmass des aussenpolitischen Engage- ments haben sich nach unserem neutralen Kleinstaat zu richten.
Zur Universalität: Für unseren Kleinstaat heisst dies mit allen Staaten freundschaftliche Beziehungen pflegen und diese ernstnehmen.
Es ist nicht so, dass das Volk die Aussenpolitik nicht verstan- den hätte, aber das Volk hat eine andere Meinung. Wir müssen keine Broschüren drucken, dieses Papier wird kaum gelesen, sondern wir müssen dem Gehalt des Volks- willens Nachachtung verschaffen.
Wir haben uns zu fragen, ob wir überall dabei sein müssen. Wir waren 1950 in 29 internationalen Organisationen, 1970 in 56 und heute in 74!
Die Geheimdiplomatie und die zwischenstaatlichen Bezie- hungen haben auf dieser Welt in keiner Art und Weise ausgespielt. Sie sind oft wirksamer als grosse, internationale Konferenzen.
Zu meiner Interpellation: Die Antwort, Herr Bundesrat Aubert, ist mir etwas zu formalistisch, zu formaljuristisch, ausgefallen. Natürlich werden Sie sich formell an den Volks- entscheid halten. Die Frage ist, ob Sie sich auch dem Sinn und der Substanz nach daran halten.
Sie beantworten die Frage nach unerwünschten Einflüssen auf die schweizerische Gesetzgebung und dem Unterlaufen unseres demokratischen, föderalistischen Gesetzgebungs- verfahrens damit, dass das Gesetzgebungsverfahren richtig und formal in Ordnung sei. Das bestreite ich nicht. Aber unser heute geltendes Verfahren bleibt ein Problem. Wir müssen auch sehen, welche Staaten was alles unterschrei- ben und welche Staaten was überhaupt einhalten. Einhalten und Unterschreiben ist nicht das gleiche!
Ich bin dagegen, Herr Bundesrat, mit Ihrer Antwort einver- standen, dass der Bundesrat die pragmatische Zusammen- arbeit mit dem IWF und der Weltbank fortsetzen will, heute also keinen Beitritt erwägt.
Zum Schluss. Gefährlich ist in der Aussenpolitik nicht der Idealismus; aber der naive Idealismus ist sehr gefährlich. Aussenpolitik heisst für alle Staaten dieser Welt immer auch Interessenpolitik, Interessenwahrung. Grossstaaten sind hier wesentlich stärker als wir. Die Staatengemeinschaft ist nicht ein idealistischer Klub, der miteinander etwas zelebrie- ren will, nur um die Welt zu verbessern, sondern hier wird harte Interessenpolitik betrieben. Das darf auch so sein. Gefährlich ist es aber, wenn man das vergisst! Der naive Idealismus, ein Sektierertum, das uns zu jedem Preis verkau- fen will - Frau Grendelmeier sagt, die Grenzen seien nur noch auf der Landkarte und sonst sei alles miteinander vermischt und verschwommen -, verneint die Persönlichkeit eines Staates. Und: Zur Persönlichkeit seines Staates zu stehen, heisst nicht, Egoist zu sein, sondern das heisst, ein Selbstwertgefühl zu haben und mit den anderen Staaten auf
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der gleichen Grundlage zu verkehren, aber auch anzuerken- nen, dass unser Staat Eigenheiten hat, wie das jeder andere Staat auch für sich in Anspruch nimmt.
M. Pini: Il neo-eletto Consigliere federale Arnold Koller, qualche ora dopo la sua brillante elezione, dichiarava alla televisione della Svizzera italiana che «la più grande sfida della Svizzera, a medio e a lungo termine, è il suo confronto attivo con l'Europa, con i problemi dell'evoluzione europea e con il mondo.». lo ritengo oggi, nel quadro di questo interessante dibattito di politica estera, che questa dichiara- zione non solo qualifica intelligentemente - ed è anche un conforto per chi l'ha eletto - il nuovo Consigliere federale, ma essa dovrebbe essere il filo conduttore del nostro impe- gno, della nostra ragione in politica estera. Dobbiamo evi- tare due grandi pericoli: quello della marginalizzazione del Paese da una parte e quello, peggiore, di rifiutare settorial- mente l'impegno della universalità dei nostri contatti e la dimostrazione politica della solidarietà nella nostra parteci- pazione internazionale.
Onorevoli colleghi, ho ascoltato alcuni interventi che ritor- nano ancora sulla fatidica data del 16 marzo di quest'anno. Ci si chiede se effettivamente questa data ha significato una risposta globalmente negativa nei confronti della nostra politica estera come noi la viviamo, oppure se ha significato unicamente un no nei confronti di un istrumento di politica estera, nel caso specifico l'ONU.
lo ritengo che dovremmo finalmente dimenticare e mettere da parte questo riferimento perché comincia a diventare un complesso nel quadro delle nostre discussioni. Il popolo svizzero ha risposto no a un istrumento della politica estera e a mio modo di vedere non ha risposto no alla politica estera proprio perchè, oggi come oggi, non so se esso sia in grado di dare in merito una risposta responsabile e soprat- tutto conoscitiva. Abbiamo lasciato questo paese, a livello dell'opinione pubblica, troppo distante dal discorso della politica estera e cominciamo solamente oggi, a poco a poco, a ricuperare l'interesse anche popolare sui problemi esteri. Per fortuna, onorevoli colleghi! Ma al momento in cui il popolo svizzero è stato chiamato a votare si o no all'ONU, questo popolo i diversi problemi che abbiamo dibattuto in questi ultimi anni non era nella possibilità di conoscerli perché molti partiti, non ultimo il mio, hanno preferito priori- tariamente altri discorsi al discorso della politica estera. E allora ben venga oggi, anche se criticamente, il discorso, aperto, non solo a livello parlamentare, che coinvolga questa opinione pubblica nello sviluppo delle nostre ragioni in politica estera.
Onorevoli colleghi, io ho ascoltato in modo particolare l'onorevole Lüchinger, poc'anzi, a parlare di un aspetto della nostra politica estera che è quello dell'atteggiamento della Svizzera nei confronti dei rifugiati. Non è vero che si è fatto nulla per creare un coordinamento di questo grave pro- blema che non interessa solamente la Svizzera ma interessa tutta l'Europa. Proprio dalla Svizzera e per iniziativa della delegazione svizzera, un anno or sono, a livello del Consi- glio dell'Europa, è stato creato un organismo permanente per il coordinamento delle problematiche dei rifugiati, e in particolare delle migrazioni economiche. Ma c'è un fatto: è che la Svizzera non si serve molto di questo organismo. La Svizzera è campione di una politica solitaria a livello di problematica dei rifugiati. Ritengo che, anche sotto questo aspetto, noi dobbiamo vieppiù agganciare il nostro discorso politico, a livello della problematica dei rifugiati, con altri paesi che subiscono le stesse situazioni, che sono anche loro costretti a equilibrare e a dosare severamente la pre- senza di rifugiati. Non possiamo, tuttavia, essere unica- mente contenti di aver vuotato il paese di quanto eventual- mente e quantitativamente ci disturba. Dobbiamo anche preoccuparci dove va a rifinire quanto noi rinviamo fuori dai nostri confini, per non trovarci domani confrontati a un altro problema, magari ancora più grave di quello di oggi, e cioè un ritorno di una migrazione economica che potenzialmente rappresenta quei due terzi del mondo che non mangia
rispetto a quel terzo, di cui noi facciamo parte, del mondo che mangia per tre.
Onorevoli colleghi, solo sotto questo aspetto è necessario ridare alla politica estera un senso preciso nell'aggancio con altri Paesi d'Europa, in vista di definire meglio i destini di questa politica in funzione comune. Non possiamo essere cavalieri solitari; non possiamo vivere unicamente aprendo e chiudendo la porta quando ci interessa. Questa politica estera impegna il paese alla continuità nella solidarietà, senza tanti idealismi, al realismo dell'internazionale neces- sità dei rapporti ad ogni livello e sotto ogni aspetto, nella politica dei contatti bilaterali come in quelli ancora più vasti dei rapporti multilaterali.
M. Soldini: Le 16 mars 1986, lors d'un scrutin qualifié d'his- torique, les citoyennes et les citoyens suisses, appuyés par l'unanimité des cantons, ont, à trois contre un, refusé l'adhé- sion de notre pays à l'organisation politique des Nations Unies. Avec une participation inhabituellement élevée de 50,7 pour cent, le corps électoral helvétique s'est ainsi nette- ment prononcé contre une proposition longuement concoc- tée par le Conseil fédéral et la majorité des Chambres.
Ce verdict populaire, étonnamment catégorique et sans appel, aurait dû conduire notre gouvernement, et notam- ment le chef du Département des affaires étrangères, à une appréciation plus nuancée de ses engagements comme de son action dans les différents secteurs qui constituent la politique extérieure de notre pays. Tel ne semble pourtant pas avoir été le cas puisqu'au soir de la votation M. Pierre Aubert n'a pas hésité à affirmer qu'une décision aussi tran- chée ne constituait en aucune manière un désaveu de la politique étrangère de la Confédération menée par ses pré- décesseurs et lui-même depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Une telle déclaration, en un tel moment, aurait eu de quoi surprendre si l'on ne s'était souvenu que, lors de son acces- sion au Conseil fédéral, M. Aubert avait annoncé que le problème de l'adhésion de la Suisse à l'ONU constituerait désormais la pierre angulaire de notre politique extérieure. On comprend alors mieux aujourd'hui que le responsable de nos affaires étrangères ne puisse se départir d'une atti- tude qui fut aussi celle de ses prédécesseurs, MM. Spühler et Graber, puisque depuis plus de vingt ans la conduite des affaires dans ce domaine a été laissée à des magistrats socialistes, forcément influencés par l'idéologie internatio- naliste et tiers mondiste de leur parti.
Cette vision messianique ne semble pourtant guère parta- gée par la grande majorité du peuple suisse. Aussi avons- nous accueilli avec faveur l'intervention de notre Commis- sion des affaires étrangères désirant donner au Conseil fédéral l'occasion, beaucoup trop rare, d'expliquer sa politi- que extérieure, de permettre au Parlement d'en débattre et de répondre aux questions qui lui seront posées.
Voici quelques-unes de mes demandes d'éclaircissements, au sujet du Nicaragua, tout d'abord. Cette année Maurice Demierre, de «Frères sans frontières», et Yvan Leyvraz, de l'Oeuvre suisse d'entraide ouvrière, ont été tués par les contre-révolutionnaires antisandinistes, les «Contras». Le fait que le second de ces coopérants ait été armé, qu'il bénéficiait d'une autorisation de port d'arme délivrée par les autorités sandinistes et qu'il participait à une patrouille en compagnie de soldats nicaraguayens, d'un déserteur de l'armée française et d'un autre coopérant allemand dans la zone des combats, me semble incompatible avec la notion de neutralité telle que la conçoit le Conseil fédéral.
Quelle est, Monsieur le Conseiller fédéral, la politique suivie dans ce pays sur le plan de l'aide technique et humanitaire, comme c'est le cas d'ailleurs avec des données inverses dans le pays voisin du Salvador? Que devons-nous penser aussi de la campagne menée dans et hors de ce Parlement contre certains de nos collègues qui se sont permis d'aller au Nicaragua et d'en rapporter des impressions différentes de celles des brigadistes engagés politiquement aux côtés des militaires gouvernementaux? Ce genre de terrorisme
Aussenpolitik. Persönliche Vorstösse
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intellectuel est-il conforme à la tradition démocratique de notre Parlement fédéral ?
D'autre part, dans sa réponse écrite à l'interpellation de la Commission des affaires étrangères, le Conseil fédéral se dit convaincu que la lutte contre le terrorisme international nécessite de toute urgence des mesures concertées et effi- caces. Je voudrais savoir si la récente participation de la Suisse au sommet des pays prétendument «non alignés» de Harare, au Zimbabwe, faisait partie de ces mesures antiter- roristes, alors que les principaux acteurs de cette masca- rade, présidée par M. Mugabe, n'ont fait que soutenir ceux qui, dans le monde de violence que nous connaissons, cherchent à déstabiliser les démocraties pacifiques et les régimes de liberté.
Comme l'écrivait Jacques Soustelle dans le Figaro du 13 septembre dernier, l'Occident comprendra-t-il enfin qu'on ne peut pas se défendre contre une offensive plané- taire en la tolérant ici ou là; qu'on ne peut pas rejeter le terrorisme à Paris et l'admettre ailleurs; que si le terrorisme est indivisible, la résistance au terrorisme doit l'être égale- ment. Alors, Monsieur le Conseiller fédéral, je me permets de vous demander «Qu'allions-nous faire dans cette galère, en compagnie des dictateurs libyen, cubain ou éthiopien ?» Enfin, pour terminer cette brève intervention, je vous serais obligé de me préciser quels ont été les résultats concrets des démarches que vous avez effectuées auprès des gouver- nements français, algérien et belge, afin de rendre justice à nos compatriotes rentrés il y a plus de vingt ans au pays après avoir été spoliés dans leurs biens et trompés dans leurs espoirs de dédommagement à leur retour en Suisse. Les nombreuses interventions parlementaires et les pro- messes faites lors des derniers congrès des Suisses à l'étranger resteront-elles définitivement lettre morte ? Je me refuse à croire qu'un pays qui s'attache obstinément à développer sous les formes les plus diverses l'aide aux populations du tiers monde - 280 millions pour l'IDA, par exemple - ne puisse apporter le moindre réconfort à ses propres ressortissants tombés dans le malheur lors des événements tragiques d'Algérie et du Congo. J'attends avec intérêt et confiance la réponse que vous donnerez à cette question qui me tient tout spécialement à coeur.
