342.1•342.1 Loi sur les établissements de détention
342.1LEDLoi1 janv. 1900
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Loi sur les établissements de détention (LED)¹⁴
du 2 octobre 2013
Le Parlement de la République et Canton du Jura,
vu le Code pénal suisse (CP)¹⁾, vu le Code de procédure pénale suisse²⁾, vu la procédure pénale militaire du 23 mars 1979³⁾, arrête :
CHAPITRE PREMIER : Généralités
SECTION 1 : Champ d'application
Principe
¹⁾ La présente loi régit la détention dans les établissements du Canton.
²⁾ La réglementation internationale, fédérale, intercantonale et cantonale est réservée, en particulier celle relative aux mesures de contrainte au sens de la législation sur les étrangers. Sur demande, le Service juridique en donne l'accès aux intéressés.
Terminologie
¹⁾ Dans la présente loi, le terme : a) "directeur" désigne le directeur des établissements de détention au sens de l'article 10; b)¹⁾ "responsable" désigne le responsable des agents de détention de l'établissement au sens de l'article 12, alinéa 2; c) "médecin" désigne le médecin au sens des articles 37, alinéa 3, et 38; d) "représentant religieux qualifié" désigne le représentant au sens de l'article 44; e) "avocat" désigne le défenseur du détenu qui est habilité à le représenter devant les tribunaux.
²⁾ Les termes utilisés dans la présente loi pour désigner des personnes s'appliquent indifféremment aux femmes et aux hommes.
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¹¹) Les établissements de détention du Canton sont :
Peuvent être exécutées à la prison de Porrentruy et à la prison de Delémont¹¹) :
Peuvent être exécutés à l'Orangerie :
¹ Lorsque la place disponible ne permet pas de garantir la séparation appropriée entre les femmes et les hommes, celles-ci sont placées à l'extérieur du Canton.
² Lorsque la place disponible permet de garantir la séparation appropriée des détenus majeurs et mineurs, ces derniers peuvent être placés temporairement à la prison de Delémont, notamment dans l'attente d'un transfert vers un établissement prévu à cet effet. La législation spéciale relative aux mineurs est réservée.¹¹)
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Lorsque l'état de santé du détenu l'exige, il est placé dans un établissement hospitalier approprié.
Refus d'admission
Le directeur ou le responsable peut refuser l'admission d'un détenu, quel que soit son régime d'incarcération, lorsque les circonstances le justifient, notamment l'état de santé du détenu, l'absence d'ordre d'écrou et le taux d'occupation de l'établissement.
Autorités
Les établissements de détention sont placés sous la surveillance du département dont dépend le Service juridique (dénommé ci-après : "le Département").
¹ Le directeur est rattaché au Service juridique.
² Il a notamment les attributions suivantes :
³ Le Gouvernement détermine, par voie d'ordonnance, les modalités du service de piquet et de remplacement en cas d'absence ou d'empêchement du directeur et du responsable.¹¹)
⁴ Il peut en particulier déterminer les cas dans lesquels les compétences du directeur sont transmises au Service juridique ou au responsable.¹¹)
¹ L'autorité d'écrou est l'autorité responsable de la détention de la personne incarcérée.
² En cas d'exécution de peine ou de mesure, l'autorité d'écrou est le Service juridique ou, pour le détenu placé par un autre canton, l'autorité compétente de celui-ci.
³ En cas d'arrestation provisoire, de détention provisoire et de détention pour des motifs de sûreté, l'autorité d'écrou est l'autorité désignée par le Code de procédure pénale suisse²).
Statut
¹ Les agents de détention sont rattachés au Service juridique.
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2 Le Département désigne un ou plusieurs responsables pour chaque établissement. Selon les modalités définies par le Gouvernement par voie d'ordonnance, ceux-ci peuvent être amenés à se suppléer l'un l'autre.¹¹)
3 Les agents de détention doivent être titulaires du brevet fédéral d'agent de détention ou l'acquérir en cours d'emploi.
