Présidence deM.C O L O M B I N I , président
Juges:Mmes Kühnlein et Crittin Dayen
Greffière:Mme Vuagniaux
Art. 53 al. 1 CPC ; 29 al. 3 Cst.
Statuant à huis clos sur l’appel interjeté par F., à
Châtel-St-Denis, défenderesse, contre le prononcé rendu le 18 février
2014 par la Chambre patrimoniale cantonale dans la cause divisant
l’appelante d’avec A.G., à Paris, demanderesse, la Cour d’appel
civile du Tribunal cantonal voit :
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E n f a i t :
A.Par prononcé du 18 février 2014, la Chambre patrimoniale
cantonale a déclaré recevable la demande du 25 février 2013 formée par
A.G.________ contre F.________ (I), dit que les frais judiciaires, arrêtés à 900
fr., sont mis à la charge de la défenderesse F.________ (II) et dit que la
défenderesse versera à la demanderesse la somme de 300 fr. à titre de
dépens (III).
En droit, les premiers juges ont retenu que l’allégation selon
laquelle la valeur litigieuse serait supérieure à 100'000 fr. apparaissait
plausible, de sorte que l’action ouverte par A.G.________ contre F.________
devait être déclarée recevable.
B.Par acte du 21 mars 2014, F.________ a fait appel de ce
prononcé en concluant, sous suite de frais et dépens, principalement à son
annulation, le dossier étant renvoyé à l’autorité compétente pour nouvelle
décision dans le sens des considérants, subsidiairement à sa réforme en
ce sens que les frais de la décision sont laissés à la charge de l’Etat,
aucuns dépens n’étant dus.
Dans sa réponse du 13 mai 2014, assortie d’une demande
d’assistance judiciaire, A.G.________ a conclu au rejet de l’appel.
F.________ a déposé une réplique spontanée le 19 mai 2014.
C.La Cour d'appel civile retient les faits suivants, sur la base du
jugement complété par les pièces du dossier :
1.X., née le [...] 1913, célibataire, sans enfant, est
décédée le [...] 2009, à Lausanne.
2.Par testament olographe du 17 novembre 2004, homologué
par le Juge de paix du district de Lausanne le 15 septembre 2009, feu
X. a institué héritier de tous ses biens son cousin A.W.________ et,
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3 -
en cas de prédécès de celui-ci, ses enfants B.W., C.W. et
D.W., à parts égales entre eux. A.W. est décédé en 2007.
Par testament olographe du 21 février 2009, rédigé en [...],
traduit et homologué par le Juge de paix du district de Lausanne le 26
janvier 2010, feu X.________ a révoqué les testaments précédents et
institué pour légataire universelle F..
Par testament olographe du 28 février 2009, homologué par le
Juge de paix du district de Lausanne le 16 mars 2010, feu X. a
annulé tous ses testaments antérieurs et institué pour héritier
B.G..
Deux autres documents olographes, intitulés chacun
« testament » et non homologués, ont été rédigés en [...] les 25 janvier
2009 et 11 février 2009.
3.B.W., C.W., D.W. se sont opposés aux
testaments des 21 et 28 février 2009. F.________ s’est opposée au
testament du 28 février 2009.
4.Lors de l’audience du 11 mai 2010, la Juge de paix du district
de Lausanne a rendu les opposants attentifs au délai d’une année pour
ouvrir action afin de faire valoir leurs droits, la délivrance du certificat
d’héritier étant suspendue dans l’intervalle.
5.Le 13 décembre 2011, A.G., sœur de B.G.,
s’est opposée aux trois testaments.
6.Le 25 février 2013, A.G.________ a ouvert trois actions
distinctes devant la Chambre patrimoniale cantonale à l’encontre de
B.G.________ et la fratrie B.W., C.W. et D.W.________,
contestant les trois testaments homologués par le Juge de paix du district
de Lausanne et concluant à leur annulation, subsidiairement à leur nullité.
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4 -
7.Par courrier du 15 mai 2013, le Juge délégué de la Chambre
patrimoniale cantonale a imparti aux parties un délai pour se déterminer
sur la possibilité de joindre les trois causes.