Müller-Meilen: Die Uno-Abstimmung hat da und dort ein aussenpolitisches Trauma hinterlassen, ich glaube zu Unrecht. Der Nein-Entscheid von Volk und Ständen gegen einen Beitritt ist voll zu akzeptieren und zu respektieren. Ein Beitritt kommt für lange Zeit nicht in Frage. Der Entscheid sollte aber auch nicht überinterpretiert werden. Es war keine Absage an die bisherigen Grundsätze der Aussenpolitik. Es war auch keine Absage an eine aktive Aussenpolitik in den bisherigen Bahnen inkl. der guten Dienste, wie die VOX- Analyse gezeigt hat. Es ist kein Bekenntnis zu einem Rück- zug in ein schweizerisches Schneckenhaus; wir sind längst wirtschaftlich, verkehrsmässig, touristisch und kulturell der- art stark mit der übrigen Welt verbunden und werden auch von den politischen Entscheiden der übrigen Welt mitbetrof- fen, dass eine solche Haltung unmöglich erscheint. Ich halte deshalb die Antwort des Bundesrates auf die Interpellation der Kommission für auswärtige Angelegenheiten des Natio- nalrates in der Grundlinie für richtig.
Ich möchte mich im folgenden vor allem der Frage zuwen- den: Was können wir tun, um die aussenpolitische Diskre- panz zwischen Volk und Behörden, zwischen Volk und eidgenössischem Parlament, die sich bei der Uno-Abstim- mung aufgetan hat, zu verringern? Ich möchte dazu fünf Punkte anführen:
Welt, z. B. in Südafrika und Chile, verfechten können, son- dern dass wir überall für sie eintreten müssen, wo immer sie verletzt werden.
Wir sollten bei den sich bietenden Gelegenheiten häufiger die internationalen Verflechtungen sichtbar machen, denen sich unser Land nicht hat entziehen können und denen es sich je länger, desto weniger wird entziehen können. Tschernobyl und der Brandfall eines Lagerhauses der San- doz in Basel haben dies erneut in einem Teilgebiet drastisch vor Augen geführt.
Eine Konsequenz der Einsicht in die internationale Inter- dependenz müsste zweifellos eine Verstärkung der Solidar- ität mit der übrigen Welt, vor allem mit den Schwachen und Armen dieser Welt, sein, ohne dass wir aber auch in der Entwicklungshilfe meinen, wir müssten ihnen unsere Mei- nung und Vorstellungen aufzwingen und sie nach unserer Façon glücklich machen.
Ein wichtiger Punkt scheint mir ein kontinuierliches Gespräch mit den Bürgerinnen und Bürgern über Fragen der Aussenpolitik zu sein, ein offenes Gespräch ohne jede parlamentarische Selbstgerechtigkeit, ein Suchen nach Lösungen, ein Gespräch, das aber nicht erst in Erscheinung tritt wie die Feuerwehr, wenn das Haus brennt, sondern das permanent geführt wird.
Zuletzt möchte ich die Verbesserung des Informations- flusses zwischen Departement und Parlament einerseits und Departement und Oeffentlichkeit andererseits anführen. Es ist dies wohl eine unerlässliche Voraussetzung, um mehr Verständnis und mehr Vertrauen zu schaffen. Jeglicher Hochmut, wie er in einzelnen Kreisen der Befürworter nach der Uno-Abstimmung sichtbar wurde, ist nicht nur kontra- produktiv, sondern undemokratisch und deshalb verwer- flich. Wir können auch die Aussenpolitik nur mit dem Volk, aber nicht gegen das Volk führen.
Mme Pitteloud: Il faut malheureusement constater que ne règne pas dans ce Conseil l'idée que la politique étrangère ne peut plus de nos jours se limiter au domaine traditionnel de la défense des intérêts commerciaux ou diplomatiques nationaux, que ce n'est plus suffisant, bien que se dégage quand même le fait que les problèmes importants qui nous touchent sont devenus universels. C'est regrettable car cela devrait nous obliger à remettre en question le cas particulier de la Suisse, ce cas particulier auquel tant s'accrochent. Il n'est plus suffisant de brandir les principes de neutralité, solidarité, disponibilité qu'on nous répète et de s'en tenir à une position de pays «au-dessus de la mêlée», une position égocentrique s'il en est. Je dirai que, quand ces principes sont traduits par le Conseil fédéral dans le concret, cela donne une série de postulats que, pour ma part, je trouve trop souvent contradictoires. Cela dessine en fait l'image d'une politique économique extérieure qui est surtout orien- tée vers des profits à moyen et à court terme et une politique étrangère qui confond souvent la neutralité avec le refus de toute responsabilité internationale. D'autre part, je ne suis pas tout à fait sûre que notre population ne s'aperçoit pas de cette contradiction et qu'elle se contentera toujours de ce discours de principe. Les bruits de l'extérieur finissent par atteindre l'intérieur des cocons les plus solides, surtout s'ils sont suffisamment forts, et il n'est pas certain que l'on se contente indéfiniment de réponses de principe. Je pense qu'on est en droit d'attendre que la Suisse ne joue pas, dans tous ces problèmes, les Ponce Pilate, et que l'on recon- naisse qu'une certaine schizophrénie entre les discours et les actes se traduit, qu'on le veuille ou non, par des diffi- cultés toujours croissantes ces dernières années et que, pour tenter de les résoudre, il ne faudrait plus cultiver l'égoïsme national qui a été je crois cultivé en partie aussi par les autorités ces années passées. Bien sûr, il ne s'agit pas non plus, dans un élan d'altruisme exagéré, de ne pas défendre nos intérêts, mais il faut quand même se rendre compte qu'aujourd'hui essayer de définir ces intérêts, ce devrait aussi tenter de faire en sorte qu'ils soient concilia- bles avec les intérêts de survie de l'humanité et donc de la nôtre, à terme. Finalement, je me demande, malgré les
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beaux principes, de quelle solidarité nous faisons preuve, par exemple, dans la recherche de solution aux problèmes globaux, comme le dit le Conseil fédéral, quand nous déci- dons unilatéralement la fermeture de nos frontières, en marge de cette concertation européenne que nous récla- mons par ailleurs.
Le Haut-Commissaire aux réfugiés nous l'a rappelé: on peut vouloir tordre le cou à la réalité, cela ne règle rien, il est faux de penser qu'avec un peu d'aide humanitaire on se débar- rassera des résultats d'une politique qu'on soutient par ailleurs. Et puisqu'on parle de concertation européenne, je dirai que, dans le rapport du Conseil fédéral, cette coopéra- tion européenne ou cette intégration, je la ressens malheu- reusement toujours plutôt vue comme une intégration éco- nomique avant tout et ne nous engageant pas à nous encombrer en fait de l'intégration politique qui est inévitable et qui est contenue dans cette évolution. On voit par exem- ple des membres de ce conseil postuler une poursuite, un renforcement de la participation aux travaux du Conseil de l'Europe, et parallèlement refuser de ratifier la Charte sociale européenne. Cela ne me paraît pas très conséquent. Nous devons dire et faire savoir qu'il sera toujours plus difficile à la Suisse de profiter économiquement de l'interdé- pendance mondiale, de profiter de sa troisième place de puissance financière, en tête du peloton pour les exporta- tions en direction des pays du tiers monde. Le Conseil fédéral le relève, cette puissance économique nous confère une responsabilité particulière, surtout dans nos relations avec le tiers monde. Je regrette dès lors que dans son rapport il préconise, pour ces pays, une intégration accrue à un système commercial mondial qui les a amenés à une situation que l'on décrit par ailleurs fort justement comme prolongeant les injustices menant au désespoir et à l'extré- misme. Ces pays réclament un Nouvel ordre économique mondial, et que cela nous plaise ou non, nous ne pourrons pas nous boucher les oreilles indéfiniment, parce que celui qui veut tenter d'instaurer une paix durable sait parfaitement que l'idée d'un changement fondamental des structures économiques, sociales et politiques ne peut pas être définiti- vement écartée.
Dans ses relations avec les pays du tiers monde, la Suisse devrait tendre, avec d'autres pays européens, à la réalisation d'une position autonome de l'Europe, ce serait la seule possibilité de désamorcer quelque peu le mécanisme conflictuel qui résulte du modèle Est-Ouest. La Suisse devrait reconnaître que la politique menée jusqu'à présent, au travers des institutions de Bretton Woods et plus particu- lièrement du FMI, va à l'encontre de toute notre politique de développement, elle entraîne pour ces pays des consé- quences catastrophiques, que nous-mêmes n'accepterions jamais, et que ces conséquences sont, à terme, explosives pour l'ensemble de la communauté internationale.
Pour conclure, je dirai qu'au fond, tendre à supprimer les contradictions qui existent entre le discours sur la politique étrangère et notre politique extérieure, faire preuve d'un sens des responsabilités plus approprié, ce devrait être les objectifs d'une politique qui vise réellement à la solidarité entre les peuples et au respect et au renforcement des droits de l'homme.
Bundi: Ich möchte nur einen Aspekt im Rahmen unserer Aussenpolitik berühren, nämlich die Position der Schweiz an den KSZE-Nachfolgekonferenzen respektive KVAE-Kon- ferenzen. In einer jüngst erschienen Abhandlung mit dem Titel «Schweiz und Rüstungskontrolle» fordern die beiden Verfasser, Prof. Kurt Gasteyger und René Hauck, längerfri- stig neue Kriterien und Schwerpunkte für eine schweizeri- sche Beteiligung an Abrüstungskonferenzen und Verifika- tionsaufgaben, und sie sagen in diesem Zusammenhang: «Die Schweiz hat dort, wo sie aktiv wurde, fast immer nur reagiert und selten die Initiative ergriffen.» In diesen Worten widerspiegelt sich weitgehend die Philosophie der offiziel- len Schweiz an den bisherigen KVAE-Verhandlungen: Dort, wo es um mögliche Durchbrüche auf dem Gebiet der Abrü- stung geht, eher bremsend als fördernd tätig zu werden.
Den Willen verschiedener Nationen, an den KVAE-Verhand- lungen von Stockholm und Wien so rasch wie möglich in die zweite Phase einzutreten, die sich mit der eigentlichen Abrü- stung zu befassen hätte, bezeichnet der Bundesrat in seiner Antwort auf die Interpellation Braunschweig als euphorisch, und indirekt taxiert er auch den Glauben an die Fortführung der Projekte von Reykjavik ebenso. Nun, gerade Euphorie erwartet niemand von einer schweizerischen Delegation, aber man sollte von ihr auch nicht das Gegenteil erwarten müssen. Bei der stetigen und kategorischen Berufung unse- rer Vertreter auf Vorbedingungen, die zuerst erfüllt werden müssten, wird die Schweiz zu einem immobilisierenden Faktor, unflexibel und fern von jeder Dynamik.
Es fragt sich darum, ob die Richtlinien des Bundesrates für die schweizerische Position an den Konferenzen für vertrau- ens- und sicherheitsbildende Massnahmen und Abrüstung in Europa vom Jahre 1984 nicht zu eng und starr gefasst sind. Mit dem Grundsatz, dass solche Massnahmen ganz Europa zu umfassen haben, militärisch bedeutsam, politisch verbindlich und von angemessenen Formen der Verifikation begleitet sein müssen, kann man durchwegs einig gehen. Dass man aber Massnahmen im Bereich der Rüstungskon- trolle und Abrüstung ablehnt und kritisiert, indem man sich allein auf die Grundsätze unserer schweizerischen Sicher- heitspolitik beruft, muss als zu enge Perspektive beurteilt werden. Ein solcher Blickwinkel, der derart unsere eigenen militärpolitischen Interessen in den Vordergrund rückt, wird der Schweiz im Rahmen der N+N-Staatengruppe kaum erlauben, eine mutige oder gar kühne Initiative zu starten. Ja, die schweizerische Position dürfte wegen einer so star- ren Haltung vielmehr Gefahr laufen, zunehmend in grössere Isolation zu geraten. Was not tut, damit wir an besagten Konferenzen tatsächlich ernst genommen werden, ist, dass wir auch Vorschläge mit klaren Inhalten einbringen, das heisst, etwas dynamischer operieren können.
Das bedeutet einerseits mehr qualifizierte Mitarbeiter im EDA und andererseits die Erarbeitung von Grundlagenstu- dien. Dazu äusserte sich Herr Gasteyger im obgenannten Werk denn auch wie folgt: «Die Zahl der Experten im Bereich“ Sicherheits-Rüstungskontrollpolitik sowie in ver- wandten Gebieten ist entweder beschämend gering (und die vorhandenen Experten sind deswegen entsprechend über- lastet), oder das Rotationssystem diplomatischer Praxis führt immer wieder zu einer anderweitigen Verwendung dieser Experten.» Er fährt an anderer Stelle fort: «Eng mit diesen finanziellen und personellen Grenzen hängt auch das Fehlen von Grundlagenstudien zu sicherheits- und rüstungskontrollpolitischen Fragen zusammen. Im Unter- schied zu vielen Ländern verfügen weder das EDA noch das EMD über einen »Planungsstab« oder über eine Denker- gruppe, welche die Mittel für solche Grundlagenstudien hätten.»
Hier bestehen offenbar beträchtliche Lücken. Aus diesen Gründen dürfte es angezeigt sein, dass das EDA Initiativen ergreift und Vorschläge unterbreitet, um die personelle und finanzielle Situation zu verbessern, damit ein neues Konzept für die schweizerische Position bei Rüstungskontroll- und Abrüstungsverhandlungen an internationalen Konferenzen erarbeitet werden kann.
Es ist mir deshalb ein Anliegen, dass Herr Bundesrat Aubert heute zu diesem Problemkreis Stellung nimmt.
M. Berger: Le 16 mars dernier, le peuple suisse a pris une détermination claire en matière de politique étrangère, en refusant massivement notre entrée à l'Organisation des Nations Unies. Nous ne pouvons pas l'ignorer.
Ce refus, non seulement doit être analysé, mais il appartient aussi au Parlement de s'exprimer clairement sur l'orienta- tion qu'il entend donner à l'avenir à notre politique étran- gère. La solution de facilité résiderait dans une simple réponse de confirmation en matière politique menée jus- qu'ici, mais ce serait ignorer le verdict de mars dernier. Dans cet esprit, nous soutenons l'interpellation de notre commis- sion et nous participons au débat qui se déroule présente- ment.