4 L'État leur assure une formation continue.
Tâches
1 L'agent de détention veille au respect de la présente loi et la rend accessible au détenu. A la demande de celui-ci, une copie lui en est remise. 2 En particulier, l'agent de détention veille au maintien de l'ordre et de la discipline dans l'établissement, ainsi qu'au respect des droits et des obligations du détenu. 3 Il signale au directeur et à l'autorité d'écrou toutes les constatations dignes de leur intérêt qu'il a pu faire concernant le détenu. 4 Il signale au médecin, aux représentants religieux qualifiés et aux assistants sociaux les cas motivant leur intervention. 5 S'il est empêché d'assurer son service, il en avise sans délai sa hiérarchie en vue de son remplacement.
Rapport avec les détenus
1 L'agent de détention traite le détenu avec correction et impartialité. 2 Il s'abstient de tout ce qui peut nuire à sa considération. 3 Il évite toute familiarité avec le détenu. 4 Il ne parle pas avec le détenu d'une affaire pénale en cours. 5 Il n'accomplit pour lui aucune démarche sortant de ses tâches.
Renvoi
Au surplus, l'agent de détention est soumis à la législation sur le personnel de l'État.
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Ordre d'écrou
Attestation d'entrée
L'agent de détention atteste, à l'adresse de l'autorité d'écrou, la date de l'entrée et mentionne, au besoin, tout élément particulier de l'incarcération.
Registre
Information
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2 Lors de l'admission et ensuite aussi souvent que nécessaire, il l'informe, dans une langue qu'il comprend, notamment :
Fouille
¹ Lors de l'admission du détenu, l'agent de détention opère une fouille corporelle superficielle.
² Au surplus, les articles 55 et 56 s'appliquent.
Examen médical
¹ Le plus tôt possible dès l'admission, le détenu fait l'objet d'un examen médical, sauf si cela n'est manifestement pas nécessaire.
² Au surplus, les articles 38 et 39 s'appliquent.
Effets personnels
¹ Au moment de l'admission, l'agent de détention procède à un inventaire des objets et des valeurs du détenu. Celui-ci le signe. Une copie peut être remise à la personne responsable du transport de ces objets et valeurs.
² Lorsque le détenu quitte l'établissement, il signe l'inventaire de ses effets personnels. Ceux-ci sont remis, en cas de sortie, au détenu, ou, en cas de transfert dans un autre établissement, à la personne responsable du transfert.
³ Les effets d'une personne évadée, en fuite ou de domicile inconnu sont conservés dix ans, puis réalisés au profit de l'État ou détruits.
¹ L'agent de détention décide quels effets le détenu peut conserver sur lui et dans sa cellule.
² Les effets personnels et affectifs (habits, effets de toilette, alliance, matériel de correspondance, etc.) sont autorisés sous réserve des alinéas suivants.¹³
³ La détention d'animaux n'est pas autorisée.
⁴ Les médicaments, les documents d'identité, le permis de conduire, les téléphones portables et l'argent sont retirés.
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5 Des objets peuvent être retirés pour des motifs liés au but de la détention, à la sécurité, au calme et à l'ordre, ainsi que pour des raisons de santé et d'hygiène.
6 Les effets retirés sont conservés de manière appropriée et restitués, contre quittance, lors de la remise en liberté.
7 Toutefois, l'agent de détention confisque, puis fait réaliser au profit de l'Etat ou détruire, les objets interdits, dangereux, contraires aux normes d'hygiène ou qui sont le produit d'une infraction pénale ou disciplinaire. Il en informe préalablement l'autorité d'écrou et, si elle le requiert, lui remet ces objets.
Compte du détenu
¹ Un compte est établi pour chaque détenu. Y figurent :
² Le compte ne porte pas intérêts.
³ Les dispositions concordataires sont réservées.
Droits du détenu
¹ Le détenu a droit au respect de sa personnalité et de sa dignité.
² Il jouit des droits garantis par la Constitution et par la législation, dont l'exercice est restreint uniquement dans la mesure requise par la privation de liberté et par les exigences de la vie collective dans l'établissement de détention. Toute restriction doit respecter les principes constitutionnels fondamentaux.
³ Il dispose en particulier des droits de procédure garantis au chapitre VI.
