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TRIBUNAL CANTONAL
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PE10.008294-XCR/JLA
J U G E M E N T D E L A C O U R D ’ A P P E L P E N A L E
Audience du 25 avril 2012
Présidence de MmeB E N D A N I
Juges:MM. Sauterel et Colelough
Greffière:MmeRouiller
Parties à la présente cause :
Z., prévenu, assisté par Me Véronique Fontana, avocate de choix, à
Lausanne, appelant,
et
X., plaignante, assistée par Me Stéphanie Cacciatore, avocate de
choix, à Lausanne, intimée,
Ministère public, représenté par le procureur du Ministère public de
l'arrondissement de La Côte.
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8 -
La cour d'appel pénale considère :
E n f a i t :
A.Par jugement du 15 décembre 2011, le Tribunal de police de
l’arrondissement de La Côte a constaté que Z.________ s'est rendu
coupable de diffamation (I), condamné Z.________ à la peine de trente
jours-amende, le montant du jour-amende étant fixé à 50 fr. (cinquante
francs) (II), suspendu l'exécution de la peine et imparti au condamné un
délai d'épreuve de deux ans (III), condamné Z.________ à une amende de
750 fr. (sept cent cinquante francs) et dit qu'à défaut de paiement de
l'amende, la peine privative de liberté de substitution sera de quinze jours
(IV), dit que Z.________ est le débiteur d'X.________ de la somme de 1'000
fr. (mille francs), avec intérêts à 5 % l'an dès le 1
er
avril 2010 au titre de
réparation du tort moral (V), alloué à X.________ un montant de 2'500 fr.
(deux mille cinq cents francs) au titre de dépens pénaux (VI) et mis les
frais de procédure, arrêtés à 1'800 fr. (mille huit cents francs), à la charge
de Z.________ (VII).
B.Par actes des 23 décembre 2011 et 24 janvier 2012,
Z.________ a interjeté appel contre ce jugement, dont il a requis qu'il soit
réformé en ce sens qu'il est libéré du chef d'inculpation de diffamation, les
chiffres II à VII du dispositif étant, pour le surplus, annulés.
Interpellé, le Ministère public a renoncé à présenter une
demande de non-entrée en matière ou de déclarer un appel-joint.
Le 6 mars 2012, les parties ont été informées de la
composition de la cour et citées à comparaître.
Par pli du 12 mars 2012, le Ministère public a renoncé à
comparaître à l'audience fixée, ainsi qu'à déposer des conclusions
motivées.
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Une audience s'est tenue le 25 avril 2012, au cours de laquelle
l'appelant et la plaignante ont été entendus.
C.Les faits retenus sont les suivants :
- Z.________ est né le 24 novembre 1975 en Italie. Au terme de
sa scolarité secondaire effectuée au collège de la [...], il a débuté un
apprentissage de boulanger-pâtissier, formation qu'il a abandonnée au
bout d'un an et demi. A la date du jugement de première instance, il
exerçait la profession de chauffeur pour le compte des [...] et réalisait un
salaire mensuel net de 5'000 fr. A ce jour, Z.________ est incapable de
travailler en raison d'une dépression, et reçoit des indemnités journalières
pour un total de 4'780 fr. nets par mois. Il paie un loyer mensuel
de 1'300 fr. et ses primes d'assurance-maladie s'élèvent à 375 fr. par
mois. Il verse encore 650 fr. chaque mois au Bureau de recouvrement et
d'avances des pensions alimentaires (BRAPA).
2.Entre le 12 juillet 2010 et le 25 août 2010, Z.________ a adressé
plusieurs courriers aux services sociaux, dans lesquels il affirmait, en bref,
que son ex-concubine, X., profitait du système social. Il a
notamment écrit que cette dernière travaillait au noir et qu'elle voulait se
séparer de lui pour pouvoir bénéficier d'un appartement pris en charge par
les services sociaux (P. 13, 29/2 et 29/3). Ces écrits de Z. ont
provoqué l’ouverture d’une enquête administrative à l’encontre
d’X.________ et la suspension momentanée des prestations. L’enquête n'a
pas abouti à des éléments permettant de remettre en cause le droit au
revenu d'insertion (RI) d'X.. Z. a agi de la sorte après que
sa compagne l’avait quitté, principalement pour dire du mal d'elle.