Par lettre du 14 juin 2013, F.________ a requis une prolongation
de délai pour se déterminer. Elle a exposé qu’outre les importants doutes
quant à la compétence la Chambre patrimoniale eu égard à la valeur
litigieuse alléguée par la demanderesse, certains points devaient encore
être analysés en vue de la potentielle jonction de causes. Référence était
notamment faite à la procédure qu’elle avait ouverte devant la Justice de
paix du district de Lausanne le 25 mars 2011 à l’encontre de B.G.,
portant également sur la validité du testament du 28 février 2009, ce qui
pouvait poser des questions de litispendance.
Par courrier du 16 août 2013, F. s’en est remise à
justice s’agissant de l’opportunité de joindre les trois causes. En cas de
jonction des causes, elle demandait toutefois que la question de la
litispendance des conclusions prises par A.G.________ à l’encontre de son
frère B.G.________ soit instruite préalablement, compte tenu de l’action en
annulation, respectivement en nullité de testament qu’elle avait ouverte
auprès de la Justice de paix à l’encontre de B.G..
Par lettre du 26 août 2013, A.G. a fait valoir que la
Justice de paix n’était pas compétente pour traiter de la cause au vu des
montants très importants réellement en jeu, que cette autorité devait se
dessaisir en faveur de la Chambre patrimoniale cantonale et que la
jonction des trois causes apparaissait opportune.
Par courrier du 5 septembre 2013, F.________ a exposé qu’elle
n’était pas en mesure d’apprécier le fondement de la valeur litigieuse
alléguée, respectivement des importants avoirs successoraux qui seraient
détenus en Pologne, et qu’il lui semblait indispensable que des éléments
soient produits par A.G.________ afin d’attester ses dires. Elle a ajouté
qu’au stade de l’analyse de la jonction de causes et de la litispendance
existante, les développements quant à la valeur litigieuse pouvaient être
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laissés en suspens, dès lors que seule devait être examinée l’existence ou
non d’une procédure antérieure à la présente.
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E n d r o i t :
1.L’appel est dirigé contre un prononcé préalable déclarant la
demande recevable, soit une décision incidente au sens de l’art. 237 al. 1
CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272), dès lors
qu’une décision contraire de l’instance d’appel mettrait fin au procès et
permettrait de réaliser une économie de temps ou de frais appréciable. La
valeur litigieuse étant supérieure à 10’000 fr., la voie de l’appel est
ouverte (art. 308 al. 1 let. a et 308 al. 2 CPC).
2.Sauf sur la question des frais, l’appelante a pris des
conclusions en annulation.
Compte tenu du fait que l’appel ordinaire a un effet
réformatoire, l’appelante ne saurait – sous peine d’irrecevabilité – se
limiter à conclure à l’annulation de la décision attaquée, mais doit au
contraire prendre des conclusions au fond permettant à l’instance d’appel
de statuer à nouveau (Jeandin, CPC commenté, Bâle 2011, n. 4 ad art. 311
CPC ; Reetz/Theiler, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung
(ZPO Kommentar), 2
e
éd., 2013, n. 34 ad art. 311 CPC). Une conclusion en
annulation liée à une conclusion en renvoi de la cause à l’autorité
précédente peut tout au plus entrer en ligne de compte lorsque l’autorité
d’appel ne pourrait décider elle-même et devrait renvoyer la cause au
premier juge, soit qu’un élément essentiel de la demande n’a pas été jugé,
soit que l’état de fait doit être complété sur des points essentiels
(Hungerbühler, Schweizerische Zivilprozessordnung, DIKE Kommentar,
2011, n. 17 ad art. 311 CPC). Au demeurant, il ne peut être remédié à des
conclusions déficientes par l’octroi d’un délai pour guérir le vice au sens
de l’art. 132 CPC (Jeandin, op. cit., n. 5 ad art. 312 CPC ; Juge délégué
CACI 1
er
novembre 2011/329, JT 2012 III 23).
Des conclusions en annulation peuvent de manière générale
être suffisantes lorsque l’affaire n’est pas en état d’être jugée sur le fond,
ainsi lorsqu’un vice formel est invoqué, telle une violation du droit d’être
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entendu non guérissable en appel (Kunz, ZPO-Rechtsmittel, Bâle 2013, n.
71 ad art. 311 CPC).
En l’espèce, l’appelante se prévaut de tels vices formels, de
sorte qu’il y a lieu d’entrer en matière.