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Dans ses grands principes, notre politique étrangère a rem- pli la mission que le peuple attendait d'elle. Cependant, l'opinion qui s'est dégagée des débats de mars dernier et les impératifs nouveaux qui se posent à notre politique étran- gère méritent toute notre réflexion et notre attention.
De cette détermination, je relève trois points qui méritent analyse: Premièrement, conserver intact le principe de notre neutralité active. Deuxièmement, limiter notre engagement rigoureusement dans le cadre et les limites que nous accor- dent les dispositions constitutionnelles à ce sujet.
Troisièmement, et sans remettre en cause ces deux pre- miers principes, il est également hautement souhaitable que, dans le domaine réservé par notre statut de neutralité, notre engagement soit des plus actifs, à l'avenir également. Il nous appartient donc de garder toute indépendance à l'égard de l'extérieur, si nous voulons remplir mieux encore la mission privilégiée qui nous est accordée. Les attributions et les mandats de la Commission des affaires étrangères répondent aujourd'hui encore de l'objectif fixé par le règle- ment de notre conseil. Dans ce domaine, il me semble que nous pouvons apporter toutes informations en temps voulu, tant aux médias qu'à ce conseil.
De plus, notre peuple n'a jamais remis en question et en cause l'action menée dans le monde en faveur d'une aide active à l'endroit de la souffrance, de la faim, de l'aide en cas de catastrophes, de l'aide technique, etc. Notre contribution en toutes circonstances par notre disponibilité d'Etat neutre devrait permettre de remplir des missions d'arbitrage et des rapports entre parties adverses, à l'avenir encore.
Le besoin de resserrer les relations avec nos proches voisins demeure prioritaire, en favorisant notamment l'édification d'une Europe unifiée et solide. Un tel engagement demeure fondamental pour l'équilibre de notre planète, mais aussi pour notre petit Etat, que ce soit dans le domaine de l'économie, de l'industrie ou de l'agriculture, que ce soit aussi dans celui de nos relations sociales. M. Soldini a fait état d'un cas, tout à l'heure, il y en a d'autres qui reviendront certainement à notre réflexion, dans le cadre des problèmes qui seront soulevés par la dixième révision de l'AVS.
Face aux échanges également multiples qui se présentent et aux distances qui se raccourcissent, notre pays ne pourra pas demeurer sage tout seul au sein de notre Europe. Le refus de notre peuple d'entrer dans les Nations Unies peut être expliqué par deux raisons: par crainte, à notre avis justifiée, que le sens et l'esprit de notre statut de neutralité soit progressivement bafoué et que nous ne soyons plus à même de remplir les missions privilégiées qui nous sont accordées, voire reconnues.
Si notre peuple n'entend nullement que notre action de politique étrangère se disperse, il n'entend pas non plus qu'elle se complaise dans l'acquis. Nous sommes un petit Etat auquel il est réservé une mission importante et précise. Toute la gestion des problèmes du monde nous intéresse. Cependant, notre participation active doit se limiter au cadre fixé par notre statut de neutralité. Les actions définies et engagées peuvent ainsi, sans restriction, recevoir notre appui. Pour le reste, nous nous limiterons au statut d'obser- vateur.
Est-ce l'attitude que l'on attend de notre pays? Je vous laisse la réponse. Pour ma part, c'est l'orientation que la majorité de notre peuple attend de notre politique étrangère.
Frau Morf: Die Stellung der Schweiz wird bestimmt durch das, was bei uns gerade aktuell geschieht, aber auch durch das, was dauert und im Ausland positiv oder negativ über längere Zeit zur Kenntnis genommen wird.
Das aktuell Negativste ist zur Zeit sicher die Vergiftung des Rheins durch die Schweizer Chemie. Als aktuell Positivstes werden wahrscheinlich im Ausland unsere Skifahrer, Künst- ler, Filmer, Architekten und Autoren wahrgenommen. Die Dauerbrenner hingegen, die unser Image im Positiven bestimmen, sind natürlich immer noch die Uhren und die Berge. Im Negativen ist es unsere Einigelung der übrigen Welt gegenüber, wenn es um anderes als um Kommerzielles geht, eine Einigelung, von der manche Ausländer immer
noch nicht genau wissen, ob es Unsolidarität oder eine besonders originelle und auch egoistische Interpretation unserer Neutralität ist.
Bei meiner Aufzählung der positiven Punkte überwiegt die kulturelle Dimension, sowohl der Kulturexport als auch der Kulturaustausch, was ja nicht ganz dasselbe ist. Da habe ich mich, wie ja auch mein Kollege Sigi Widmer das vorher festgestellt hat, gefragt, warum Kultur mit keinem Wort in diesem Bericht über die Stellung der Schweiz in der Welt erwähnt wird. Gleichzeitig frage ich mich: Weshalb wird Kultur in bezug auf das Ausland eigentlich nur von der schweizerischen Kulturstiftung Pro Helvetia wirklich ernst- genommen? Warum wird sie vom EDA, das ja auch zustän- dig wäre, als quantité négligeable behandelt? Oder ist dem vielleicht nicht so, Herr Bundesrat?
Das EDA beschäftigt weltweit nicht mehr als sechs bis acht Kulturattachés. In Gegenüberstellung zu den Wirtschaftsat- tachés und zu den Militärattachés ist das ein krasses Miss- verhältnis. Ich möchte den Bundesrat dringend darauf hin- weisen, dass er, wenn ihm die Stellung der Schweiz wirklich so am Herzen liegt, gut daran täte, mehr Botschaften mit eigentlichen Kulturattachés auszustatten. Pro Helvetia ver- diente es nämlich, vom EDA besser unterstützt zu werden. Pro Helvetia hat vom Parlament den Auftrag übernommen, beim Kulturaustausch mit dem Ausland in erster Linie unsere Nachbarländer zu berücksichtigen und in weiter entfernten Breiten Schwerpunktländer zu bestimmen. Für Kulturpräsenz überall in der Welt haben wir ja bekanntlich kein Geld. Das kann sich die Bundesrepublik Deutschland leisten, die weltweit achtzig Goethe-Institute betreibt.
Pro Helvetia ist diesem Auftrag des Parlamentes in den letzten Jahren getreulich nachgekommen. In Frankreich mit dem Centre Culturel Suisse in Paris, das nach einigen Kin- derkrankheiten sehr positive Auswirkungen hat und es vie- len Künstlern aus der welschen, aber auch aus der deut- schen Schweiz ermöglicht, in Frankreich zur Kenntnis genommen zu werden. Für die Bundesrepublik Deutschland hat Pro Helvetia ein anderes Modell geschaffen, weil dort ja kein kulturelles Zentrum wie Paris besteht. Man hat in den Städten des Rheins Kulturereignisse unter dem Titel «Szene Schweiz» aufgezogen. Sie hatten soviel Erfolg, dass die «Szene Schweiz» jedes Jahr weitergeführt wird. Ich habe leider nicht genug Redezeit, um den Kulturaustausch mit Oesterreich und Italien zu erwähnen. Wichtig ist: In der Bundesrepublik Deutschland war es ein Botschaftsrat, der mit Begeisterung geholfen hat, die «Szene Schweiz» aufzu- bauen. Genau dieser Attaché wird jetzt in der üblichen Rotation des diplomatischen Dienstes nach Warschau geschickt. Ich frage mich: Warum verheizt man solche Leute, die bewiesen haben, dass sie kulturpolitisch im diplo- matischen Dienst enorm viel leisten können? Warum hat man ihn nicht zum Beispiel in die USA geschickt, wo kultu- relle Präsenz für unsere Kulturschaffenden besonders wich- tig wäre?
Auf meine Frage sagte mir das EDA kühl: Wir wollen keine Spezialisten, wir wollen Generalisten. Man muss da ebenso kühl zurückfragen: Wie steht es denn mit den Wirtschaftsat- tachés oder mit den Militärattachés? Sind das keine Spezia- listen? Ich finde, der Bundesrat müsste sich in dieser Bezie- hung, nämlich in bezug auf die kulturelle Stellung der Schweiz in der Welt, bemühen, bessere Lösungen zu finden. Der Zustand heute ist in dieser Beziehung absolut unbefrie- digend.
Mühlemann: Aufgrund des Uno-Entscheides vom 16. März besteht keine Ursache, in larmoyantes Klagen auszubrechen oder in grossen Siegesjubel. Das Schweizervolk hat sich klar und dezidiert entschieden. Man weiss in diesem Lande, was integrale Neutralität heisst. Man ist ebenso misstrauisch gegenüber einäugiger Diplomatie, wie sie in der Uno betrie- ben wird. Die bewährte Formel der bewaffneten Neutralität und Solidarität hat ihre Bestätigung erfahren.
Wir haben allen Grund, an unserer Armee festzuhalten und Anschläge wie das Rüstungsreferendum und gar die Abschaffungsinitiative klar abzulehnen. Der Bundesrat und
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mit ihm das Parlament tun gut daran, sich nicht in fremde Händel zu mischen und dort eindeutig neutral zu bleiben, wo der Bundesrat aufgefordert wird, lauthals Protest zu erheben. Wir werden mit dem Begriff der Solidarität etwas mehr Mühe haben, denn ob wir wollen oder nicht, unser Volk und unser Land wird in eine globale Oeffnung einge- spannt sein. Die Globalisation ist ein gefährliches Zauber- wort der Zukunft. Wir leben in einem Zeitalter der technolo- gischen Erfindungen, die keine politischen Landesgrenzen kennen. Die Glasfaserautobahnen, die Europa durchziehen, bedürfen auch im Bereich unseres Landes des Anschlusses. Die Katastrophe am Rhein hat uns gezeigt, dass Umwelt- schäden entstehen können, die wir nur im internationalen Verbund verhüten und bewältigen können.
Wer im Bereich der Finanzwelt die jüngste Entwicklung aufmerksam verfolgt hat, kann unschwer erkennen, dass die Finanzplätze New York, London, Japan auch für die eidge- nössischen Bankiers einen Aufbruch zu neuen Ufern bedeu- ten. Ob wir hier die Grenzen immer genau erkennnen, kön- nen wir heute noch nicht sagen. Aber mit Sicherheit werden wir in diesem Bereich unsere Aussenpolitik aktivieren und verbessern müssen.
Ich denke weiter an die Gebiete der Sicherheitspolitik, der Entwicklungshilfe und der karitativen Unterstützung. Im Bereiche der Sicherheitspolitik werden wir weiterhin Schutz- und Beobachtungsmandate ausüben müssen. Es wird aber gefährlich sein, wenn wir uns auf dem Parkett der grossen Konferenzen allzu weit vorwagen. Die Idee des Beobachterflugzeugs war wohl sehr originell, aber es stellt sich doch die Frage, ob wir hier mit unserer aussenpoliti- schen Phantasie nicht allzu weit gegangen sind.
Die Entwicklungshilfe unseres Landes zeichnet sich durch ihre hervorragende Qualität aus. Ich frage mich allerdings, ob sie flexibel genug ist, um alle Möglichkeiten auszunüt- zen, die dieses hervorragende Instrument bietet. Herr Kol- lege Lüchinger hat darauf hingewiesen, dass etwa die Kop- pelung mit der Flüchtlingshilfe verstärkt werden müsse. Ich darf den Bundesrat daran erinnern, dass meine Motion wegen einer Rückführung der Tamilen nach Indien noch offensteht.
Im Bereiche der karitativen Hilfe haben wir bei der Rotkreuz- konferenz in Genf einen Rückschlag erfahren. Glücklicher- weise können unsere Delegierten wieder nach Südafrika zurückkehren. Es ist dringend notwendig, dass dieses wich- tige Instrument auch tatsächlich eingesetzt werden kann. Um in diesen Bereichen tätig zu werden, brauchen wir Instrumente: Wir brauchen gut ausgebildete aussenpoliti- sche Kaderleute. Es ist notwendig, dass das Anforderungs- profil des Diplomaten durch Anforderungen im Bereiche der Oekonomie oder der Kultur ergänzt wird. Ich bin mit Kollege Widmer der Meinung, dass unsere kulturelle Präsenz im Ausland ungenügend ist. Dafür bedarf es aber gut ausgebil- deter Ambassadoren. Es braucht dazu auch ein Stützpunkt- system, das besser ist als das heutige. Unsere Ausland- schweizer Schulen sind in den klassischen Auswanderungs- ländern im Mittelmeer und in Südamerika angesiedelt. Der pazifische Raum wird der Raum der Zukunft sein. Wir tun gut daran, unsere Auslandschweizer Schulen auch dort zu installieren und zu verbessern, damit wir nicht nur Kultur, sondern auch Politik markieren können.
Ich bin im übrigen der Auffassung, dass wir gewisse interna- tionale Organisationen brauchen werden. Dazu gehören die Unesco und das Rote Kreuz. Wir müssen Entpolitisierungs- versuche unternehmen. Ich bin mit Herrn Bonny der Mei- nung, dass wir noch nicht sicher sind, ob die Unesco mit einem anderen Steuermann einen besseren Kurs steuern wird. Wir könnten durchaus an eine Suspendierung unserer Mitgliedschaft denken, bis dieses Schiff wieder flott gemacht ist.
Im Bereiche der Rotkreuzkonferenz haben wir allen Grund, dafür zu sorgen, dass in Zukunft die Delegationen nicht mehr aus politischen und aus karitativen Elementen beste- hen, sondern dass eine Delegation eine Sprache spricht. In Zukunft können nur so entpolitisierte Konferenzen stattfin- den. Es wird auch notwendig sein, unsere Aussenpolitik
besser zu «managen». Ich denke vor allem an die Koordina- tion. Wenn unser Aussenminister und eine hochkarätige Delegation des Parlamentes und Chefbeamte der eidgenös sischen Verwaltung fast gleichzeigit in Moskau und Umge- bung weilen und sie eigentlich nichts voneinander wissen, ist es dringend notwendig, dass hier eine stärkere Koordina- tion einsetzt.
