Accident insurance; causal link and burden of proof; notice of loss; concurrent illness; grave negligence. When a peremptory material proof of causation cannot be obtained, a sufficiently grounded probability may establish the causal link between accident and death (consid. 2). The insurer bears the risk of failing to disprove the judicially established probability or to prove another cause. A policy clause excluding cover because of illness cannot be construed to require the insured or heirs to prove in every case that the accident was the sole cause; by good faith, it is not enough to invoke any prior indisposition as a coverage bar. Late notice is not sanctioned where the heirs notify the insurer promptly after death and the alleged evidentiary prejudice is not attributable to them. Grave negligence requires proof of culpable conduct beyond mere strenuous work in the circumstances (consid. 3-5).
286 A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz. 6. 6tent i omit feit, baü untet ben oumaHenben Umft1inben bilß 6tilIfd)meigen beß lBet(agten auf ben lBeftätigungßutief beß (ägerß l)on biefem im 6inne be inl)erftänbniffeß mit ber ftreitigen lBeftelIul1g aufgefitf3t roetben muüte, ;0 bleibt nut non) 3u unteri ud)en, ob bie m(mgefnbe enntniß be lBeffagten bon jenem eita.tigungnfd)ret6en ber ffi:e(el.lan3 feine 6tiaid)metgen entgegenfte'ge. 5Ua inbeffen baß me'9rerrolinnte lBeitlitigungnfd)reiUen unbeftrittenermanen an bie %tbrefie beß lBefIagten aufgegeben wor ben war, im efcf)iiftßlota beßfeluen eingetroffen tit unb betfeluit l)om 60 n unb %tngefteiiten beß lBef(agten in ul'pfang genommen wllrbc, f 0 fann fid) ber lBef agte nid)t batallf berufen, DaB cr ben ,3n'(la t beßfelben ntd)t gefannt '(labe. 5Uenn eß tit 6adje beß efd)äftßinfjctuerß, bafür 3U iorgen, baf3 efdjäftß6riefe, bie in feinem efd)iiftßlofa abgegeuen werben, n feiner eigenen ,reenntniß ober bod) 3ur . tenntni einer q3erfon gelangen, roeId)e au beren ,öffnung joroie au beren lBecmtwortung ober 9cid)tueantmortung ge9örig be .lolImäd)tigt ift. ,jm .lorltegenben alIe iit llnbeftritien, baf3 ber 60'(ln rnft, we(d)er ben eftlittgungnorief beß . tläger in mnfang genommen, geIeien unb tuuri3iert '(lat, '(lic3u bCl)oU mäd)tigt mar. ?märe er eß aber aud) nid)t gewefen, fo würbe, mie ueteit angebeutet, fd)on ber Umftanb genügen, bau ber k treffenbe lBtief im efd)äft (ofa be lBef agten Ilugegeben unb )on einer ber q30ft gegenüber aur ntgegenna'(lme legitimierten q3er on in mvfang gt'nommen morten ift. 5Uie e 0:m:pfangnll'(lme 1ft bem !Benagten, nJie jebe mnfllngnanme, alß . tenntnißU(tnme unaured)nen ( )ergL ntfd). b. mDS) 23 9"a. 25 6. 75), unb 3mar fann er IlUd) nid)t etma aum egenbewei "uge aifen merben, baf3 er trot bem mVTang beß riefe l)on biefem feine . tenntni er'(lalten '(labe, belln er mu '; fid) fein met' a(ten ja nid)t IlUß bem runbe al ?miUennäuf3erung anred)nen (airen, roeH baruu auf feinen in t er n en milIen gejcf)(offen würbe, foltbem beßfja 6, meH Cß barallf antommt, wa fid) nad) ber 0:rfanrung beß ?Serfe'(lr au feinem mernalten aiß ?miUen äu 13 eru n gergibt, m. a. ?m. auf wa ber egenfontra'(lent )ernünftigerUletfe bauen muate. 5UaU bte ber 6tanb:punft beß fd)roeiaetifd)en Db(igationenred)te tft, ergt6t fief) beutfid) au befien %trt. 1; eine 5Uinfrenan3 ömtfef)en 'illiUe unb ?miUeußäu13erung roirb nur aUßna'(lm l)eife, JO nament 1II. Obligationen recht. N0 40.
