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Abschaffung der Tierversuche. Volksinitiative
Dritte Sitzung - Troisième séance
Mittwoch, 2. Dezember 1992, Vormittag Mercredi 2 décembre 1992, matin
08.00 h
Vorsitz - Présidence: Herr Piller
Präsident: Ich begrüsse Sie zur heutigen Sitzung und möchte zu Beginn Herrn Béguin zum Geburtstag herzlich gratulieren. (Beifall)
92.032
Abschaffung der Tierversuche. Volksinitiative
Abolition des expériences sur animaux. Initiative populaire
Botschaft und Beschlussentwurf vom 16. März 1992 (BBI II 1631) Message et projet d'arrêté du 16 mars 1992 (FF Il 1597)
Beschluss des Nationalrates vom 28. September 1992 Décision du Conseil national du 28 septembre 1992
M. Salvioni, rapporteur: La loi sur la protection des animaux du 9 mars 1978 (LPA) a été entièrement révisée par les modifi- cations du 22 mars 1991 et l'adaptation suivante de l'ordon- nance du 23 octobre 1991; les modifications voulaient pren- dre en considération les arguments qui avaient déterminé 151 000 citoyens à signer l'initiative pour la suppression de la vivisection en 1981 et 132 000 citoyens à signer l'initiative dé- nommée «pour une réduction stricte et progressive des expé- riences sur les animaux». Le Parlement avait, à l'occasion du débat sur cette dernière initiative, proposé un contre-projet comprenant des conditions plus sévères pour l'exécution des expériences sur les animaux.
A la suite de ces modifications, des améliorations substantiel- les ont été introduites:
le nombre des animaux utilisés en Suisse pour des expérien- ces a diminué de 47 pour cent;
on a introduit une procédure cantonale d'autorisation: cha- que année, on a enregistré entre 1500 et 2000 procédures, avec une évaluation rigoureuse des buts, des méthodes, des espèces concernées, du nombre, du mode de détention, des conditions dans lesquelles l'expérience sera menée. En cas de nécessité, l'autorité cantonale peut poser des conditions pour diminuer les contraintes pour l'animal; or, cela s'est pro- duit à maintes reprises;
l'Office vétérinaire fédéral peut recourir contre les décisions cantonales pour garantir une égalité de traitement;
l'Office vétérinaire fédéral a organisé des cours de formation pour gardiens et gardiennes d'animaux;
les conditions de détention ont été améliorées;
les instituts universitaires et les entreprises industrielles ont institué des commissions d'éthique pour veiller au respect de la LPA;
le Fonds national suisse de la recherche scientifique et la Confédération ont engagé d'importants moyens financiers pour la recherche de méthodes de substitution;
les organisations pour la protection des animaux participent aux commissions cantonales pour les expériences sur les animaux.
On peut affirmer que la loi actuelle et ses structures d'applica- tion garantissent, dans les limites du possible, qu'il n'y a pas d'expériences inutiles et que les conditions dans lesquelles
sont effectuées les expériences garantissent de réduire au mi- nimum les souffrances et les douleurs pour les animaux em- ployés. La législation suisse est l'une des plus sévères dans ce domaine.
Malgré cela, la ligue internationale dénommée «Médecins pour l'abolition de la vivisection» a déposé, le 26 octobre 1990, une nouvelle initiative populaire pour l'abolition totale de la vi- visection, avec 134 592 signatures.
Les auteurs de l'initiative ont été entendus par la Commission de la science, de l'éducation et de la culture (CSEC) du Conseil national. A l'occasion de cette entrevue, Mme Schär- Manzoli, présidente de l'Association suisse contre la vivisec- tion, a notamment affirmé que «les expériences sur les ani- maux ne sont pas fiables, mais fourvoyantes et erronées». Elle ajoutait: «85 à 90 pour cent des tumeurs malignes humaines sont provoquées par des produits développés et testés sur des animaux (médicaments, vaccins, pesticides, additifs ali- mentaires, colorants et autres produits de consommation utili- sés quotidiennement). Cette constatation est due au profes- seur Eric Boiland de l'Institut de recherche sur le cancer, de Londres.» Selon la même personne, le professeur Hofer, di- recteur de la Clinique universitaire de Würzburg, a affirmé que ces médicaments seraient à l'origine de 6 pour cent des mala- dies organiques à issue fatale, de 25 pour cent des maladies cliniques, de 61 pour cent des malformations et de 88 pour cent des naissances d'enfants morts. La raison serait à cher- cher dans le fait qu'il serait impossible de transférer aux hom- mes les résultats obtenus sur les animaux.
