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Interpellation Delalay
Die Konzernleitung der Leica hat am 29. Januar 1992 den Ab- bau von 400 der insgesamt 520 Arbeitsplätze in der Leica Aarau AG sowie eine Produktionsverlagerung nach Heer- brugg und Singapur angekündigt
ABB Power Systems (Schweiz) teilte mit, dass sie ab 1992 ihre Aktivitäten nach Schweden und in die USA verlegen wird. Aus- genommen von den Kündigungen ist die Bearbeitung des Schweizer Marktes.
Die Schaffner Elektronik AG in Luterbach (SO) teilte am 14. November 1991 mit, dass sie die Produktion nach Thai- land verlegt. Folge: Abbau von 110 Arbeitsplätzen in der Schweiz.
Nach einer Mitteilung der Schweizerischen Depeschenagen- tur vom 8. November 1991 lassen die Migros-Genossenschaf- ten Zürich und Bern die Fotolaboraufträge ihrer Kunden künf- tig in Deutschland ausführen. Die betroffene Schweizer Firma ist zum Stellenabbau gezwungen.
Die Swissair verlegt die Verkehrsabrechnung nach Bombay. Folge ist der Abbau von 150 Stellen in der Schweiz. Dabei för- dern wir die Swissair staatlich ganz massiv: Der Erlass der Zölle auf Treibstoffen und Mineralölprodukten beläuft sich auf etwa 400 Millionen Franken pro Jahr, und etwa 11 000 Flüge pro Jahr machen die Angehörigen der Bundesverwaltung und der Regiebetriebe, wobei ein Rabatt von lediglich 20 Prozent gewährt wird. Es sollen 25 sogenannte Move-Projekte bei der Swissair in Bearbeitung sein, darunter auch die erwähnte Ver- legung der Verkehrsabrechnung von Zürich nach Bombay. In Schottland werden Forschung und Entwicklung durch die Zusammenarbeit mit den Hochschulen unterstützt So ist in Edinburg inzwischen ein Zentrum für künstliche Intelligenz entstanden. Grund genug für die Schindler-Gruppe, den Standort einer neuen Abteilung dieses neuen Forschungs- und Entwicklungszentrums dorthin zu verlegen.
Diesen Beispielen lassen sich weitere anfügen. Sie müssen uns dazu führen, die Ursachen dieser für unser Land und seine Volkswirtschaft höchst problematischen Entwicklung umfassend und gründlich zu klären und Massnahmen in die Wege zu leiten, die die bestmögliche Sicherung und die Erhal- tung der Arbeitsplätze.in der Schweiz gewährleisten. Das ist der Zweck meines Postulats.
Der volkswirtschaftliche Substanzverlust der Schweiz nimmt seinen Fortgang. Es ist für mich klar, dass die Antwort in meh- reren Bereichen in der Teilnahme am Euro-Binnenmarkt liegt, ohne die uns ohnehin der Abstieg in die B-Liga der Industrie- nationen droht. Indessen gibt es zahlreiche Möglichkeiten, un- sere Rahmenbedingungen zur Erhaltung der Konkurrenzfä- higkeit auf der Grundlage eines klaren ordnungspolitischen Konzepts zu verbessern, die wir beitrittsunabhängig durchset- zen können und müssen.
Wir waren uns auch in der Aussenpolitischen Kommission, die sich neuerdings auch mit Aussenwirtschaftsfragen zu befas- sen hat, einig, dass diese Rahmenbedingungen vermehrt Ge- genstand unserer Anliegen bilden müssen. Es kommt darauf an, vorweg ein günstiges Investitionsklima zu schaffen, was Reformen in allen relevanten Politikbereichen voraussetzt. Es ist vordringlich geworden, den Standort aufgrund einer ge- samtheitlichen Analyse zu bestimmen und in der Folge eine kohärente, auf die erwähnte Zielsetzung ausgerichtete Politik zu entwickeln. Der nachgesuchte Bericht soll dafür die Grund- lage liefern.
Ich bitte Sie, das Postulat zu überweisen.
M. Delamuraz, conseiller fédéral: Je déclare que le Conseil fé- déral accepte le postulat de M. Gadient. Il l'accepte parce que la question qu'il pose et les propositions qu'il formule sont d'un intérêt primordial pour notre économie nationale. En ef- fet, des entreprises multinationales ou pas peuvent fort bien prendre la décision de garder leur siège en Suisse, mais de transférer à l'extérieur, par exemple dans des pays européens, leurs activités de production ou leurs activités de distribution, avec le nombre d'emplois qui y sont liés. Pour ces entreprises, sans doute, l'opération de transfert à l'étranger se soldera- t-elle sans résultats négatifs, probablement même plus posi- tifs.