Par ailleurs, l’appel est également recevable en ce qui
concerne les conclusions subsidiaires relatives aux frais, dès lors que la
partie qui conteste d’une part certains points concernant le fond et d’autre
part le montant et la répartition des frais devra le faire par un appel et
dans un acte unique (Tappy, CPC commenté, Bâle 2011, n. 4 ad art. 110
CPC).
3.L’appelante fait valoir que le juge a statué ultra petita et a
violé le droit d’être entendu des parties, en se prononçant à ce stade sur
la recevabilité de la demande de A.G.________ à son encontre. Elle relève
que seule la question de la jonction des trois procédures se posait devant
les premiers juges.
En l’espèce, il apparaît que l’objet de la procédure incidente
concernait uniquement la question de la jonction des procédures en
annulation, respectivement en nullité de testament ouvertes par
A.G.________ contre l’appelante, B.G.________ et la fratrie B.W.,
C.W. et D.W.________. Les questions de litispendance et de valeur
litigieuse n’ont été évoquées qu’informellement par l’appelante et
seulement dans la perspective où la jonction serait prononcée, l’appelante
précisant expressément qu’à ce stade, la question de la valeur litigieuse
pouvait rester en suspens. De toute manière, la question de la
litispendance (partielle) ne pouvait se poser que dans la mesure où la
jonction était prononcée et ne pouvait l’être en l’absence de jonction,
faute d’identité des parties.
L’appelante n’a jamais pris à ce stade – soit avant la jonction
qui n’a à ce jour pas été prononcée et sur laquelle elle s’est remise à
justice – de conclusion tendant à l’irrecevabilité de la demande pour cause
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de litispendance (partielle), ni pour incompétence ratione valoris du
tribunal.
Certes, le tribunal examine d’office si les conditions de la
recevabilité sont remplies au sens de l’art. 60 CPC. Lorsque le tribunal
envisage de rendre une décision relative à la recevabilité, en dehors de
toute conclusion des parties, il lui incombe, afin de respecter leur droit
d’être entendues au sens de l’art. 29 al. 3 Cst. (Constitution fédérale de la
Confédération suisse du 18 avril 1999 ; RS 101), respectivement de l’art.
53 CPC, de les en informer au préalable et de leur donner un délai pour se
déterminer (Auer/Malinverni/Hottelier, Droit constitutionnel suisse, vol. II,
3
e
éd., Berne, 2013, nn. 1335 ss pp. 610 ss et réf.). La jurisprudence
admet à certaines conditions la possibilité de réparer après coup une
violation du droit d’être entendu, en particulier lorsque l’autorité
supérieure dispose d’un plein pouvoir d’examen, après avoir donné à la
partie lésée la possibilité d’exercer effectivement son droit d’être
entendue. Une telle guérison est cependant exclue en cas de violation
grave des droits des parties et doit demeurer exceptionnelle (TF
2P.121/2004 du 16 septembre 2004 ; ATF 126 1 68 c. 2). En l’espèce, les
premiers juges se sont contentés d’interpeller les parties sur la question
de la jonction de cause, puis de fixer à celles-ci un délai pour se
déterminer sur les écritures de l’autre sans jamais les informer qu’ils
envisageaient de se prononcer sur la recevabilité. Le prononcé doit dès
lors être annulé.
Après examen à titre préjudiciel des questions de
litispendance (partielle) et de compétence, notamment au regard de l’art.
90 CPC, il appartiendra aux premiers juges d’apprécier si une jonction de
cause est de nature à simplifier le procès, dès lors qu’il s’agit d’éviter
qu’une disjonction de cause soit ultérieurement prononcée. Il est par
ailleurs rappelé qu’en droit vaudois, les règles de compétence ratione
valoris – à l’exception de celle du juge de paix – sont de nature dispositive,
de sorte que le juge doit renoncer à prononcer l’irrecevabilité pour cause
d’incompétence ratione valoris si le défendeur procède sans faire de
réserve (JT 2013 III 112).
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4.L’appelante fait enfin valoir que les frais de première instance
doivent être laissés à la charge de l’Etat, aucuns dépens n’étant dus.
Selon l’art. 52 TFJC (tarif des frais judiciaires en matière civile
du 28 septembre 2010 ; RSV 270.11.5), il n’est pas perçu de frais de
décision sur incident lorsque le juge agit d’office, comme en l’espèce.