Votre commission a demandé aux représentants du départe- ment de nous faire un rapport sur ces affirmations alarmantes et graves. La réponse est la suivante:
Zur Aussage der Initianten anlässlich des Hearings der Natio- nalratskommission, 85 bis 90 Prozent der bösartigen Tumore beim Menschen seien durch Stoffe verursacht, die im Tierver- such geprüft worden seien:
Der zitierte Professor Boiland aus London war den vom Bun- desamt für Veterinärwesen (BVET) angefragten Krebsfor- schern an der Universität Bern und am Institut suisse de re- cherches expérimentales sur le cancer ISREC in Epalinges/ Lausanne nicht bekannt. Die Initianten konnten keine präzise Literaturstelle angeben, nur ein kurzes Zitat aus einem italie- nisch geschriebenen, medizinkritischen Buch. Dort steht le- diglich die - unrichtige - Feststellung, 85 bis 90 Prozent der Krebserkrankungen würden durch chemische Produkte verur- sacht Auf italienisch: « .... che il 85-90 per cento di tutti i tumori umani è causato da prodotti chimici.» Die Ergänzung am Hea- ring, dass es sich dabei um «médicaments, vaccins, pestici- des, additifs alimentaires, colorants et d'autres biens de con- sommation utilisés quotidiennement» handle, steht nicht im erwähnten Buch und wurde offenbar frei hinzugefügt
Die Aussage der Initianten ist nach Auskunft des Direktors des ISREC eindeutig falsch. Richtig ist, dass nach heutiger Auffassung der Epidemiologen der Grossteil der Krebser- krankungen umweltbedingt ist (zirka 80 Prozent). Darunter fallen aber nicht nur chemische Produkte, sondern alle Um- weltfaktoren, z. B. Ernährung, Rauchen und UV-Strahlung, ebenso Viren.
Mit Ausnahme des Lungenkrebses bei Rauchern hat die Krebshäufigkeit nicht stark zugenommen, wie eine Studie aus den USA zeigt, dies trotz starker Zunahme der Produk- tion z. B. von Plastikmaterial, Pestiziden, synthetischen Pro- dukten usw.
Zu weiteren Ausführungen der Initianten betreffend die angeb- liche Verursachung von Krankheiten: Wie anlässlich der Kom- missionssitzung bereits festgestellt worden ist (Frau Simmen), kann man vielen Medikamenten unter Weglassung ihrer posi- tiven, therapeutischen Wirkungen die unerwünschten Neben- wirkungen anlasten. Das ideale Medikament, das nur die an- gestrebte Wirkung, aber keine Nebenwirkungen zeigt, ist sel- ten. Kurze, fundierte Ausführungen dazu sind in der Publika- tion «Können Ergebnisse von Tierexperimenten auf den Men- schen übertragen werden?» von Professor Gerhard Zbinden, ehemals Toxikologe an der Universität Zürich, enthalten.
La documentation que le département nous a fournie démon- tre que les expériences sur les animaux restent, dans la plu-
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part des cas, une nécessité pour éviter l'emploi directement sur l'homme de médicaments qui pourraient avoir des effets imprévus et des conséquences graves et même fatales. Au vu de cette situation, il paraît inopportun d'abolir tout court des expériences sur les animaux. Cela signifierait créer des la- cunes dans la recherche de la biologie, de la chimiopharma- ceutique, qui auraient des conséquences fâcheuses pour l'économie et pour les patients. Les industries pharmaceuti- ques et chimiques, les laboratoires des universités et des insti- tuts de recherche devraient abandonner toute une série d'étu- des et ils ne pourraient pas continuer leurs recherches. Les in- dustries se déplaceraient à l'étranger pour ces recherches, mais les universités ne pourraient pas le faire, d'où une dimi- nution de notre savoir-faire dans ces domaines et dans la com- pétition internationale.