⁴ Il peut faire des propositions concernant le fonctionnement des établissements.
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Logement
¹ Le détenu dispose d'une cellule individuelle dans la mesure des possibilités.
² Il est personnellement responsable de ses effets personnels, des objets mobiliers et immobiliers à sa disposition, ainsi que du rangement et de la propreté de sa cellule.
³ Le détenu a le droit d'aménager sa cellule. Toutefois, le but de la détention, la sécurité, le calme, l'ordre ainsi que la santé et l'hygiène doivent être garantis. Le responsable peut édicter des directives en la matière.
⁴ L'agent de détention examine les cellules régulièrement.
Vie communautaire
¹ Le détenu bénéficie de la vie communautaire dans le cellulaire durant les heures fixées par le directeur.
² Le directeur peut restreindre ce droit pour des motifs de sécurité, de calme, d'ordre et d'organisation, ainsi que pour des raisons de santé et d'hygiène. En cas d'urgence, l'agent de détention peut également le restreindre, dans l'attente de la décision du directeur.
³ Il est interdit à tout détenu de communiquer d'une cellule à l'autre et de pénétrer sans autorisation dans une autre cellule que la sienne.
Promenade
¹ Le détenu peut faire quotidiennement une promenade en plein air d'une heure au moins.
² Au surplus, il peut faire de l'exercice dans la mesure où les installations le permettent.
Repas
¹ L'agent de détention fournit quotidiennement trois repas au détenu.
² Les directives médicales relatives à la nutrition et les préceptes liés à l'appartenance religieuse sont pris en compte.
Alcool
Les boissons alcooliques sont interdites, sauf prescription médicale contraire.
Vêtements
¹ Le détenu porte ses vêtements personnels et doit être habillé décemment.
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2 Il peut faire venir à ses frais des vêtements de rechange.
3 S'il ne peut disposer de vêtements décents, l'agent de détention les lui fournit.
¹ Si le détenu travaille, il a droit à une rémunération.
2 La rémunération et son affectation sont fixées conformément aux dispositions concordataires.
¹ Le détenu peut suivre une formation avec l'autorisation et selon les modalités définies par l'autorité d'écrou.
2 Les dispositions concordataires sont réservées.
¹ Une fois par semaine, le détenu peut se procurer des marchandises, notamment des denrées alimentaires, à ses frais, par l'intermédiaire de l'agent de détention. Il n'est pas autorisé à se procurer des denrées alimentaires par d'autres moyens, notamment par des visites ou des colis.
2 Tout commerce entre détenus est interdit.
L'agent de détention est responsable du maintien de l'hygiène.
¹ L'agent de détention veille à la propreté du détenu, qui a le droit et l'obligation de prendre des douches régulièrement.
2 Le linge des cellules ainsi que les vêtements du détenu sont changés et blanchis régulièrement.
¹ L'agent de détention veille à la bonne santé physique et psychique du détenu.
2 Celui-ci a droit aux examens et aux traitements thérapeutiques prescrits.
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3 Le libre choix du médecin ou d'autres thérapeutes est exclu. Toutefois si le rapport de confiance est rompu entre le médecin de la prison et le détenu ou si le recours à un spécialiste est judicieux, l'agent de détention fait appel à un autre médecin. Le directeur et l'autorité d'écrou sont consultés. En cas d'urgence, ils ne sont pas consultés et sont avertis par la suite.
Examen médical
1 Le Département désigne un médecin de la prison qui effectue des visites régulières et prend toutes les mesures thérapeutiques et prophylactiques adéquates. 2 L'agent de détention fait appel au médecin en cas de besoin ou si un détenu le demande. 3 En cas d'arrêts disciplinaires, l'examen médical a lieu quotidiennement. 4 L'autorité d'écrou décide de l'hospitalisation d'un détenu sur avis du médecin. En cas d'urgence, l'agent de détention en décide et en informe sans délai le directeur, le responsable et l'autorité d'écrou. Si la sécurité l'exige, la Police cantonale assure l'encadrement du détenu hospitalisé. 5 D'entente avec le médecin, l'examen médical d'un détenu peut être confié à un autre professionnel de la santé.
