0.814.324•Protocole à la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, de 1979, relatif à une nouvelle réduction des émissions de soufre
0.814.324Multilateral International Treaty5 août 1998
Conclu à Oslo le 14 juin 1994
Approuvé par l’Assemblée fédérale le 22 septembre 19971
Instrument de ratification déposé par la Suisse le 23 janvier 1998
Entré en vigueur pour la Suisse le 5 août 1998
(Etat le 19 septembre 2014)
Les Parties,
décidées à donner effet à la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance2,
préoccupées par le fait que, dans les régions exposées de l’Europe et de l’Amérique du Nord, les émissions de soufre et d’autres polluants atmosphériques continuent d’être transportées par-delà les frontières internationales et causent des dommages étendus à des ressources naturelles d’importance vitale pour l’environnement et l’économie, comme les forêts, les sols et les eaux, et aux matériaux, y compris les monuments historiques, et ont, dans certaines circonstances, des effets nocifs pour la santé,
résolues à prendre des mesures de précaution en prévision des émissions de polluants atmosphériques et afin de prévenir ou de réduire au minimum ces émissions et d’en atténuer les effets nocifs,
convaincues qu’en cas de risque de dommage grave ou irréversible, l’absence de certitude scientifique absolue ne saurait être une raison pour remettre à plus tard de telles mesures, étant entendu que les mesures à titre de précaution prises au sujet des émissions de polluants atmosphériques devraient avoir le meilleur rapport coût-efficacité,
conscientes du fait que les mesures prises pour limiter les émissions de soufre et d’autres polluants atmosphériques contribueront aussi à protéger le milieu sensible de la région arctique,
considérant que les principales sources de pollution atmosphérique, qui contribuent à l’acidification du milieu, sont la combustion de combustibles fossiles pour la production d’énergie et les principaux procédés technologiques utilisés dans divers secteurs industriels ainsi que les transports, qui entraînent des émissions de soufre, d’oxydes d’azote et d’autres polluants,
conscientes de la nécessité d’adopter, dans la lutte contre la pollution atmosphérique, une approche régionale basée sur le meilleur rapport coût-efficacité, qui tienne compte des variations des effets et des coûts de cette lutte entre les pays,
désireuses de prendre de nouvelles mesures plus efficaces pour maîtriser et réduire les émissions de soufre,
cachant qu’une politique de limitation des émissions de soufre, quel que soit son rapport coût-efficacité au plan régional, entraînera une charge économique relativement lourde pour les pays en transition vers l’économie de marché,
ayant à l’esprit que les mesures prises pour réduire les émissions de soufre ne sauraient être un moyen d’exercer une discrimination arbitraire ou injustifiable, ni une façon détournée de restreindre la concurrence et les échanges internationaux,
prenant en considération les données scientifiques et techniques existantes sur les émissions, les processus atmosphériques et les effets sur l’environnement des oxydes de soufre, ainsi que sur le coût des mesures de réduction,
sachant que, tout comme les émissions de soufre, les émissions d’oxydes d’azote et d’ammoniac provoquent une acidification du milieu,
notant qu’en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques3, adoptée à New York le 9 mai 1992, un accord a été établi pour l’élaboration des politiques nationales et l’établissement des mesures correspondantes afin de lutter contre les changements climatiques, ce qui devrait, en principe, déboucher sur une réduction des émissions de soufre,
affirmant la nécessité d’assurer un développement durable et écologiquement rationnel,
reconnaissant qu’il est nécessaire de poursuivre la coopération scientifique et technique pour affiner l’approche fondée sur les charges critiques et les niveaux critiques et de faire des efforts pour évaluer plusieurs polluants atmosphériques et leurs divers effets sur l’environnement, les matériaux et la santé,
soulignant le fait que les connaissances scientifiques et techniques progressent et qu’il importera de prendre leur développement en considération lorsqu’on examinera la pertinence des obligations contractées en vertu du présent Protocole et qu’on décidera des mesures ultérieures à prendre,
prenant acte du Protocole relatif à la réduction des émissions de soufre ou de leurs flux transfrontières d’au moins 30 pour cent4, adopté à Helsinki le 8 juillet 1985, et des mesures déjà prises par de nombreux pays, qui ont eu pour effet de réduire les émissions de soufre,
sont convenus de ce qui suit:
Aux fins du présent Protocole,
doit au minimum réduire et stabiliser ses émissions annuelles de soufre dans les zones mentionnées, en respectant le calendrier et les niveaux spécifiés à l’annexe II. 4. En outre, les Parties appliquent à l’égard des sources nouvelles et des sources existantes les mesures de réduction des émissions de soufre les plus efficaces adaptées à leur situation particulière, notamment: – des mesures visant à accroître l’efficacité énergétique; – des mesures visant à accroître l’exploitation des énergies renouvelables; – des mesures visant à réduire la teneur en soufre de certains combustibles et à encourager l’emploi de combustibles à faible teneur en soufre, y compris l’emploi combiné de combustibles à forte teneur en soufre et de combustibles à faible teneur en soufre ou ne contenant pas de soufre; – des mesures propres à permettre l’utilisation, pour lutter contre les émissions, des meilleures technologies disponibles n’entraînant pas de coût excessif;
en s’inspirant des principes directeurs énoncés à l’annexe IV.
5. Toutes les Parties, à l’exception de celles liées par l’Accord sur la qualité de l’air conclu par les Etats-Unis et le Canada en 1991, doivent au minimum:
6. Les Parties peuvent, en outre, utiliser des instruments économiques pour encourager l’adoption de méthodes de réduction des émissions de soufre du meilleur rapport coût-efficacité.
7. Les Parties au présent Protocole peuvent, lors d’une session de l’Organe exécutif, conformément aux règles et conditions que l’Organe exécutif définira et adoptera, décider si deux Parties ou plus peuvent s’acquitter conjointement des obligations énoncées à l’annexe II. Ces règles et conditions doivent garantir l’exécution des obligations énoncées au par. 2 ci-dessus et, également, promouvoir la réalisation des objectifs environnementaux énoncés au par. 1 ci-dessus.