En revanche, pour l'économie nationale, au bout du compte, si l'exercice se répète trop fréquemment, et pour de trop nom- breuses entreprises, le résultat sera catastrophique. Car pour l'économie nationale, ce qui compte, c'est naturellement non seulement le siège d'entreprise en Suisse, mais c'est aussi le centre d'activité de ces entreprises en Suisse. Les emplois pour l'économie nationale, c'est ici qu'ils doivent être, et les activités de production, c'est ici qu'elles doivent être pour l'économie nationale, et pas de l'autre côté de la frontière!
Alors le choix pour les entreprises de maintenir des activités économiques ici, voire d'en installer de nouvelles après appré- ciation de la situation par rapport aux autres, ce choix est dicté par toutes sortes de facteurs: des facteurs purement privés qui tiennent à la volonté, qui tiennent à la tradition des entreprises d'être ici, je dirais presque à tout prix, ou bien pas; des déci- sions quant à la qualité de nos accords internationaux qui don- neront tout de même un certain cadre à ces activités, si le gou- vernement et le Parlement suisses font ces choix internatio- naux correctement; mais surtout, ces choix seront dictés par les conditions générales, les conditions-cadres, ces fameuses «Rahmenbedingungen» nécessaires à constituer un encadre- ment compétitif pour les entreprises. Sur ce point, nous avons beaucoup de choses à faire ou à refaire par rapport à des concurrences qui montent et à des conditions-cadres qui s'améliorent autour de nous parfois, alors que sur tel ou tel point, elles se dégradent chez nous.
Je n'en dis pas plus, parce que toute la question posée par le postulat de M. Gadient, la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats en a débattu vendredi dernier, et elle a bien voulu féliciter le Conseil fédéral de son rapport annuel sur les activités économiques extérieures. Lorsque la Commis- sion de politique extérieure de votre conseil a examiné ce rap- port annuel du Conseil fédéral, elle a en particulier consacré son temps à la première partie de ce rapport. Et que dit le Conseil fédéral dans la première partie de ce rapport? Qu'il y a à aller dans le sens d'une plus grande libéralisation, d'un moindre interventionnisme notamment dans le domaine éco- nomique, d'une restauration de conditions de concurrence et de conditions d'ouverture indispensables à la vie d'une éco- nomie libre. Je crois que nous reprendrons cela dans le cadre de votre conseil lors de la prochaine session, sauf erreur de ma part.
Le postulat de M. Gadient est une contribution utile à ce débat.
Ueberwiesen - Transmis
91.3378
Interpellation Delalay Liberalisierung der Agrarimporte. Internationale Verhandlungen Négociations internationales et libéralisation des importations agricoles
Wortlaut der Interpellation vom 4. Oktober 1991 Die Spezialkulturen und der Rebbau sind von den Forderun- gen, welche die Verhandlungspartner der Schweiz auf euro- päischer und globaler Ebene stellen, in erster Linie betroffen. Die Kreise, die den Verteilerstellen unseres Landes naheste- hen, verlangen auch eine allgemeine Einschränkung der ein- heimischen Produktion durch wirtschaftspolitische Massnah- men und die sofortige und vollständige Liberalisierung der Einfuhren. Entscheide werden der Tendenz nach so getroffen, als könnten die Spezialkulturen und insbesondere der Reb- bau eine völlige Oeffnung des Marktes durchaus vertragen. Die ab 1992 vorgesehenen Importerleichterungen für Rot- weine sind ein sprechendes Beispiel dafür.
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28 janvier 1992
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Interpellation Delalay
Ich stelle daher dem Bundesrat folgende Fragen:
Ist er der Ansicht, dass die Handels- und Gewerbefreiheit im Bereich der Einfuhren ausgerechnet zu einem Zeitpunkt si- chergestellt werden muss, in dem die Produktionsdrosselung zugunsten der Qualitätssteigerung in unserem Land mutig und entschlossen vorangetrieben wird?
Darf man aus der Tatsache, dass die Grenzen für ausländi- sche rote Fassweine geöffnet werden, schliessen, dass der Bundesrat die gegenwärtig restriktiv gehandhabten Import- vorschriften für Weissweine ebenfalls lockern will?