Contrainte
1 D'entente avec le médecin, l'agent de détention peut rendre obligatoire l'examen médical du détenu dont l'état de santé est déficient. 2 Le médecin est compétent pour ordonner les mesures de contrainte aux conditions des articles 383 et suivants du Code civil suisse⁴), 28a de la loi sanitaire⁵), 69 et 71a de la loi sur les mesures et le placement à des fins d'assistance⁶).
1 L'agent de détention informe le médecin, l'autorité d'écrou, le directeur et le Service juridique lorsqu'un détenu refuse de se nourrir ou de boire. 2 Il organise une visite médicale. 3 Malgré le refus du détenu, l'agent de détention lui offre les repas au sens de l'article 29 et un accès permanent à la boisson.
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4 Le Département peut ordonner une alimentation forcée sur préavis et sous la conduite d'un médecin, pour autant que la personne concernée soit en danger de mort ou coure un danger grave. Il prend préalablement l'avis de l'autorité d'écrou. La mesure doit se conformer au principe de la proportionnalité.
5 Si le détenu atteste par écrit dans un document signé qu'il refuse une alimentation forcée, et ce également en cas de perte ultérieure de sa capacité de discernement, ce vœu est respecté s'il est possible d'admettre que le détenu a agi selon son libre choix et avec discernement.
Décès d'un détenu
En cas de décès d'un détenu, l'agent de détention avise immédiatement le directeur, le responsable, la Police cantonale, le Service juridique et l'autorité d'écrou.
2 Ces autorités veillent à ce qu'une information appropriée soit donnée à la famille.
Assurance-accidents
Le détenu est assuré contre les accidents conformément aux dispositions concordataires.
Principes
¹ Tout détenu peut, dans la mesure du possible, satisfaire aux exigences de sa vie spirituelle, sociale et morale.
² Toutefois, le directeur peut contrôler, limiter ou interdire les contacts avec les personnes mentionnées aux articles 44 à 46 pour des motifs liés à l'ordre et à la sécurité.
³ Ces personnes sont désignées par le Service juridique et se conforment aux dispositions de la présente loi.
4 Elles sont en particulier tenues :
a) de garder le secret, même après l'expiration de leur autorisation, sur les faits dont elles ont eu connaissance dans l'exercice de leur activité, les dispositions sanctionnant la violation de l'obligation de garder le secret étant réservées (art. 320 du Code pénal suisse¹);
b) de ne pas communiquer des renseignements ou des documents au détenu ou remis par celui-ci dans la mesure où l'autorité d'écrou ne l'y a pas autorisé;
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c) de faire preuve de discrétion tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la prison.
Assistance spirituelle
¹ Le détenu peut recevoir la visite d'un représentant qualifié de sa religion.
² Celui-ci visite le détenu individuellement et hors de la présence d'un agent de détention.
Assistance sociale
¹ Le détenu peut recevoir la visite d'un assistant social et solliciter l'aide sociale, prestations qui sont en principe fournies par l'assistance de probation.
² L'agent de détention met à la disposition du détenu les informations et les formules nécessaires.
³ La demande peut également être introduite par l'autorité d'écrou ou par l'agent de détention.
⁴ L'assistant social visite le détenu individuellement et hors de la présence d'un agent de détention.
Visiteurs de détenus
¹ Le visiteur de détenus est une personne autorisée à rendre visite aux détenus.
² Les visites ont lieu sur demande du détenu adressée à l'autorité d'écrou qui statue.
Principes
¹ Le détenu a le droit d'entretenir des contacts avec des personnes extérieures à l'établissement.
² En règle générale, il assume les frais qui en résultent. Au besoin, la prison fournit le matériel de correspondance et assume les frais de port.
³ Le directeur peut contrôler, limiter ou interdire ces contacts pour des motifs liés à l'ordre, à la sécurité et au but de la détention ainsi qu'aux conditions de la présente loi.
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4 Les relations du détenu avec les autorités de surveillance et les autorités pénales, en particulier avec le Service juridique et l'autorité d'écrou, ne peuvent être soumises à un contrôle.