8. Les Parties, sous réserve des résultats du premier examen prévu à l’art. 8 et un an au plus tard après l’achèvement dudit examen, entreprennent des négociations au sujet des nouvelles obligations à assumer pour réduire les émissions.
pour maîtriser et réduire les émissions de soufre.
2. Chaque Partie rassemble et tient à jour des informations:
conformément à la décision relative à la présentation et à la teneur des informations, que les Parties adopteront à une session de l’Organe exécutif. Les termes de cette décision seront revus si nécessaire, pour déterminer tout élément supplémentaire concernant la présentation et/ou la teneur des informations à communiquer.
2. Chaque Partie située dans la zone géographique des activités de l’EMEP communique à ce dernier, par l’intermédiaire du Secrétaire exécutif de la Commission, à intervalles à fixer par l’Organe directeur de l’EMEP et approuvés par les Parties lors d’une session de l’Organe exécutif, des informations sur les niveaux des émissions de soufre selon la résolution temporelle et spatiale spécifiée par l’Organe directeur de l’EMEP.
3. En temps voulu avant chaque session annuelle de l’Organe exécutif, l’EMEP fournit des informations:
Les Parties situées en dehors de la zone géographique des activités de l’EMEP communiquent des informations similaires si l’Organe exécutif en fait la demande. 4. L’Organe exécutif, en application du par. 2b) de l’art. 10 de la Convention, prend les dispositions voulues pour établir des informations sur les effets des dépôts de soufre oxydé et d’autres composés acidifiants. 5. Lors des sessions de l’Organe exécutif, les Parties prennent les dispositions voulues pour l’établissement, à intervalles réguliers, d’informations révisées sur les allocations de réductions des émissions calculées et optimisées au niveau international pour les Etats situés dans la zone géographique des activités de l’EMEP, au moyen de modèles d’évaluation intégrée, en vue de réduire davantage, aux fins du par. 1 de l’art. 2 du présent Protocole, l’écart entre les dépôts effectifs des composés oxydés de soufre et les valeurs des charges critiques.
Les Parties encouragent la recherche-développement, la surveillance et la coopération dans les domaines suivants:
Lors des sessions de l’Organe exécutif, les Parties, en application du par. 2a) de l’art. 10 de la Convention, examinent les informations fournies par les Parties et par l’EMEP, les données sur les effets des dépôts de composés du soufre et d’autres composés acidifiants et les rapports du Comité d’application visés au par. 1 de l’art. 7 du présent Protocole.
ii) l’adéquation des obligations et les progrès réalisés en vue d’atteindre les objectifs du présent Protocole;
b) pour les examens, il est tenu compte des meilleures informations scientifiques disponibles concernant l’acidification, notamment les évaluations des charges critiques, des progrès technologiques, de l’évolution de la situation économique et de la mesure dans laquelle les obligations concernant les niveaux des émissions sont respectées;
c) dans le cadre de ces examens, toute Partie dont les obligations concernant les plafonds des émissions de soufre, telles que spécifiées à l’annexe II du présent Protocole, ne correspondent pas aux réductions des émissions optimisées au niveau international la concernant calculées pour réduire d’au moins 60 % la différence entre les dépôts de soufre en 1990 et les dépôts critiques pour les composés du soufre à l’intérieur de la zone géographique des activités de l’EMEP, fait tout son possible pour s’acquitter des obligations révisées;
d) les modalités, les méthodes et le calendrier de ces examens sont spécifiés par les Parties lors d’une session de l’Organe exécutif. Le premier examen de ce type doit être achevé en 1997.
Une Partie qui est une organisation d’intégration économique régionale peut faire une déclaration dans le même sens en ce qui concerne l’arbitrage conformément à la procédure visée à l’al. b) ci-dessus. 3. La déclaration faite en application du par. 2 reste en vigueur jusqu’à ce qu’elle expire conformément à ses propres termes ou jusqu’à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la date à laquelle notification écrite de la révocation de cette déclaration a été déposée auprès du Dépositaire. 4. Le dépôt d’une nouvelle déclaration, la notification de la révocation d’une déclaration ou l’expiration d’une déclaration n’affecte en rien une procédure engagée devant la Cour internationale de Justice ou le tribunal arbitral, à moins que les Parties au différend n’en conviennent autrement. 5. Sauf dans le cas où les Parties à un différend ont accepté le même moyen de règlement prévu au par. 2, si, à l’expiration d’un délai de douze mois à compter de la date à laquelle une Partie a notifié à une autre Partie l’existence d’un différend entre elles, les Parties concernées ne sont pas parvenues à régler leur différend en utilisant les moyens visés au par. 1, le différend, à la demande de l’une quelconque des Parties au différend, est soumis à conciliation. 6. Aux fins du par. 5, une commission de conciliation est créée. La commission est composée de membres désignés, en nombre égal, par chaque Partie concernée ou, lorsque plusieurs Parties à la procédure de conciliation font cause commune, par l’ensemble de ces Parties, et d’un président choisi conjointement par les membres ainsi désignés. La commission émet une recommandation que les Parties examinent de bonne foi.
Les annexes du présent Protocole font partie intégrante du protocole. Les annexes I et IV ont un caractère de recommandation.
Les instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion sont déposés auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, qui exerce les fonctions de Dépositaire.
A tout moment après l’expiration d’un délai de cinq ans commençant à courir à la date à laquelle le présent Protocole est entré en vigueur à l’égard d’une Partie, cette Partie peut dénoncer le Protocole par notification écrite adressée au Dépositaire. La dénonciation prend effet le quatre-vingt-dixième jour qui suit la date de réception de sa notification par le Dépositaire, ou à toute autre date ultérieure qui peut être spécifiée dans la notification de la dénonciation.