Ich glaube auch, Bürgernähe ist in der Aussenpolitik nöti- ger, wie es Herr Kollege Müller-Meilen gesagt hat. Die Ver- fassung sagt im Artikel 102 klar, dass der Bundesrat für den courant normal der Aussenpolitik zuständig sei. Wenn wir hingegen Artikel 85 nehmen, stellen wir fest, dass Neutrali- tätspolitik in die Zuständigkeit des Parlamentes fällt. Hier werden die Juristen wahrscheinlich nie einig werden, wer kompetent ist. Dieser Zustand zwingt uns zum permanenten Dialog; er zwingt uns als Parlamentarier dazu, vermehrte Informationsmöglichkeiten wahrzunehmen und auch das Mitspracherecht zu fordern; denn Aussenpolitik muss letzt- lich Politik sein, die durch das Volk getragen ist, und das können nur wir, die Volksvertreter, tun.
Ott: Die ausführliche Antwort des Bundesrates auf die Inter- pellation der aussenpolitischen Kommission ist für mich in ihren Grundzügen zufriedenstellend. Im einzelnen hätte man sich wohl etwas mehr Entschiedenheit wünschen kön- nen. Zu begrüssen ist aber vor allem die klare Absage des Bundesrates an eine extensive Interpretation des negativen Uno-Entscheides vom 16. März. Die Fragestellung und das Nein des Volkes galten ausschliesslich dem Vollbeitritt zur Uno und sonst nichts. Zu Recht betont der Bundesrat, wenn uns dieses Instrument unserer Aussenpolitik bis auf weiteres versagt bleibe, so erhöhe dies die Bedeutung derjenigen Instrumente, über die wir bereits verfügen.
Der Begriff einer aktiven Aussenpolitik der Schweiz ist ja seit längerer Zeit kontrovers. Manche reden abschätzig von akti- vistischer Aussenpolitik. Der Begriff bedarf einer Erklärung: Aktive Aussenpolitik bedeutet in unserem Fall zwei Dinge: erstens, dass wir nicht bloss reaktive Aussenpolitik machen, das heisst, immer nur dann aussenpolitisch tätig werden, wenn uns gar nichts mehr anderes übrig bleibt, und zwei- tens, dass wir im internationalen Austausch und Kräftespiel nicht ausschliesslich nur helvetische Interessen im engeren Sinn vertreten.
Nach dieser Begriffsklärung will ich mich auf ein einzelnes Thema konzentrieren: auf die guten Dienste des neutralen Staates Schweiz. Dies dürfte ein unkontroverser Boden sein, denn die Befürworter wie vor allem auch die Gegner eines Vollbeitritts der Schweiz zur Uno haben sich im Vorfeld der Abstimmung ausdrücklich dazu bekannt. So dürfte die Idee der guten Dienste auch tauglich sein als Leitplanke für eine schweizerische Aussenpolitik der Zukunft.
Was sind gute Dienste? Sicher können sie nicht allein darin bestehen, dass man stillsitzt und wartet, bis es Krieg gibt, und dann noch einmal stillsitzt und wartet, bis man von der einen Kriegspartei aufgefordert wird, ihre diplomatischen Interessen bei der anderen Kriegspartei zu vertreten. Das genügt nicht.
Ich habe in diesem Jahr an drei Orten von der derzeitigen schweizerischen Politik der guten Dienste eine gewisse Anschauung gewinnen können: einmal in Buenos Aires, wo unsere schweizerische Botschaft besonders aktiv ist und sich über ihr formelles Mandat hinaus mit Geschick und Diskretion darum bemüht, den notwendigen Dialog zwi- schen Grossbritannien und Argentinien über die Zukunft der Falkland-Inseln offenzuhalten bzw. zu fördern, sodann bei der neutralen Ueberwachungskommission in Korea und schliesslich und vor allem bei der KVAE in Stockholm, wo schweizerische Koordinatoren zwei von fünf Arbeitsgruppen präsidierten, darunter diejenige über Verifikation, und wo auf dem Gebiet der Verifikation denn auch ein Durchbruch erzielt werden konnte, auch wenn der schweizerische Vor- schlag mit dem neutralen Ueberwachungsflugzeug nicht in dieser Form angenommen wurde. Uebrigens müssten sich die Herren Bonny und Mühlemann vielleicht über die Details
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dieser Sache noch ins Bild setzen; sie sind nicht ganz informiert.
Hier im multilateralen Rahmen wirkte die Schweiz nicht aufgrund eines direkten diplomatischen Mandates. Sondern aufgrund ihrer aktiv praktizierten Disponibilität, Zuverlässig- keit und Konstanz wurde sie mit diesen beiden schwierig- sten Koordinationsaufgaben betraut. Es gibt in diesem Stile immer wieder Vermittlungsaufgaben, die man vor den Augen der Weltöffentlichkeit nur dem neutralen Staat anver- trauen wird.
Hier muss sich unser Land bereithalten. Das ist der Dienst, den wir der Welt von heute leisten können, ein Dienst im Interesse des Friedens und der internationalen Zusammen- arbeit und Verständigung. Wir dürfen die Aufgaben nicht selber suchen, doch müssen wir durch unser internationales Verhalten klarmachen, dass wir nicht nur verbal willens, sondern auch faktisch in der Lage sind, sie auszuführen. In diesem Sinne sind zum Beispiel auch die mit dem neuen Budget beschlossenen Bestrebungen des Bundes, Experten für Abrüstungs- und sicherheitspolitische Fragen auszubil- den und praxisbezogene Konfliktforschung zu fördern und zu koordinieren, sehr zu begrüssen.
Hier ist ein erster Schritt in der Richtung des seit Jahren vertretenen Ziels eines schweizerischen Friedensfor- schungsinstituts unternommen worden, und zwar ein Schritt, der für die praktische schweizerische Friedenspoli- tik, über die wir demnächst einen zusammenfassenden Bericht erhalten sollen, mehr einträgt, als rein akademische Forschung dies zu tun vermöchte. Ich sage: das ist ein erster, wertvoller Schritt.
Abschliessend betone ich, dass die Aussenpolitik eines Kleinstaates heute multilateral ausgerichtet sein muss. Nur im multilateralen Rahmen wird sich der Kleine und Mittlere noch Gehör verschaffen können. Denn nur hier zählt morali- sche Zuverlässigkeit und Glaubwürdigkeit - möge sie uns nach «Tschernobâle» bald wieder hergestellt werden - noch so viel wie grosse militärische oder ökonomische Macht, über die der Kleine nicht verfügt.
Müller-Aargau: Zur Interpellation Dünki werde ich einige Bemerkungen zum Thema «Information über die Aussenpo- litik» anbringen.
Herr Kollega Dünki sucht fieberhaft nach Alternativen zur Uno-Politik, sei es aus der wirklichen Ueberzeugung heraus, dass ausserhalb der Uno mehr aussenpolitisches Heil zu finden sei, oder aber aus dem schlechten Gewissen heraus, an der Beerdigung der Uno-Vorlage mitgewirkt zu haben. Sei dem wie es wolle!
Die Information über die schweizerische Aussenpolitik liegt tatsächlich im argen. Es liegt weniger an der Quantität als an der Qualität der Information und der Form der Informations- politik. Gerade weil die aktive Aussenpolitik in der Schweiz wenig Tradition hat oder aber die Vorstellungen der Bürger sich zum Teil an überlebten Bildern orientieren, hat der Bund die Pflicht, seine Tätigkeit immer wieder zu erklären. Im ersten Abschnitt der Antwort des Bundesrates wird von Intensivierung der Information und der Information von möglichst breiten Schichten unserer Bevölkerung gespro- chen. Die Botschaft hor' ich wohl, Herr Bundesrat! Im Zusammenhang mit der Uno-Kampagne, noch häufiger aber bei Veranstaltungen zum Thema «Europapolitik» oder «Asylpolitik» stelle ich immer wieder fest, dass weniger Fragen zu den institutionellen Gefässen und der Tätigkeit der Beauftragten gestellt werden als nach der Philosophie unserer Aussenpolitik. Welche Antwort geben wir auf die Frage: Woher stammt die juristische oder moralische Pflicht, Asylgesuchsteller einzulassen und eventuell Asyl zu gewähren? Sie können historisch argumentieren und von der Asyltradition und von Henri Dunant berichten. Das wird abprallen. Tempi passati!
Sie können die gegenwärtigen Staatsmaximen bemühen, wie das heute schon mehrmals getan worden ist, und die Begriffe Neutralität, Solidarität, Universalität, Disponibilität ausdeutschen. Nach wenigen Sätzen wird Ihnen niemand mehr zuhören. Beginnen Sie aber, wie der Bundesrat in
seiner Antwort im dritten Abschnitt es so nebenbei tut, vom Eintreten für den Schutz und die Förderung der Menschen- rechte zu sprechen, hart und pointiert, so wird die Philoso- phie verständlich. Ein Staat darf sich nicht nur aus sich selber verstehen, sondern hat seine Existenzberechtigung auch nach aussen zu beweisen. Oder in aller Härte: Ueber jedem staatlichen Gesetz, über jedem staatlichen Egoismus stehen die immerwährenden und unveränderlichen Men- schenrechte. Seit dem Zweiten Weltkrieg, seit der Barbarei des sogenannten nazistischen Rechtes, seit dem Nürnber- ger Prozess wurde weltweit festgehalten, dass die Berufung auf unmenschliche nationale Gesetze, die den Menschen- rechten widersprechen, keine Entschuldigung vor der Wel- töffentlichkeit sein kann. Kurz: Information über schweizeri- sche Aussenpolitik heisst Berufung auf die Menschenrechte und damit Erklärung und Information über dieses überstaat- liche Recht in Schule, Erwachsenenbildung, aber auch in jeder offiziellen Erklärung oder Rechtfertigung des Departe- mentes.
Solange in der Bevölkerung immer noch Kopfschütteln entsteht, wenn der Menschenrechts-Gerichtshof in Strass- burg die Schweiz rüffelt oder gar Remedur verlangt, ist unsere Information über Aussenpolitik unzulänglich respek- tive überhaupt nicht angekommen. Die Menschenrecht- skonvention, von den Mitgliedländern akzeptiert, justiziabel, ist die Grundlage unserer Innen- und Aussenpolitik in Eu- ropa.
Und so komme ich noch zu einer Kritik an den Schlussfolge- rungen des Bundesrates. Ich zitiere den Schlussatz des Bundesrates, der schon Kollege Dünki angeführt hatte: «Im Grunde genommen gibt es keinen Ersatz für die seinerzeit angestebte Möglichkeit, durch einen Beitritt zur Uno schweizerische Interessen besser vertreten zu können.»
Eine schweizerische Aussenpolitik hat nicht vor allem und nur schweizerische Interessen zu vertreten. Es gibt noch übergeordnete Prinzipien, die ebenfalls oder vor allem eine aktive Aussenpolitik prägen sollen.
Die Uebereinstimmung der von uns anerkannten Europäi- schen Menschenrechtskonvention mit der Menschenrecht- serklärung der Uno ist zwar nicht total, weil auch Sozial- rechte darin enthalten sind, aber wir können durchaus auch über Europa hinaus aktive Aussenpolitik betreiben, indem wir die Uno-Menschenrechtserklärung freiwillig der Euro- päischen Menschenrechtskonvention beifügen.
Damit schaffen wir den bestmöglichen Ersatz für unsere aussenpolitische Philosophie, die uns auch bei einer Politik in der Uno wegleitend gewesen wäre.
Damit komme ich zum Schluss, dass eine Informationskam- pagne über Aussenpolitik praktisch identisch ist mit einer intensiven Propagierung und Interpretation der Menschen- rechte. Alles andere ergibt sich fast von selbst.
M. Cotti Gianfranco: Il Consiglio federale, presentando il rapporto in discussione, apre un dibattito che non può concludersi né oggi, né in questa sede. Deve per contro approfondire i problemi e coinvolgere non soltanto gli ambienti politici, ma l'intera cittadinanza. La cesura che esiste attualmente fra gli addetti ai lavori, governo, parla- mento, diplomazia, da una parte, e il popolo sovrano a decidere di passi sostanziali nella politica estera dall'altro, non può che portare a una perdita di credibilità della Sviz- zera sul piano internazionale e a grossi guasti nei nostri rapporti politici, culturali, economici, coll'estero, con i paesi a noi vicini e con quelli che, pure essendo geograficamente lontani, costituiscono nondimeno una comunità di destini con il nostro Paese. Il 16 marzo scorso - votazione sull'ONU - è ormai lontano nel tempo. Resta tuttavia una sconfitta per i responsabili della gestione politica del Paese. Prima ancora che di una sconfitta, è bene parlare di insegnamento. Governare al riparo delle critiche, o peggio ancora, nell'in- differenza generale del Paese, non è pagante. Il Consiglio federale fa tesoro di questo insegnamento. Ne è segno evidente il rapporto su cui si sta discutendo. Il Parlamento dovrà fare altrettanto, sollecitato anche dall'interrogazione Grassi. Si sa che la maggioranza degli Svizzeri non ha
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ancora preso coscienza della dipendenza della Svizzera dagli altri Paesi d'Europa e del mondo e dell'interdipen- denza di tutti i Paesi del pianeta. Occorre informare regolar- mente e ininterrottamente esporre i problemi, far passare un messaggio. Ma siamo in grado di farlo? Il corpo diplomatico è sicuramente eccellente e preparato nel campo delle rela- zioni con gli altri Popoli, specializzato nelle materie oggetto di discussione internazionale, pronto a confrontarsi con le realtà economiche, politiche e sociali dei nostri interlocu- tori. Ma dopo aver preso coscienza della necessità di susci- tare interesse e sensibilità internazionale all'interno, è anche preparato a spiegarsi verso i cittadini, a parlare un linguag- gio svizzero, se occorre dialettale, pur di farsi capire? E le attuali infrastrutture sono sufficienti per assicurare questa riproiezione della politica estera verso l'interno? A questi quesiti occorre dare una risposta, se non immediata, perlo- meno sollecita. Attorno a noi i Paesi della CEE mostrano di aver rotto gli indugi verso una internazionalizzazione dei mercati. L'economia svizzera sente il bisogno di iniziative politiche. Si sa che il nostro benessere è connesso alle nostre conquiste sociali, che il nostro benessere è legato all'esportazione. Ed è il momento di agire, di prendere iniziative, di smettere la politica della reattività per timore di dissensi interni. Non è però solo per mantenere il benessere materiale che l'azione, questa azione, si impone. Essa si impone anche e soprattutto, forse cominciando dagli aspetti economici, nei rapporti con i nostri vicini. Questa politica è necessaria anche per dare il nostro contributo alla pace mondiale. Interessante, a questo proposito, un'osservazione del segretario di Stato Blankart, che ha parlato sabato scorso ad una manifestazione dell'Unione Europea di Sviz- zera e che citerò a mo' di conclusione: «La communauté, en passant par l'intégration mutuelle des économies concer- nées, a exclu une fois pour toutes les confrontations mili- taires entre les Etats membres.» Con questa considerazione, con questo incoraggiamento, io do la mia approvazione al rapporto auspicando che il discorso si continui e si appro- fondisca e che sia un discorso, ripeto, più aperto verso i cittadini.