Les auteurs de l'initiative ont argumenté de l'inutilité ou même du danger des expériences sur les animaux: sur ce thème, ils ont manifestement tort. Les citations qu'ils ont faites sont par- tiellement fausses, partiellement incontrôlables, car les au- teurs sont non repérables et inconnus.
L'initiative entre plutôt dans le cadre de la résurgence d'une conception animaliste, qui fait partie de cette nouvelle ten- dance que l'on appelle l'écologie profonde, d'après la défini- tion du philosophe norvégien Arne Naess (The shallow and the deep, Long-range ecology movement, 1973).
Comme l'observe M. Bill Devall (cité dans «Le nouvel ordre écologique» de Luc Ferry, paru il y a un mois chez Grasset): «Il y a deux grands courants écologistes dans la deuxième moitié du XXe siècle. Le premier est réformiste. Il essaie de contrôler les pollutions de l'eau ou de l'air les plus criantes, d'infléchir les pratiques agricoles les plus aberrantes dans les nations in- dustrialisées et de préserver quelques-unes des zones sauva- ges qui y subsistent encore en en faisant des zones classées. L'autre courant défend lui aussi de nombreux objectifs en commun avec les réformistes, mais il est révolutionnaire: il vise une métaphysique, une épistémologie, une cosmologie nou- velle ainsi qu'une nouvelle éthique environnementale du rap- port personne/planète.»
L'écologie profonde n'est pas une simple curiosité ou, comme le remarque Luc Ferry, un symptôme exotique de cette folie qui semble parfois s'emparer des universités américaines lorsqu'elles cèdent à la mode du «déconstructionnisme» ou à l'impératif de la «political correctness». L'écologie profonde rencontre un véritable écho hors des milieux académiques ainsi qu'à l'étranger: elle inspire l'idéologie de mouvements comme Greenpeace ou Earth first, d'associations aussi puis- santes que Sierra Club, une fraction importante des partis verts ainsi que les travaux de philosophes populaires comme Hans Jonas ou Michel Serres. Pour sembler étrange au pre- mier et même au second abord, cette philosophie présente néanmoins une cohérence systématique assez impression- nante «pour séduire, c'est toujours Luc Ferry qui s'exprime, nombre de ceux que le vide politique et la fin des utopies lais- sent en suspens».
Or, ce n'est ici ni le lieu ni le moment de s'avancer dans un dé- bat de nature philosophique. Mais puisque, probablement, on sera souvent confronté à des propositions et à des initiatives qui partent de la même source, je me permets de vous sou- mettre quelques réflexions.
Le rapport homme/animaux a occupé les penseurs depuis l'antiquité et n'a rien de nouveau: cela va des «Trois traités pour les animaux» de Plutarque (qu'on vient de rééditer en France cette année, ce qui est symptomatique) aux procès d'animaux du Moyen-Age, devant les juges épiscopaux qui, en prenant les choses très au sérieux, nommaient des avocats défenseurs aux charançons, aux sangsues (objet d'un anathème de la part de l'évêque de Lausanne) qui, en certains cas et grâce à l'habileté des défenseurs, pouvaient même gagner les procès.
Encore récemment, il y a eu une polémique, en Italie, entre jé- suites et franciscains, car les premiers avaient affirmé, dans la publication officielle «Cività cattolica», «que les animaux ne peuvent pas aimer», ce qui a déclenché la réaction des francis- cains pour des raisons bien évidentes.