L’original du présent protocole, dont les textes anglais, français et russe sont également authentiques, est déposé auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.
En foi de quoi, les soussignés, à ce dûment autorisés, ont signé le présent Protocole.Fait à Oslo, le quatorze juin mille neuf cent quatre-vingt-quatorze.
(au cinquième percentile en centigrammes de soufre par mètre carré et par an)
Ajusté en décembre 20016
Les plafonds des émissions de soufre indiqués sur le tableau ci-après correspondent aux obligations dont il est fait état aux par. 2 et 3 de l’art. 2 du présent Protocole. Les niveaux d’émission pour 1980 et 1990 et les pourcentages de réduction des émissions qui figurent ci-après ne sont indiqués que pour information.
| Niveau d’émission kt SO | Plafonds des émissions de soufre1 kt SO | Réduction des émissions en pourcentage (année de base 19802) | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1980 | 1990 | 2000 | 2005 | 2010 | 2000 | 2005 | 2010 | ||
| Autriche | 397 | 90 | 78 | – | – | 80 | – | – | |
| Bélarus | 740 | – | 456 | 400 | 370 | 38 | 46 | 50 | |
| Belgique | 828 | 443 | 248 | 232 | 215 | 70 | 72 | 74 | |
| Bulgarie | 2050 | 2020 | 1374 | 1230 | 1127 | 33 | 40 | 45 | |
| Canada | – national | 4614 | 3700 | 3200 | – | – | 30 | – | – |
| – ZGOS | 3245 | – | 1750 | – | – | 46 | – | – | |
| Croatie | 150 | 160 | 133 | 125 | 117 | 11 | 17 | 22 | |
| République tchèque | 2257 | 1876 | 1128 | 902 | 632 | 50 | 60 | 72 | |
| Danemark | 451 | 180 | 90 | – | – | 80 | – | – | |
| Finlande | 584 | 260 | 116 | – | – | 80 | – | – | |
| France | 3348 | 1202 | 868 | 770 | 737 | 74 | 77 | 78 | |
| Allemagne | 7494 | 5803 | 1300 | 990 | – | 83 | 87 | ||
| Grèce | 400 | 510 | 595 | 580 | 570 | 0 | 3 | 4 | |
| Hongrie | 1632 | 1010 | 898 | 816 | 653 | 45 | 50 | 60 | |
| Irlande | 222 | 168 | 155 | – | – | 30 | – | – | |
| Italie | 3800 | – | 1330 | 1042 | – | 65 | 73 | – | |
| Liechtenstein | 0,4 | 0,1 | 0,1 | – | – | 75 | – | – | |
| Luxembourg | 24 | – | 10 | – | – | 58 | – | – | |
| Monaco3 | 0,08 | 0,07 | 0,07 | 0,05 | 0,04 | 13 | 38 | 50 | |
| Pays-Bas | 466 | 207 | 106 | – | – | 77 | – | – | |
| Norvège | 142 | 54 | 34 | – | – | 76 | – | – | |
| Pologne | 4100 | 3210 | 2583 | 2173 | 1397 | 37 | 47 | 66 | |
| Portugal | 266 | 284 | 304 | 294 | – | 0 | 3 | – | |
| Fédération de Russie4 | 7161 | 4460 | 4440 | 4297 | 4297 | 38 | 40 | 40 | |
| Slovaquie | 843 | 539 | 337 | 295 | 240 | 60 | 65 | 72 | |
| Slovénie | 235 | 195 | 130 | 94 | 71 | 45 | 60 | 70 | |
| Espagne | 3319 | 2316 | 2143 | – | – | 35 | – | – | |
| Suède | 507 | 130 | 100 | – | – | 80 | – | – | |
| Suisse | 126 | 62 | 60 | – | – | 52 | – | – | |
| Ukraine | 3850 | – | 2310 | – | – | 40 | – | – | |
| Royaume-Uni | 4898 | 3780 | 2449 | 1470 | 980 | 50 | 70 | 80 | |
| Communauté européenne | 25513 | – | 9598 | – | – | 62 | – | – |
Notes
| 1 | Si, au cours d’une année donnée avant 2005, une Partie constate qu’en raison d’un hiver particulièrement froid, d’un été particulièrement sec et d’une perte passagère et imprévue de capacité dans le réseau de distribution d’électricité, sur le territoire national ou dans un pays voisin, elle n’est pas en mesure d’observer les obligations assumées en vertu de la présente annexe, elle peut néanmoins s’acquitter desdites obligations en calculant la moyenne de ses émissions annuelles nationales de soufre durant l’année en question, l’année qui précède celle-ci et l’année qui la suit, sous réserve que le niveau des émissions au cours d’une année quelconque ne dépasse pas de plus de 20 % le plafond fixé. |
|---|---|
| Le motif du dépassement au cours d’une année donnée et la méthode de calcul de la moyenne pour les trois années seront communiqués au Comité d’application. | |
| 2 | Pour la Grèce et le Portugal, le pourcentage indiqué de réduction des émissions est fondé sur le plafond des émissions de soufre fixé pour l’an 2000. |
| 3 | Les chiffres pour Monaco ont été adoptés lors de la dix-neuvième session de l’Organe exécutif. |
| 4 | Partie européenne à l’intérieur de la zone de l’EMEP. |
La ZGOS suivante est indiquée aux fins du présent Protocole:
La ZGOS du Sud-Est canadien
Cette zone couvre une superficie de 1 million de km2englobant tout le territoire des provinces de l’île du Prince-Edouard, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, tout le territoire de la province du Québec au sud d’une ligne droite allant du Havre-Saint-Pierre, sur la côte septentrionale du golfe du Saint-Laurent au point où la frontière Québec–Ontario coupe la côte de la baie James, ainsi que tout le territoire de la province de l’Ontario au sud d’une ligne droite allant du point où la frontière Ontario–Québec coupe la côte de la baie James au fleuve Nipigon, près de la rive septentrionale du lac Supérieur.
