Présidence de M. K R I E G E R , vice-président
Juges:MM. F. Meylan et Sauterel
Greffier :M. Addor
Art. 271 CPP
Vu l'enquête n° PE07.025404-CHM instruite par le Juge
d'instruction de l'arrondissement de Lausanne contre Z.________ pour
escroquerie et faux dans les titres, d'office et sur plaintes de L.SA
et de la SOCIÉTÉ G.,
vu l'ordonnance de condamnation et de non-lieu du 11 juin
2009,
vu l'opposition formée en temps utile par le MINISTÈRE
PUBLIC contre cette décision,
vu les déterminations de Z.________ d'une part et de la société
G.________ et L.________SA d'autre part,
vu les pièces du dossier;
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attendu que lorsque le juge a rendu une ordonnance de
condamnation sur une partie des faits de la cause et ordonné la cessation
des poursuites pénales pour le surplus, l'opposition a pour effet de porter
l'ensemble de la cause devant le Tribunal d'accusation (art. 271 CPP),
qu'en l'espèce, le magistrat instructeur a notamment
condamné Z.________ pour faux dans les titres à 60 jours-amende, avec
sursis pendant deux ans, la valeur du jour-amende étant fixée à 100 fr., et
à une amende de 1'000 fr., convertible en dix jours de peine privative de
liberté de substitution en cas de non-paiement dans le délai imparti, ainsi
qu'au paiement des frais arrêtés à 1'500 francs,
qu'il a prononcé un non-lieu en faveur de Z.________ pour le
surplus de la prévention,
que l'art. 271 CPP étant applicable, l'opposition du Ministère
public a pour effet de porter l'ensemble de la cause devant le Tribunal
d'accusation;
attendu que le Ministère public critique la quotité de la peine
infligée à Z.________ comme étant arbitrairement clémente,
qu'il s'en prend également au non-lieu dont a bénéficié le
prénommé sur la prévention d'escroquerie,
qu'il demande que l'intéressé soit renvoyé en jugement
comme accusé non seulement de faux dans les titres, mais également
d'escroquerie, en raison des faits retenus dans l'ordonnance de
condamnation,
qu'il ressort des chiffres 2 et 3 de cette ordonnance que
Z., en sa qualité d'entrepreneur, a confectionné de faux certificats
de garantie à l'en-tête de la société G., qu'il a remis à différents
maîtres d'ouvrage, dans le but d'obtenir qu'ils lui paient le solde des
travaux effectués par ses soins,
que le fait de remettre un document falsifié à un tiers pour
obtenir le versement d'une somme d'argent pourrait constituer un procédé
astucieux,
que les éléments figurant au dossier sont donc suffisants à ce
stade pour retenir l'escroquerie au sens de l'art. 146 CP,
que le point de savoir si, comme le retient le juge d'instruction,
Z.________ n'a fait qu'anticiper le moment où il allait pouvoir récupérer
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l'argent qui lui état dû, sous réserve d'un défaut de l'ouvrage, est sans
pertinence en l'état,
qu'il en est de même de la question de l'existence ou non de
défauts de l'ouvrage et de leur origine,
que contrairement à ce que demande le Ministère public, il n'y
a pas lieu de compléter les faits, la partie condamnatoire de l'ordonnance
les exposant d'une manière suffisante pour inclure l'infraction
d'escroquerie,
que le fait que l'intéressé n'ait pas été inculpé d'escroquerie
ne justifie pas l'annulation de l'ordonnance dans la mesure où il a eu
l'occasion de s'expliquer en cours d'enquête sur tous les faits retenus à sa
charge par l'ordonnance attaquée, y compris sur ceux que vise le chef
d'accusation dont il n'ont pas été inculpé (JT 2002 III 171),
qu'en outre, la peine encourue par Z.________ justifie la saisine
d'une cour correctionnelle en lieu et place du tribunal de police,
normalement compétent en vertu de l'art. 270 al. 1 CPP,
que le Tribunal d'accusation ne doit pas motiver sa décision
sur ce point (art. 306 al. 3 CPP; TAcc., S., 19 février 2009/116),
qu'on relève seulement que, selon la jurisprudence, applicable
par analogie dans le cas présent, l'art. 306 CPP confère à l'autorité de
céans de larges pouvoirs lui permettant de modifier la décision de saisine
contenue dans une ordonnance de clôture d'enquête (JT 2001 III 136);
attendu, pour le surplus, que le non-lieu prononcé en faveur de
Z.________ s'agissant des frais dénoncés par l'Office [...] est bien fondé,
qu'il n'est d'ailleurs pas remis en cause,
qu'il doit dès lors être confirmé;
attendu, en définitive, qu'il convient de prendre acte de
l'opposition,
que la partie libératoire de l'ordonnance est annulée en ce
qu'elle prononce un non-lieu en faveur de Z.________ sur la prévention
d'escroquerie,
que Z.________ est renvoyé devant le Tribunal correctionnel de
l'arrondissement de Lausanne comme accusé d'escroquerie et de faux
dans les titres, en raison des faits exposés dans l'ordonnance de
condamnation,
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que la partie libératoire de l'ordonnance est confirmée pour le
surplus,
qu'il n'est pas alloué de dépens à la partie qui obtient gain de
cause devant le Tribunal d'accusation (JT 1962 III 64),
que les frais d'arrêt sont laissés à la charge de l'Etat.
Par ces motifs,
le Tribunal d'accusation,
statuant à huis clos :
I. Prend acte de l'opposition.
II. Annule la partie libératoire de l'ordonnance en ce qu'elle
prononce un non-lieu en faveur de Z.________ sur la prévention
d'escroquerie.
III. Renvoie
devant le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne
Z.________, [...],
comme accusé :
d'escroquerie (art. 146 al. 1 aCP), dont la définition légale est la suivante
:
Celui qui, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un
enrichissement illégitime, aura astucieusement induit en erreur une
personne par des affirmations fallacieuses ou par la dissimulation de faits
vrais ou l’aura astucieusement confortée dans son erreur et aura de la
sorte déterminé la victime à des actes préjudiciables à ses intérêts
pécuniaires ou à ceux d’un tiers sera puni de la réclusion pour cinq ans au
plus ou de l’emprisonnement.
alternativement
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d'escroquerie (art. 146 al. 1 CP), dont la définition légale est la suivante :
Celui qui, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un
enrichissement illégitime, aura astucieusement induit en erreur une
personne par des affirmations fallacieuses ou par la dissimulation de faits
vrais ou l’aura astucieusement confortée dans son erreur et aura de la
sorte déterminé la victime à des actes préjudiciables à ses intérêts
pécuniaires ou à ceux d’un tiers sera puni d'une peine privative de liberté
de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire.
de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 aCP), dont la définition légale est
la suivante :