Reich: Der Entscheid des 16. März kann sicherlich nicht bedeuten, dass unsere Aussenpolitik ihre Weichen anders stellen muss. Der Bericht des Bundesrates ist in diesem Zusammenhang richtigerweise völlig undramatisch, und auch diese Debatte bewegt sich in ruhigen Gewässern.
Der eigentlich dramatische Akzent im Bericht des Bundesra- tes gehört denn auch in einen anderen Zusammenhang, nicht in den mit der Uno. Er betrifft unsere Beziehungen zur EG. Der Bundesrat selbst hat es so formuliert, dass wir zunehmend Probleme hätten und dass die EFTA-Staaten Gefahr liefen, ins Abseits zu geraten. Das ist nur zu wahr. Zwar hat sich seit 1972, seit dem Abschluss des Freihandels- abkommens, formal nichts geändert, auch die sogenannte Entwicklungsklausel ist weiterhin intakt, aber faktisch haben sich die Gewichte doch sehr massiv verschoben. Aus dem Europa der Sechs ist inzwischen ein Europa der Zwölf geworden, mit einem westeuropäischen Bevölkerungsanteil von 91 Prozent.
Wir lassen uns nur zu leicht täuschen durch die inneren Schwierigkeiten dieser EG, durch die Spannungen, durch die dramatischen Berichte im Zusammenhang mit Budget- debatten usw. Das ändert nichts an der Tatsache, dass diese EG rasch fortschreitet, zu dem, was sie 1992 sein will, nämlich ein echter Binnenmarkt. Unsere Unterhändler machen die Beobachtung, dass die EG heute im handels- und wirtschaftspolitischen Bereich ein Selbstvertrauen, ein Selbstbewusstsein entwickle ähnlich dem von Japan oder den USA. Für uns Schweizer ist das unter verschiedensten Titeln bedeutsam. Einerseits liefern wir 73 Prozent unserer Exporte in diesen Raum, andererseits können wir uns den Rechtsetzungsentwicklungen und weiteren Dingen, die in der EG passieren, nicht entziehen, aber gleichzeitig hat sich das Gewicht der EFTA entsprechend verringert. Die alte Vorreiterrolle, von der man im Zusammenhang mit der EFTA jeweils gesprochen hat, ist weg. Wir sind nicht mehr führend
im Zollabbau oder im Abbau von Mengenbeschränkungen. Die EFTA-Staaten sind sozusagen zu Nachreitern geworden. Wir haben gar keine andere Wahl, als uns immer wieder anzupassen und immer wieder zu versuchen, noch einiger- massen im Gespräch zu bleiben.
In Brüssel ist eine Art Regierung am Werk, die immerhin über ein Budget von 70 Milliarden Franken verfügt, eine Regierung, die nur zum Teil noch EFTA-freundlich ist. Zwar gibt es eine Reihe von Kleinstaaten - auch die Bundesrepu- blik gehört zu dieser Gruppe -, die uns immer wieder zum engeren Kontakt ermuntern, aber kürzlich hat ein Sprecher der EG deutlich gesagt, es gebe auch Mitgliedstaaten in der EG, die von den EFTA-Staaten als von Trittbrettfahrern sprä- chen und in deren Gegenwart man das Wort «Konsultatio- nen» kaum noch gebrauchen dürfe.
Natürlich ist unsere Aussenpolitik universal angelegt, natür- lich legen wir weiterhin grossen Wert auf die Multilateralität. Herr Widmer hat heute darauf hingewiesen, dass der pazifi- sche Raum verheissungsvoll sei. Aber das ändert nichts daran, dass die Beziehungen zur EG ganz entscheidend sind und ganz entscheidend bleiben. Und da stellt sich die Frage, was wir eigentlich da noch machen können. Es wird davon gesprochen, den Europarat aufzuwerten; es wird davon gesprochen, irgendwelche neue, gesamteuropäische Lösungen anzustreben. Aber machen wir uns keine Illusio- nen: Die EG ist heute dermassen in einer Position der Stärke, dass es schwerhalten wird, hier neue Ansätze zu finden. Es bleibt also im Grunde nichts anderes übrig, als das zu bewahren, was wir einwerfen können, nämlich unsere wirtschaftliche Stärke und die Tatsache, dass die EG- Staaten mehr in unser Land exportieren, als wir in die EG- Staaten exportieren. Es bleibt uns auch nichts anderes übrig, als die Möglichkeiten des Informations- und Mei- nungsaustausches jeweils möglichst frühzeitig, vollständig und auf breitester Front wahrzunehmen. Wenn der Bundes- rat in diesem Bereich nun Expertengremien zur Beurteilung der künftigen Rolle der EFTA usw. eingesetzt hat, so hat er sicherlich gut daran getan. Er würde auch gut daran tun, das Parlament in nächster Zeit über diese Zusammenhänge ein- mal eingehender zu informieren, denn sie sind - man muss das mit allem Nachdruck unterstreichen - von existentieller Bedeutung, vor allem auch für die wirtschaftliche Zukunft der Schweiz.
Steffen: Eingangs sei festgehalten, dass die von der Kom- mission für auswärtige Angelegenheiten wohl bewusst pro- vozierte Stellungnahme des Bundesrates zur Frage der Stel- lung der Schweiz in der Welt eine brauchbare Grundlage für die Diskussion der Aussenpolitik der Eidgenossenschaft darstellt. Welche Tendenzen werden nach unserer Meinung sichtbar? Nachdem der Souverän den Beitritt der Schweiz zur Uno massiv verworfen hat, darf angenommen werden, dass das Volk kein weitergehendes Engagement, sondern Zurückhaltung in der Aussenpolitik wünscht. Aussenpoliti- sche Kommission und Bundesrat, deren Mitglieder füglich als Internationalisten bezeichnet werden dürfen, streben stärkere Bindungen an internationale Organisationen an. Trotz Uno-Entscheid soll die Eidgenossenschaft in einem Slalom um die Pfähle des Widerstandes in Volk und Parla- ment ans Ziel einer Eingliederung ins Gerüst des internatio- nalen Systems geführt werden.
Der Bundesrat nennt in der Stellungnahme einzelne Betäti- gungsfelder: präsent sein in der Uno nach Massgabe unse- rer Möglichkeiten; im Rahmen der KSZE an der Verbesse- rung des politischen Klimas in Europa mitarbeiten; Verstär- kung der Arbeit im Rahmen des Europarates; Weiterführung der Zusammenarbeit von Bundesrat und Nationalbank mit den Institutionen von Bretton Woods - also Weltbank, Wäh- rungsfonds, Allgemeine Kreditvereinbarungen und Zehner- klub, um nur einige zu nennen. Von Herrn Staatssekretär Franz Blankart wurde - wie schon von Herrn Bonny erwähnt - am vergangenen Samstag vor der Europa-Union Schweiz erklärt, er befürworte eine offene, autonomiebewusste Zusammenarbeit mit der Europäischen Gemeinschaft mit dem Ziel - hören Sie gut zu! - , beitrittsfähig zu bleiben, um
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den Beitritt zu vermeiden (so gelesen in der «NZZ» von gestern). Die Aktivitäten sind also vielfältig. Wenn sie sich in der Bandbreite der Aussenpolitik vor der Uno-Abstimmung bewegen, können sich auch Ratsmitglieder der Nationalen Aktion knurrend damit abfinden. Wenn sich aber Kommis- sion und Bundesrat die fragwürdige Haltung der weiteren Oeffnung der Schweiz trotz Uno-Abstimmungsresultat zu eigen machen, können wir nicht mehr mithalten. Wir sind mit Herrn Kollega Müller der Auffassung, dass eine Aussen- politik, die nicht von der Mehrheit des Volkes unterstützt wird, eine schlechte Aussenpolitik ist. Wenn die aussenpoli- tische Elite in diesem Lande vorzugsweise in den Wolken agiert, darf sie nicht erstaunt sein, dass das Volk dieser Aussenpolitik kritisch, wenn nicht sogar ablehnend gegen- übersteht. Das Volk ist - mit Ausnahme des Mittels des beschränkten Staatsvertragsreferendums - völlig von den aussenpolitischen Entscheiden ausgeschlossen. Es kann also nur applaudieren, resignieren oder schimpfen.
Die Parlamentarier der Nationalen Aktion nehmen diese Ueberlegungen zur Stellung der Schweiz in der Welt zur Kenntnis und bitten um Beantwortung folgender zwei Fragen:
Welche innenpolitischen Auswirkungen für die Schweiz sind aus der anvisierten Oeffnung gegenüber der Europäi- schen Gemeinschaft zu erwarten?
Welche politischen Vorteile erhofft sich der Bundesrat aus unserer Präsenz als Gast an den Konferenzen der soge- nannten Blockfreien?
Einige Schlussbemerkungen zum Problem «Aussenpolitik ohne Volk». Herr Kollege Widmer erwähnte in seinem histo- rischen Abriss die geläufige Aussage, die beste Aussenpoli- tik sei, keine Aussenpolitik treiben zu müssen, und der Schweizer habe sich in den dreissiger und vierziger Jahren ins aussenpolitische Reduit zurückgezogen. Warum wohl? Ich habe mir ein paar Gedanken darüber gemacht. Damals stellten Volk und Behörden vermutlich fest, dass erstens in der Aussenpolitik Treu und Glauben kaum Beachtung fin- den und zweitens die Schweizer schwache Aussenpolitiker sind, weil sie im allgemeinen das Prinzip Treu und Glauben auch in der Aussenpolitik anwenden möchten. «Gute» Aus- senpolitiker sind jene, die alles Mögliche unterzeichnen, anerkennen und ratifizieren, aber dann nur das halten, was der Politik ihres eigenen Landes dient. Unterschätzen Sie auch heute das feine Sensorium unseres Volkes in diesem Bereich nicht. Deshalb: weniger spektakuläre Aussenpolitik dient unserem Land vermutlich mehr.
M. Longet Nous cultivons en Suisse, et le résultat de la votation sur l'ONU l'a montré avec force, une attitude double à l'égard de l'étranger: sur le plan politique et sur le plan humain, une attitude de spectateur, de méfiance, voire d'iso- lement, de repli: on veut s'en mêler le moins possible; sur le plan des rapports économiques, par contre, on a une atti- tude d'ouverture, une volonté d'être présent sur tous les fronts. Mais qui dit attitude double dit, en même temps, risque de double morale. Comment expliquer autrement que certains de nos concitoyens réagissent comme ils le font à la venue d'immigrés et de réfugiés alors qu'en même temps ils applaudissent à l'arrivée de tout étranger dès lors qu'il a de l'argent à dépenser ou à placer: touriste, banquier ou ren- tier. Effectivement, sans l'étranger nous ne serions rien et je crois qu'il ne faut pas manquer de souligner ce constat et d'en tirer les conséquences, toutes les conséquences.
Le risque de double morale, c'est aussi le risque de double conscience, un peu schizophrénique, de mentalité qui ne s'intéresse à l'étranger que dans la mesure où l'on peut en tirer un avantage. Il s'agit d'une mentalité unilatérale, qui refuse ses responsabilités, qui refuse d'être dérangée, voire de réfléchir à ses propres contradictions. Hélas, il faut le dire, cette attitude arrange bien certains.
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Corriger cette attitude est pour nous une priorité essentielle et, pour le faire, il faut deux mouvements. Tout d'abord, il faut étendre au domaine politique et de la conscience qu'on a dans le public suisse des problèmes internationaux, la notion de l'interdépendance qui est admise et pratiquée sur
le plan économique. Il faut ensuite inscrire notre action économique globale dans un certain nombre de codes, de règles d'éthique. Ensuite, on pourra peut-être passer à une définition un peu moins livresque, un peu plus concrète de la neutralité. La neutralité ce n'est pas observer, bien à l'abri derrière un rideau, ce qui se passe. C'est un engagement cohérent et durable aux côtés de ceux qui luttent dans le monde pour le respect des droits élémentaires de l'homme, pour le respect du droit des peuples à disposer d'eux- mêmes, pour ceux qui, dans le monde, essaient au prix de leur sang, souvent, de desserrer l'étreinte des deux blocs et pour ceux qui se battent pour une répartition plus juste des richesses. C'est cela que je voudrais voir au centre de notre politique étrangère. Cette solidarité là nous est imposée par une éthique élémentaire, mais elle constitue aussi - et il faut le faire comprendre - la seule manière possible de conce- voir notre avenir sur cette planète.
Vouloir par une politique étrangère qui se limiterait à des considérations humanitaires camoufler ou, dans le meilleur des cas, réparer, les dommages d'un mal-développement économique que par ailleurs nous soutenons, nous paraît tout à fait inopérant, voire hypocrite. Ce que nous voulons, c'est une politique étrangère à la mesure de notre influence économique sur et dans le monde et qui oriente cette influence dans le bon sens. Cela veut dire aussi, concrète- ment, une coordination entre la volonté politique qui se manifeste au niveau du Département des affaires étrangères et la puissance économique, telle qu'elle se matérialise par l'influence de notre pays dans le monde. Nous voulons une Suisse qui parle d'une seule voix, qui serait celle de l'huma- nisme vécu et partagé et nous constatons, comme cela a été dit hier, au sujet du débat sur la chimie, que là aussi, vivre mieux, c'est vivre une définition moins matérielle de la richesse, et devenir plus solidaires à tous les niveaux.