D’autre part, les parties n’ayant pris aucune conclusion formelle sur la
question de la recevabilité, on ne saurait considérer qu’il y a une partie
succombante. Il n’y avait donc pas lieu à allocation de dépens.
5.Il résulte de ce qui précède que l’appel doit être admis et le
prononcé entrepris annulé, la cause étant renvoyée à la Chambre
patrimoniale cantonale pour nouvelle décision dans le sens des
considérants.
La requête d’assistance judiciaire de A.G.________ est admise
pour la procédure d'appel avec effet au 13 mai 2014, sous forme
d'exonération des frais judiciaires et de l'assistance d'un avocat d'office en
la personne de Me Violaine Jaccottet Sherif. A.G.________ est astreinte à
payer une franchise mensuelle de 50 fr., dès et y compris le 1
er
juillet
2014, à verser auprès du Service juridique et législatif, à Lausanne.
Les frais judiciaires, arrêtés à 600 fr. (art. 62 al. 1 TFJC) pour
l’intimée, sont laissés à la charge de l’Etat, dès lors que celle-ci est au
bénéfice de l’assistance judiciaire (art. 122 al. 1 let. b CPC).
Les trois heures de travail annoncées par Me Violaine Jaccottet
Sherif, conseil d’office de l’intimée, sont admises. Au tarif horaire de 180
fr. (art. 2 al. 1 let. a RAJ [règlement du 7 décembre 2010 sur l'assistance
judiciaire en matière civile ; RSV 211.02.3]), l’indemnité est arrêtée à 586
fr. 20 (540 fr., plus 46 fr. 20 de TVA au taux de 8 %) et les débours à 5 fr.
40 (5 fr., plus 40 centimes de TVA), soit au total à 592 fr. arrondis.
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La bénéficiaire de l’assistance judiciaire est, dans la mesure de
l’art. 123 CPC, tenue au remboursement des frais judiciaires et de
l’indemnité à son conseil d’office mis à la charge de I’Etat.
L’intimée doit verser à l’appelante la somme de 1'500 fr. (art.
7 al. 1 TDC [tarif du 23 novembre 2010 des dépens en matière civile ; RSV
270.11.6]) à titre de dépens de deuxième instance.
Par ces motifs,
la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal,
statuant à huis clos,
p r o n o n c e :
I. L’appel est admis.
II. Le prononcé est annulé, la cause étant renvoyée à la Chambre
patrimoniale cantonale pour nouvelle décision dans le sens des
considérants.
III. La requête d’assistance judiciaire de l’intimée A.G.________ est
admise pour la procédure d’appel, l’assistance judiciaire étant
accordée dans la mesure suivante : exonération des frais
judiciaires et assistance d’office d’un avocat en la personne de
Me Violaine Jaccottet Sherif, l’intimée étant astreinte à payer
une franchise mensuelle de 50 fr. (cinquante francs) dès et y
compris le 1
er
juillet 2014, à verser auprès du Service juridique
et législatif, case postale, à 1014 Lausanne.
IV. Les frais judiciaires de deuxième instance, arrêtés à 600 fr. (six
cents francs) pour l’intimée sont laissés à la charge de l’Etat.
V. L’indemnité d’office de Me Jaccottet Sherif, conseil de
l’intimée, est arrêtée à 592 fr. (cinq cent nonante-deux francs),
TVA et débours compris.
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VI. La bénéficiaire de l’assistance judiciaire est, dans la mesure de
l’art. 123 CPC, tenue au remboursement des frais judiciaires et
de l’indemnité au conseil d’office mis à la charge de l’Etat.
VII. L’intimée A.G.________ doit verser à l’appelante F.________ la
somme de 1'500 fr. (mille cinq cents francs) à titre de dépens
de deuxième instance.
VIII. L'arrêt motivé est exécutoire.
Le président : La greffière :
Du 17 juin 2014
Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué par écrit
aux intéressés.
La greffière :
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :
-Me Tony Donnet-Monay (pour F.)
-Me Violaine Jaccottet Sherif (pour A.G.)
La Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est de
100’000 francs.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin
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2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires
pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur
litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de
droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la
contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF).
Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les
trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).
Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :
-Chambre patrimoniale cantonale
La greffière :