Ist der Bundesrat bereit, die Individualkontingente für Fla- schenwein vom Warenzoll zu befreien?
Steht der Bundesrat in den laufenden internationalen Ver- handlungen unter dem Druck von Forderungen der Verhand- lungspartner nach einseitigen Zugeständnissen im Bereich des Schutzes der Spezialkulturen und der Schweizer Weine, und wie gedenkt er gegebenenfalls darauf zu reagieren?
Texte de l'interpellation du 4 octobre 1991
Les cultures spéciales et la viticulture sont visées au premier chef par les revendication de nos partenaires dans les négo- ciations que mène la Suisse au niveau européen et mondial. Les milieux nationaux proches de la distribution demandent aussi que des mesures de politique économique limitent de manière généralisée la production indigène tout en exigeant la libéralisation immédiate et totale des importations. Les déci- sions tendent à se prendre comme s'il était généralement ad- mis que les cultures spéciales et en particulier la viticulture pouvait supporter une ouverture totale des marchés. La libéra- lisation des importations de vins rouges dès le début 1992 est un exemple révélateur de cette tendance. Je pose donc au Conseil fédéral les questions suivantes:
Le Conseil fédéral est-il d'avis que la liberté de commerce et d'industrie doit être assurée à l'importation au moment même où la limitation de la production liée à la promotion de la qualité est entreprise avec courage et détermination dans notre pays? 2. L'ouverture des frontières pour les vins rouges étrangers en fûts laisse-t-elle présumer que le Conseil fédéral envisage de réduire la rigueur actuelle dans l'importation des vins blancs? 3. Le Conseil fédéral est-il prêt à supprimer les exonérations des droits de douane sur l'importation par les particuliers d'un contingent de vin en bouteille?
Dans les négociations internationales en cours, le Conseil fédéral est-il en butte de la part de ses partenaires à des exi- gences portant sur des concessions unilatérales en ce qui concerne la protection des cultures spéciales et des vins suis- ses et, le cas échéant, quelle est son attitude?
Mitunterzeichner - Cosignataires: Béguin, Cavadini Jean, Du- cret, Gautier, Jaggi, Jelmini, Lauber, Reymond (8)
M. Delalay: Pour tenir compte de l'heure avancée, je serai ex- trêmement court dans le développement de cette interpella- tion.
La Suisse achève la négociation du Traité sur l'Espace écono- mique européen et a présenté une offre dans les négociations du GATT. L'agriculture est concernée dans une moindre me- sure par les accords avec la Communauté européenne, à l'ex- ception d'un meilleur accès au marché pour les produits en provenance du sud de l'Europe. Elle sera par contre, selon toute vraisemblance, fortement influencée par les résultats de l'Uruguay Round. La diminution du soutien interne à la pro- duction, la réduction des subventions, l'amélioration partielle des mesures sanitaires et la baisse de la protection à la fron- tière par la transformation de contingents quantitatifs en re- strictions tarifaires constituent l'offre que la Confédération a faite dans les négociations du GATT.
Or, pour des raisons de politique intérieure, la Confédération met en vigueur, simultanément et unilatéralement, certains points de cette offre, tels que l'application du principe de la ta- rification pour des importations de vins rouges en vrac, et cela dès le 1er janvier 1992, à la place des restrictions quantitatives en vigueur jusqu'ici. Sur le plan intérieur, il n'est pas admissi- ble que les milieux de la distribution revendiquent, au titre de mesure de politique économique, une limitation généralisée
de la production indigène, tout en exigeant la libéralisation im- médiate et totale des importations.
Si nous sommes favorables aux mesures de limitation de la production liées à la promotion de la qualité par les appella- tions d'origine, par exemple, nous ne pouvons admettre qu'en économie vinicole la liberté de commerce et d'industrie soit le credo de la distribution, alors que le blocage est imposé à la production indigène.
Cette considération nous amène à demander au Conseil fédé- ral s'il est d'avis que la liberté de commerce et d'industrie doit véritablement être assurée à l'importation des vins au moment même où nous entreprenons avec courage de réduire nos propres excédents. Une réponse affirmative à cette question serait de nature à nous préoccuper, d'autant plus que l'écono- mie viti-vinicole se trouve dans une situation particulièrement délicate dans toutes les régions productrices du pays. Nous entendons dès lors que le Conseil fédéral évite de pratiquer une politique unilatérale en cette matière et en particulier qu'il n'assouplisse pas les dispositions en vigueur actuellement pour l'importation des vins blancs, dont le marché suisse crée les plus vives préoccupations.