Bäumlin: Zunächst möchte ich ausdrücklich betonen, dass ich den Bericht über weite Partien zustimmend zur Kenntnis nehmen kann. Ich habe aber einige kritische Bemerkungen anzubringen und konzentriere mich aus zeitlichen Gründen nun eben auf diese.
Es ist im Bericht von unserer Verbundenheit mit dem Völker- recht die Rede, im Anschluss daran auch von den Men- schenrechten. Es heisst, die Menschenrechtspolitik sei zum festen Bestandteil unserer Aussenpolitik geworden. Ich stelle diese Aussage nicht in Zweifel, wünschte mir in bezug auf Völkerrecht und Menschenrechte jedoch eine konse- quentere, eindeutigere Ausrichtung unserer Aussenpolitik. Einerseits darf ich mich zum Beispiel für die gute Arbeit im Rahmen der KSZE bedanken. Der Einsatz, den das Departe- ment Aubert hier leistet, verdient unseren Respekt. Auf der anderen Seite ist unsere Aussenpolitik nicht frei von einer gewissen Einäugigkeit. Zurückhaltender gesagt: sie erweckt zumindest den Anschein der Einseitigkeit. Der Zustand unserer Weltgesellschaft ist unter anderem dadurch geprägt, dass sich die beiden Supermächte einfach über geltendes Recht hinwegsetzen, sobald dieses ihren Macht- ansprüchen in die Quere kommt.
Afghanistan und Nicaragua sind dafür besonders eindrückli- che Beispiele. Erschreckend ist dabei, dass sich beide Supermächte analoger Argumentation bedienen, um ihren Interventionen eine Scheinrechtfertigung zu verleihen - so etwa, indem sie Gründe der jeweiligen nationalen Sicherheit geltend machen. Um allfälligen Unterstellungen das gute Gewissen zu nehmen, noch soviel: ich nehme keine Identifi- kation zwischen USA und Sowjetunion vor. Die USA sind eine Demokratie, freilich eine etwas lädierte; die Sowjet- union ist keine Demokratie.
Ich stelle aber eine Analogie her in bezug auf den imperialen Anspruch, auf die analoge Missachtung von Völkerrecht und des Selbstbestimmungsrechts der Völker. Die beiden Supermächte stimmen auch darin überein, dass sie ihren rücksichtslosen imperialen Anspruch als internationale Pflicht oder Sendung maskieren, als brüderliche Hilfe beim Aufbau des Sozialismus oder als weltweiten Auftrag der
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Verteidigung der Demokratie und des Selbstbestimmungs- rechts, jedoch im Zeichen der pax americana.
Was die amerikanische Position betrifft, kann man auch sie bändefüllend belegen. In dieser Situation hängt die Glaub- würdigkeit der Politik des neutralen Kleinstaates Schweiz davon ab, dass sie wirklich mit gleichen Ellen misst und sich gegenüber der einen Supermacht genau so eindeutig aus- spricht wie gegenüber der andern. Das ist bisher nicht ausreichend geschehen. Während die Worte an die Adresse Moskaus - zu Recht - klar sind, ist die Sprache gegenüber Washington viel milder.
Letzten Sommer hat der Internationale Gerichtshof die Inter- vention der USA in Nicaragua als klar völkerrechtswidrig verurteilt, nach einem sorgfältig durchgeführten Verfahren, in dem die Argumente der USA - trotz deren Rückzug aus dem Prozess - umsichtig gewürdigt und eben dann auch widerlegt worden sind. Warum wird dieses Urteil bei uns kaum zur Kenntnis genommen, weder von den Medien noch durch den Bundesrat? Vielleicht täusche ich mich. Vielleicht hat der Bundesrat das Haager-Urteil durch Spezialisten einer Analyse unterziehen lassen und dann auf die ihm geeignet scheinende Weise bei der USA-Regierung irgend- wie interveniert. Ich weiss es nicht. Sollte das zutreffen, wäre ein klärendes Wort unseres Aussenministers höchst er- wünscht.
Auf alle Fälle steht fest, der Kleinstaat Schweiz, der auf dem internationalen Parkett kein Machtpotential einsetzen kann, hat ein höchstes Interesse an der Respektierung des Völker- rechts. Wo, wann und durch wen immer das Völkerrecht missachtet wird, darüber ist von unserer Regierung eine eindeutige und in allen Fällen gleich bestimmte Sprache zu erwarten.
Eine weitere Bemerkung: Unsere Menschenrechtspolitik würde noch glaubwürdiger, wenn man sie besser in die Entwicklungs- und Aussenwirtschaftspolitik integrierte. Widersprüche in unserer Aussenpolitik ergeben sich immer wieder daraus, dass diese schliesslich einseitig unter dem Primat der Aussenwirtschaftspolitik steht. Dabei folgt man der Ideologie des freien Weltmarktes nachgerade wie einer Religion. Dabei wird schlicht übersehen, wie die mehr und mehr totale und nicht selten erzwungene Weltmarktintegra- tion oft den Zustand der Menschenrechte verschlechtert, indem Bevölkerungen ihrer Identität beraubt werden, indem die vielgepriesene Modernisierung oft nur mit einer Diktatur durchgesetzt werden kann, indem die Möglichkeit von Bevölkerungsmehrheiten, ihre Grundbedürfnisse zu befrie- digen, verschlechtert wird - etwa durch die Politik des IWF. Ich möchte nicht falsch verstanden werden. Meine Kritik kommt überhaupt nicht einem Totalverriss unserer Men- schenrechtspolitik gleich. Ich verweise einfach auf Unzu- länglichkeiten, Widersprüche, Inkonsequenzen, in der Hoff- nung, es gelinge schliesslich doch, diese besser zu bereini- gen. Dass das nicht allein vom Bundesrat abhängt, ist mir freilich klar. Hier täte sich ein weites Feld auf, das ich jetzt aus verschiedenen Gründen nicht begehen kann.
Braunschweig: Ich würde allen Leserinnen und Lesern des bundesrätlichen Berichtes vorschlagen, ihn nicht von vorn nach hinten, sondern von hinten nach vorn zu lesen. Wenn man dort zu lesen beginnt, dann wird er gleich von Anfang an sehr interessant, denn dort sind die Probleme, die auch unsere Bevölkerung interessieren, dort ist die Rede von den Flüchtlingen, vom Terrorismus, dort ist von Umweltschutz die Rede. Am Anfang sind die Grundzüge enthalten, die nicht neu sind, von denen haben wir schon oft gehört, die wurden auch heute nachmittag häufig repetiert.
Ich möchte zwei Punkte herausgreifen und dann noch ein grundsätzliches Wort als Antwort auf die Debatte hinzu- fügen.
Unterdrückung, Ausbeutung, Ungerechtigkeit, Unfreiheit, und als Folge davon ergibt sich Terrorismus. Das sind Men- schen, die offenbar nicht mehr ein und aus wissen und Opfer der eigenen Aggressionen werden; zuerst als Men- schen, die gewalttätig werden, später werden andere wieder Opfer von deren aktiver Gewaltausübung. Wenn sich unser Land mit Terrorismus befasst, sollten wir auch den Mut, die Phantasie und die Kraft haben, nach dem Ursprung zu fragen. Aussenpolitik hat eben auch ihren Preis.
Der Einsatz von Spitzeln, das Telefonabhören, Wanzen und wie diese Dinge alle heissen! Wenn wir von Menschenrech- ten reden - und ich bin der Meinung, wir müssen das tun -, müssen wir einen besonders strengen Massstab an uns selber legen. Zu den Menschenrechten gehören auch die Sozialrechte. Ich finde es beschämend, dass wir dieses Problem nicht lösen können, dass wir uns einer Charta nicht anschliessen können, zu der zahlreiche westeuropäische Staaten seit Jahren und Jahrzehnten ja gesagt haben. Wir manövrieren uns selber in eine Isolation hinein.
Ganz offen und ehrlich: Meine grosse Enttäuschung von heute nachmittag war das Votum des Herrn Bonny. Ich erinnere mich an die Kommissionsberatungen, an das, was er hier im Nationalrat gesagt hat, an Podiumsgesprächen, die wir öffentlich vor dem 16. März geführt haben. Immer, Herr Bonny, haben Sie gesagt: Nach dem 16. März werden wir zusammensitzen und eine neue Gestalt der Aussenpoli- tik finden. Wie sieht nun heute diese neue Gestalt aus? Zurückhaltung bei den guten Diensten, Zurückhaltung bei den Abrüstungsgesprächen, Zurückhaltung bei der Unesco, Zurückhaltung bei der EG, Nein zur Sozialcharta. Haben Sie das gehört? Zurückhaltung als Grundhaltung, Zurückhal- tung als Ideologie, das ist die Aussenpolitik, wie sie uns präsentiert worden ist! Ich bedaure, dass die ganze freisin- nige Fraktion nicht mehr zu einer Neugestaltung unserer Aussenpolitik beizutragen hat. Zurückhaltung erst recht gegenüber den blockfreien Staaten. Da haben Sie sich zu Bemerkungen verstiegen, Herr Bonny. Sie haben vom Spek- takel der Blockfreien gesprochen, von Happening. Da kommt eine Ueberheblichkeit zum Ausdruck, die im letzten Jahrhundert schon falsch war.
Ich erinnere mich: 1955 kam die erste Konferenz dieser blockfreien Staaten zusammen. Schon damals hat man im schweizerischen Bürgertum so gesprochen. Man hat sich dreissig Jahre lang über diese Länder lustig gemacht, die sich immerhin auch um einen Weg bemüht haben. Wir sollten uns wirklich nicht zu gut vorkommen, um dort wenig- stens als Beobachter dabei zu sein. Vielleicht könnten wir gerade dort von unseren Neutralitätserfahrungen etwas wei- tergeben, aber nicht mit dieser Herren-Mentalität, wie Sie sie heute sowohl innerschweizerisch wie auch aussenpolitisch demonstriert haben.
Ich sage es nochmals: Aussenpolitik ist auch ein Wagnis, Aussenpolitik verlangt einen Preis, Aussenpolitik kostet etwas, vielleicht ist das der Grund, weshalb wir heute soviel von Zurückhaltung gehört haben.
M. Aubert, conseiller fédéral: Votre Commission des affaires étrangères nous a interpellés, nous vous avons répondu par écrit. Certains d'entre vous ont bien voulu reconnaître que cette réponse était équilibrée, je les en remercie.
Je ne vais pas répéter ce que nous vous avons écrit et je n'aimerais pas reprendre tous les points du très riche débat qui vient de s'engager cet après-midi, semble-t-il, pour la première fois dans l'histoire de la Confédération helvétique,
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sur la politique étrangère. Ce qui a été dit, aujourd'hui, confirme, en principe, ce que nous vous avons écrit et, comme déjà dit, je n'aimerais pas que nous nous répétions. Depuis neuf mois que le peuple et les cantons ont dit un «non» franc et massif à l'adhésion de la Suisse à l'Organisa- tion des Nations Unies, le Conseil fédéral a eu le temps de méditer, de faire le point sur les principaux aspects de notre politique étrangère. La première constatation que nous pou- vons faire - et votre débat l'a prouvé - c'est que la grande majorité d'entre vous partage l'opinion du Conseil fédéral, à savoir que la place de la Suisse dans le monde, ses relations avec les autres pays, ainsi que les grandes lignes de sa politique étrangère n'ont pas été modifiées par le vote du 16 mars 1986.
Le maintien de notre indépendance et de notre souveraineté repose plus que jamais sur notre neutralité permanente et armée. Personne n'en disconvient et personne n'en voudrait changer, Dieu merci! Mais elle implique aussi la poursuite d'une politique étrangère active, ouverte aux problèmes des autres - de très nombreux orateurs parmi vous l'ont relevé - une politique de disponibilité et de solidarité.
Le vote du 16 mars 1986 ne signifie pas et n'a pas signifié un repli sur nous-mêmes. Même les adversaires les plus acharnés à l'adhésion aux Nations Unies ne l'ont jamais demandé. M. Bonny lui-même, le 17 mars 1986, demandait une politique de neutralité plus active. Nos partenaires à l'étranger l'ont d'ailleurs fort bien compris. Le 16 mars - nous devons le dire - nous nous sommes privés d'un instru- ment de politique étrangère, mais nous n'avons pas décidé pour autant de changer de politique. Nous devrons donc continuer d'être présents et actifs sur d'autres fronts. Nous devrons profiter des possibilités de contact que nous offrent les organisations internationales, notamment le Mouvement des non-alignés, auquel je reviendrai tout à l'heure, ainsi que les organisations internationales dont nous sommes membre. Nous y discutons, nous y régions nombre de questions importantes pour l'avenir de notre pays, mais dans ces organisations, nous avons aussi, mes collègues du Conseil fédéral et moi-même, l'occasion de contacts bilaté- raux qui sont irremplaçables, avec nos homologues d'autres pays.
Nos missions à l'étranger, nos ambassades, nos consulats ont bien sûr un rôle important à jouer pour aider nos entreprises et tous ceux de nos concitoyens qui font appel à leurs services, mais ils sont appelés aussi à renforcer nos contacts avec le gouvernement et l'administration des pays hôtes.
Nous devrons enfin profiter du passage dans notre pays de nombreux ministres et chefs d'Etat, notamment à Genève, où nous avons la possibilité de rencontrer de nombreuses personnalités politiques étrangères, pour renforcer nos contacts, parce que nous en avons besoin. Dix-huit minis- tres des affaires étrangères se sont déjà annoncés pour l'année prochaine, sachant que je n'aurai pas la possibilité de me rendre, sur le plan bilatéral, à l'étranger, ainsi que deux chefs d'Etat.
