0.631.252.916.320•Convention entre la Confédération suisse et la République d’Autriche relative à la création de bureaux à contrôles nationaux juxtaposés et aux contrôles dans les véhicules en cours de route
0.631.252.916.320Bilateral International Treaty14 janv. 1965
Conclue le 2 septembre 1963
Approuvée par l’Assemblée fédérale le 11 mars 19641
Instruments de ratification échangés le 14 décembre 1964
Entrée en vigueur le 14 janvier 1965
(État le 14 janvier 1965)
Le Conseil fédéral suisse
et
le président de la République d’Autriche
Animés du désir de faciliter le franchissement de la frontière commune, ont décidé de conclure une convention et nommé à cet effet pour leurs plénipotentiaires respectifs, savoir:
(Suivent les noms des plénipotentiaires)
lesquels, après avoir échangé leurs pleins pouvoirs trouvés en bonne et due forme, sont convenus des dispositions suivantes:
(1). Les deuxÉtats faciliteront et accéléreront le contrôle dans le trafic par chemin de fer, par route et par bateau, conformément à la présente Convention. (2). A ces fins, ils
(3). Les Gouvernements des deuxÉtats sont autorisés à établir, transférer, modifier ou supprimer par voie d’accords:
a. Les bureaux à contrôles nationaux juxtaposés ainsi que les limites territoriales de leurs compétences;
b. Les parcours sur lesquels les agents de l’État limitrophe peuvent effectuer le contrôle dans les véhicules en cours de route;
c. Les parcours sur lesquels les agents de l’État limitrophe peuvent ramener dans leurÉtat les personnes arrêtées et les marchandises ou pièces à conviction saisies;
d. Les parcours sur lesquels les agents de l’État limitrophe peuvent accompagner des marchandises jusqu’à un autre bureau de contrôle du mêmeÉtat.
Aux termes de la présente Convention, l’expression:
(1). La zone peut comprendre:
(1). Toutes les prescriptions de l’État limitrophe applicables à l’occasion du franchissement de la frontière par des personnes et de l’entrée, de la sortie et du transit de marchandises et autres biens sont valables dans la zone comme elles le sont dans la commune à laquelle le bureau de contrôle de l’État limitrophe est rattaché; sous réserve de l’art. 5, elles seront appliquées par les agents de l’État limitrophe dans la même mesure et avec les mêmes conséquences que sur le territoire de leur propreÉtat. La commune à laquelle le bureau de contrôle de l’État limitrophe est rattaché sera désignée par le Gouvernement de cetÉtat. (2). Les infractions commises dans la zone contre les prescriptions de l’État limitrophe régissant le franchissement de la frontière par des personnes, ainsi que l’entrée, la sortie et le transit de marchandises et autres biens, sont réputées commises dans la commune de l’État limitrophe à laquelle le bureau de contrôle de cetÉtat est rattaché. (3). Le droit de l’État de séjour reste applicable dans la zone.
(1). Les agents de l’État limitrophe n’ont pas le droit d’arrêter des personnes en vue de leur extradition et de les emmener dans cetÉtat. (2). Les agents de l’État limitrophe n’ont pas le droit d’arrêter et d’emmener dans cetÉtat des personnes qui se rendent de l’État de séjour dans la zone pour des raisons autres que le franchissement de la frontière, sauf si elles enfreignent dans la zone les prescriptions de l’État limitrophe relatives au contrôle douanier. (3). En aucun cas, les agents de l’État limitrophe n’ont le droit d’arrêter dans la zone des ressortissants de l’État de séjour et de les emmener dans l’État limitrophe. Ils peuvent cependant amener ces personnes à leur bureau de contrôle dans l’État de séjour ou, à défaut, au bureau de contrôle de l’État de séjour pour un interrogatoire. Dans le premier cas, un agent de l’État de séjour sera invité à assister à l’interrogatoire si la personne intéressée en fait la demande après qu’elle aura été informée sur ce droit.