5 L'article 84, alinéa 3, du Code pénal suisse¹⁾ et les dispositions internationales en matière de relations consulaires sont réservés.
¹ Le détenu a droit au courrier.
² L'agent de détention contrôle le courrier. Le détenu est informé de ce contrôle.
³ Sur décision du directeur, tout ou partie du courrier peut ne pas être transmis lorsqu'il est constitutif d'une infraction ou vise la commission d'une infraction, ainsi que pour des motifs liés à l'ordre, à la sécurité et au but de la détention.
⁴ Le détenu est informé si un courrier n'est pas transmis, totalement ou partiellement, à son destinataire.
⁵ La correspondance avec les avocats, les médecins, les représentants religieux qualifiés n'est pas contrôlée. En cas d'abus, le directeur peut interdire cette correspondance.
¹ Le détenu a le droit de téléphoner à ses frais au moyen du téléphone de l'établissement.
² Le directeur fixe, par voie de directives, les modalités et la durée du téléphone selon les disponibilités de l'établissement.
³ Les communications téléphoniques de l'extérieur ne sont transmises au détenu qu'en cas d'urgence.
⁴ Sur décision du directeur, du Service juridique ou de l'autorité d'écrou, tout ou partie des communications peuvent être écoutées pour des motifs liés à l'ordre, à la sécurité et au but de la détention. Elles peuvent être enregistrées, conservées et mises à disposition des autorités d'écrou. Le détenu et son interlocuteur sont préalablement informés de ces possibilités.
⁵ Le Gouvernement fixe, par voie d'ordonnance, les conditions et modalités de l'écoute et de l'enregistrement.
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6 Les communications avec les avocats, les médecins et les représentants religieux qualifiés sont gratuites. Les communications avec les avocats ne peuvent être ni écoutées ni enregistrées.
Bibliothèque et presse
¹ Le responsable gère une bibliothèque à disposition des détenus.
² A ses frais, le détenu peut s'abonner à des journaux et revues et commander des livres.
Autres médias
¹ Un appareil de télévision au moins est mis à la disposition des détenus au sein de l'établissement. En outre, un appareil de télévision est en principe disponible dans chaque cellule.
² Le directeur décide de l'usage d'autres médias, en particulier de radios, d'appareils multimédias et d'ordinateurs. Si ces médias sont propriété du détenu, le responsable peut en tout temps les faire contrôler aux frais de celui-ci par des spécialistes.
³ Par l'usage de ces médias, le détenu est tenu de ne pas importuner les autres détenus.
Visites
¹ Le détenu peut, sur autorisation écrite, recevoir des visites.
² Les horaires, la fréquence, la durée et les modalités des visites sont réglés par voie d'ordonnance.
³ L'avocat peut visiter et communiquer librement avec le détenu, sans que le contenu de leurs échanges ne soit contrôlé. En cas d'abus, l'agent de détention informe le directeur qui pourra limiter les relations du détenu avec son avocat.
Congés
Les congés sont accordés conformément aux dispositions fédérales et concordataires.
Mesures d'identification
Les mesures d'identification du détenu suivantes sont admises :
a) la copie d'une pièce d'identité;
b) la prise de photographies du détenu;
c) les mensurations et le relevé de caractéristiques physiques;
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d) la prise d'empreintes digitales.
Fouilles et contrôles
¹ Le détenu peut être fouillé en tout temps dans un local approprié (fouille corporelle superficielle), de même que ses effets personnels et sa cellule.
² Si elle implique de se déshabiller, la fouille s'opère en l'absence d'autres détenus.
³ La fouille corporelle superficielle est opérée par une personne du même sexe que le détenu, à savoir par un agent de détention ou une personne formée à cet effet que celui-ci désigne.
¹ Le détenu soupçonné de dissimuler des objets interdits à l'intérieur de son corps peut être soumis à un examen corporel (fouille corporelle intime).
² Sur ordre d'un agent de détention, le détenu soupçonné de consommer de l'alcool ou des stupéfiants peut être soumis à des examens d'urine, des contrôles de l'haleine, des prises de sang, ainsi qu'à une fouille corporelle intime.