X.________ a déposé plainte le 30 novembre 2010 et s'est
constituée partie civile le 28 février 2011 en concluant à l'allocation d'un
montant de 1'000 fr. plus intérêts dès le 1
er
avril 2010 pour tort moral.
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Pour ces faits, Z.________ a été reconnu coupable de
diffamation au sens de l'art. 173 CP, et condamné (cf. supra, A).
E n d r o i t :
1.1 Interjeté dans les formes et délais légaux (cf. art. 399 CPP)
contre le jugement d’un tribunal de première instance ayant clos la
procédure (art. 398 al. 1 CPP), l’appel est recevable.
1.2 Aux termes de l’art. 398 CPP, la juridiction d’appel jouit d’un
plein pouvoir d’examen sur tous les points attaqués du jugement (al. 2).
L’appel peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus
du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié, pour
constatation incomplète ou erronée des faits et pour inopportunité (al. 3).
2.Invoquant une violation de l’art. 173 CP, l’appelant soutient
avoir apporté les preuves libératoires de la vérité et de la bonne foi. Il nie
avoir agi pour se venger de la plaignante et fait derechef valoir
qu'X.________ a quitté le domicile familial pour pouvoir bénéficier de
prestations sociales plutôt que d'aller travailler. Il relève que la plaignante
lui a encore proposé de venir vivre chez elle sans rien déclarer aux
services sociaux, de manière à pouvoir conserver l'entier du revenu
d'insertion (RI). Il soutient que sa démarche auprès des services sociaux,
suite aux confidences faites par X.________, avait pour seul but de
dénoncer, par civisme, des abus.
2.1 L’art. 173 ch. 1 CP réprime le comportement de celui qui, en
s’adressant à un tiers, aura accusé une personne, ou jeté sur elle le
soupçon de tenir une conduite contraire à l’honneur, ou de tout autre fait
propre à porter atteinte à sa considération, ou aura propagé une telle
accusation ou un tel soupçon.
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Ce comportement peut être réalisé sous n’importe quelle
forme d’expression, notamment par l’écriture ou l’image (ATF 131 IV 160
c. 3.3 p. 163). Cette disposition protège la réputation d’être une personne
honorable, c’est-à-dire de se comporter comme une personne digne a
coutume de le faire selon les conceptions généralement reçues. L’honneur
protégé par le droit pénal est conçu de façon générale comme un droit au
respect qui est lésé par toute assertion propre à exposer la personne visée
au mépris en sa qualité (ATF 132 IV 112 c. 2.1; 117 IV 27 c. 2c p. 28/29).
Les art. 173 ss CP ne protègent que l’honneur personnel, la réputation et
le sentiment d’être un homme honorable, de se comporter, en d’autres
termes, comme un homme digne a coutume de le faire selon les idées
généralement reçues. Echappent à ces dispositions les déclarations qui
sont propres seulement à ternir de quelque autre manière la réputation
dont jouit quelqu’un dans son entourage ou à ébranler sa confiance en lui-
même : ainsi en va-t-il des critiques qui visent comme tel l’homme de
métier, l’artiste ou le politicien (ATF 128 IV 53 c. la p. 58; 119 IV 44 c. 2a
p. 47).
Lorsqu’on évoque la commission d’un crime ou d’un délit
intentionnel, la jurisprudence admet qu’il y a atteinte à l’honneur (ATF 132
IV 112; 118 IV 248 c. 2b). lI n’est toutefois pas nécessaire que le
comportement soit réprimé par la loi pénale, il suffit qu’il soit moralement
réprouvé (ATF 117 IV 27 c. 2d p. 30).