Fondamentalement, il y a trois positions philosophiques sur ce thème: la position cartésienne, selon laquelle la nature, y
compris les animaux, est au service de l'homme, et les ani- maux ne sont rien de plus qu'une machine. La tradition répu- blicaine et humaniste de Rousseau et Kant: l'homme est seul à posséder des droits, le but ultime de son activité n'est pas le bonheur, mais la liberté. Ce qui distingue les hommes des ani- maux, c'est la liberté exactement de ne pas choisir nécessaire- ment le bonheur, mais de faire des choix différents si des va- leurs éthiques ou de solidarité lui semblent plus importantes. L'être humain a des devoirs envers les animaux, mais ceux-ci ne sont pas détenteurs de droits.
Enfin, la pensée utilitariste, qui part de Bentham et descend jusqu'à Singer actuellement en Amérique, selon laquelle l'homme n'est pas le seul à posséder des droits, mais, avec lui, tous les êtres susceptibles de plaisirs et de peines. Le but ul- time de l'activité morale étant la maximisation de la somme de bonheur dans le monde et non, primordialement, la liberté.
L'idée utilitariste, lancée par Stuart Mill et Bentham, comme je viens de le dire, a été reprise par Henry Alt, en Amérique et, ré- cemment, par Singer, et constitue le fondement des revendi- cations des milieux animalistes.
La pensée occidentale en est restée à la conception démocra- tique et humaniste de Rousseau et Kant. C'est la philosophie à laquelle nous nous rattachons. Mais il faut dire que, dans le public, les thèses de Singer - reprises par beaucoup d'autres auteurs, la littérature en question ayant dans les dernières an- nées augmenté dans une mesure incroyable - trouvent un ac- cueil favorable, pour beaucoup de raisons qui, à bien y regar- der, n'ont pas grand-chose à faire avec les considérations phi- losophiques. En effet, le nombre des animaux de compagnie - on a aboli la définition d'animaux domestiques, car elle faisait trop vieux serviteur - a énormément augmenté. Il existe une in- dustrie pour la nourriture et les soins qui coûte un milliard de francs suisses par année, et les 35 millions d'animaux de com- pagnie existant en France mangent autant de viande que tous les Espagnols réunis.
L'intérêt pour les animaux n'est plus scientifique, mais surtout sentimental, typique de la période romantique. Dans les jar- dins zoologiques, on est obligé de nourrir les animaux après la fermeture, car le public serait dégoûté de voir donner à man- ger des lapins vivants aux pythons, comme leur nature de chasseurs l'exige. Un conseiller du ministère français de l'envi- ronnement a dit: «On croit que le public demande de la nature. Malheureusement, le plus souvent, il demande du Walt Dis- ney.» Il y a vingt ans, les films d'animaux étaient des films de vulgarisation scientifique. Aujourd'hui, on demande des films avec des animaux personnifiés, qui ont un nom et des senti- ments humains, le sens de la famille, le dévouement, etc. Il y a en somme une tendance à l'anthropomorphisme qui attribue aux animaux des qualités et des caractéristiques typiquement humaines qu'ils n'ont pas. On a cité le cas de cet éléphant qui pleurait, car sa compagne était morte. Plus tard, on a compris que les larmes étaient dues à une plissure particulière des yeux de la bête et que le sentiment de deuil conjugal était aussi étranger à un éléphant que le sens des mathématiques à un cochon d'Inde.
D'une façon générale, la tendance actuelle va dans le sens d'un rêve de nature, où les fauves deviendraient végétariens - mais il y a aussi ceux qui englobent les végétaux dans les titu- laires des droits, cela donnera des problèmes, - les moutons parfumés, les cobras amicaux et sans venin. Il s'agit d'une ré- gression infantile, probablement due à l'éloignement de l'homme par rapport à la nature et au romantisme des romans de Kipling et des films de Disney.
Nous restons fidèles au principe qu'avant tout vient l'homme, ce qui n'empêche pas de reconnaître les devoirs envers les animaux et le reste de la nature, pour essayer d'assurer un équilibre écologique de longue durée.
Pour ces raisons, votre commission vous propose à l'unani- mité de repousser cette initiative, sans contre-projet.