³ Les fouilles et contrôles au sens du présent article sont également opérées aux conditions déterminées préalablement par le directeur ou l'autorité d'écrou pour des motifs liés à l'ordre, à la sécurité, au but de la détention ainsi que pour des raisons de santé.
⁴ La prise de sang et la fouille corporelle intime sont opérées par un médecin ou un autre membre du personnel médical; en cas de fouille corporelle intime, ces derniers doivent être du même sexe que le détenu.
⁵ Les résultats d'analyse sont envoyés aux autorités d'écrou pour information.
Vidéo-surveillance
¹¹ ¹ Pour des motifs de sécurité, une vidéosurveillance peut être installée à l'entrée de l'établissement et dans les locaux communs de détention.
² Une vidéosurveillance peut être installée dans les cellules de réflexion. Elle n'est utilisée que sur ordre du directeur lorsque le détenu représente un risque pour lui-même ou pour les tiers. Celui-ci en est informé.
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3 Une vidéosurveillance n'est pas autorisée dans d'autres lieux, notamment dans les cellules ordinaires et dans les sanitaires.
4 La vidéosurveillance est rendue visible, avec référence au présent article.
5 L'agent de détention s'assure du fonctionnement de la vidéosurveillance et des mesures organisationnelles et techniques propres à assurer l'intégrité, la disponibilité et la confidentialité des données.
6 La vidéosurveillance permet, à des fins de sécurité, le visionnage direct des images par les agents, le responsable et le directeur. En cas d'alarme, les images peuvent également être visionnées directement par la police cantonale.
7 La vidéosurveillance est équipée d'un système d'enregistrement. Les données sont conservées 48 heures. Si une procédure pénale ou disciplinaire est ouverte, l'autorité en charge de la procédure peut décider de conserver l'enregistrement pendant la durée de celle-ci. En cas de nécessité, seuls le directeur, le responsable, le Service juridique, l'autorité d'écrou et les autorités de poursuite pénale sont habilités à consulter les données.
8 D'éventuelles contestations relatives à la vidéosurveillance peuvent être adressées au Service juridique, conformément à la législation relative à la protection des données.
Echange d'informations entre autorités
¹⁶) ¹ Les établissements de détention du Canton, le Service juridique, l'assistance de probation et la Police cantonale peuvent échanger mutuellement, ainsi qu'avec la police et les établissements de détention d'autres cantons et avec d'autres personnes ou organes intervenant dans le cadre de l'exécution des peines et mesures, des renseignements, y compris des données sensibles et des profils de la personnalité, dans le but d'assurer la sécurité publique ainsi que le placement et le suivi de détenus. Ils sont habilités à transmettre le dossier ou des éléments de celui-ci.
² Les établissements de détention du Canton, le Service juridique et l'assistance de probation peuvent solliciter, en particulier dans le but d'assurer la sécurité publique ou d'instruire des dossiers, la collaboration d'autres autorités, institutions ou personnes impliquées dans le suivi de la personne concernée. Ils peuvent alors échanger avec elles les renseignements et documents mentionnés à l'alinéa premier. Ils peuvent également répondre à des demandes de collaboration d'autres cantons.
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Armes
¹ L'agent de détention accomplit son service sans arme à feu.
² Sous réserve de l'article 59, aucune arme à feu n'est autorisée dans les établissements.
³ Les armes et les moyens de contrainte suivants sont autorisés en cas de besoin impérieux, en tant que leur usage se conforme strictement au principe de la proportionnalité et moyennant la formation appropriée de l'agent de détention qui l'utilise :
Force publique
¹ Si nécessaire, l'agent de détention, le directeur et le Service juridique peuvent avoir recours à la force publique, par l'intermédiaire de la Police cantonale.
² Cas échéant, celle-ci est tenue d'intervenir mais détermine les modalités d'intervention et agit sous sa responsabilité. ³ L'autorité d'écrou responsable du détenu est tenue informée de l'intervention de la force publique si elle est ciblée spécifiquement contre ce détenu.