1. L’annexe a pour but d’aider à déterminer les options et techniques de lutte contre les émissions de soufre propres à assurer le respect des obligations du présent Protocole.
2. Elle est fondée sur des renseignements concernant les options générales relatives à la réduction des émissions de soufre, en particulier sur les résultats et les coûts de l’application des techniques de lutte qui figurent dans la documentation officielle de l’Organe exécutif et de ses organes subsidiaires.
3. Sauf indication contraire, les mesures de réduction qui sont énumérées sont considérées, sur la base d’une expérience pratique acquise, dans la plupart des cas, sur plusieurs années, comme les meilleures techniques disponibles, les mieux établies et les plus rentables. Toutefois, l’expérience toujours plus vaste des techniques peu polluantes appliquées dans les nouvelles installations, ainsi que de l’adaptation antipollution des installations existantes, impose le réexamen régulier de la présente annexe.
4. Bien que l’annexe énumère un certain nombre de mesures et de techniques au coût et à l’efficacité très variables, elle ne saurait être considérée comme un tableau exhaustif des moyens de lutte possibles. De plus, le choix des mesures et techniques à appliquer dans un cas particulier dépend de divers facteurs, notamment la législation et les dispositions réglementaires en vigueur, et, en particulier, les prescriptions relatives aux techniques de lutte, la composition des énergies primaires, l’infrastructure industrielle, la conjoncture économique et l’état de l’installation.
5. L’annexe vise essentiellement la lutte contre les émissions de soufre oxydé considérées comme le total du dioxyde de soufre (SO2) et du trioxyde de soufre (SO3), exprimés pondéralement en SO2. La part de soufre émise sous forme d’oxydes de soufre ou d’autres composés sulfureux, sans combustion, est faible par rapport aux émissions de soufre résultant d’une combustion.
6. Si des mesures ou techniques sont prévues pour lutter contre des sources de soufre émettant aussi d’autres éléments, en particulier des oxydes d’azote (NOX) des particules, des métaux lourds et des composés organiques volatils (COV), il vaut la peine de les considérer en corrélation avec les moyens applicables à ces autres polluants, afin de porter au maximum l’effet de réduction d’ensemble et de réduire au minimum les atteintes à l’environnement, et en particulier d’éviter que la pollution ne se reporte sur d’autres milieux (p. ex. sur les eaux résiduaires et les déchets solides).
7. La combustion de combustibles fossiles est la principale source d’origine humaine des émissions de soufre provenant de sources fixes. En outre, certaines opérations autres que la combustion peuvent contribuer beaucoup à ces émissions. Selon l’EMEP/CORINAIR’90, les grandes catégories de sources fixes sont les suivantes:
ii) Installations de combustion commerciales, institutionnelles et résidentielles:
a) chaudières commerciales;
b) réchauffeurs domestiques;
iii) Installations de combustion industrielles et procédés à combustion:
a) chaudières et réchauffeurs industriels;
b) opérations, par exemple en métallurgie: grillage et frittage, cokéfaction, traitement du dioxyde de titane (TiO2), etc.;
c) fabrication de pâte à papier;
iv) Opérations autres que la combustion, par exemple la production d’acide sulfurique, certaines synthèses organiques, le traitement des surfaces métalliques;
v) Extraction, transformation et distribution de combustibles fossiles;
vi) Traitement et élimination des déchets (traitement thermique des ordures ménagères et déchets industriels, etc.).
8. Dans la région de la CEE, d’après les données dont on dispose pour 1990, environ 88 % des émissions de soufre sont imputables à l’ensemble des procédés de combustion (dont 20 % dans l’industrie), 5 % aux procédés de fabrication et 7 % aux raffineries de pétrole. Dans nombre de pays, les centrales électriques sont la principale source de ces émissions. Dans certains pays, le secteur industriel (raffineries comprises) est lui aussi une source importante d’émissions de SO2. Si les émissions en provenance des raffineries sont relativement faibles dans la région de la CEE, la teneur en soufre des produits pétroliers est une cause importante des émissions de soufre provenant d’autres sources. Généralement, 60 % du soufre présent dans les produits bruts subsistent, 30 % sont récupérés sous forme de soufre élémentaire et 10 % sont émis par les cheminées de raffinerie.
9. Les moyens généraux de réduire les émissions de soufre sont les suivants:
L’utilisation rationnelle de l’énergie (amélioration du rendement et de l’application des procédés, production mixte et/ou gestion de la demande) entraîne habituellement une réduction des émissions de soufre.
b) Utilisation de plusieurs sources d’énergie
En général, on arrive à réduire les émissions de soufre en augmentant dans la gamme des énergies la proportion de celles qui ne nécessitent pas de combustion (hydraulique, nucléaire, éolienne, etc.). Mais d’autres atteintes à l’environnement doivent être considérées,
ii) Moyens techniques:
a) Renoncement à certains combustibles
Le SO2émis pendant la combustion est directement lié à la teneur en soufre du combustible employé.
Le remplacement de certains combustibles (p. ex. des charbons très soufrés par des charbons peu soufrés et/ou des combustibles liquides, ou bien du charbon par le gaz) entraîne une diminution des émissions de soufre, mais peut se heurter à certaines difficultés, par exemple celle d’obtenir des combustibles peu soufrés ou l’adaptabilité des systèmes de combustion en place à d’autres combustibles. Dans beaucoup de pays de la CEE, on remplace actuellement des installations fonctionnant au charbon ou aux hydrocarbures par des installations au gaz. La mise en place d’installations mixtes pourrait faciliter le remplacement des combustibles.
b) Epuration des combustibles
L’épuration du gaz naturel, parfaitement au point, est largement utilisée pour des raisons pratiques.
L’épuration des gaz de l’industrie (gaz acide de raffinerie, gaz de four à coke, biogaz, etc.) est, elle aussi, parfaitement rodée.
Il en est de même pour la désulfuration des combustibles liquides (fractions légères et moyennes).