M. Cavadini Jean: 134 592 citoyennes et citoyens ont jugé utile d'appuyer la proposition que nous examinons aujour- d'hui; c'est à la fois admirable et inquiétant. C'est admirable parce qu'il faut beaucoup de ténacité pour revenir une fois en- core à la charge pour une cause qui a sa justification, mais in-
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quiétant parce que le 16 février 1992 le peuple et les cantons avaient refusé l'initiative populaire pour une réduction stricte et progressive des expériences sur les animaux. Et malgré la net- teté du refus on persévère. On pourrait prévoir de consulter le souverain chaque année sur ce sujet, puisque c'est la troi- sième mouture de la même idée en dix ans, si on ne veut pas mentionner une quatrième tentative qui, elle, avait échoué faute de signatures en nombre suffisant.
Nous rappelons que les modifications de la loi sur la protec- tion des animaux et de l'ordonnance d'application sont en vi- gueur depuis une année. Elles sont restrictives, limitées à l'in- dispensable, soumises à autorisation. En sept ans, le nombre d'expériences sur les animaux a été réduit de 50 pour cent, de nombreuses précautions supplémentaires sont prises. Or, les auteurs de l'initiative n'en ont cure. Ils ne veulent aucune expé- rience de quelque sorte que ce soit, or, dans l'état actuel de la science certaines expériences sont indispensables, aucune autre méthode n'est fiable. Pensons à la microchirurgie et aux rayons laser, aux transplantations de moelle osseuse, au dé- veloppement de l'immunologie.
Le rapporteur a indiqué toutes les raisons scientifiques qu'il y avait à s'opposer à cette proposition. Disons simplement que ce qui est excessif est insignifiant. Or, cette initiative est large- ment excessive, elle est répétitive, mais elle ne lasse pas ses auteurs, que rien ne paraît désarmer. Au reste, les références scientifiques d'un des principaux auteurs de cette initiative nous paraissent discutables et nous aimerions dans le mes- sage que soit corrigée la notion de «doctoresse» dont est revê- tue l'auteur de l'initiative, parce que ce doctorat est indiscuta- ble, mais il a été obtenu en sciences économiques, ce qui évi- demment affaiblit bien la position de référence scientifique à laquelle on pourrait songer.
Nous vous invitons donc, comme on l'a fait tout à l'heure, à vous opposer à une telle proposition.
Frau Simmen: Tierversuche waren zu allen Zeiten ein belieb- tes Mittel, um das Risiko für Menschen zu vermindern. So ha- ben z. B. schon die Urner zuerst einen Geissbock über die Teufelsbrücke geschickt, bevor sie selber darüber gegangen sind. Auch in der Arzneimittelforschung wurden immer Tiere für den Beweis der Unschädlichkeit eines Medikamentes ge- sucht und auch gefunden.
Da aber Tierversuche für die Tiere oft mit Leiden und Schmer- zen verbunden sind, war es allen Leuten zu allen Zeiten ein An- liegen, andere Methoden zu suchen und zu finden, dank de- nen die Zahl der verwendeten Tiere nach Möglichkeit reduziert werden könnte. Ich möchte deutlich sagen: Es waren in erster Linie die Forscher und Forscherinnen selber, die sich auf die Suche nach Alternativen gemacht hatten. Es ist aber unbe- streitbar, dass auch auf das Betreiben, auf den Druck verschie- denster Leute, die sich ganz besonders für das Wohl der Tiere einsetzen, solche Alternativen gefunden wurden. Ich wehre mich jedoch dagegen, dass Forscher ganz generell als insen- sible Monster dargestellt werden, die keinerlei Gefühle für ihre Versuchstiere haben.
Es ist einfach eine Tatsache, dass in der Forschung nicht alle Tierversuche durch Alternativen ersetzt werden können, be- sonders jene Versuche nicht, welche den Einfluss von Medika- menten auf das Zusammenspiel von Organen aufzeigen und welche nicht durch Versuche an einzelnen Zellkulturen zu er- setzen sind. Ich weiss, dass auch Tierversuche keine hundert- prozentige Garantie dafür sind, dass wegen eines Medika- mentes nie mehr unerwünschte Wirkungen und Zwischenfälle beim Menschen erfolgen können. Aber sie erlauben trotzdem, neue Medikamente nach den Versuchen an Kulturen und mit alternativen Methoden nicht gleich beim Menschen einsetzen zu müssen, sondern sie in einem Zwischenstadium zuerst noch an Tieren erproben zu können.