Cet effort supplémentaire pour nouer des contacts avec l'étranger, pour présenter notre pays et défendre ses points de vue, pour rappeler notre rôle mais aussi nos intérêts, vous y contribuez également, vous, les parlementaires. Vous êtes présents et actifs au Conseil de l'Europe, à l'Union interparlementaire, vous avez de très nombreux contacts avec l'étranger, soit comme parlementaire, soit à titre privé ou professionnel, et ces contacts sont, eux aussi, importants pour notre pays.
Dans sa réponse à votre interpellation, le Conseil fédéral n'a pas seulement voulu confirmer sa volonté de maintenir sa politique d'ouverture et de contacts avec l'extérieur, il a tenu aussi à rappeler quels étaient les grands axes de sa politique étrangère. Je n'y reviendrai pas.
J'aimerais cependant répondre à un certain nombre de questions qui ont été posées et à un certain nombre de remarques qui ont été faites. Un point qui a préoccupé nombre d'entre vous, je pense à M. Eggly, à M. Reich et à d'autres encore, est le problème de l'intégration euro-
péenne. La question des relations des pays de l'AELE, dont nous sommes membre, et en particulier de la Suisse avec les Communautés européennes a gagné indiscutablement en actualité ces derniers temps, depuis l'élargissement à douze de la Communauté économique européenne qui, mainte- nant, a la majorité au sein du Conseil de l'Europe et de ses 21 Etats démocratiques, mais aussi en raison des évolutions importantes dans le processus de l'intégration européenne qui marqueront également nos relations avec l'espace éco- nomique européen.
J'aimerais rappeler le «livre blanc» qui concerne l'achève- ment du marché intérieur et le fait que les pays membres de la Communauté économique européenne ont signé l'«Acte unique européen». Les Etats membres de la CEE ont sou- ligné leur volonté politique de réaliser d'ici à 1992 le Marché commun, c'est-à-dire la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux. Simultané- ment, une base juridique a été créée pour formuler les politiques communautaires dans de nouveaux domaines, tels que la recherche, le développement ou la protection de l'environnement. Enfin la coopération, en politique exté- rieure, des pays des Communautés européennes a fait, pour la première fois, l'objet d'un accord formel.
J'aimerais que vous sachiez que nous ne sommes pas restés inactifs. Nos efforts en vue de participer à une politique européenne dynamique ont tout de même abouti à des résultats encourageants. Avec plus de cent arrangements bilatéraux et accords de tout genre, la Suisse possède un des réseaux d'accords avec la CEE le plus vaste de tous les Etats non-membres de la Communauté européenne. Dans plusieurs cas, la Suisse a fait oeuvre de pionnier. En tant que non-membre, nous avons été le premier pays à conclure l'accord EURONET et l'accord-cadre du 8 janvier 1986 sur la coopération scientifique et technique. La très forte imbrica- tion de notre pays dans la Communauté européenne est ainsi assortie d'un réseau contractuel, encore susceptible de s'étendre et qui dépasse depuis longtemps le seul domaine de la politique commerciale. Sans en être membre, la Suisse restera, pour la Communauté, un partenaire inté- ressant en raison de notre économie hautement perfor- mante et de notre volonté de coopérer.
Vous le savez, jusqu'ici, le Conseil fédéral n'a pas voulu aliéner notre souveraineté là où d'autres pays acceptent de se plier aux décisions communes. Avec l'agrandissement de la Communauté économique européenne à douze parte- naires, de plus en plus les décisions qui seront prises le seront à la majorité. Or nous tenons, nous Suisses, jusqu'à présent, à préserver l'autonomie de nos communes et de nos cantons, que beaucoup nous envient. Nous tenons à préserver nos institutions et notre démocratie directe. Nous avons une politique agricole, une politique d'immigration, une politique de santé, une politique des transports, une politique de protection d'environnement, une politique fis- cale, nous avons une conception du rôle de l'Etat qui se concilie - avouez-le - très mal avec les exigences de l'inté- gration européenne. Nous ne pourrions pas, dans les cir- constances actuelles en tous les cas, adhérer aux Commu- nautés européennes, sans accepter de changements pro- fonds de nos institutions. Il faut que nous le sachions.
Nous avons évoqué les problèmes que pose le renforcement de l'intégration européenne. Face à ce défi, nous devons essayer de trouver des solutions originales, puisque nous ne pouvons ni nous fondre dans la Communauté économique européenne, ni nous laisser marginaliser, comme certains l'ont dit, et avec une certaine crainte. Je les en remercie. Nous partageons aussi cette crainte.
Solutions originales, cela signifie donc, face à une Europe scientifique et technologique à géométrie variable, avoir une participation active à un certain nombre de projets de recherches - surtout au projet Eurêka -, cela signifie tenter de trouver, avec d'autres, comment mieux utiliser le Conseil de l'Europe qui reste tout de même le forum politique dont nous sommes membre à part entière et qui réunit les vingt et une démocraties de l'Europe occidentale, notamment pour poursuivre des efforts d'harmonisation du droit. Nous avons
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1958
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16 décembre 1986
l'habitude de coopérer de façon pragmatique avec l'Europe, de trouver des solutions à nos problèmes communs et l'accord de libre-échange de 1972, que le peuple et les cantons ont voté, cet accord avec «clause évolutive» reste - je crois - le meilleur exemple de pragmatisme et il est aussi la preuve que cette coopération peut être efficace. Je vous rappelle ce que j'ai dit tout à l'heure, à savoir que plus d'une centaine d'accords bilatéraux ont été conclus entre la Suisse et la Communauté européenne. Dans ces conditions, nous n'avons pas d'autre choix que de coopérer avec une institution qui pourrait un jour devenir une nation et une puissance à part entière et qui pourrait être notre seul voisin. Il est bien évident que, dans les années à venir, l'Europe communautaire, l'Europe des douze, si elle allait encore en s'élargissant - on en parle déjà - nous poserait un défi et obligerait notre pays à se livrer à une réflexion approfondie. J'aimerais que vous sachiez que le Conseil fédéral est cons- cient de ce problème et que les départements concernés - pratiquement tous - suivent avec attention l'évolution euro- péenne. Le Conseil fédéral aura l'occasion, lors de la pro- chaine session, en réponse au postulat de M. Hubacher, de s'exprimer encore à ce propos.
Il se pose également un problème de désarmement euro- péen. Certains d'entre vous l'ont évoqué. Ce problème, au lendemain de Reykjavik, se présente sous un jour nouveau. Pour nous, il est essentiel qu'au moment où l'on envisage sérieusement un début de dénucléarisation de l'Europe, celle-là s'accompagne de l'équilibre des armements conven- tionnels, de l'élimination des armes chimiques et de la destruction des stocks d'armes chimiques existantes - il en existe malheureusement. Enfin et surtout, l'ensemble de ces dispositions doit être soumis à des procédures de vérifica- tions crédibles. J'ai été un peu surpris, pour ne pas dire peiné, de voir qu'il y avait eu des critiques exprimées, ici ou là, à propos de ce satellite d'observation, de l'avion neutre de vérification que nous avions proposé. On a dit: c'est un échec de la Suisse; l'Union soviétique a refusé cette propo- sition. J'aimerais ici remettre un peu l'église au milieu du village et surtout vous rappeler qu'il n'y a jamais eu de proposition suisse de satellite d'observation. Ce que notre Département des affaires étrangères a simplement dit, c'est que ce problème était étudié - et c'est vrai - au niveau d'un groupe interdépartemental, comme il l'est aussi dans d'au- tres pays neutres, afin de déterminer - si un jour on nous demandait - s'il était réalisable, tant sur le plan technique que financier.
En ce qui concerne l'avion neutre de vérification, je voudrais quand même rappeler, pour remettre les choses à leur place, qu'il s'est agi, à la Conférence de Stockholm, d'une demande adressée aux quatre pays neutres par la Républi- que fédérale d'Allemagne qui, pour sortir de l'impasse dans laquelle on se trouvait concernant la vérification, avait ima- giné que l'on confie aux pays neutres le soin de mettre à disposition des avions destinés à des tâches de vérification. L'Union soviétique a refusé. Les pays neutres ont tenu bon. Mais c'est du côté des Etats-Unis d'Amérique que l'on a cédé, sans doute dans le souci de permettre un sommet Reagan-Gorbatchev couronné de succès; on sait ce qu'il en est advenu! Nous continuons à penser que le système de vérification élaboré à Stockholm est loin d'être idéal et manque de crédibilité. C'est pour cela que l'idée des avions neutres reste à l'ordre du jour pour la Conférence de Vienne et là certainement, je pense, cette affaire sera reprise, d'une façon ou d'une autre.
Monsieur Bundi, nous voulons renforcer nos efforts en matière de désarmement. Comme je l'ai dit, nous avons créé un groupement interdépartemental chargé de réfléchir et de planifier notre politique de désarmement. Nous avons aussi décidé de mieux former nos collaborateurs, et deux d'entre eux participent actuellement à un séminaire dirigé par le professeur Gasteyger sur les problèmes stratégiques de désarmement et de vérification.
Est-il opportun - certains d'entre vous ont pose la question - de poursuivre notre aide au Nicaragua? Il y a eu deux morts, que nous déplorons, qui n'étaient pas des agents de la
Confédération. Nous n'aurions pas, nous, laissé des gens aller dans des zones de conflits, dans des endroits dange- reux. Je voudrais que vous sachiez qu'avant de prendre la décision de maintenir notre aide au Nicaragua en faveur des plus défavorisés nous avons, nous, le Conseil fédéral, envoyé une délégation d'experts, dirigée par le Professeur Forster, qui s'est rendue sur place du 30 juin au 20 juillet, pour établir un rapport de 35 pages, où chacun des projets, qu'ils soient co-financés, qu'ils soient dirigés directement par la Confédération, ou simplement par des organisations caritatives privées suisses, a fait l'objet d'un examen détaillé: explication du projet, finalité, nombre de personnes engagées, dangers qu'il pouvait encourir. On y trouve en particulier des recommandations faites par cette commis- sion d'experts. En l'occurrence, nous avons pris toutes nos précautions et nous avons décidé de la nécessité de mainte- nir notre aide humanitaire au Nicaragua.
J'ajouterai que d'autres pays et d'autres collectivités ont été placés face au même problème. Et j'en veux pour preuve: la CEE, la Norvège, l'Espagne, la Suède, l'Autriche, les Pays- Bas, et de nombreuses organisations multilatérales, ont tous maintenu leur aide au Nicaragua. Vous connaissez la déci- sion de la Cour internationale de justice de La Haye du 27 juin 1986, qui a condamné les violations du droit interna- tional et les atteintes à la souveraineté du Nicaragua.
Quelqu'un d'entre vous a posé la question de savoir pour- quoi feu Ivan Leyvraz était armé. Nous avons, quant à nous, interdit à tous nos coopérants le port d'une arme quelcon- que. S'ils estiment que, dans une région, leur vie est mena- cée, ils doivent renoncer à s'y rendre; c'est un ordre que nous leur avons donné - et nous le controlons. Il est vrai que M. Leyvraz avait un permis de port d'arme et qu'il possédait une arme. Or, vous savez que ce ne sont pas les autorités suisses qui lui ont délivré ce permis. Il faut dire - et ses amis nous l'ont confirmé - qu'il craignait d'être fait prisonnier par les «Contras» et d'être torturé. Il avait ainsi, avec cette arme, un moyen de se supprimer.
L'accroissement du nombre des réfugiés est la consé- quence des conflits qui règnent dans de nombreux pays - nous n'avons peut-être pas été assez explicite dans notre réponse écrite - mais aussi du non-respect des droits de l'homme. Bien que la plupart des réfugiés restent en général dans des pays voisins du leur, nous avons été directement touchés, ces dernières années, par leur afflux. Mais nous poursuivons nos efforts pour aider en priorité les réfugiés, sur place, pour faciliter leur intégration dans des pays proches du leur, et pour faciliter leur retour dans leur pays d'origine - dans la mesure du possible, quand ils ne risquent rien. Nous y avons consacré 36 millions de francs en 1984, 45 millions de francs en 1985 et nous ferons davantage encore cette année. Par ailleurs, nous poursuivons nos efforts, notamment au plan bilatéral, pour faciliter le retour des réfugiés dans leur patrie, chaque fois que la situation politique en matière des droits de l'homme le permettra. M. Mühlemann et plusieurs d'entre vous ont parlé de la 25e Conférence de la Croix-Rouge à Genève. J'ai lu des articles - qui m'ont un peu étonné - qui considéraient cette 25e conférence comme un échec.
Permettez-moi de vous dire que cette conférence a été un succès malgré la politisation très regrettable de ses débats, notamment au cours des deux premiers jours . Il faut savoir que ce n'est pas la Croix-Rouge d'Afrique du Sud qui a été exclue des débats, ce n'est que la délégation gouvernemen- tale de l'Afrique du Sud. Vous savez qu'à ces conférences de la Croix-Rouge participent d'une part les sociétés nationales de Croix-Rouge ou du Croissant rouge - il y en a 143 - le Comité international de la Croix-Rouge, le CICR, la Ligue des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant rouge, et d'autre part les représentants gouvernementaux des 166 Etats signataires des conventions de Genève. C'est donc la délégation gouvernementale de l'Afrique du Sud qui a été «suspendue», et non pas «exclue», pendant la durée de ces débats. La Croix-Rouge d'Afrique du Sud est restée et a participé à tous les débats jusqu'à la fin.
Si je me permets de vous dire que cette conférence a,
Aussenpolitik. Persönliche Vorstösse
1959
malgré tout, été un succès c'est parce que tous les objets qui étaient à l'ordre du jour - et en particulier les nouveaux statuts du mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant- Rouge - y ont été agréés et adoptés par acclamations. Le nouveau règlement de la conférence a été approuvé par consensus, le rapport d'activité du Comité international de la Croix-Rouge et une résolution sur les problèmes relatifs au respect du droit international humanitaire dans les diffé- rents conflits actuels ont été adoptés par consensus, à l'unanimité. Une résolution a également été adoptée par consensus, encourageant les pays qui ne l'ont pas encore fait à ratifier les protocoles additionnels des conventions de Genève. Dix-sept Etats ont fait une déclaration solennelle lors de cette conférence s'engageant à ratifier sans délai ces protocoles. Et toujours par consensus, cette conférence a adopté 29 autres résolutions concernant la torture, la pro- tection de la population civile, en particulier des enfants, dans les conflits armés, les réfugiés, la diffusion et l'appro- fondissement du droit humanitaire et des activités opéra- tionnelles de la Croix-Rouge. Enfin, la date de la 26e confé- rence, qui se tiendra en Colombie, a été fixée non pas en 1989, comme quelqu'un l'a dit tout à l'heure, par erreur, mais en 1990.
