Texte intégral
402
TRIBUNAL CANTONAL
AI 314/11 - 374/2012
ZD11.040898
C O U R D E S A S S U R A N C E S S O C I A L E S
Arrêt du 6 novembre 2012
Présidence de MmeT H A L M A N N
Juges:MmesRöthenbacher et Di Ferro Demierre
Greffière:MmeCattin
Cause pendante entre :
E.________, à Yverdon-les-Bains, recourante, représentée par Me Jean-Marie
Agier, avocat à Lausanne,
et
OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ POUR LE CANTON DE VAUD, à
Vevey, intimé.
Art. 44 LPGA ; 98 let. b LPA-VD
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Vu la décision rendue le 11 avril 2007 par l'Office de
l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après : OAI) rejetant la
demande de prestations déposée par E.________ (ci-après : l'assurée ou la
recourante),
vu la nouvelle demande déposée le 25 mai 2010 par l'assurée,
vu le rapport médical du 22 juillet 2010 du Dr P., chef
de clinique au département de psychiatrie du CHUV, posant les
diagnostics d'amnésie dissociative (F44.0), d'épisode dépressif moyen,
sans syndrome somatique (F32.10) et de trouble schizotypique (F21),
estimant totale l'incapacité de travail et indiquant que pour avoir plus de
précision sur le fonctionnement psychique de la patiente, des tests
projectifs avaient été demandés,
vu l'avis médical du 3 août 2010 du Dr J., médecin au
service médical régional AI (ci-après : SMR), demandant à l'OAI de se
procurer auprès du Dr P.________ notamment les tests projectifs réalisés et
indiquant que dès qu'il serait en possession de ceux-ci, il ferait une
demande d'expertise psychiatrique,
vu la lettre du 21 septembre 2010 selon laquelle les
investigations psychologiques avaient été récemment commencées,
vu le rapport du 9 novembre 2010 du Dr Z.________, chef de
clinique adjoint au département de psychiatrie du CHUV, posant les
diagnostics de trouble schizotypique, trouble dissociatif de type amnésie
dissociative, d'épisode dépressif moyen et de notion de stress post-
traumatique, mentionnant la conclusion des tests psychologiques
effectués et estimant qu'en raison d'une maladie handicapante telle que la
schizophrénie, accompagnée d'une intelligence limite, la patiente était
empêchée de s'intégrer dans un travail quel qu'il soit,
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3 -
vu le rapport médical du 28 janvier 2011 de la Dresse
I.________, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie auprès du SMR,
laquelle après un examen clinique de l'assurée, a posé les diagnostics
sans répercussion sur la capacité de travail de trouble dissociatif de type
amnésie dissociative probable, en rémission, de difficultés d'adaptation à
une nouvelle étape de la vie et de trouble panique, actuellement en
rémission partielle, ne retenant aucune incapacité de travail,
vu la décision rendue le 5 juillet 2011 par l'OAI rejetant la
nouvelle demande de prestations AI,
vu le recours formé le 8 septembre 2011 par l'assurée
concluant implicitement à l'octroi d'une rente entière,
vu la réponse du 20 décembre 2011 de l'OAI concluant au rejet
du recours,
vu l'écriture du 10 janvier 2012 de la recourante précisant ses
conclusions en ce sens que préalablement, une expertise psychiatrique est
requise et que principalement, une rente entière soit allouée dès le 1
er
mars 2010,
vu le rapport rédigé par B., psychologue auprès du
département de psychiatrie du CHUV, à la suite de diverses investigations
effectuées les 19 août, 1
er
, 12 et 25 octobre 2010 ainsi que son
complément du 19 juin 2012,
vu le rapport du même jour de la Dresse V., cheffe de
clinique adjointe auprès du département de psychiatrie du CHUV,
vu le rapport du 10 juillet 2012 des Drs I.________ et X.________,
médecins auprès du SMR,
vu l'écriture du 24 juillet 2012 de l'OAI se ralliant à la
conclusion préalable de la recourante tendant à la mise en œuvre d'une
expertise psychiatrique,
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4 -
vu les pièces au dossier ;
attendu que, dans sa dernière écriture, l'OAI a convenu avec
la recourante de la nécessité de procéder à un complément d'instruction
concernant la pathologie psychique de celle-ci,
qu'en effet, l'OAI a rendu la décision attaquée sans avoir eu
connaissance des rapports de la psychologue,
qu'en outre, les avis des médecins sont contradictoires sans
que l'on puisse déterminer quelles conclusions doivent être suivies,
que le dossier ne permet ainsi pas de statuer en pleine
connaissance de cause,
qu'un renvoi à l'administration est en principe possible lorsqu'il
s'agit de trancher une question qui n'a jusqu'alors fait l'objet d'aucun
éclaircissement, ou lorsqu'il s'agit d'obtenir une clarification, une précision
ou un complément quand à l'avis des experts interpellés par l'autorité
administrative (ATF 137 V 210, consid. 4.4.1.4 et 4.4.1.5),
que tel est le cas en espèce,
que le recours paraît ainsi manifestement bien fondé, les faits
pertinents n'ayant pas été constatés de manière complète sur le plan
médical (art. 98 let. b LPA-VD [loi cantonale vaudoise du 28 octobre 2008
sur la procédure administrative ; RSV 173.36]),
que la décision attaquée doit par conséquent être annulée et
la cause renvoyée à l'OAI pour nouvelle décision, après complément
d'instruction sur le plan médical sous la forme d'une expertise
psychiatrique, mise en œuvre conformément à l'art. 44 LPGA (loi fédérale
du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales ;
RS 830.1) ;
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5 -
attendu que la recourante, qui obtient gain de cause avec le
concours d'un mandataire professionnel, a droit à une indemnité à titre de
dépens (art. 61 let. g LPGA ; art. 55 al. 1 LPA-VD), dont il convient d'arrêter
le montant à 2'000 fr. à la charge de l'OAI (art. 55 al. 2 LPA-VD),
que ce montant recouvre celui qui aurait été alloué au titre de
l'assistance judiciaire selon le tarif, de sorte qu'il n'y a pas lieu de fixer, au
surplus, l'indemnité d'office de Me Agier,
qu'il y a lieu de percevoir un émolument de 200 fr. à la charge
de l'intimé qui succombe.
Par ces motifs,
la Cour des assurances sociales
p r o n o n c e :
I. Le recours est admis.
II. La décision rendue le 5 juillet 2011 par l'Office de l'assurance-
invalidité pour le canton de Vaud est annulée et la cause
renvoyée à cet office pour nouvelle décision après
complément d'instruction au sens des considérants.
III. L'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud
versera à E.________ la somme de 2'000 fr. à titre de dépens.
IV. Un émolument judiciaire d'un montant de 200 fr. est à la
charge de l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de
Vaud.
La présidente : La greffière :
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6 -
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :
-Me Jean-Marie Agier, avocat à Lausanne (pour Mme E.________),
-Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud, à Vevey,
-Office fédéral des assurances sociales, à Berne,
par l'envoi de photocopies.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière de
droit public devant le Tribunal fédéral au sens des art. 82 ss LTF (loi du 17
juin 2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004
Lucerne) dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100
al. 1 LTF).
La greffière :
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