Dans les échanges internationaux, la réciprocité et l'harmoni- sation des mesures douanières constituent des principes aux- quels nous sommes attachés. Or, nous adoptons en Suisse une attitude beaucoup plus libérale que certains pays de la Communauté européenne, pour les importations en franchise ou avec de faibles taxes pour l'importation de vin en bouteille par les particuliers. Nous admettons, par exemple, pour les rouges, deux litres sans taxes douanières, dix litres au taux normal de 90 centimes par litre, et jusqu'à 40 litres avec des droits supplémentaires de 1,70 franc par litre.
Nous demandons donc que le Département fédéral de l'éco- nomie publique et celui des finances examinent sans retard l'opportunité d'aligner les règles fixées à l'importation de vin en bouteille par les particuliers sur celles appliquées par la majorité des pays de la Communauté. Nous n'avons aucune raison d'être plus larges que nos partenaires sur ce point, d'autant plus que les barrières non tarifaires d'autres pays les amènent, sous le prétexte contestable de contrainte techni- que, à refuser parfois nos vins qui manquent d'activité à leur goût.
Ces préoccupations que nous évoquons au sujet des vins, nous les nourrissons aussi en ce qui concerne les cultures spéciales. Nous souhaitons en particulier être renseignés sur l'effet du Traité sur l'Espace économique européen relatif aux concessions faites pour un meilleur accès au marché suisse des 23 produits de cohésion en provenance de l'Europe du sud. Dans quelle mesure vont-ils concurrencer notre produc- tion nationale de fruits et légumes? Quels effets pratiques au- ront ces concessions, et de quelle manière vont-elles interférer dans notre économie agricole? Des renseignements sur ce point nous permettront d'évaluer de manière plus précise le Traité sur l'Espace économique européen.
En conclusion, nous souhaitons de la part du Conseil fédéral des garanties quant à sa volonté de ne pas mettre en vigueur des concessions unilatérales préjudiciables au marché suisse des vins et des fruits et légumes et de ne pas galvauder des éléments qui peuvent se révéler utiles à l'avenir dans le cadre de négociations agricoles globales. Une libéralisation des im- portations dans le secteur viticole et dans les cultures spécia- les ne doit être envisagée que dans la réciprocité et avec la plus grande retenue pour tenir compte des préoccupations ré- cemment exprimées sans ambiguïté par le monde agricole de notre pays.
M. Delamuraz, conseiller fédéral: L'interpellation de M. Dela- lay porte essentiellement sur les résultats possibles et les ef- fets de la négociation de l'Uruguay Round du GATT; en ce qui concerne notre pays, elle pose quelques questions à propos du statut de la Communauté et du GATT; et, enfin, elle aborde quelques éléments en relation avec l'Espace économique eu- ropéen qui touche, vous le savez, plus faiblement le secteur agricole que le GATT lui-même.
Les efforts faits actuellement à Genève pour débloquer le volet agricole de cette négociation - et avec celui-ci, tous les autres
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Interpellation Delalay
volets qui y sont liés - sont tout à fait louables et devraient per- mettre d'aboutir à un accord, après des mois et des années de négociations interminables, nous le souhaitons. Mais quel- ques-unes des idées énoncées actuellement dans le cadre de l'ultime phase de cette négociation sont excessives et le Conseil fédéral ne peut les reconnaître comme valables. J'ai donc confirmé aux négociateurs suisses à Genève, au nom du Conseil fédéral, nos instructions de faire valoir en particulier nos objections à l'encontre de la tarification généralisée et sans exception. Les revendications de certains de nos parte- naires internationaux portent sur l'ensemble des produits agri- coles et pas seulement sur les cultures spéciales, et notam- ment sur la viticulture. Au stade actuel, les mesures envisa- gées portent sur une réduction des aides internes apportées à la production, sur l'ouverture des marchés, sur la réduction des subventions à l'exportation, soit les trois domaines «classi- ques» de la négociation. Il faut bien reconnaître que si certains termes sont excessifs, dans l'un ou l'autre de ces trois sec- teurs, en aucun cas il ne s'agit d'une ouverture totale du mar- ché, mais bien d'une libéralisation progressive; même si nous n'adhérons pas à celle-ci - car elle va trop loin ou fixe des dé- lais trop brefs - nous devons tout de même rappeler quels sont l'enjeu et la portée de cette négociation.