(1). Pour le contrôle dans la zone – et entant que rien d’autre n’est prévu dans les dispositions qui suivent – les actes officiels du pays de sortie doivent être effectués avant ceux du pays d’entrée. Dans l’intérêt de l’accélération du trafic, les actes officiels des deuxÉtats doivent autant que possible se succéder immédiatement. (2). Avant la fin du contrôle de sortie, à laquelle doit être assimilé le fait de renoncer à ce contrôle, les agents du pays d’entrée ne sont pas autorisés à commencer leur contrôle. (3). Les agents du pays de sortie ne peuvent plus effectuer leur contrôle lorsque les agents du pays d’entrée ont commencé leurs opérations de contrôle. Exceptionnellement, des opérations relatives au contrôle de sortie peuvent être reprises sur demande de la personne intéressée et avec l’assentiment de l’agent du pays d’entrée procédant au contrôle. (4). Les agents des deuxÉtats procédant au contrôle peuvent d’un commun accord déroger aux prescriptions du par. 1 sur l’ordre des opérations, lorsque l’intérêt d’un contrôle rapide paraît l’exiger. Dans ces cas exceptionnels, les agents du pays d’entrée ne pourront procéder à des arrestations ou à des saisies qu’après que le contrôle du pays de sortie sera terminé. S’ils veulent prendre une telle mesure, ils conduiront les personnes, les marchandises ou autres biens, pour lesquels le contrôle de sortie n’est pas encore terminé, auprès des agents du pays de sortie. Si ceux‑ci veulent procéder à des arrestations ou à des saisies, ils ont la priorité.
Les agents de l’État limitrophe peuvent transférer sur le territoire de leurÉtat les sommes d’argent perçues dans la zone ou dans les véhicules franchissant la frontière, ainsi que les marchandises et autres biens qui y ont été retenus ou saisis, ou les vendre dans l’État de séjour en observant les prescriptions légales qui y sont en vigueur, puis en transférer le produit dans l’État limitrophe.
(1). Les marchandises refoulées dans l’État limitrophe par les agents de celui‑ci lors du contrôle de sortie ou retournées dans l’État limitrophe, sur demande de la personne intéressée, avant le début du contrôle d’entrée dans l’État de séjour, ne sont soumises ni aux prescriptions d’exportation ni au contrôle de sortie de l’État de séjour. (2). Le retour dans le pays de sortie ne peut être refusé aux personnes refoulées par les agents du pays d’entrée. De même, la réimportation, dans le pays de sortie, de marchandises dont l’importation a été refusée par les agents du pays d’entrée, ne peut être refusée.
Dans les procédures concernant des infractions aux prescriptions douanières régissant le franchissement de la frontière par les personnes et les marchandises, commises dans la zone et découvertes pendant ou immédiatement après leur commission, les autorités compétentes de l’État de séjour procéderont, à la requête des autorités de l’État limitrophe, à l’audition des inculpés, des témoins et des experts ainsi qu’à toutes autres recherches et à la notification de pièces. Les prescriptions légales de l’État de séjour concernant la procédure à adopter pour la poursuite d’infractions du même genre sont applicables par analogie.
(1). Les autorités de l’État de séjour accordent aux agents de l’État limitrophe, pour l’exercice de leurs fonctions dans la zone, la même protection et assistance qu’à leurs propres agents. En particulier, les dispositions pénales en vigueur dans l’État de séjour pour la protection des fonctionnaires et de leurs actes officiels doivent également être appliquées en cas d’infractions commises contre les agents de l’État limitrophe. (2). L’action en responsabilité pour des dommages causés par les agents de l’État limitrophe dans la zone est soumise au droit et à la juridiction de l’État limitrophe comme si l’acte dommageable avait été commis dans la commune de l’État limitrophe à laquelle le bureau de contrôle est rattaché. Les ressortissants de l’État de séjour seront cependant assimilés aux ressortissants de l’État limitrophe.
(1). Les agents de l’État limitrophe appelés, en application de la présente Convention, à exercer leurs fonctions dans la zone, sont dispensés de l’obligation de passeport et de visa. Ils sont autorisés à franchir la frontière et à se rendre au lieu de leur service sur justification de leur identité et de leur qualité par la production de pièces officielles. Sont réservées les interdictions d’entrée qui frappent personnellement les agents de l’État limitrophe. (2). Les actes punissables qu’un agent de l’État limitrophe commet dans l’État de séjour doivent être portés à la connaissance de l’autorité dont dépend cet agent par les soins de l’autorité correspondante de l’État de séjour. (3). Les autorités compétentes de l’État limitrophe renonceront, sur la demande motivée des autorités compétentes de l’État de séjour, à l’emploi de leurs agents sur le territoire de cetÉtat ou rappelleront ceux‑ci.
Les agents de l’État limitrophe appelés, en application de la présente Convention, à exercer leurs fonctions dans la zone peuvent porter leur uniforme, leurs insignes de service et leurs armes réglementaires dans la zone, ainsi que sur le chemin entre leur résidence et leur lieu de service; ils y sont aussi autorisés – dans la mesure où le service l’exige – pour se rendre à un autre bureau de contrôle et en revenir. Ils ne doivent toutefois faire usage de leurs a mes qu’en cas de légitime défense.