Pour déterminer si une déclaration est attentatoire à l’honneur,
il ne faut pas se fonder sur le sens que lui donne la personne visée, mais
sur une interprétation objective selon le sens qu’un destinataire non
prévenu doit, dans les circonstances données, lui attribuer (ATF 128 IV 53
c. la p. 58 et les arrêts cités). Pour que l’auteur se rende coupable de
diffamation, l’atteinte à l’honneur doit être communiquée à un tiers et
porter sur un fait (TF 6B_371/2011 du 15 août 2011 c. 5.1 in fine).
2.1.1 L’art. 173 ch. 2 CP dispose que l’inculpé n’encourra aucune
peine s’il prouve que les allégations qu’il a articulées ou propagées sont
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conformes à la vérité ou qu’il avait des raisons sérieuses de les tenir de
bonne foi pour vraies.
Le juge examine d’office si ces conditions sont emplies
(Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3ème éd. 2010, n. 54 ad art.
173, p. 592). C'est toutefois à l’auteur du comportement attentatoire à
l’honneur de décider s’il veut apporter des preuves libératoires. lI s’agit,
en effet, d’une possibilité offerte à l’accusé (Corboz, op. cit., n. 51, ad art.
173, même page).
La preuve de la bonne foi est apportée lorsque l’auteur établit
qu’il avait des raisons sérieuses de tenir de bonne foi ses allégations pour
vraies. L’auteur est de bonne foi s’il a cru à la véracité de ce qu’il disait. La
bonne foi ne suffit cependant pas, encore faut-il que l’auteur ait eu des
raisons sérieuses de croire ce qu’il disait, il doit donc démontrer avoir
accompli les actes qu’on pouvait attendre de lui, selon les circonstances et
sa situation personnelle, pour contrôler la véracité de ses allégations et la
considérer comme établie. Autrement dit, l’auteur doit prouver qu’il a cru
à la véracité de ses allégations après avoir fait consciencieusement tout ce
que l’on pouvait attendre de lui pour s’assurer de leur exactitude. Une
prudence particulière doit être exigée de celui qui donne une large
diffusion à ses allégations par la voie d’un média. L’auteur ne saurait se
fier aveuglément aux déclarations d’un tiers. Pour déterminer si l’auteur
avait des raisons sérieuses de tenir de bonne foi ses allégations pour
vraies, il faut se fonder exclusivement sur les éléments dont il avait
connaissance au moment où il a tenu les propos litigieux.
Il n’est pas question de prendre en compte des moyens de
preuve découverts ou des faits survenus postérieurement. Il appartient à
l’auteur d’établir les éléments dont il disposait à l’époque, ce qui relève du
fait. Sur celle base, le juge doit déterminer si ces éléments étaient
suffisants pour croire à la véracité des propos, ce qui relève du droit (ATF
124 IV 149 c. 3b p. 151 s. et les références citées).
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La preuve de la vérité est apportée lorsque l’auteur de la
diffamation établit que tous les éléments essentiels des allégations qu’il a
articulées ou propagées sont vraies (ATF 102 IV 176 c. lb et les références
citées). Il peut apporter même des éléments de preuve qui lui étaient
inconnus au moment où il s’est exprimé, car la seule question pertinente
est celle de la véracité du propos (ATF 124 IV 149 c. 3a p. 150; 122 IV 311
c. 2c p. 316 et 2e p. 318). La question de savoir ce qui est vrai relève du
fait (TF 6S.451/2002 du 10 janvier 2003 c. 2.1).
2.1.2 Aux termes de l’art. 173 ch. 3 CP, l’inculpé ne sera pas admis à
apporter ces preuves et sera punissable si ses allégations ont été
articulées ou propagées sans égard à l’intérêt public ou sans autre motif
suffisant, principalement dans le dessein de dire du mal d’autrui,
notamment lorsqu’elles ont trait à la vie privée ou à la vie de famille.