Entgegen der Meinung vieler Leute sind wir auch heute noch nicht so weit, dass wir auf neue Medikamente verzichten könn- ten, weil wir alles schon hätten. Es gibt immer noch und immer wieder Krankheiten, die uns auf der Suche nach neuen Mitteln vorwärtstreiben und bei welchen wir noch lange nicht am Ende unserer Bemühungen angelangt sind.
Ich bin also aus wissenschaftlichen Ueberlegungen ganz klar der Ueberzeugung, dass wir auch in Zukunft Tierversuche brauchen; doch gibt es ein zweites Anliegen, das ich hier kurz darstellen möchte. Durch diese Initiativen, die sich sehr schnell folgen, wird das berechtigte Anliegen des Tierschut- zes, Tierversuche soweit wie möglich durch alternative Metho- den zu ersetzen, in Misskredit gebracht, weil viele Leute von Zwängerei sprechen und überhaupt nichts mehr von den Ar- gumenten hören wollen, die von - wie sie sagen - «Tierschutz- romantikern» vorgebracht werden; und das ist nicht die Mei- nung. Es sollte nicht geschehen, dass wir das berechtigte An- liegen ob solchem Aerger dann überhaupt nicht mehr hören wollen.
Ich möchte daher lieber den Akzent auf eine strikte Anwen- dung der Tierschutzgesetzgebung und deren Verordnung le- gen. Wir haben eine gute und eine strenge Tierschutzgesetz- gebung. Dort wäre anzusetzen, damit wir deren Umsetzung zum Schutz der Tiere bewerkstelligen können und gleichzeitig die vielen guten Seiten, die Tierversuche haben, nicht aus den Augen verlieren.
Ich bitte Sie deshalb, diese Initiative abzulehnen.
M. Delamuraz, conseiller fédéral: Il y a trois raisons fonda- mentales pour lesquelles cette initiative n'est pas acceptable. La première de ces raisons est que l'interdit total qu'elle com- porte rendrait à l'avenir impossibles des expériences qui sont pourtant indispensables pour faire reculer la mort, pour faire reculer la douleur - et je parle de la mort et de la douleur des êtres humains aussi, pas seulement des animaux. Un tel ab- solu, procédant d'un esprit d'ayatollah, rendrait cette recher- che impossible et nous ferait perdre, par conséquent, les bé- néfices de la science et de la technique de grave manière. En outre, cet interdit paralyserait la recherche fondamentale dans nos universités et dans nos institutions de recherche supérieu- res, et nous serions naturellement seuls de notre espèce dans l'Europe tout entière à connaître ce vide. Au total, nous ne voyons pas où se situerait le bénéfice que les protecteurs des animaux font apparaître. Enfin, troisième raison, dans le do- maine de la recherche scientifique, de la biologie, de la méde- cine, de la pharmacie, c'est autant de programmes qui ne pourraient plus trouver place en Suisse et qui entraîneraient le transfert à l'étranger de ceux qui s'y adonnent, transfert qui a d'ailleurs déjà partiellement commencé.