Hcf) im aUe be "mefentrief)en ,jrrtumnlI, unb übrigen aud) bll nur unter geluiffen . tauMen (f. %tri. 23 Dffi:) oerüdfid)tigt. tn fofd)er ußmtl)mefaU liegt aber 91er nid)t .lor. 5Uemnadj 9at ba lBunbeßgerief)t erfannt: ie !Berufung bCß ef agten mirb abgemiefen unb ba Urteil be S)anbelngerid)tß beß . tllnton arg( U bom 25. ,Januar 1906 beftätigt. 40. Arret dull ma.i 1906, dans la cause 'l'eutonia, def. et rec., contre Ialtenrieder, dem. et int. Assuranca-accidant. -Notion da l'accident. Rapport de causalite entre l'accident et la mort; fardeau de 1a preuve. La orobabilite suffit pou!' etabUr 1e rapport de causalite. Constata- iion de fait. -Avis donne tardivement u l'assureur. -Maladie consideree comme cause concomitante da la mort. -Pretendue negligence grave de l'accuse. A. -Le 22 aoilt 1896 Gottlieb Kaltenrieder, agriculteur, alors a Ohietres, a conclu un contrat d'assurance contre Ies accidents aupres de La Teutonia a Leipzig; cette sodete devait, en cas de mort par accident, payer a ses heritiers la somme de 6000 francs. B. -Le 5 aout 1904 Gottlieb Kaltenrieder, qui avait transporte son domicile a Estavayer-Ie-Lac, etait occupe a -charger sur son char des sacs de ciment; au cours de cette operation, il fut victime d'un accident et mourut, le lende- main 6 aout, vers la fin de l'apres-midi. L'arret dont est recours expose ainsi cet evenement: Il n' est pas douteux ( ue la cause de la mort de Kaltenrieder provient du choc qu'il reliut en chargeant les sacs de ciment, le 5 aout 1904. Il est etabli, en effet, qu'a un moment donne, occupe a porter des sacs de ciment de 50 kg., du magasin Gattoni a son char, Kaltenrieder laissa echapper un sac qui lui tomba contre le ventre; que, immediatement, il se plaignait de douleurs au ventre dut s'asseoir et cesser son travail; et qu'enfin ayant ,
288 A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz. youlu, sur les conseils de dame Gattoni, entrer dans Ia maison, il tomba sur les marches de l'escalier sans pouvoir se reiever.
C. -Par citation du 8 octobre 1904, les heritiers de Gottlieb Kaltenrieder ont ouvert action a La Teutonia et conclu a ce qu'elle soit coudamnee a leur payer l'indemnite d'assurance de 6000 francs a Ia suite de l'accident survenu le 5 aout et suivi de mort le 6 aout 1904. La societe d'assurance conclut a liberation, se basant, en resume, sur les motifs suivants: Le (leces n'est pas du a une violence exterieure, soudaine, physique, independante de Ia yolonte du navre comme l'exige Ie 1 de Ia police, il n'en existe pas meme un indice. -Dans l'hypothese la plus favo- rable, la legion interieure serait la consequence des efforts subjectifs, prolonges de Kaltenrieder pour lever et charger des sacs de 50 kg; Ia societe u'en est pas respousable.