Art. 45 Cst.; refusal and revocation of establishment for criminal convictions; the exceptional refusal under para. 2 presupposes loss of civil rights by criminal judgment, while revocation under para. 3 requires that the established person has committed at least one serious offense at the new domicile and is in recidivism through prior convictions. Convictions incurred exclusively in another canton do not suffice. Reasons not contained in the contested decision cannot subsequently be relied upon to uphold it (consid. 2-5).
362 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverlassung. geric' lt mit bem I (ntrage, C. fei genannter ntfc' letb au Taul)ebeu, unter . toftenfofge. ie füljrt im ttlejcntnc' len au. : rrt. 45 bel' mAll. garantiere bie freie 91ieberIaffung niü)t nur i)on . tanton au . tanton, funbem aud) innert be. . tanton. Cm(umer"lJJCorel I,. 382 u. f.). miefdoe fönne attlar für ben 5Berarmung. faU (aut I (rt. 45, 3 ber m."R entaogen ttlerbeu, iebod) nur unter be ftimmteu . tautefen. In casu feien nun bie 5Bomußfenungeu bel' I (u. ttleijung nic' lt gegeoen. ffi:efurrentin l)aI.ie 31tlar frembe ?ffiol)I" tl)ätigfeit in I (nfpruc' l genommen, bagegen nur biefeltifiC beß ri: aten I (rmeni)el'einß unb nic' lt bie öffentHc' le ?ffioljItljätigfeit. miefe ,3nanfpruc' lnaljme fei auc' l feine bauernbe gettlefen, fonbern ljabe feit S)Jcäq 1895 aufgeljört nbncf) fei aud) eine amtItc' le I (uf- forberung aur Unterftünung an bie . ?eimatgemeinbe augeftanbener: mallen gar nicf)t ergungen; baß :pri )'tteUnterftünung. gefuc' l batiere aubem )on 1893. C. mer ruaernifd)e ffi:egierungßrat beantragt I (bttletfung bCß ffiefurfe. , inbem er auf bie 1JJC0til.le feine. angefod)tenen nt: fc' leibeß )erttlei.6t unb u. a. noc' l bemerft, bie . )auptfrage ttleroe ttloljf bie fein, ob bie amHic' le f(ärung be.6 emeinbel'ateß IDCeggen, baB er feine Unterftünung beraoreic' le, im inne beß I (rt. 45, 3 bel' m.:5B. genügenb fei, 001l.1olj1 biefe rf ärung nic' lt auf eine bC3ügrtc' le amtHd)e I (ufforberung ljin erfofgte. muß munbe. geric' lt aieljt in rttlägung: emäu I (rt. 45, 3 m'"5B' faun bie 1ieberlaffung benjenigen ent30gen werben, ttlefd)e bauernb ber öffentItc' len '!"Bo9Itljätigfett aur 2aft fuUen unb beren . ?eimafgemeinbe oe3ttl. S)eimattanton eine angemeffene Unterftünung tro umtHc' ler Uhtfforberung nic' lt ge mäljrt. lftefurrentht mac' lt nun 3unäc' lft ljierort. gegen iljre u U.6: ttletjung geHenb, baß fie nur bie ?ffioljrtlittgfeit be freittltUigen I (rmeni)erein in 2uaern, eine rii)Qten eretnß, tn I (nfpruc' l genommen l)abe unb baljer bu El1equifit ber 3nanfprucf)nal)me ber ö tfentIi d) en ?ffioljUljätigfeit nicf)t )orIiege. 6ie'lj-t man nun (md) Mrltegenb bon biefer 1 rage gan ö ub (unter . ?iuttleiß attlur auf bie ntic' leibe in ac' len d)ttleiaer bom 25. rU 1894 unb 6üeU bom 27 mcöember 1895), jo ljut bocf) lftefurrerttiu im ttleitem be9auntet unb tft unoefiritten geblieben, bau biefe Unteritünung im IDfära 1895 aufgeljört ljat. Unter biefen Um" I. Niederlassung und Aufenthalt. No 67.