Ces trois raisons fondamentales nous conduisent à renoncer à cette initiative sans lui opposer de contre-projet. Mais à ces trois raisons s'en ajoute une quatrième, à savoir l'existence en Suisse d'une législation sur la protection des animaux C'est une législation complète, qui confère une protection particu- lièrement rigoureuse et exigeante, que vous-même, Parle- ment suisse, avez encore aggravée et rendue plus sévère lors des modifications introduites en 1991. Ce renforcement de prescriptions, s'ajoutant à un corps déjà très sévère en matière de détention des animaux, en matière d'enregistrement des prescriptions, d'encouragement à des méthodes de substitu- tion - ce qui, soit dit en passant, nous a permis, alors que nous utilisions 2 millions d'animaux dans les expériences il y a dix ans à peine, de n'en consacrer aujourd'hui que moins d'un million, - bref à un ensemble de dispositions que la décision de 1991 a encore considérablement aggravées, est le plus sûr garant et la meilleure réponse à ceux qui se posent la question légitime de savoir comment empêcher des douleurs inutiles, comment éviter des recherches et des démarches en doubles emplois, bref comment conduire l'expérimentation animale dans notre pays de manière à ce qu'elle fasse le moins de victi- mes possibles en évitant de créer la douleur. Cet ensemble de démarches est assurément suffisant et ce n'est pas la sup- pression pure et simple de l'expérimentation qui apportera quelque réponse sensée aux problèmes qui se posent.
J'ajouterai que l'abus démocratique qui caractérise ces mi- lieux et cette initiative en particulier doit être stigmatisé. Un conseiller national facétieux remarquait dans le débat de la Chambre basse que ce qu'il y avait de plus remarquable dans cette initiative, c'était sa clause de retrait. J'espère que vous pourrez méditer cette forte parole et que les auteurs de l'initia- tive la méditeront. En effet, c'est un abus démocratique si ma-
Protection des animaux. Conventions
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nifeste qu'il entraîne finalement, au-delà de l'objet qui est visé, 92.059 le discrédit sur nos propres institutions.
Le peuple ne comprend pas que des décisions claires et net- tes, prises il y a quelques mois à propos d'une initiative qui at- lait d'ailleurs un peu moins loin que celle-ci, puissent être froi- dement remises en cause parce qu'on a simplement récolté, c'est si facile, le nombre de signatures dont on avait besoin. C'est un abus démocratique, et la démocratie pourrait bien mourir un jour étouffée de ses propres excès lorsqu'on en fait un usage aussi provocant que l'usage qui en est fait ici.
Or, cet abus démocratique comporte encore un autre risque, un risque majeur: celui de créer une incertitude permanente dans ce domaine comme dans d'autres domaines, là où préci- sément on a besoin d'un minimum de stabilité et surtout de continuité. Si, au gré d'initiatives fantaisistes et abusives, les mêmes questions sont constamment reposées au peuple, avec cette part d'incertitude liée à un scrutin populaire - vous savez bien qu'il y en a un le 6 décembre, - avec cette remise en question constante, vous ne créez pas les conditions indis- pensables à la recherche, tant à la recherche fondamentale qu'à la recherche appliquée. Elles ont l'une et l'autre tout parti- culièrement besoin d'une sécurité et d'une continuité bien éta- blie afin de développer les effets positifs qu'on en attend. Il n'y a pas de politique de recherche à la petite semaine.
Eh bien! cette initiative nous condamne, ici en Suisse, à la pe- tite semaine et s'il y a moins d'appétence chez les jeunes uni- versitaires aujourd'hui, me dit-on, pour se consacrer à la re- cherche, c'est parce que les incertitudes et parfois le découra- gement s'emparent de ces milieux, on le dit aussi bien dans le milieu universitaire proprement dit que dans le milieu indus- triel de la recherche appliquée. Avec cela on aura réussi l'ex- ploit, pour ne rien gagner du tout sur le terrain de la protection des animaux, d'anémier un secteur qui est vital, dans les deux sens du terme, vital parce qu'il permet de faire reculer la mort, et ça n'est pas tout à fait secondaire, et vital parce qu'il anime des activités scientifiques et des activités économiques qui ont non seulement leur place, mais leur nécessité dans notre milieu.
Cette initiative est perverse, le comité d'initiative joue et abuse de la démocratie. Nous vous demandons de la repousser, comme l'a fait la commission de votre conseil, à l'unanimité.
