Personal notification required in domestic violence dismissals

BK 2014 16Tribunale superiore / Camera dei ricorsi25 feb 2014Partially Granted

Estratto da Omnilex

Sintesi Omnilex

In a domestic violence case, the complainant appealed against a dismissal order that had been sent to the conjugal home and received by her husband. The chamber held that, despite Article 85(3) CPP, such proceedings require personal notification to the complainant because the case remains pending and may be resumed until dismissal. The dismissal order was therefore not validly served, making the appeal filed after actual knowledge timely. The same defect affected the earlier suspension order, so the prosecutor must determine whether to serve it anew or issue a new suspension order.

Massima Omnilex

Art. 85 al. 3 CPP; notification in domestic violence proceedings; where the procedural context requires personal service to protect the parties’ rights, service at the common household to a spouse does not constitute valid notification. In such cases the ordinary deeming rule of notification is displaced by the need for direct service. If a dismissal order is not validly notified, the appeal period under Art. 396 al. 1 CPP runs only from actual knowledge. A complainant who learns of the order without fault may therefore appeal in time. Where a suspension order was served under the same defective conditions, the prosecuting authority must re-establish proper notification or issue a new suspension order (consid. 8).

Testo completo

BK 2014 16

Décision de la Chambre de recours pénale

Juges d’appel Stucki (Président e.r.), Schnell et Trenkel, Greffière Vogt

du 25 février 2014

en la procédure pénale dirigée contre

A.

prévenu

B.

représentée en justice par Me X.

partie plaignante/recourante

pour violences domestiques

Chapeau

L’art. 85 al. 3 CPP, qui stipule qu’un prononcé est réputé notifié lorsqu’il a été remis à son destinataire ou à un de ses familiers, précise que les directives des autorités pénales concernant une communication à adresser personnellement au destinataire sont réservées. Dans les procédures pour violences conjugales, la protection des droits des parties exigent que les autorités pénales notifient les ordonnances ou décisions aux parties concernées personnellement, pour que les actes soient considérés comme valablement notifiés.

Remarques rédactionnelles

A la demande de la partie plaignante, le Ministère public a suspendu la procédure dirigée contre le prévenu pour violences domestiques en application des art. 314 al. 1 CPP et 55a CP, en précisant qu’en l’absence de révocation de l’accord, la procédure serait définitivement suspendue après l’écoulement du délai de six mois (art. 55a al. 3 CP). L’ordonnance de classement de la procédure rendue par la suite a fait l’objet de deux notifications séparées, l’une à la partie plaignante et l’autre à son mari, prévenu dans la procédure. Les deux envois ont cependant été réceptionnés par le mari de la partie plaignante. Cette dernière n’ayant eu connaissance de l’ordonnance de classement que fortuitement, elle n’a recouru contre ladite ordonnance que près de 2 mois après sa notification.

Extraits des considérants:

[...]

8. L’ordonnance de classement du 5 novembre 2013 a fait l’objet de deux notifications séparées, l’une à B., l’autre à son mari, A.; les deux envois étaient cependant munis de la même adresse, soit celle du domicile conjugal. Or, au vu de la signature figurant sur les deux accusés de réception, il appert que ces deux envois ont été réceptionnés par le mari de B. Cette dernière n’a, selon les explications données par son mandataire, eu connaissance de l’ordonnance de classement que le 9 janvier 2014, soit lorsqu’elle a regardé dans les affaires de son mari avant de quitter le domicile conjugal. Certes, l’art. 85 al. 3 CPP stipule que le prononcé est réputé notifié lorsqu’il a été remis au destinataire, à l’un de ses employés ou à toute personne de plus de seize ans vivant dans le même ménage. Il y est cependant précisé que les directives des autorités pénales concernant une communication à adresser personnellement au destinataire sont réservées. Or, dans des procédures ayant pour objet des violences conjugales, la protection des droits des parties exige que les autorités pénales notifient les ordonnances ou décisions aux parties concernées, personnellement, pour que les actes soient considérés comme ayant été valablement notifiés. En effet, quand bien même la procédure est suspendue, les autorités pénales doivent garder à l’esprit qu’elle est toujours pendante et que sa suspension a précisément pour but de donner l’occasion à la victime présumée de tester si la vie commune évolue positivement et fonctionne à nouveau; une reprise de la procédure est donc en tout temps possible jusqu’au classement. Le fait que B. a déclaré retirer sa plainte dans sa lettre du 16 octobre 2012 ne permettait pas d’admettre que tous les problèmes étaient définitivement résolus au sein du couple. Le droit pénal et le droit de procédure sont conçus dans l’idée que des changements sont susceptibles d’intervenir ou que des pressions peuvent être exercées en cours de procédure pour violences conjugales, aussi longtemps qu’un classement n’a pas été ordonné. Il y a donc lieu d’admettre que l’ordonnance de classement du 5 novembre 2013 n’a pas été valablement notifiée à B. La question de savoir si la désignation du domicile de notification qu’elle a faite lors de son audition par la police en date du 27 juillet 2012 était encore valable, peut rester ouverte.

Au vu de ce qui précède, il y a lieu d’admettre que le recours déposé par Me X. pour B. en date du 20 janvier 2014 contre l’ordonnance de classement du 5 novembre 2013 l’a été en temps utile au sens de l’art. 396 al. 1 CPP, soit dans le délai de 10 jours suivant la prise de connaissance de l’ordonnance de classement, cette dernière n’étant parvenue que le 9 janvier 2014 dans la sphère de compétence de B., qui était donc sans sa faute dans l’impossibilité d’agir avant cette date.

Dans la mesure où la notification de l’ordonnance de suspension du 8 avril 2013 est intervenue dans les mêmes conditions que celles de l’ordonnance de classement et que B. n’en a jamais eu connaissance, elle ne savait pas dans quel délai il fallait qu’elle agisse pour demander une reprise de la procédure. Dans ces conditions, l’ordonnance de classement est nulle et il appartiendra au Ministère public de décider s’il y a lieu de procéder à une nouvelle notification en bonne et due forme de l’ordonnance du 8 avril 2013 ou si une nouvelle ordonnance de suspension doit être rendue et notifiée.

[...]

1

Parole chiave

notificationdomestic violenceappeal periodpersonal servicedismissal ordersuspension of proceedingsnullity

Estratto da Omnilex

Questione giuridica chiave

Whether the dismissal order of 5 November 2013 was validly notified to B.

Decisione estratta

In domestic violence proceedings, personal service was required; service at the marital home to the husband did not constitute valid notification to B.

Motivazione estratta

Article 85(3) CPP is reserved by prosecutorial instructions requiring personal notification. Because the case was still pending and could be resumed at any time until dismissal, the parties’ rights required direct notification to the affected complainant.

Questione giuridica chiave

Whether the appeal filed on 20 January 2014 against the dismissal order was timely.

Decisione estratta

Yes. The appeal was filed within 10 days of B.'s actual knowledge of the order on 9 January 2014.

Motivazione estratta

Since the dismissal order had not been validly notified, the appeal period under Article 396(1) CPP began only when B. actually became aware of the order and was not at fault for not acting earlier.

Questione giuridica chiave

What consequence followed from the invalid notification of the earlier suspension order of 8 April 2013.

Decisione estratta

The suspension order was also not known to B.; the prosecutor must decide whether to renotify it properly or issue a new suspension order.

Motivazione estratta

Because the suspension order was served under the same defective conditions and B. never learned of it, she could not know the deadline for requesting continuation of the proceedings.

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