SECTION 7 : Discipline
Obligations du détenu
Le détenu doit se conduire correctement, se conformer à la présente loi et aux instructions de l'agent de détention et respecter les autres détenus.
Mesures prises par l'agent de détention
¹ Si un détenu contrevient à ses obligations, l'agent de détention lui adresse les remarques appropriées.
² En cas d'indiscipline grave, l'agent de détention prend les mesures nécessaires, informe le responsable et saisit immédiatement le directeur le premier jour ouvrable. Il peut notamment isoler le détenu fautif avant une mesure disciplinaire au sens des articles 63 et suivants.
Mesures disciplinaires
¹ Le détenu est passible de sanctions disciplinaires en cas d'acte contraire à la présente loi, au plan d'exécution ou à la discipline.
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2 Constituent notamment une infraction disciplinaire :
¹ Les sanctions disciplinaires sont les suivantes :
h)¹³) les arrêts disciplinaires jusqu'à 14 jours.
² La sanction est prononcée en fonction de la gravité de la faute, du caractère unique ou répété de l'acte, des avertissements qui ont précédé et de la situation personnelle du détenu.
³ Les sanctions peuvent être cumulées dans le respect du principe de la proportionnalité.
⁴ La sanction disciplinaire peut être assortie d'un sursis ou d'un sursis partiel avec un délai d'épreuve de six mois au maximum.
⁵ Le sursis à l'exécution est révoqué lorsque la personne détenue s'est rendue coupable d'une nouvelle infraction disciplinaire durant le délai d'épreuve.
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¹ Les sanctions disciplinaires sont de la compétence du directeur.
² Le détenu est informé des faits qui lui sont reprochés et invité à se prononcer, oralement ou par écrit.
³ Le directeur procède aux investigations et confrontations nécessaires.
⁴ Le directeur consulte l'autorité d'écrou, oralement ou par écrit, et lui notifie sa décision.
¹ Les sanctions disciplinaires ne peuvent être prononcées que si la procédure est ouverte au plus tard dans les six mois suivant la découverte de l'infraction ou, en cas d'évasion, dans les trente jours dès le retour du détenu.
² Le droit de prononcer une sanction se prescrit par douze mois dès l'ouverture de la procédure. Ce délai est suspendu pendant la durée d'une procédure pénale. La prescription absolue est de cinq ans dès la commission de l'infraction.
Responsabilité civile
¹ En cas de détérioration fautive des biens de l'Etat, le détenu est tenu à indemnisation. Au surplus, sa responsabilité civile au sens des articles 41 et suivants du Code des obligations⁷) est réservée.
² La compensation avec sa rémunération ou son compte est possible.
³ Les sanctions disciplinaires et pénales sont réservées.
CHAPITRE IV : Dispositions particulières applicables à l'arrestation provisoire, à la détention provisoire et à la détention pour des motifs de sûreté
Champ d'application
Les dispositions particulières du présent chapitre s'appliquent au détenu arrêté provisoirement, en détention provisoire ou en détention pour des motifs de sûreté.
Compétences de l'autorité d'écrou
¹ Pour des motifs liés au but de la détention, l'autorité d'écrou est compétente pour :
a) ordonner que des effets ne soient pas mis à disposition du détenu (art. 23);
b) restreindre le droit à la vie communautaire (art. 27);
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² Sont réservées les compétences des autres autorités au sens de la présente loi pour des motifs liés à l'ordre, à la sécurité, au calme et à l'hygiène.
Travail
¹ En dérogation à l'article 32, le détenu ne peut être astreint au travail.
² Il peut demander à travailler si l'autorité d'écrou y consent et dans la mesure des possibilités offertes par l'établissement.
Contrôle du courrier
En dérogation à l'article 48, alinéa 2, l'autorité d'écrou contrôle le courrier.
Médias
Pour des motifs liés au but de la détention, l'autorité d'écrou peut restreindre le droit du détenu à la télévision, à l'ordinateur et aux autres médias (art. 51).
Visites
¹ L'autorité d'écrou délivre l'autorisation écrite de recevoir des visites au sens de l'article 52, alinéa 1. Elle décide également en application de l'article 52, alinéa 5, de l'utilisation du parloir vitré et de la présence d'un agent de détention.