Eintreten ist obligatorisch L'entrée en matière est acquise de plein droit
Detailberatung - Discussion par articles
Titel und Ingress, Art. 1, 2 Antrag der Kommission Zustimmung zum Beschluss des Nationalrates
Titre et préambule, art. 1, 2 Proposition de la commission Adhérer à la décision du Conseil national
Angenommen - Adopté
Gesamtabstimmung - Vote sur l'ensemble Für Annahme des Entwurfes
37 Stimmen (Einstimmigkeit)
An den Nationalrat - Au Conseil national
Tierschutz. Uebereinkommen Protection des animaux. Conventions
Botschaft und Beschlussentwurf vom 24. Juni 1992 (BBI V 1003) Message et projet d'arrêté du 24 juin 1992 (FF V 953)
Antrag der Kommission Eintreten Proposition de la commission Entrer en matière
M. Salvioni, rapporteur: Le Conseil de l'Europe s'est occupé à plusieurs reprises, dans les vingt dernières années, des pro- blèmes relatifs à la protection des animaux. Dans le passé, la Suisse a déjà ratifié deux de ces conventions. Aujourd'hui, le Conseil fédéral nous soumet trois nouvelles conventions: la première s'occupe de l'abattage des animaux. Nous savons que, dans les abattoirs, on procède parfois de façon un peu rude, le Conseil fédéral l'a d'ailleurs relevé. Cette convention prescrit que les animaux doivent être traités de manière cor- recte et avec le plus grand soin avant d'être conduits à l'abat- toir, afin de leur éviter des souffrances inutiles. Nous pouvons nous rallier à cette idée, d'autant plus que la nouvelle loi sur la protection des animaux et l'ordonnance sur le contrôle de la viande couvrent amplement ce secteur. Il faudra procéder à de petits ajustements sans importance. Le Conseil fédéral a dé- claré qu'il a l'intention d'intervenir également concernant le problème du transport des animaux, tant de ceux destinés à l'abattage que des autres. Cette assurance nous permet d'ac- cepter cette convention qui est reprise en grande partie dans la loi sur la protection des animaux.
La deuxième convention touche la protection des animaux destinés aux expérimentations. A ce titre, il faut souligner qu'après la révision de la loi sur la protection des animaux nous n'aurons pas besoin, si nous acceptons cette conven- tion, d'effectuer des modifications dans la législation actuelle, car la loi sur la protection des animaux couvre plus que le cent pour cent de cette convention.
La troisième convention concerne la protection des animaux de compagnie et la diminution des animaux errants. Pour les animaux de compagnie, deux problèmes se posent. La convention prévoit qu'il faut être âgé de 16 ans au minimum pour pouvoir posséder un animal. On pourrait donner ce droit à un jeune d'un âge inférieur, mais l'on sait combien les en- fants sont volages dans leurs désirs. On courrait le risque de faire augmenter le nombre des animaux errants qui auraient été abandonnés par leurs jeunes propriétaires. De toute façon, chaque enfant aura la possibilité de posséder un animal de compagnie, si vraiment il le désire, par l'entremise de ses pa- rents. Il s'agit donc d'une modification qui peut être acceptée. Le deuxième problème qui se pose est celui de la coupure des oreilles et de la queue des chiens de race. L'interdiction intro- duite dans la législation suisse de couper les oreilles a souvent été transgressée, l'intervention se faisant à l'étranger. Par conséquent, le Conseil fédéral a dû interdire l'importation des chiens avec les oreilles coupées. L'interdiction de couper la queue est une suite logique du principe selon lequel il ne faut pas mutiler les animaux. Certaines nations ont formulé une ré- serve à ce sujet. Après avoir procédé à une consultation, le Conseil fédéral a décidé de maintenir cette interdiction. Ce- pendant, l'Association des éleveurs de chiens a formulé une opposition, en soutenant qu'il s'agissait d'une nouvelle inter- vention étatique inutile. Les spécialistes affirment qu'il est plus facile et plus hygiénique d'entretenir des chiens à la queue coupée. En ce qui concerne les animaux de basse-cour, il fau- dra probablement s'occuper prochainement des interdictions touchant les porcs et les brebis.
De toute façon, votre commission vous propose de vous rallier au Conseil fédéral et d'accepter cette convention.
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