- L'hypothese Ia plus vraisemblable est celle indiquee par Ie medecin Ducotterd: Kaltenrieder souffrait d'un abces ou d'un ulcere intestinal, les efforts faits par lui le 5 aout out fait crever cet abces ou ont determine une hemorragie qui a entraine la mort. -Dans tous les cas Kaltenrieder avait juge necessaire de consulter un medecin deux jours plus tot et avait ete averti par lui j il a commis une imprudence ou une negligence grave en procedant au chargement de ces sacs j a ce point de vue encore Ia compagnie d'assurance est liberee. -Enfin, Ia tardivete et Ia defectuosite des avis donnes par les beritiers a La Teutonia ont empecM celle-ci d'user du droit de requerir l'autopsie qui seule pouvait de- terminer d'une maniere certaine Ia cause de Ia mort. D. -Le Tribuual civil de l'arrondissement de Ia Sarine r par jugement du 4 juillet 1905, puis le Tribunal cantonal du cant on de Fribourg, par la sentence confirmative du 27 no- vembre 1905 dont est recours, ont admis les conclusions des hous demandeurs et ecarte celles de Ia compagnie. E. -O'est contre le jugement du Tribunal cantonal que Ia societe defenderesse a declare recourir en reforme au Tribunal federal et reprendre devant lui ses conclusions liberatoires. III. Obligationenrecht. N0 40. 289 Statuant sur ces faits et considerant en droit :
290 A. Entscheidungen des Bundesgerichts als oberster Zivilgerichtsinstanz. C'est aux demandeurs qu'incombe la charge de rapporter la preuve du rapport de causalite entre l'accident et la mort de l'assure. Le Tribunal cantonal de Fribourg a declare, avec raison, qu'il n'est pas indispensable de savoir quelle est la nature et le terme specifique de la lesion survenue (ouverture d'un abces, rupture d'un ulcere ou dechirement des intestins) et il se borne a constater que c'est la chute du sac qui a ete la cause de cette lesion mortelle quelle qu'elle soit. Cette affirmation ne peut, il est vrai, s'appuyer que sur des pro- babilites; ces probabilites decoulent de Ia simultaneite de Ia chute du sac et des douleurs violentes ressenties par Kalten rieder, de Ia declaration du Dr Thürler, medecin traitant, ainsi formulee: probablement rupture de l'intestin par force mecanique exterieure , et, enfin, (le Ia declaration des experts qui ont dit: rien ne s'oppose a l'exactitude de Ia constatation medicale du Dr Thürler qui du reste n'avance qu'une probabilite. -Or, ainsi que, d'accord avec la doc-- trine (voir Ehrenberg, Versicherungsrecht Bd. I 1893, p. 426) le Tribuual federal l'a deja prononce (voir arrets 13 octobre 1894, Basler Lebensversicherungsgesellschaft c. Haller, RO 20, p. 937, eonsid. 6; 30 mars 1899, Schweiz. Unfallversiche rungs-Aktiengesellschaft in Winterthur e. Voneseh, RO 25 H, p. 162), dans Ies eas Oll il n'est pas possible d'apporter une preuve materielle peremptoire, Ia probabilite suffit pour eta- blir le rapport de causalite. -C'est en vertu de ce prineipe que le Tribunal cantonal de Fribourg a admis que e' est la chute du sac de eiment sur Ie ventre de Kaltenrieder qui a eause la peritonite foudroyante dont il est mort. C'est la une eonstatation de fait qui, pour autant qu'elle n'est pas en eontradiction avee Ies pieces du proces, lie Ie Tribunal fede- ral. -En admettant cette solution, en opposition a la pro- babilite emise par Ia compagnie, c'est-a-dire que la peritonite anrait ete Ia consequence de l'ouverture d'un ulcere ensuite d'effort, independamment de Ia chute du sac, le tribuual cantonal a agi dans Ia limite de Ia liberte d'appreciation dont tout juge dispose. Cette constatation de fait Hant le Tribunal federal et devant 1II. Obligationenrecht. N° 40.