Le cadre étant ainsi dressé, je répondrai aux quatre questions de M. Delalay. En ce qui concerne le vin rouge en fûts, le Conseil fédéral n'envisage pas une libéralisation totale des im- portations mais, en respectant la volonté populaire exprimée lors de la votation du 1er avril 1990 - ce n'était pas un poisson d'avril, c'était tout à fait sérieux - lorsque le nouvel arrêté sur la viticulture a été refusé, le Conseil fédéral entend simplement supprimer le système de contingentement et, de ce fait, ce que l'on a appelé, parfois à juste titre, des privilèges liés aux rentes découlant du système d'attribution de ces contingents. Voilà ce que le Conseil fédéral peut faire et a fait. De manière à sup- primer ces rentes privilégiées, tout en maintenant une certaine protection de la viticulture qui est non seulement légitime mais indispensable, le Conseil fédéral a donc opté pour une tarifica- tion des restrictions quantitatives à l'importation avec des droits de douane supplémentaires, ce que l'on appelle le contingentement tarifaire.
Mais, comme nous avons des engagements internationaux et comme nous voulons éviter une hausse incompréhensible et inadmissible des prix à la consommation, l'accès actuel au marché doit être maintenu avec les mêmes charges. Le nou- veau régime d'importation pour le vin rouge en vrac - c'est de cela et de cela seulement que je parle - ne représente donc pas une ouverture complète du marché mais la modification du régime d'importations actuel. L'attribution individuelle des contingents utilisée jusqu'ici est ainsi supprimée.
1,6 million d'hectolitres peuvent être dès lors importés, avec la charge à l'importation appliquée jusqu'ici, c'est-à-dire entre 34 et 42 francs pour 100 kg brut, selon la teneur en alcool - ne me poussez pas à des détails plus grands sur la consommation, vous savez que c'est interdit, 8 heures avant le travail. Si le vo- lume importé dépasse 1,6 million d'hectolitres, un droit de douane supplémentaire de 70 francs par hectolitre sera perçu. Le rapport entre le droit de douane supplémentaire et la charge à l'importation de base correspond à celui qui est perçu sur les quantités de vin rouge en bouteille dépassant 150 000 hecto- litres, c'est-à-dire 50 francs de droits de douane, 100 francs de droits de douane supplémentaires par 100 kg brut.
La production de vin en Suisse ne devrait pas subir d'effets né- gatifs, d'autant plus que - et j'y insiste - depuis 5 ans, année après année d'une manière continue - bien qu'il y ait eu des exemples antérieurs - les contingents autorisés d'importation en fûts ouverts ne sont pas utilisés totalement. Par consé- quent, le système remplaçant ces contingents, créant pour les exportateurs de l'étranger vers nous et pour les importateurs en Suisse des conditions différentes mais dont le résultat est analogue, ne devrait pas mettre en péril, dès cette année, la production intérieure plus que cela n'était le cas en 1991, 1990, 1989, 1988 sous l'empire de l'ancienne réglementation. Voilà la première réponse que je puis donner à M. Delalay. Rassurez-vous, les réponses aux autres questions seront un peu plus brèves.
Deuxième question: l'ajustement du régime à l'importation du vin blanc n'est pas envisagé pour l'heure. Les expériences fai- tes avec la tarification du vin rouge en vrac doivent être préala- blement examinées. Comme le peuple suisse a rejeté lors de la votation du 1er avril 1990 dans son principe, non seulement le système de contingentement du vin rouge en fûts, mais aussi celui de tous les vins et, par là même, les privilèges liés aux rentes découlant de l'allocation des contingents, la ques- tion restera d'actualité. Mais de grâce, tranchons cette ques- tion une fois les premières expériences effectuées. M. Delalay a raison, ne le faisons que lorsque les négociations internatio- nales seront achevées, lorsque nous avons par conséquent encore de la monnaie à négocier dans notre portemonnaie et ne partons pas plein de naïveté faire des concessions unilaté- rales qui n'auraient aucune espèce de valeur, car dans les né- gociations internationales c'est un peu comme au jass: une fois que l'on a joué la carte, on l'a jouée. Sauf chez les esprits superbement habiles - on en trouve aussi chez nos interlocu- teurs internationaux - on ne peut pas jouer deux fois la même concession dans une négociation internationale. Gardons donc en main notre jeu et nos atouts.