L'admission à la preuve libératoire constitue la règle, de sorte
que les conditions d'un refus sont interprétées plutôt restrictivement. La
preuve libératoire ne peut être refusée que si l'auteur s'est exprimé sans
motif suffisant (intérêt public ou privé) et s'il a agi principalement dans le
dessein de dire du mal d'autrui. Les deux conditions doivent être réalisées
cumulativement pour refuser les preuves libératoires. Ainsi, l’accusé sera
admis aux preuves libératoires s’il a agi pour un motif suffisant (et ce,
même s’il a agi principalement pour dire du mal d’autrui) ou s’il n’a pas
agi pour dire du mal d’autrui (et ce, même si sa déclaration n’est pas
fondée sur un motif suffisant) (TF 6S.752/2000 du 6 décembre 2000 c. 2d,
ainsi que la doctrine et le jurisprudence citées).
3.1 En l’espèce, le contenu des courriers adressés par l’appelant
aux services sociaux est attentatoire à l’honneur. En effet, dans ses
diverses missives, Z.________ a notamment mentionné qu’X.________
travaillait au noir (chez [...]) et qu’elle s’était séparée de lui pour pouvoir
bénéficier d’un appartement payé par les services sociaux. En outre,
l’atteinte à l’honneur a porté sur des faits précis - le fait de profiter
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indûment des services étatiques - et a été portée à la connaissance de
tiers, à savoir les services sociaux.
3.2 L’appelant a reconnu, dans le cadre de ses dépositions, qu’en
agissant de la sorte, il avait voulu "[...] rendre la monnaie de sa pièce à
X.________ [...]". Devant l'autorité de céans, il soutient que, d’origine
italienne, cette expression ne comporte à son sens aucune connotation
vengeresse. Il ne saurait être suivi sur ce point. En effet, d’une part,
l’appelant - qui a effectué sa scolarité [...] - est en Suisse depuis de
nombreuses années et comprend, de ce fait, bien le français. D’autre part,
ses déclarations en première instance sont claires; elles sont par ailleurs
corroborées par les relevés de ses SMS, qui attestent d’un fort conflit
conjugal entre les parties et de l’esprit vengeur de l’appelant (P. 23 p.
11ss) : ainsi l’appelant y emploie aussi l’expression "[...] à la guerre
comme à la guerre [...]" ou encore lui explique "[...] qu’il est en train de
faire 1000 procédures à son encontre dans lesquelles elle devra
s’expliquer, le social l’attendant de pied ferme [...]". Dans ces conditions,
on doit admettre, comme le premier juge (jugement p. 13), que l’appelant
a uniquement agi pour dire du mal d’X..
L’ensemble des allégations qui sont reprochées à l’appelant
s'inscrit dans le cadre d’un profond litige conjugal. En effet, il résulte du
relevé des SMS précité de l’appelant que celui-ci n’a pas supporté la
séparation et ses conséquences - assumer seul le loyer de l'appartement
du couple trop cher pour lui, devoir changer d'appartement (annexe 1 à la
P. 29/4); ne plus voir régulièrement son enfant, devoir payer une pension
alimentaire -, et qu’il en voulait à la plaignante. L’aspect privé de ce litige
prédomine. Appréciés globalement, les faits déshonorants allégués par
l’appelant visaient à atteindre la plaignante, afin que celle-ci ne puisse
plus obtenir l’aide des services sociaux et soit éventuellement contrainte
de revenir au domicile familial. Ses dénonciations ont précisément conduit
le Centre social régional (CSR) d’Orbe à diligenter une enquête
administrative contre X. et à reporter le versement des indemnités
qui lui étaient destinées. L’appelant n’a donc pas agi pour des motifs
d’intérêt public, ni pour un autre motif suffisant. On ne saurait, par
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conséquent, en conclure qu’il avait une raison objectivement suffisante de
s’exprimer comme il l’a fait.
Ainsi, l'intéressé a agi dans le dessein de dire du mal et sans
motif suffisant. Le premier juge n’a donc pas violé le droit fédéral (art. 173
al. 3 CP) en ne l’autorisant pas à apporter les preuves libératoires de l’art.
173 ch. 2 CP.
3.3 Quand bien même l’appelant aurait été autorisé à apporter les
preuves libératoires, il aurait échoué dans l’administration de celles-ci.