Je crois que les résultats obtenus par cette 25e conférence de la Croix-Rouge sont importants. Malheureusement il y a eu cette politisation mais nous ne connaissons pas d'organi- sation, d'association, qui ne se politise pas. Regardez les sports, les Jeux olympiques, les matches internationaux, dans n'importe quel sport, tout se politise! C'est très regret- table.
Je reviens ici sur notre présence, qui a été critiquée, au Sommet des non-alignés de Harare. Je répondrai ici à MM. Bonny, Eggly, Soldini, Steffen, et d'autres encore qui sont intervenus. Notre politique, vous l'admettez, est une politique qui repose sur la neutralité, la solidarité, l'universa- lité, trois principes qui se complètent. En vertu du principe de l'universalité, nous entretenons des relations avec tous les Etats dans le monde, et si tel n'était pas le cas, je crois que notre statut de neutralité ne serait plus crédible. C'est depuis 1976 que la Suisse jouit du statut, non pas d'observa- teur, comme on l'a dit à tort, mais simplement d'«invité». Nous ne sommes que des invités au sein de ce mouvement des non-alignés, nous n'avons ni droit de parole ni droit de décision, mais nous avons ainsi la possibilité de participer à tous les Sommets, ce que nous avons fait. C'est ainsi que le Zimbabwe avait invité notre pays à se faire représenter au Sommet de Harare. Notre délégation était conduite par l'ambassadeur Franz Muheim, et je dois dire que les trois autres pays européens neutres - la Finlande, la Suède et l'Autriche - ainsi que d'autres pays occidentaux ont égale- ment été invités.
Pour nous qui - faut-il l'ajouter ici? - ne sommes pas membre de l'Organisation des Nations Unies, c'est là la possibilité de rencontrer des représentants gouvernemen- taux de pays que nous n'aurions jamais l'occasion de ren- contrer autrement. Le fait que nous acceptions ces invita- tions nous vaut un «good will» politique dans ces pays-là dont il faut savoir apprécier le prix. Je vous citerai en particulier, à titre d'exemple, l'accueil qui m'a été réservé, en avril 1986, en Inde et au Pakistan. L'Inde est un des pays promoteurs du mouvement du non-alignement. Nous nous rendons à ces réunions pour dialoguer. Nous avons des possibilités de contacts bilatéraux avec des pays tels que ces géants que deviendra l'Inde, pour ne prendre que ce seul exemple. Le Conseil fédéral a décidé de continuer à accepter les invitations des non-alignés.
Monsieur Widmer, Madame Morf, Monsieur Mühlemann, vous avez raison de souligner que, sur le plan culturel, nous devrions être mieux représentés à l'extérieur. Je vous signale que nous avons 14 personnes, 8 conseillers cultu- rels, 6 collaborateurs, attachés culturels, dans nos missions à l'étranger, et dans chacune de nos ambassades l'ambassa- deur et ses collaborateurs consacrent une partie de leur temps à assurer la présence culturelle de la Suisse et à appuyer les initiatives des artistes de notre pays. Vous savez
combien, en matière culturelle, vous qui êtes tout aussi fermement attachés que moi-même au fédéralisme, il est difficile de discuter de culture internationalement. Nous sommes, je crois, le seul pays qui peut prétendre avoir une culture, à ne pas avoir conclu d'accord culturel avec un pays étranger. Nous n'en avons pas la possibilité, nous n'en aurions pas le droit vis-à-vis des cantons, des communes, qui s'arrogent le monopole de la culture. Je me demande comment certains cantons accepteraient certains accords culturels que nous pourrions signer avec l'étranger. C'est une difficulté, mais dans toute la mesure du possible, nous tenterons d'améliorer encore, par l'intermédiaire, peut-être, de «Pro Helvetia» que vous présidez avec tant de distinction, Monsieur Widmer, de renforcer notre présence culturelle à l'étranger.
La nécessité de respecter et de faire respecter les droits de l'homme, partout dans le monde, est devenue un élément essentiel, non seulement de la conscience des peuples, mais aussi de notre politique étrangère. Les droits de l'homme jouent un rôle essentiel, sur le plan européen, qu'il s'agisse du Conseil de l'Europe ou de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, la CSCE, en particulier sa troisième corbeille. Les Etats de l'Est européen ont une philosophie différente de la nôtre mais, dans le cadre de cette conférence, nous avons la possibilité d'engager un dialogue et surtout de soumettre des cas concrets. Je vous avais déjà cité plus de trois cents cas que nous avons pu résoudre avec un pays de l'Est. Mais j'aimerais aussi men- tionner ici le cas Martchenko, où notre chef de délégation à Vienne, vendredi dernier, 12 décembre, n'a pas mâché ses mots, tout en reconnaissant que, sur le plan bilateral, toutes les affaires de type humanitaire que nous avons eues avec l'Union soviétique ont trouvé une issue heureuse. Et même, je suis heureux de pouvoir vous le dire, parce que cela a été pour moi une grande joie et une grande émotion, le père du fameux pianiste et artiste Ashkenazi a été autorisé à se rendre en Suisse. C'était le quatrième des quatre cas que j'avais soumis au ministre des affaires étrangères, M. Che- vardnadze, au début du mois de septembre. Il est résolu et je tiens ici à en remercier les autorités soviétiques.
MM. Dupont et Widmer, vous soulevez le problème de la coordination de notre politique étrangère. Or, vous le savez, il n'y a pas de semaine que le Conseil fédéral ne s'occupe de nombreux sujets de politique étrangère: approbation de conventions internationales, instructions qui sont données à des délégations suisses à l'étranger, rapports sur des voyages ou des rencontres, ouvertures de crédits, d'aide publique au développement. Le Département des affaires étrangères est, par ailleurs, présent et actif sur de très nombreux fronts.
Cela dit, je prends note de votre désir de voir se renforcer la coordination de notre politique étrangère et de voir notre département jouer un rôle plus actif dans certains secteurs. Nous savons, Monsieur Renschler, que de plus en plus, nos décisions de politique intérieure ont aussi des répercus- sions de politique étrangère. Et nous savons que ce qui se passe au dehors a des répercussions à l'intérieur de notre pays. C'est pourquoi, nos politiques intérieures et exté- rieures doivent être coordonnées, cela dans l'intérêt bien compris de notre pays.
Je crois, pour conclure, qu'un effort sans précédent a été fait dans le domaine de l'information de l'opinion publique en vue du 16 mars 1986. Tous les membres du Conseil fédéral, vous-mêmes, vos Commissions des affaires étran- gères élargies pour la circonstance, les congrès des quatre partis nationaux en ont parlé. De nombreux fonctionnaires, que je tiens encore à remercier, et plusieurs parmi vous ont pris leur bâton de pèlerin et sont allés parler de l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Et pourtant, cette information n'a pas suffi à faire comprendre au peuple suisse pourquoi le Conseil fédéral, les Chambres fédérales, vous, conseillers nationaux, le Conseil des Etats, ainsi que trois congrès nationaux de partis gouvernementaux ont voté en faveur de l'adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations Unies. Il faut donc en conclure que la politique étrangère reste
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encore une affaire de spécialistes. Mais nous partageons votre avis: il faudra que nous puissions avoir davantage de débats de politique étrangère ici, dans cette enceinte. Il faudra poursuivre nos efforts pour faire mieux comprendre à chacun l'importance de l'enjeu et je m'y engage.
Monsieur Grassi, voici la réponse orale du Conseil fédéral à l'interpellation que vous aviez déposée avant le vote à l'ONU du 16 mars 1986:
«Il est effectivement indispensable que la politique étran- gère ait le soutien le plus large possible. Cela suppose un effort d'information important du Conseil fédéral et de l'ad- ministration sur leurs activités en matière de politique étran- gère. Le Parlement a également un rôle à jouer dans ce domaine, notamment grâce à ses Commissions des affaires étrangères où peuvent être également abordés un certain nombre de problèmes qui doivent, conformément aux usages diplomatiques, rester confidentiels. Le Conseil fédé- ral a l'intention de renforcer sa politique d'information et il a chargé les départements et services concernés d'étudier les moyens d'améliorer l'information et les connaissances de la population en matière de politique extérieure. Mais c'est avant tout par l'intermédiaire des médias que notre opinion publique continuera d'être informée des activités de politi- que étrangère et surtout des principaux problèmes interna- tionaux qui concernent notre pays. Pour mieux comprendre les exigences de notre politique étrangère, il est, en effet, surtout important de bien connaître la situation et les pro- blèmes tels qu'ils se posent dans les autres pays et de mieux comprendre la mentalité, mais aussi les besoins et les exi- gences de nos principaux partenaires. La presse, la radio, la télévision font, en ce domaine, un travail utile. Le Conseil fédéral est convaincu que nos concitoyens prennent pro- gressivement conscience de l'interdépendance des Etats et des économies qui nous oblige à avoir une politique étran- gère plus active, à nous ouvrir davantage sur l'extérieur». Il y a longtemps que nous savons que nous devons coopérer au plan économique, commercial et monétaire. C'est vrai aussi dans d'autres domaines. Nous ne pouvons plus résoudre seuls nos problèmes d'environnement. La pollu- tion ne connaît plus de frontières et il ne sert à rien d'être sage tout seul. La catastrophe de Tchernobyl et l'incendie de Bâle, dont vous avez beaucoup parlé hier encore, le prouvent. Les conflits locaux ne s'arrêtent plus aux frontiè- res, le terrorisme qui touche de plein fouet certains de nos voisins - hier encore - le démontre.
Je conclurai en disant que le vote du 16 mars aura permis d'engager dans notre pays un très vaste débat sur la politi- que étrangère, sur la neutralité, sur la solidarité. Ce débat doit absolument se poursuivre si l'on veut que toutes les Suissesses et que tous les Suisses prennent mieux cons- cience non seulement des particularités de notre pays, de son identité, de tout ce que fait la Suisse, mais aussi de la place de notre pays dans le monde, de son rôle et de ce que nous devons faire pour avoir demain une Suisse plus forte, une Suisse qui ait toujours la place qui lui revient dans le monde. (Applaudissements)
86.374
Interpellation der Kommission für auswärtige Angelegenhei- ten des Nationalrates
Interpellation de la Commission des affaires étrangères du Conseil national
Le président: M. Dupont, président de la Commission des affaires étrangères, est invité à dire s'il est satisfait de la réponse.
M. Dupont a la parole pour une brève déclaration.
M. Dupont, rapporteur: Je vous remercie, Monsieur le chef du Département des affaires étrangères, de nous avoir donné une réponse d'ensemble de qualité sur les problèmes posés par notre politique étrangère.
Je ne suis que partiellement satisfait parce que la question de la coordination, qui a fait l'objet de mon intervention tout à l'heure et d'un débat au sein de la Commission des affaires
étrangères, et qui s'adresse à l'ensemble du Conseil fédéral, n'a pas trouvé de réponse satisfaisante. Pour la réussite de notre politique sur les problèmes d'avenir, j'espère qu'une meilleure cooordination d'ensemble sera examinée par le Conseil fédéral.
Le président: M. Dupont est partiellement satisfait, l'inter- pellation est liquidée.
85.969 Interpellation Grassi
M. Grassi: Je vous remercie de votre réponse. Je ne suis que partiellement satisfait. J'aurais aimé savoir du Conseil fédé- ral s'il a la volonté de créer des bases conceptuelles claires et précises sur l'organisation et la coopération dans le travail d'information, des bases qui tiennent compte tant de la discrétion diplomatique que de la transparence démocra- tique, en somme une information crédible et convaincante par sa qualité et par son attrait.
Nous devons travailler ce point. Nous avons des problèmes importants à traiter avec la population et celle-ci devrait être informée, elle devrait être avec nous pour résoudre ces problèmes.
Le président: L'interpellateur est partiellement satisfait. L'interpellation est liquidée.
86.350 Motion Grendelmeier
Le président: Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat. Mme Grendelmeier accepte. Le postulat est-il combattu par un membre de ce conseil? Tel n'est pas le cas. Il est adopté.
Ueberwiesen als Postulat - Transmis comme postulat
86.360 Interpellation Dünki
Dünki: Ich habe bereits in meinem Referat gesagt, dass ich nur teilweise befriedigt bin.
Le président: M. Dünki est partiellement satisfait.
86.361 Interpellation Lüchinger
Lüchinger: Ich habe mich aus Hoffnung und aus Höflichkeit von der Interpellationsantwort des Bundesrates als befrie- digt erklärt. Aber von Ihrer heutigen Erklärung, lieber Herr Bundesrat Aubert, bin ich nicht befriedigt. Ich habe irgend- wie das Gefühl - ich hatte es schon einmal in einer national- rätlichen Kommission -, dass Sie die Flüchtlings-Aussenpo- litik nicht interessiert, was ich bedaure.
Le président: M. Lüchinger est partiellement satisfait de la réponse. L'interpellation est liquidée.
86.361 Interpellation Blocher
Le président: M. Blocher est invité à dire s'il est satisfait de la réponse. M. Blocher, d'une voix forte, nous déclare qu'il est partiellement satisfait, je l'en remercie. L'interpellation est liquidée.
Schluss der Sitzung um 19.50 Uhr La séance est levée à 19 h 50
Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali
Interpellation Grassi Aussenpolitik. Beteiligung der Bevölkerung Interpellation Grassi Politique étrangère. Sensibilisation de l'opinion publique Interpellanza Grassi Politica estera. Sensibilità del'opinione pubblica
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1986
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Conseil national
Consiglio
Consiglio nazionale
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Datum
16.12.1986 - 16:00
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1936-1960
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