etre consideree comme Ia solution la plus normale, puisqu'elle est conforme aux avis du medecin traitant (voir Ehrenberg loe. eil. et p. 429), e'est a l'assureur qu'il appartenait de prouver Ia faussete de cette probabilite et I'existence d'une autre cause de deces. TI est vrai que les experts ont deelare qu'il est possible que l'effort fait par un homme qui trans. porte des saes de eiment de 50 kg. provoque la rupture d'ulceres intestinaux dont il souffrirait; mais eneore aurait-il faUu etablir que le defunt avait des uleeres. Le D' Ducotterd , sur les declarations duquel la compagnie recourante appuie sa defense, a declare qu'il avait vu Kaltenrieder le 1 er aout qu'il avait ete tres perplexe sur le diagnostic, qu'il hesitait entre une gastrite chronique et une gastrite uicereuse, qu'il avait prescrit ä Kaltenrieder un traitement et Iui avait dit de revenir dans trois jours. Eu presenee d'une deposition pareille, il ne peut s'agir que ß'une hypothese, 01' une supposition n'equivaut pas a une preuve, et Ie Tribunal federal n'a pas a modifiel' Ia constatation de fait de l'instance cantonale. R. -TI est vrai que Ia compagnie recourante allegne que si Ia preuve peremptoire de l'etat de sante de l'assure au moment de I'accident et de son rapport avec le deces, n'a pas e16 rapportee, c'est que les heritiers de Kaltenrieder n'ont pas respecte Ies clauses de Ia police en ce qui concerne les delais d'avis et que la compagnie a ete informee trop tard du deces, pour qu'il put etre procede a l'autopsie, seul moyen de preuve permettant d'etablir surement Ia cause de la mort. C'est a bon droit que l'instance cantonale a admis que, Ia gravite du mal de l'assure n'ayant ete diagnostiquee que le
aout dans Ia matinee, le deces etant survenu dans la soiree et l'avisNant eta donne le jour suivant, Ies hoirs deman- deurs ont""rempli leurs obligations. On ne saurait leul' faire un reproche d'avoir ignore qu'ils devaient adressel' l'avis de deces a un autre agent de la societe que l'agent habituel, alors qu'ils ne pouvaieut Ie savoir, ni de ce que cet agent avait de fausses indications au sujet du domicile de Kalten-
bilite de Ia compagnie-assureur. Ce serait enerver les contrats IIl. Obligationenrecht. N° 40. d'assurance - accident que de vouloir imposer, dans chaque cas, a l'assure ou a ses ayants droit, la preuve que l'accident est seul cause du dommage. Ainsi que le Tribunal federal l'a juge, admettre toute infirmite, au sens scientifique du terme, comme une cause de decheance a teneur du contrat, equivaudrait a frustrel' la pl'esque universalite des souscrip- teurs de polices des bienfaits de l'assurance, puisqu'il n'existe peut-etre aucun individu chez lequel on ne puisse constater, a un degre quelconque, un principe morbide ou une imper- fection organique, qui empeche de le considerer comme en possession de Ia plenitude de Ia sante, dans le sens ideal et absolu. (Trib. fed. La Preservatrice c. Chamorel, RO 24, II, p. 772 consid. 2.) 5. -La compagnie pretend enfin tirer un moyen libera- toire du fait que Kaltenrieder aurait commis une negligence grave en se livrant au travail de chargement de sacs de ciment de 50 kg., malgre les menagements que le docteur Ducotterd lui avait ordonnes. Il suffit de remarquer a cet egard, d'une part, que le medecin declare lui-meme n'avoir pade a Kaltenrieder que de mauvaise gastrite sans faire mention d'ulceres, d'autre part que les experts, appeIes a repondre a Ia question de savoir si une personne atteinte d'une afiection intestinale, si meme elle n'est pas encore exactement determinee, ne commet pas une grave impru- dence en se livrant ades travaux tels que Ie chargement et le dechargement de sacs de ciment de 50 kg., ont declare qne certaines affections intestinales permettent des travaux penibles sans etre aggravees pour cela. Ce moyen liMratoire doit donc etre ecarte comme les precedents, une negligence grave ne pouvant etre mise ä. Ia eh arge de l'assure. Par ces mo tifs. Le Tribunal federal prononce: Le recours est ecarte.