3.3.1L’appelant n'a pas apporté la preuve de la vérité. Au cours de
la procédure, il a fait assigner des témoins aux débats afin d'établir
qu’effectivement son ex-compagne percevait des prestations alors même
qu’elle travaillait au noir et qu’elle n’aurait cherché à se séparer de lui que
dans l’unique but d’obtenir un appartement pris en charge par les services
sociaux. Or les témoins entendus en première instance n'ont en aucune
manière démontré que l’intimée travaillait au noir ou profitait des services
sociaux. Au contraire, [...] a déclaré avoir accueilli la plaignante à plusieurs
reprises durant sa grossesse alors qu’elle n’allait pas bien et subissait de
nombreuses pressions de la part son conjoint. Il a ajouté qu’elle n’avait
jamais travaillé chez lui contre rémunération (jugement, p. 5). De même,
[...] assistant social rattaché au CSR d’Orbe, a déclaré que les revenus de
la plaignante avaient été déclarés, que le travail au noir n’avait pu être
prouvé, et que les conclusions de l'enquête étaient une "[...]fraude non
avérée [...]" (jugement, p 6).
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3.3.2L’appelant a également échoué dans l’administration de la
preuve de sa bonne foi. En effet, les éléments dont il s’est prévalu pour
adresser ses différents courriers au CSR d’Orbe ne reposaient sur aucun
fondement. Le prévenu n’a pas été à même d’établir les éléments dont il
aurait éventuellement disposé à l’époque de sa dénonciation. Il n'a par
ailleurs procédé à aucune vérification. Il lui aurait pourtant été facile de
vérifier la véracité de ses assertions en interrogeant, par exemple, [...] au
sujet des conditions dans lesquellesX.________ aurait travaillé chez lui. Il
aurait alors su que celle-ci n'était pas rémunérée. Dans ces conditions, les
allégations de l'intéressé apparaissent comme étant le seul fruit de son
imagination et de sa rancoeur envers la plaignante, ce que confirme le
contenu de ses SMS (P. 23). On relèvera encore que le prévenu n'est pas
crédible lorsqu'il affirme que ses dénonciations se fondent sur les dires de
l’intimée, fait qu'il n'est d'ailleurs pas en mesure d'établir. Les déclarations
X.________ pouvaient, en revanche, être prises en considération, car elle a
expliqué, de façon constante et convaincante, qu'elle avait quitté
l'appartement du couple en raison des fortes pressions psychologiques
subies. Ses propos concordent d'ailleurs avec les déclarations des témoins
(jugement, pp. 5 et 9).
Pour ces motifs, c'est à bon droit que l'autorité de première
instance a reconnu Z.________ coupable de diffamation.
4.1Pour fixer la peine, on remarquera queZ.________ s'est enferré
dans un système de défense parfaitement maladroit et n'a manifestement
pas voulu saisir la gravité de ses actes. Il n'a pas hésité à prétendre
n'avoir fait que son devoir civique et à réitérer ses accusations contre son
ex-compagne. Sa culpabilité n'est donc pas négligeable. Par ailleurs, il
peine à prendre conscience du sérieux de la situation, ce qui justifie le
prononcé d'une amende. Au regard de l'ensemble des éléments à prendre
en considération -étant encore relevé que l'absence d'antécédent
constitue un élément neutre et non pas un élément à décharge- la peine
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de 30 jours-amende combinée à une amende de 750 fr. ne prête pas le
flanc à la critique et doit être confirmée.
Quant à la quotité du jour-amende, elle ne saurait être revue en défaveur
de l'appelant (art. 404 al. 1 et 2 CPP). Fixée à 50 fr. le jour, elle est
toutefois faible si l'on tient compte du salaire net de Z.________ au moment
du jugement (5'000 fr. nets par mois et 4'870 fr. depuis le début de son
incapacité de travail), et de ses charges déterminantes (TF 6B_366/2007
du 17 mars
2008, c. 6.4, à savoir 2'225 fr. [1'200 fr. de minimum vital + 650 fr. au
BRAPA
- 375 fr. d'assurance-maladie]), ce qui lui laisse un disponible mensuel
de 2'645 fr., soit 88 fr. par jour.