La désulfuration des fractions lourdes est techniquement réalisable, mais il n’en faut pas moins tenir compte des propriétés du brut. La désulfuration des résidus présents dans l’atmosphère (produits de bas de colonne d’unités de distillation atmosphérique de pétrole brut) pour obtenir un combustible pétrolier à faible teneur en soufre n’est toutefois pas couramment pratiquée. Il est généralement préférable de traiter du brut peu soufré. L’hydrocraquage et les techniques de conversion totale sont maintenant bien au point et associent une forte élimination du soufre à une amélioration du rendement des produits légers. Les raffi-
neries pratiquant des conversions totales sont encore peu nombreuses. Généralement, ces raffineries récupèrent 80 à 90 % du soufre présent et convertissent tous les résidus en produits légers ou autres produits commercialisables. Ce type de raffineries consomme davantage d’énergie et exige des investissements plus importants. La teneur en soufre des produits de raffinage est indiquée dans le tableau 1 ci‑dessous.
| Teneur en soufre des produits du raffinage | |
|---|---|
| (Teneur en soufre [%]) |
Tableau 1
| Combustible | Classique actuellement | Attendue pour l’avenir | |
|---|---|---|---|
| Essence | 0,1 | 0,05 | |
| Carburéacteur | 0,1 | 0,01 | |
| Carburant diesel | 0,05–0,3 | <0,05 | |
| Huile de chauffe | 0,1–0,2 | <0,1 | |
| Fioul | 0,2–3,5 | <1 | |
| Diesel marin | 0,5–1,0 | <0,5 | |
| Soutes | 3,0–5,0 | <1 (zones côtières) | |
| <2 (haute mer) |
Les techniques modernes d’épuration de l’anthracite permettent d’éliminer environ la moitié du soufre inorganique (selon les propriétés du charbon), mais pas le soufre organique. On a entrepris de mettre au point des techniques plus efficaces qui impliquent toutefois des coûts et des investissements plus élevés. Ainsi, la désulfuration par épuration du charbon est moins rentable que la désulfuration des gaz de combustion. Il semble que l’on puisse trouver, dans chaque pays, le moyen de combiner au mieux ces deux procédés.
c) Techniques de combustion modernes
Il s’agit de techniques de combustion dont le rendement technique a été amélioré et qui émettent moins de soufre: combustion en lit fluidisé (CLF); lit bouillonnant (CLFB); lit circulant (CLFC) et lit sous pression (CLFSP); cycle combiné avec gazéification intégrée (CCGI) et turbines à gaz pour cycle combiné (TGCC).
On peut intégrer des turbines à gaz fixes aux systèmes de combustion des centrales électriques traditionnelles, ce qui permet d’améliorer le rendement général de 5 à 7 % et entraîne, par exemple, une réduction sensible des émissions de SO2. Toutefois, cette intégration nécessite une modification profonde des chaudières.
La combustion en lit fluidisé, mise au point pour l’anthracite et le lignite, s’accommode aussi d’autres combustibles solides, tels que le coke de pétrole et des combustibles pauvres comme les déchets, la tourbe et le bois. On peut réduire encore les émissions en intégrant aux foyers un dispositif de réglage de la combustion par adjonction de chaux/calcaire aux matériaux constitutifs du lit. La puissance installée totale des CLF a atteint environ 30 000 MWth(250 à 350 installations), y compris 8000 MWthdans la gamme des puissances supérieures à 50 MWth. L’utilisation et/ou l’élimination des sous-produits issus de ce procédé peuvent poser des problèmes et de nouvelles adaptations sont donc nécessaires.
Le CCGI comprend la gazéification du charbon et la production d’électricité en cycle combiné dans une turbine à gaz et à vapeur. Le charbon gazéifié est brûlé dans la chambre de combustion de la turbine à gaz. Pour réduire les émissions de soufre, on a recours aux méthodes les plus modernes d’épuration du gaz brut en amont de la turbine à gaz. Cette technique est également appliquée aux résidus d’huile lourde et à l’émulsion bitumineuse. La puissance installée est actuellement de quelque 1000 MWel(cinq installations).
Des centrales à gaz à turbines en cycle combiné fonctionnant au gaz naturel avec un rendement énergétique d’environ 48 à 52 % sont actuellement à l’étude.
d) Modifications des procédés et du mode de combustion
On ne peut modifier le mode de combustion comme on le fait pour réduire les émissions de NOX, étant donné que la quasi-totalité du soufre organique et/ou inorganique s’oxyde pendant la combustion (le soufre restant, dont la quantité dépend des propriétés du combustible et de la technique de combustion, se retrouve dans la cendre).
Dans la présente annexe, les procédés additifs par voie sèche utilisés dans les chaudières classiques sont considérés comme des modifications de procédé du fait de l’injection d’un agent dans la chambre de combustion. L’expérience a toutefois montré que lorsqu’on applique ces procédés, la capacité thermique diminue, le rapport Ca/S est élevé et la désulfuration peu active. Les problèmes que pose la réutilisation du sous-produit doivent être pris en compte, de sorte que cette solution devrait être normalement retenue en tant que mesure intermédiaire et ce pour de petites installations (tableau 2).