ftänben funn nic' lt ttlol) gefagt ttlerben, bau ffieturrentin bCtuernb unterftiint ttlorben fei, unb Hegt ba betreffenbe lftequifit ber l (ußttleiiung ntc' lt Mr. Sm ttleitern aber fte'l)t auc' l noc' l unlieftritten feft, ball eine amHtc' le I (ufforbenmg an bie . ?eimat: gemetnbe 5u angemeffener Unterftütmng ber lftet'urrentin, ttlte I (rt. 45 cit. fte )oric' lreiot, niemu1s ergangen tft, ielmeljr tft bie S)eimatgemeinbe nur auf rii)Cttem ?ffiege um Uuterftiinung angegungen ttlorben; biejeß rinate eiud funn nun bie amt" ficf)e I (ufforberung bes I (tt. 45 nic' lt erfenen. mie S)eimatge: metnbe lj,tt aubem fragItc' le efucf) attlai ubfc' lfägig befc' lieben; bugegen erfolgte bel' 6eaiiglic' le mefc' leib im ,3aljre 1893; bel'jeIbe genügt nUll nid)t, um bar3utuu, bab eine ungemeffene Unter: ftÜnUllg uuc' l im ,3aljre 1895 unb 1896 )erttleigert ttlerben ttlürbe. memnad) ljat ba munbeßgcl'id)t erfannt: mer lftefur ttlirb ar begrünbet erfliirt, unh ber gegen ffi:e: furrentin erlaHene l (u ttleifungnoefc' lfuf3 bemgemiiu uufgeljoben 67. Amnt du 13 juin 1896 dans la cmtse lampen. En date du 4 decembre 1895, le Departement de justice et police du eanton de Geneve a arrnte de ne pas aecorder l'autorisation de sejourner dans le canton a dame Anna Jampen, nee Rufer, Bernoise, attendu qu'elle avait eM con- damnee a reiterees fois pour vol, reeel et proxenetisme . Le 24 deeembre, le Conseil d'Etat, snr recours de l'interes- see, a maintenu cet arrnte. Dame Jampen a demande, en date du 24 janvier 1896, au Tribunal federal de revoquer ces decisions. Elle expose, dans son recours, qu'apres avoir habite Berne, elle s'est eta- bUe a Geneve, avec son fils .. en juillet 1895; qu'elle y a ob- tenu un permis d'etablissement et, le 27 novembre suivant, l'autorisation de ternr pension; que les condamnations ante- rieurement subies par elle, a Berne, sont de simple police et
364 A. Staatsrechtliche Entscheidnngen. L Abschnitt. Bundesverfassung. ne revetent nullement le caractere de delits graves au sens de l'art. 45 de la Constitution federale; enfin, que, depuis sou arrivee a Geneve, sa conduite n'a donne lieu a aucune plainte. Le Conseil d'Etat du canton de Geneve repondant a ce- recours, explique de la maniere suivante les mesures prises Jll'egard de dame Jampen: Les delits pour lesquels la recou- rante a ete condamnee a Berne sont des delits graves, au sens de l'art. 45 Constitution federale. TI ne s'agit nullement de contraventions de simple police, mais de delits prevus par le Code peDal. Peu importe qu'un permis d'etablissement ait eta delivre posterieurement a ees condamnations. On ne peut, en effet, exiger que les employes d'un departement aient pn3sents a la memoire les casiers judiciaires de tous ceux qui s'adressent a eux (voir arret du Tribunal federal, du 28 mars 1894, en la cause Haller contre Geneve). Dans une lettre du 8 mars 1896 au juge delegue, le Depar- tp,ment genevois de justice et police expose, en outre, ce qui suit: Dans Ia eause Haller, il a ete admis que le Gouverne- ment cantonal pouvait retirer un permis d'etablissement ae- corde par un employe subalterne qui ignorait les antecedents du titulaire, alors que le dit pennis aurait ete refuse si ces anteeedents eussent ete eonnus. Dans le eas de dame Jam- pen; il s'agit, en realite, d'un refus d'etablissement. Dame Jampen ayant produit un aete d'origine regulier, il etait im- possible de ne pas lui accorder le permis d'etablissement qu'elle sollicitait. Ce n'est que lorsqu'elle se mit a exercer le metier de logeuse que la police fut amenee a proceder a une enquete et eut connaissance de son casier judiciaire. Ainsi qu'il resulte de rapports de police, dame Jampen avait com- mence a louer des chambres ades femmes sans avoir regu d'autorisation a eet effet, et elle avait ehez elle une jeune fille qui est devenue la maitresse de son fils, Ernest Rufer. La Direction de police de Berne a fait savoir au juge deM- gue qu'aucun jugement n'avait entraine pour dame Jampen la perte des droits civiques, et que cette perte ne resultait pas non plus, par l'effet de la loi, de l'une ou l'autre des condamnations intervenues. If. Niederlasssung nnd Aufenthalt. N° 67.
En droit:
Le present recours appelle l'interpretation des alineas
et 3 de l'art. 45 de la Constitution federale, touchant le refus et le retrait d'etablissement pour eause de condamna- tions penales. Aux termes de ces dispositions, l'etablissement peut, ex- ceptionnellement, etre refuse a ceux qui, par suite d'un juge- ment penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques (al. 2); il peut, exceptionnellement, etre retire aces memes per- sonnes (al. 2) et, de plus, acelIes qui ont ete, a reitere es fois, punies pour delits graves (al. 3). 20 TI n'ya pas lieu de rechercher si l'expulsion de dame Jampen constitue un refus ou un retrait d'etablissement: soit dans l'une, soit dans l'autre hypothese, cette expulsion me- eonnait les regles de l'art. 45 precite.