4.2 Au regard de l'absence d'antécédent, la peine infligée peut
être suspendue, faute de pronostic défavorable. Compte tenu du
comportement de l'intéressé tout au long de la procédure, une amende
doit être infligée à l'appelant pour le dissuader clairement et
définitivement de commettre de nouvelles infractions et d'ancrer en lui la
conscience de la faute commise.
4.3Pour le surplus, un montant doit être alloué à X.________ pour
son tort moral (art. 49 al.1 CO), dès lors qu'elle a souffert psychiquement
des agissements du prévenu qui n'a pas cessé de la harceler via les
service sociaux. Le montant de cette indemnité est modique (1'000 fr.
avec intérêts à 5 % dès le 1
er
avril 2010). Il correspond toutefois à ce
qu'avait requis X.________ le 28 février 2011. Sa fixation ne procède pas
d'un abus ou d'un excès du très large pouvoir d'appréciation dont dispose
le juge en la matière (ATF 129 IV 22 c. 7.2 p. 36/37).
5.Vu ce qui précède, le jugement entrepris est en tous points
conforme au droit. Il doit être confirmé, ce qui entraîne le rejet de l'appel
interjeté aux frais de son auteur.
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18 -
La plaignante, qui obtient gain de cause, a droit à des dépens
pénaux qu'il convient de fixer à 1'000 fr., celle-ci ayant requis un montant
de 3'500 fr. pour les procédures de première et seconde instance.
-
19 -
Par ces motifs,
la Cour d’appel pénale,
appliquant les articles 34, 42 al. 1 et 4, 44 al. 1, 47, 50, 106, 173 ch. 1 CP
et 398 ss CPP
prononce :
I. L'appel est rejeté.
II. Le jugement rendu le 15 décembre 2011 par le Tribunal de
police de l'arrondissement de La Côte est confirmé selon le
dispositif suivant :
"I. constate que Z.________ s'est rendu coupable de
diffamation;
II.condamne Z.________ à la peine de trente
jours-amende, le montant du jour-amende étant fixé à CHF
50.- (cinquante francs);
III.suspend l’exécution de la peine et impartit au condamné
un délai d'épreuve de deux ans;
IV.condamne Z.________ à une amende de CHF 750.- (sept
cent cinquante francs) et dit qu'à défaut de paiement de
l'amende, la peine privative de liberté de substitution sera de
quinze jours;
V.dit que Z.________ est le débiteur d'X.________ de la
somme de CHF 1'000.- (mille francs) avec intérêts à 5 % l'an
dès le 1
er
avril 2010 au titre de réparation morale;
VI.alloue à X.________ un montant de CHF 2'500.- (deux
mille cinq cents francs) au titre de dépens pénaux;
VII.met les frais de la procédure, arrêtés à CHF 1'800.- (mille
huit cents francs), à la charge de Z.________."
-
20 -
III. Z.________ doit à la plaignante, X., une indemnité de
1'000 fr. (mille francs), TVA comprise, pour les dépenses
obligatoires occasionnées par la procédure d’appel.
IV. Les frais d'appel, par 1'910 fr. (mille neuf cent dix francs) sont
mis à la charge de Z..
V. Le présent jugement est exécutoire.
La présidente :La greffière :
Du 27 avril 2012
Le dispositif du jugement qui précède est communiqué à
appelant et aux autres intéressés.
La greffière :
Le jugement qui précède, dont la rédaction a été approuvée à
huis clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Me Véronique Fontana, avocate (pour Z.________),
-
Me Stéphanie Cacciatore, avocate (pour X.________),
-Ministère public central,
et communiqué à :
-Ministère public de l'arrondissement de La Côte,
-
M. le Président du Tribunal de police de l'arrondissement de La Côte,
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21 -
par l'envoi de photocopies.
-
22 -
Le présent jugement peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1
LTF).
La greffière :