Tableau 2
| Emissions non mesures | Injection d’additifs | Lavage1 | Absorption à sec par pulvérisation2 | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux d’élimination (%) | Jusqu’à 60 | 95 | Jusqu’à 90 | |||||
| Rendement énergétique (kW | 0,1–1 | 6–10 | 3–6 | |||||
| Puissance totale installée (CEE Eur) (MW | 194 000 | 16 000 | ||||||
| Type de sous-produits | Mélange de sels de Ca et de cendres volantes | Gypse (boues/eaux usées) | Mélange de CaSO ½ H | |||||
| Dépense d’investissement spécifique (Ecu [1990]/kW | 20–50 | 60–250 | 50–220 | |||||
| mg/m3 3 | g/kWh | mg/m3 3 | g/kWh | mg/m3 3 | g/kWh | mg/m3 3 | g/kWh | |
| Anthracite4 | 1000–10 000 | 3,5–35 | 400–4000 | 1,4–14 | <400 (<200, 1 % S) | <1,4 <0,7 | <400 (<200, 1 % S) | <1,4 <0,7 |
| Lignite4 | 1000–20 000 | 4,2–84 | 400–8000 | 1,7–33,6 | <400 (<200, 1 % S) | <1,7 <0,8 | <400 (<200, 1 % S) | <1,7 <0,8 |
| Fioul lourd4 | 1000–10 000 | 3,8–28 | 400–4000 | 1,1–11 | <400 (<200, 1 % S) | <1,1 <0,6 | <400 (<200, 1 % S) | <1,1 <0,6 |
| Absorption ammoniacale2 | Wellmann Lord1 | Charbon activé1 | Extraction catalytique combinée1 | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux d’élimination (%) | Jusqu’à 90 | 95 | 95 | 95 | ||||
| Rendement énergétique (kW | 3–10 | 10–15 | 4–8 | 2 | ||||
| Puissance totale installée (CEE Eur) (MW | 200 | 2000 | 700 | 1300 | ||||
| Type de sous-produits | Engrais ammoniacaux | S élémentaire Acide sulfurique (99 % en volume) | S élémentaire Acide sulfurique (99 % en volume) | Acide sulfurique (70 % en poids) | ||||
| Dépense d’investissement spécifique (Ecu [1990]/kW | 230–2705 | 200–3005 | 280–3205, 6 | 320–3505, 6 | ||||
| mg/m3 3 | g/kWh | mg/m3 3 | g/kWh | mg/m3 3 | g/kWh | mg/m3 3 | g/kWh | |
| Anthracite4 | <400 (<200, 1 % S) | <1,4 <0,7 | <400 (<200, 1 % S) | <4 <0,7 | <400 (<200, 1 % S) | <1,4 <0,7 | <400 (<200, 1 % S) | <4 <0,7 |
| Lignite4 | <400 (<200, 1 % S) | <1,7 <0,8 | <400 (<200, 1 % S) | <1,7 <0,8 | <400 (<200, 1 % S) | <1,7 <0,8 | <400 (<200, 1 % S) | <1,7 <0,8 |
| Fioul lourd4 | <400 (<200, 1 % S) | <1,1 <0,6 | <400 (<200, 1 % S) | <1,1 <0,6 | <400 (<200, 1 % S) | <1,1 <0,6 | <400 (<200, 1 % S) | <1,1 <0,6 |
Notes
| 1 | Pour les combustibles à forte teneur en soufre, le degré de désulfuration doit être adapté. Mais cela peut dépendre de la nature du procédé employé. Applicabilité de ces procédés: en général 95 %. |
|---|---|
| 2 | Possibilité d’application limitée pour les combustibles à forte teneur en soufre. |
| 3 | Emission en mg/m3 (PTN), à sec, 6 % d’oxygène pour les combustibles solides, 3 % d’oxygène pour les combustibles liquides. |
| 4 | Le facteur de conversion dépend des caractéristiques du combustible, du volume spécifique des fumées et du rendement thermique de la chaudière (facteurs de conversion appliqués (m3/kWh |
| 5 | Le coût d’investissement spécifique concerne un échantillon limité d’installations. |
| 6 | Le coût d’investissement spécifique tient compte de la dénitrification. |
Ce tableau a été établi pour des installations importantes dans le secteur public de la production d’électricité. Mais les techniques de réduction sont aussi applicables à d’autres secteurs où les émissions de fumées sont comparables.
e) Procédés de désulfuration des gaz de combustion
Ces procédés visent à éliminer les oxydes de soufre déjà formés; c’est pourquoi on parle aussi à leur propos de mesures secondaires. Les connaissances actuelles en la matière sont toutes fondées sur l’extraction du soufre au moyen de procédés chimiques par voie humide, sèche ou semi-sèche et catalytique.
Pour que le programme de réduction des émissions de soufre soit le plus efficace possible, au-delà des mesures de gestion de l’énergie de la catégorie i) ci-dessus, il faudrait envisager de combiner les moyens techniques énumérés dans la catégorie ii) ci-dessus.
Dans certains cas, les moyens mis en œuvre pour réduire les émissions de soufre peuvent aussi entraîner une diminution des émissions de CO2, de NOXet d’autres polluants.
Pour les centrales électriques publiques, les installations mixtes et les installations de chauffage urbain, on applique notamment les procédés de traitement des gaz de combustion suivants: absorption par voie humide à la chaux/au calcaire; absorption à sec par pulvérisation; procédé Wellman Lord; absorption ammoniacale; procédés d’extraction combinée des NOXet des SOX(charbon activé et extraction catalytique combinée des NOXet des SOX).
Dans le domaine de la production d’énergie, l’absorption par voie humide à la chaux/au calcaire et l’absorption à sec par pulvérisation représentent respectivement 85 % et 10 % de la puissance installée des installations de traitement des gaz de combustion.
Plusieurs nouveaux procédés de désulfuration des gaz de combustion tels que l’épuration à sec au faisceau électronique et le procédé Mark 13A en sont encore au stade expérimental.
L’efficacité des mesures secondaires susmentionnées est indiquée dans le tableau 2 ci-dessus. Les chiffres sont tirés de l’expérience pratique acquise dans un grand nombre d’installations en service. La puissance installée ainsi que l’éventail des puissances sont également mentionnés. Bien que plusieurs techniques de réduction du soufre soient comparables, les conditions propres à l’installation ou à son emplacement peuvent faire écarter telle ou telle méthode.