(1). Les agents de l’État limitrophe appelés, en application de la présente Convention, à exercer leurs fonctions dans la zone et résidant dans l’État de séjour, sont soumis dans celui‑ci aux prescriptions réglant le séjour des étrangers. Ils obtiennent gratuitement l’autorisation de séjour qui pourrait être requise en vertu de ces prescriptions. (2). L’autorisation de séjour est également délivrée gratuitement aux membres de la famille vivant sous le toit des agents et n’exerçant aucune activité lucrative. Elle ne peut leur être refusée que s’ils sont sous le coup d’une décision d’interdiction d’entrée qui les frappe personnellement. L’octroi d’une autorisation d’exercer une activité lucrative est laissé à l’appréciation des autorités compétentes. Si une telle autorisation est accordée, sa délivrance peut donner lieu à la perception des taxes réglementaires. (3). La durée pendant laquelle les agents de l’État limitrophe exercent leurs fonctions dans l’État de séjour ou y résident n’est pas comprise dans les délais donnant droit à un traitement privilégié en vertu de conventions d’établissement existantes. Il en est de même pour les membres de la famille qui bénéficient d’une autorisation de séjour en raison de la présence du chef de famille dans l’État de séjour.
(1). Les agents de l’État limitrophe qui, en application de la présente Convention, doivent exercer leurs fonctions dans la zone et résident dans l’État de séjour, bénéficient, pour eux et pour les membres de leur famille vivant sous leur toit, de l’exemption de toutes les redevances d’entrée et de sortie sur leur mobilier, leurs effets personnels, y compris les véhicules, et sur les provisions de ménage usuelles, aussi bien lors de leur installation ou de la création d’un foyer dans l’État de séjour que lors de leur retour, pour autant que ces objets proviennent de la circulation libre de l’État limitrophe ou de l’État dans lequel l’agent ou les membres de sa famille étaient précédemment installés. Demeurent réservées les prescriptions de l’État de séjour concernant l’utilisation des biens admis en franchise, appartenant à des personnes qui s’y installent. (2). Ces agents, ainsi que les membres de leur famille vivant sous leur toit, sont exemptés, dans le domaine du droit public, de toutes prestations personnelles ou en nature dans l’État de séjour. En matière de service militaire et d’autres prestations auxquelles obligerait le droit publie, ils sont considérés comme ayant leur résidence dans l’État limitrophe. Il en va de même en matière de nationalité, pour autant qu’ils ne sont pas ressortissants de l’État de séjour. Ils ne sont soumis, dans l’État de séjour, à aucun impôt ou redevances dont les ressortissants de l’État de séjour domiciliés dans la même commune sont dispensés. (3). Les agents de l’État limitrophe qui, en application de la présente Convention, doivent exercer leurs fonctions dans la zone mais ne résident pas dans l’État de séjour, y sont exemptés, dans le domaine du droit public, de toutes prestations personnelles ou en nature. (4). Les conventions de double imposition qui ont été passées entre les Parties contractantes sont applicables, en ce qui concerne leurs traitements, aux agents de l’État limitrophe qui, en application de la présente Convention, doivent exercer leurs fonctions dans la zone. (5). Les salaires des agents de l’État limitrophe qui, en application de la présente Convention, doivent exercer leurs fonctions dans la zone, ne sont soumis à aucune restriction en matière de devises. Les agents pourront transférer librement dans l’État limitrophe les économies réalisées sur leur salaire.
Les attributions de contrôle et les heures de service des bureaux de contrôle des deuxÉtats seront, dans la mesure du possible, fixées de façon concordante.
Les autorités compétentes des deuxÉtats déterminent d’un commun accord:
Les locaux affectés aux bureaux de contrôle de l’État limitrophe doivent être signalés par des emblèmes ou des écussons officiels.
Les objets nécessaires au fonctionnement des bureaux de contrôle ou ceux dont les agents de l’État limitrophe ont besoin pendant leur service dans l’État de séjour, sont exemptés de droits de douane et de toutes redevances d’entrée et de sortie. Il n’y a pas lieu de fournir des sûretés. A moins qu’il n’en soit disposé autrement d’un commun accord par les autorités compétentes, les interdictions et restrictions d’importation et d’exportation, d’ordre économique, ne s’appliquent pas à ces objets. Il en est de même des véhicules de service ou privés que les agents utilisent soit pour l’exercice de leurs fonctions dans l’État de séjour, soit pour venir de leur lieu de résidence et y retourner, soit pour effectuer le trajet entre les deux bureaux de contrôle faisant partie d’un même point de franchissement de la frontière.