D'une part, en effet, a la considerer comme refus, elle viole l'al. 2 de cet article puisque, selon rapport de la Di- reetion de police de Berne, la recourante n'a subi de de- cbeance de ses droits civiques a la suite d'aucune de ees condamnations. Les autoriMs genevoises n'avaient done pas le droit de refuser l'etablissement a dame Jampen.
D'autre part, si on admet que l'arrete du 4 decembre 1895 implique un retrait d'etablissement, il apparait egale- ment comme contraire a l'art. 45. En effet, outre que la re- courante jouit de ses droits civiques, elle n'a subi de con- damnations que dans le canton de Berne. On n'allegue, tout au moins aucune condamnation encourue dans eelui de Ge- , . neve. Or, d'apres l'interpretation donm'ie par les autontes federales a la disposition susmentionnee de l'al. 3, il faut, pour que le retrait soit fonde, que la personne .etablie se soit rendue coupable d'au moins un delit grave au lieu de son nouveau domicile et se trouve ainsi en etat de recidive par suite des condamnations precedemment encourues (voir Sa- lis, Dt'oit ederal su,isse, TI, 414). Dame Jampen ne pouvait donc se voir valablement retirer l'etablissement obtenu. 50 Quant aux faits mis a la charge de la recourante dans l'office du Departement genevois de justice et police, du
366 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. L Abschnitt. Bundesverfassung. 8 mars 1896, ils ne sauraient etre pris en consideration. En effet, ils ne sont pas mentionnes dans la decision du Conseil d'Etat et, a supposer meme qu'ils soient de nature ä la justi- fier, Hs ne peuvent etre eriges, apres coup, en motifs de l'arrete du 4 decembre 1895. Par ces motifs, Le Tribunal federal prononce: Le recours est declare fonde, et les arretes d'expulsion des 4 et 27 decembre 1895 so nt annules. III. Kompetenz des Bundesrates. -Competence du Conseil federal. 68. Arret du 10 juin 1896 dans la cause Conseil d'Etat du canton de Fribourg. Par son arnnte du 26 femer 1895, le Conseil d'Etat de Fribourg a fixe les elections pour le renouvellement integral des membres des conseils communaux de ce canton au di- manche 5 mai 1895, conformement a 111. loi fribourgeoise sur les communes et paroisses, du 19 mai 1894. Le 23 mars 1895, 111. direction de l'Interieur du canton de Fribourg publia les instructions concernant l'application de la representation proportionnelle aux elections des conseils communaux du 5 mai 1895, et les fit remettre aux communes. En ce qui concerne les formalites a remplir avant l'election, on y trouve reproduit, au chiffre 1 er, l'art. 20, 1 er alinea, de l'arrete du Conseil d'Etat du 26 fevrier, portant que les listes de candidats doivent etre deposees au secretariat, au plus tard le lundi 29 avril, a 3 heures apres-midi. Dans la commune de Romont les deux partis ou groupes d'electeurs presenterent a l'election des listes de neuf can- didats chacune, intitulees liste conservatrice et liste IH. Kompetenz des Bundesrates. N° 68.
independante . La liste conservatrice fut deposee au seCrE tariat communalle lundi 29 avril, ä 2 1/
henres de l'apres- midi, tandis que la liste independante le fut le meme jour a 4 heures 10 minutes du soir. Dans sa seance extraordinaire du 4 mai 1895, le Conseil communal, vu les art. 48 de la loi sur les communes et 20 de l'arrete du Conseil d'Etat du 26 fevrier 1895, decida par
voix contre 3 de considerer la liste independante comme non valable, parce qu'elle n'avait pas ete deposee en temps utile, et de ne pas l'afticher. Ensuite de cette decision, le secretariat communal omit l'afficbage public de cette liste. Apres le vote, qui eut lieu a Romont le 5 mai 1895, le bureau electoral declara nuls les suffrages obtenus par les candidats de la liste independante, et proclama elus les 9 candidats de la liste conservatrice. Agissant au nom de plusieurs membres du groupe des electeurs independants de ROlllont, l'avocat E. Bielmann a Fribonrg recourut, conformement a l'art. 37 de la loi sur les communes, an Conseil d'Etat du canton de Fribourg contre les operations electorales de la ville de Romont, concluant a leur annulation. Par son arret6 motive du 24 juin 1895, pris sur le vu d'un rapport du prefet de la Glaue, et communique aux recourants le 29 dit, le Conseil d'Etat ecarta ce re co urs comme mal fonde. Par memoires des 14, 15 et 16 juillet 1895, adresses au Conseil federal, 217 electeurs de Romont protestent contre l'entree en fonctions d'un conseil communal compose d'un seul parti, et dont plusieurs membres ne sont, selon les si- gnataires des dits memoires, pas regulierement elus. lls de- mandent que leurs droits politiques soient sauvegardes et que l'autorite federale ordonne tout au moins de nouvelles elections, afin de representer les interets de taute la popula tion. Par arreM du 7 mars 1896, le Conseil federal a prononce comme suit:
Le recours est declare fonde.