S'agissant du régime à l'importation de vin en bouteille dans le trafic des voyageurs et dans celui de frontière, selon lesquels les personnes âgées d'au moins 17 ans peuvent importer par jour et par personne deux litres de vin en franchise de droit de douane - et c'est la réponse à la troisième question de M. Delalay - le Conseil fédéral n'a pas l'intention de modifier ce régime qui correspond d'ailleurs à celui qu'applique la Communauté pour les importations par des particuliers; et le régime de la Communauté n'est pas plus favorable que le nô- tre, ni inversément. Toujours dans le trafic des voyageurs et de frontière - trafic individuel - l'importation de dix litres de vin na- turel rouge ou blanc reste soumise au droit de douane, c'est-à- dire 40 centimes par litre pour le vin en fût, 90 centimes par li- tre pour le vin en bouteille, et 40 litres de vin rouge en bouteille en sus demeurent soumis au droit de douane supplémentaire, le taux s'élevant à 2,60 francs par litre; avis aux amateurs!
Notre régime à l'importation, dans le trafic des voyageurs et de frontière, est fondé sur une limitation quantitative, et il n'est dès lors pas sans autre comparable à celui de la Communauté à l'égard des pays tiers, régime communautaire qui connaît une limitation reposant sur la valeur des importations. Monsieur Delalay, c'est très compréhensible, puisque le système doua- nier de la Communauté est fondé sur le principe de la tarifica- tion ad valorem, ce qui n'est pas le cas du système suisse. La comparaison n'est donc pas toute simple à établir. Nous cons- tatons que, dans la Communauté, jusqu'à une valeur de 200 ECU, c'est-à-dire à peu près 360 francs suisses, le droit de douane forfaitaire est fixé à 10 pour cent ad valorem. Pour une valeur de 10 francs par litre, on peut importer 36 litres à un taux de 10 pour cent, soit un franc par litre. Si le prix du litre est de 5 francs, il est possible d'importer 72 litres, toujours à un taux de 10 pour cent.
Notre système d'importation dans le trafic des voyageurs et de frontière - c'est toujours de cela que je parle - n'est donc pas deux fois plus libéral que celui de la Communauté. Pour les vins normalement importés d'une valeur moyenne d'environ 10 francs par litre, le droit de douane est plus bas dans la Com- munauté, alors que la quantité admise est inférieure. L'un dans l'autre, il y a une certaine correspondance; il n'y a en tout cas pas une disparité totale de région.
Quatrième et dernière question: s'agissant des cultures spé- ciales - les fruits et les légumes - en relation avec le Traité sur l'Espace économique européen qui connaît ces jours un re- bondissement de négociation, et sur le résultat duquel le Conseil fédéral aura l'occasion de se prononcer définitive- ment, je l'espère, au mois de février - pour autant que cela ne traîne pas en longueur - la matière non discutée de cet Espace économique européen prévoit que les concessions accor- dées au titre de la liste de cohésion portent essentiellement sur les produits du sud de l'Europe où seuls les droits de douane sont concernés, les autres mesures éventuelles à la frontière n'étant pas touchées. En d'autres termes, le système des trois phases qui règle les quantités à importer n'est pas af- fecté par le Traité sur l'Espace économique européen.
Interpellation Delalay
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E 28 janvier 1992
Dans cette quatrième réponse, je voulais, après avoir traité dans les trois premières des conséquences du GATT et des comparaisons entre notre condition et celles de la Commu- nauté à ce titre, aborder brièvement l'Espace économique eu- ropéen et constater donc que celui-ci n'entraîne pas de consé- quences dans le domaine visé par l'interpellation de M. Dela- lay. A votre santé!
M. Delalay: Je voudrais simplement remercier M. le chef du Département de l'économie publique de sa réponse extrême- ment détaillée. Si la preuve en était encore nécessaire, son ex- posé nous a démontré que sa forme physique était excellente. Je l'en félicite et lui adresse mes bons voeux.
Schluss der Sitzung um 20.20 Uhr La séance est levée à 20 h 20
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Session de janvier
Sessione
Sessione di gennaio
Rat
Ständerat
Conseil
Conseil des Etats
Consiglio
Consiglio degli Stati
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01
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Datum 28.01.1992 - 17:00
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