(1). L’État de séjour autorisera à titre gracieux, sous réserve cependant du paiement des frais d’installation et de location éventuels des équipements, les installations téléphoniques et télégraphiques (y compris les téléscripteurs) nécessaires au fonctionnement des bureaux de contrôle de l’État limitrophe dans l’État de séjour, ainsi que leur raccordement aux installations correspondantes de l’État limitrophe. Ces liaisons directes entre les services de l’État limitrophe ne peuvent être utilisées que pour les besoins du service. Ces communications sont considérées comme des communications internes de l’État limitrophe. (2). Les Gouvernements des deuxÉtats s’engagent à accorder, aux mêmes fins et dans la mesure du possible, toutes facilités en ce qui concerne l’utilisation d’autres moyens de télécommunications. (3). Au surplus, sont réservées les prescriptions des deuxÉtats en matière de construction, d’entretien et d’exploitation des installations de télécommunications.
Les envois de service, expédiés des bureaux de contrôle de l’État limitrophe à des services dans cetÉtat ou inversement, peuvent être transportés par les soins des agents duditÉtat sans l’intermédiaire de l’administration postale ou ferroviaire de l’État de séjour et avec exemption de toutes taxes.
(1). Les personnes qui ont leur résidence ou leur siège dans l’un des deuxÉtats peuvent effectuer, auprès des bureaux à contrôles nationaux juxtaposés des deuxÉtats, toutes les opérations relatives au contrôle, sans autorisation spéciale. Les autorités de l’autreÉtat doivent leur accorder le même traitement qu’aux propres ressortissants de cetÉtat. (2). Les dispositions du par. 1 ci‑dessus sont également applicables aux personnes qui effectuent ces opérations dans le cadre de leur activité professionnelle. Ils peuvent à cet effet employer indifféremment du personnel suisse ou autrichien. (3). En ce qui concerne le franchissement de la frontière et le séjour dans cetÉtat, les prescriptions générales de l’État de séjour sont applicables aux personnes visées aux paragraphes ci‑dessus. Les facilités compatibles avec ces prescriptions doivent être accordées. Si l’activité, que ces personnes déploient lors du contrôle, est soumise à une autorisation, du fait qu’elles l’exercent dans la zone en tant qu’étrangers venant de l’État limitrophe, cette autorisation doit être délivrée gratuitement.
Les administrations compétentes des deuxÉtats déterminent d’un commun accord les mesures nécessaires à l’application de la présente Convention.
(1). Une Commission Mixte austro‑suisse, qui sera constituée aussitôt que possible après l’entrée en vigueur de la présente Convention, aura pour mission:
(2). La Commission sera composée de huit membres, dont quatre seront désignés par chacun desÉtats contractants. Elle choisira son Président alternativement parmi les membres suisses et les membres autrichiens. Les membres de la Commission pourront être assistés d’experts.
Dans l’intérêt de sa sécurité ou en raison de tout autre intérêt public impératif chaqueÉtat contractant peut déclarer temporairement ou localement inapplicables les dispositions de la présente Convention ou les arrangements prévus à l’art. 1. Le Gouvernement de l’autreÉtat doit en être informé sans délai.
(1). La présente Convention sera ratifiée et les instruments de ratification seront échangés aussitôt que possible à Vienne. (2). La présente Convention entrera en vigueur un mois après l’échange des instruments de ratification. (3). La présente Convention peut être dénoncée en tout temps; elle prendra fin deux ans après sa dénonciation.
En foi de quoi, les Plénipotentiaires respectifs ont apposé leur signature au bas de la présente Convention et l’ont revêtue de leur sceau.Fait à Berne, le 2 septembre 1963, en deux exemplaires originaux en langue allemande.
| Pour la Confédération suisse: Wahlen | Pour la République d’Autriche: Tursky |
|---|
Lors de la signature de la Convention conclue aujourd’hui entre la Confédération suisse et la République d’Autriche, relative à la création de bureaux à contrôles nationaux juxtaposés et aux contrôles dans les véhicules en cours de route, les Plénipotentiaires soussignés sont convenus des dispositions suivantes qui font partie intégrante de la Convention:
| Pour la Confédération suisse: Wahlen | Pour la République d’Autriche: Tursky |
|---|
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