² L'autorité d'écrou peut ordonner la présence d'un interprète pendant les visites.
Champ d'application
¹³) Les dispositions particulières du présent chapitre s'appliquent au détenu en semi-détention et en travail externe.
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Semi-détention et travail externe
Les peines privatives de liberté exécutées sous le régime de la semi-détention et de travail externe le sont conformément aux dispositions concordataires.
Incarceration 1. Fouille
En dérogation à l'article 20, alinéa 1, la fouille s'opère sur décision de l'agent de détention.
¹ En dérogation à l'article 22, l'agent de détention décide de l'établissement d'un inventaire des objets et des valeurs du détenu. Cas échéant, les articles 22 à 24 s'appliquent.
² En dérogation à l'article 23, alinéa 4, les médicaments, les documents d'identité, le permis de conduire, les téléphones portables et l'argent peuvent être conservés par le détenu, moyennant l'autorisation de l'agent de détention.
¹ En dérogation à l'article 24, un compte n'est pas tenu pour le détenu en semi-détention. Une décision contraire de l'autorité d'écrou est réservée.¹³)
² L'article 24 s'applique au détenu en travail externe.
Repas et nourriture
¹ En dérogation à l'article 29, alinéa 1, le détenu prend, en règle générale, ses repas à l'extérieur durant les jours de travail, à l'exception du petit-déjeuner.
² Le directeur peut édicter des directives sur la nourriture que le détenu peut apporter.
Courrier
En dérogation à l'article 48, alinéa 2, première phrase, le courrier n'est pas contrôlé, sauf décision contraire de l'agent de détention.
CHAPITRE VI : Plainte et voies de droit
Plainte
¹ Tout détenu s'estimant lésé a la faculté d'adresser au directeur une plainte écrite, motivée, datée et signée, dans un délai de dix jours dès la commission de l'acte.
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2 Le dépôt d'une plainte ne donne pas droit à une décision. 3 Cependant, le détenu est informé de la suite donnée à sa démarche.
Voies de droit
¹ Les décisions rendues par les autorités administratives du Canton en application de la présente loi sont sujettes à opposition puis à recours devant la Cour administrative; celles rendues par d'autres autorités d'écrou sont soumises aux voies de droit définies par la législation qui les régit, en particulier par le Code de procédure pénale suisse².
² L'opposition et le recours n'ont pas d'effet suspensif et les dispositions relatives aux féries ne s'appliquent pas. Une décision contraire de l'autorité qui a rendu la décision ou de l'autorité de recours, d'office ou sur requête, est réservée. Si les circonstances le justifient, l'autorité de recours peut en tout temps retirer l'effet suspensif accordé ou prendre d'autres mesures provisionnelles. ³ En outre, en matière de mesures disciplinaires (art. 62 et suivants), la procédure d'opposition ne s'applique pas et le délai de recours est de cinq jours. ⁴ Pour le surplus, la procédure est régie par le Code de procédure administrative⁸.
Dispositions d'exécution
Le Gouvernement peut édicter les dispositions nécessaires à l'exécution de la présente loi.
Tarifs
¹ Le Gouvernement peut fixer, par voie d'arrêté, les tarifs journaliers applicables aux autorités qui placent un détenu sur le territoire cantonal.
² Les accords intercantonaux sont réservés.
Droit transitoire
La présente loi s'applique immédiatement aux détentions en cours au moment de son entrée en vigueur.
Modification du droit en vigueur
Le titre de la section III et les articles 42 à 44 de la loi d'introduction du Code de procédure pénale suisse (LiCPP)³ sont abrogés.
342.1
Référendum facultatif
Entrée en vigueur
La présente loi est soumise au référendum facultatif.
Le Gouvernement fixe l'entrée en vigueur¹⁰ de la présente loi.
Delémont, le 2 octobre 2013
AU NOM DU PARLEMENT DE LA REPUBLIQUE ET CANTON DU JURA
Le président : Alain Lachat Le secrétaire : Jean-Baptiste Maître
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