Le tableau 2 indique aussi les fourchettes habituelles de coût d’investissement correspondant à l’application des techniques de réduction des émissions de soufre décrites sous les rubriques ii) c), d) et e). Cependant, lorsqu’on applique ces techniques à des cas particuliers, il convient de noter que les coûts d’investissement correspondant aux mesures de réduction des émissions dépendent, entre autres choses, des techniques particulières utilisées, des systèmes antipollution requis, des dimensions de l’installation, du degré de réduction requis et de l’échelle temporelle des cycles de maintenance prévus. Le tableau ne présente donc que des fourchettes générales des coûts d’investissement. Les dépenses d’investissement nécessaires à l’adaptation antipollution dépassent en général celles entraînées par la construction de nouvelles installations.
10. Les techniques antipollution (énumérées aux rubriques ii) a) à e) du par. 9) sont applicables non seulement dans les centrales électriques – où, dans la plupart des cas, une expérience pratique a été acquise pendant plusieurs années – mais aussi dans plusieurs autres secteurs de l’industrie.
11. L’application des techniques de réduction des émissions de soufre ne dépend que des limitations afférentes à chaque procédé dans les secteurs considérés. On trouvera dans le tableau 3 ci-dessous les sources importantes d’émission de soufre et les mesures antipollution correspondantes.
Tableau 3
| Source | Mesures antipollution |
|---|---|
| Grillage des sulfures non ferreux | Réduction catalytique par voie humide à l’acide sulfurique |
| Production de viscose | Procédé à double contact |
| Production d’acide sulfurique | Procédé à double contact, rendement amélioré |
| Production de pâte kraft | Divers dispositifs incorporés |
12. Dans les secteurs énumérés au tableau 3, on peut recourir à des dispositifs incorporés, et notamment à des modifications de la matière première (combinées le cas échéant avec un traitement spécifique des gaz de combustion), pour réduire le plus efficacement possible les émissions de soufre.
13. Les exemples suivants ont été signalés:
14. L’accroissement des efforts déployés par les pays de la région de la CEE pour réduire les émissions de soufre provenant de sources fixes s’accompagnera d’une augmentation proportionnelle de la quantité de sous-produits.
15. Il conviendrait de retenir les techniques qui débouchent sur des sous-produits utilisables. Il faudrait en outre retenir les techniques qui, dans la mesure du possible, permettent d’accroître le rendement thermique et de résoudre le problème de l’élimination des déchets. Bien que la plupart des sous-produits soient utilisables ou recyclables – gypse, sels ammoniaques, acide sulfurique, soufre, etc. –, certains facteurs tels que la situation du marché et les normes de qualité doivent être pris en compte. La réutilisation des sous-produits de la combustion en lit fluidisé et de l’absorption à sec par pulvérisation nécessite que l’on fasse des progrès dans ce domaine, vu que dans plusieurs pays, les possibilités d’élimination des déchets sont limitées par la capacité des décharges et les critères applicables en la matière.
16. Les effets secondaires ou inconvénients ci-après n’empêchent l’application d’aucune technique ou méthode, mais n’en sont pas moins à prendre en considération quand plusieurs moyens de réduction du soufre sont possibles:
17. Les mesures prises par les pays pour mettre en œuvre leurs stratégies et politiques de réduction de la pollution atmosphérique comprennent des lois et des règlements, des instruments économiques incitatifs ou dissuasifs, ainsi que des exigences techniques (nécessité d’utiliser la meilleure technique disponible).
18. En général, les normes sont fixées, par source d’émission, en fonction de la taille de l’installation, du mode opératoire, de la technologie de combustion, du type de combustible et de l’ancienneté de l’installation. Une autre solution également retenue consiste à fixer un objectif de réduction globale des émissions de soufre d’un groupe de sources et à permettre de choisir le secteur d’intervention approprié pour l’atteindre (principe de la bulle).
19. Pour limiter les émissions de soufre aux niveaux fixés par la législation nationale, il faut mettre en place un système permanent de contrôle et de communication des données aux autorités de surveillance.
20. On dispose actuellement de plusieurs systèmes de contrôle fondés sur des méthodes de mesure continue ou discontinue. Toutefois, les normes de qualité varient. Les mesures doivent être effectuées par des instituts qualifiés utilisant des systèmes de mesure et de surveillance. A cette fin, un système de certification est de nature à fournir la meilleure assurance.
21. Avec les systèmes de contrôle automatique et le matériel de commande modernes, la communication des données ne pose pas de problèmes. Leur collecte en vue d’une utilisation ultérieure se fait selon les techniques actuelles. Toutefois, les données à communiquer aux autorités compétentes varient d’un cas à l’autre. Pour améliorer la comparabilité des séries, il faut harmoniser les réglementations. L’harmonisation est également souhaitable pour assurer la qualité des systèmes de mesure et de contrôle. Cette nécessité est à prendre en considération lorsqu’on compare des données.
22. Pour éviter les disparités et les discordances, il s’agit de bien définir les éléments et paramètres essentiels, notamment les suivants:
23. Il convient d’assurer la qualité des mesures.
| i (MW | ii Valeur limite d’émission (rng SO | iii Taux de désulfuration (%) | |
|---|---|---|---|
| 1. Combustibles solides (sur la base de 6 % d’oxygène dans les gaz de combustion) | 50–100 | 2000 | |
| 100–500 | 2000–400 (diminution linéaire) | 40 (pour 100–167 MW | |
| 40–90 (accroissement linéaire pour 167–500 MW | |||
| >500 | 400 | 90 | |
| 2. Combustibles liquides (sur la base de 3 % d’oxygène dans les gaz de combustion) | 50–300 | 1700 | |
| 300–500 | 1700–400 (diminution linéaire) | 90 | |
| >500 | 400 | 90 | |
| 3. Combustibles gazeux (sur la base de 3 % d’oxygène dans les gaz de combustion) | |||
| Combustibles gazeux en général | 35 | ||
| Gaz liquéfiés | 5 | ||
| Gaz à faible pouvoir calorifique (gazéification des résidus de raffinage, gaz de cokeries, gaz de hauts fourneaux) | 800 |
| Teneur en soufre (%) | |||
|---|---|---|---|
| Carburant diesel pour véhicules routiers | 0,05 | ||
| Autres types | 0,2 |
Notes
| 1 | A titre indicatif, pour une installation dotée d’un dispositif utilisant simultanément au moins deux types de combustibles, les autorités compétentes fixent des valeurs limites d’émission en tenant compte des valeurs limites de la colonne ii) applicables à chaque combustible particulier, de l’apport thermique de chaque combustible et, pour les raffineries, des caractéristiques spécifiques de l’installation qui sont pertinentes. Pour les raffineries, une telle valeur limite combinée ne doit en aucune circonstance dépasser 1700 mg SO |
|---|---|
| Les valeurs limites ne s’appliquent pas aux installations suivantes: | |
| – Installations dont les produits de combustion servent directement au chauffage, au séchage ou à tout autre traitement d’objets ou de matériaux, par exemple les fours de réchauffage, les fours de traitement thermique; – Installations de postcombustion, c’est-à-dire tout appareil industriel, conçu pour purifier par combustion les effluents gazeux, qui n’est pas exploité comme installation de combustion indépendante; – Installations pour la régénération des catalyseurs de craquage catalytique; – Installations pour la conversion de sulfure d’hydrogène en soufre; – Réacteurs de l’industrie chimique; – Fours de cokéfaction; – Régénérateurs de haut fourneau (cowpers); – Incinérateurs de déchets; – Installations à moteurs diesel, à moteurs à essence ou à gaz, ou encore à turbines à gaz, quel que soit le combustible utilisé. | |
| Lorsqu’une Partie, par suite de la teneur élevée en soufre des combustibles solides ou liquides d’origine locale, ne peut pas respecter les valeurs limites d’émission fixées dans la colonne ii), elle peut appliquer les taux de désulfuration indiqués dans la colonne iii) ou une valeur limite maximale de 800 mg SO | |
| Quand deux ou plusieurs installations nouvelles sont construites de façon telle que, compte tenu des facteurs techniques et économiques, leurs effluents gazeux puissent, de l’avis des autorités compétentes, être évacués par une cheminée commune, l’ensemble formé par ces deux installations doit être considéré comme une seule unité. | |
| 2 | mg SO après correction pour tenir compte de la teneur en vapeur d’eau. |
| Etats parties | Ratification Adhésion (A) | Entrée en vigueur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Allemagne | 3 juin | 1998 | 1erseptembre | 1998 | |
| Autriche* | 27 août | 1998 | 25 novembre | 1998 | |
| Belgique | 8 novembre | 2000 | 6 février | 2001 | |
| Bulgarie* | 5 juillet | 2005 | 3 octobre | 2005 | |
| Canada | 8 juillet | 1997 | 5 août | 1998 | |
| Chypre | 26 avril | 2006 A | 25 juillet | 2006 | |
| Croatie | 27 avril | 1999 | 26 juillet | 1999 | |
| Danemarka | 25 août | 1997 | 5 août | 1998 | |
| Espagne | 7 août | 1997 | 5 août | 1998 | |
| Finlande | 8 juin | 1998 | 6 septembre | 1998 | |
| France | 12 juin | 1997 | 5 août | 1998 | |
| Grèce | 24 février | 1998 | 5 août | 1998 | |
| Hongrie | 11 mars | 2002 | 9 juin | 2002 | |
| Irlande | 4 septembre | 1998 | 3 décembre | 1998 | |
| Italie | 14 septembre | 1998 | 13 décembre | 1998 | |
| Liechtenstein | 27 août | 1997 | 5 août | 1998 | |
| Lituanie | 22 avril | 2008 A | 21 juillet | 2008 | |
| Luxembourg | 14 juin | 1996 | 5 août | 1998 | |
| Macédoine | 5 juin | 2014 A | 3 septembre | 2014 | |
| Monaco | 9 avril | 2002 A | 8 juillet | 2002 | |
| Norvège | 3 juillet | 1995 | 5 août | 1998 | |
| Pays-Bas*b | 30 mai | 1995 | 5 août | 1998 | |
| République tchèque | 19 juin | 1997 | 5 août | 1998 | |
| Royaume-Uni | 17 décembre | 1996 | 5 août | 1998 | |
| Ile de Man | 21 novembre | 2003 | 21 novembre | 2003 | |
| Jersey | 17 décembre | 1996 | 5 août | 1998 | |
| Slovaquie | 1eravril | 1998 | 5 août | 1998 | |
| Slovénie | 7 mai | 1998 | 5 août | 1998 | |
| Suède | 19 juillet | 1995 | 5 août | 1998 | |
| Suisse | 23 janvier | 1998 | 5 août | 1998 | |
| Union européenne* | 24 avril | 1998 | 5 août | 1998 | |
| * | Réserves et déclarations. Les réserves et déclarations, ne sont pas publiées au RO. Les textes en français et en anglais peuvent être consultés à l’adresse du site Internet des Nations Unies: http://untreaty.un.org ou obtenus à la Direction du droit international public (DDIP), Section des traités internationaux, 3003 Berne. | ||||
| a | Le protocole ne s’applique pas aux Iles Féroé et au Groenland. | ||||
| b | Pour le Royaume en Europe. |
RO 2003 3331 ↩
RS 0.814.32 ↩
RS 0.814.01 ↩
RS 0.814.321 ↩
RS 0.814.322 ↩
En vue de l’adhésion de Monaco, l’adoption de cet ajustement a pris effet le 18 avril 2002. ↩
Les moyens i) a) et b) sont intégrés à la structure et à la politique énergétiques d’une Partie à la Convention. Leur degré de mise en œuvre, leur efficacité et leurs coûts par secteur ne sont pas examinés ici. ↩
Il faut surveiller le rapport soufre/sodium, par l’élimination du soufre sous forme de sels neutres et l’addition de composés sodiques non soufrés. ↩
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