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TRIBUNAL CANTONAL
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C H A M B R E D E S T U T E L L E S
Arrêt du 23 juin 2010
Présidence de M. D E N Y S , président
Juges:MM. Giroud et Colombini
Greffier :MmeFauquex-Gerber
Art. 445 al. 2 CC, 482 CPC
La Chambre des tutelles du Tribunal cantonal prend séance
pour s’occuper de la requête déposée par W., à Lausanne, tendant
à l'interprétation de l'arrêt rendu le 29 octobre 2009 par la Chambre des
tutelles du Tribunal cantonal dans la cause concernant C..
Délibérant à huis clos, la cour voit :
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E n f a i t :
A.Par décision du 9 novembre 2006, la Justice de paix du district
de Lausanne a prononcé l'interdiction civile de C., né le 21 avril
1952, et désigné son père, W., en qualité de tuteur de celui-ci.
Par décision du 25 juin 2009, la Justice de paix du district de
Lausanne a destitué avec effet immédiat W.________ de son mandat de
tuteur de C.________ (I), ordonné à W.________ de remettre à la nouvelle
tutrice l'intégralité des documents en sa possession et toutes les pièces
justificatives comptables de la tutelle dans un délai de dix jours (II),
nommé Me [...] en qualité de tutrice de C.________ (III), invité la nouvelle
tutrice à établir le compte 2008 en recourant si besoin est aux services
d'une fiduciaire, les frais relatifs à l'établissement de ce compte étant mis
à la charge de W., ancien tuteur, et ce en raison de la gravité des
faits (IV), attiré l'attention de la tutrice sur les règles concernant une
éventuelle action en responsabilité à l'égard de W. (V), donné pour
instructions à Me [...] d'examiner l'opportunité d'agir par toute voie utile,
civile et pénale, à l'encontre du précédant tuteur en rapport avec tout
dommage encouru par le pupille (VI), l'a autorisée à plaider et transiger
dans le cadre de toute procédure qu'il y aura lieu le cas échéant de
diligenter (VII) et mis les frais de la décision, par 150 fr., à la charge de
W.________ (VIII).
Par arrêt du 29 octobre 2009, la Chambre des tutelles du
Tribunal cantonal a partiellement admis le recours de W.________ (I),
réformé le chiffre IV du dispositif de la décision de la justice de paix du 25
juin 2009 en ce sens que [...] est invitée à établir le compte 2008 en
recourant si besoin aux services d'une fiduciaire, les frais relatifs à
l'établissement de ce compte étant mis à la charge de W., ancien
tuteur (II), annulé les chiffres VI et VII du dispositif de la décision du 25 juin
2009 (III), confirmé la décision précitée pour le surplus (IV) et arrêté les
frais de deuxième instance de W. à 500 fr. (V).
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Par arrêt du 15 mars 2010, le Tribunal fédéral a déclaré
irrecevable le recours de W.________ contre l'arrêt du 29 octobre 2009 (I),
arrêté à 1000 fr. les frais judicaires mis à la charge du recourant (II) et dit
que l'arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre des tutelles du
Tribunal cantonal vaudois (III).
Par acte du 22 avril 2010 adressé à la Chambre des tutelles,
W.________ a formé une demande d'interprétation de l'arrêt du 29 octobre
- Il a conclu, avec suite de frais et dépens, à titre provisoire, à la
restitution de l'effet suspensif jusqu'à droit connu sur sa requête en
interprétation et, au fond, à ce que la décision de la justice de paix du 25
juin 2009 soit complétée par un chiffre I bis selon lequel W.________ est
libéré de son mandat de tuteur de C..
Le 7 mai 2010, le Président de la Chambre des tutelles a rejeté
la requête d'effet suspensif de W..
Dans le délai imparti, W.________ n'a déposé ni mémoire
complémentaire ni pièce.
Le 2 juin 2010, C.________ s'en est remis à justice.
E n d r o i t :
1.a)Une demande d'interprétation doit être faite par requête
motivée au juge ou au tribunal qui a statué définitivement (art. 483 al. 1
CPC, code de procédure civile du 14 décembre 1966, RSV 270.11), car la
juridiction qui a rendu le jugement objet de la demande est la mieux à
même de préciser un dispositif peu clair (BGC 1966, p. 756). Elle ne peut
avoir pour objet qu'un jugement définitif ou un arrêt. Tant que le jugement
n'est pas définitif, la voie du recours est ouverte (BGC 1966, p. 755).
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b) En l'espèce, l'arrêt de la cour de céans dont l'interprétation
est requise est définitif et exécutoire. La requête a été adressée à
l'autorité qui a rendu le dispositif de l’arrêt, le recours subséquent au
Tribunal fédéral ayant été déclaré irrecevable, faute pour le requérant
d'avoir épuisé les moyens de droit cantonal, dont celui de l'interprétation.
La requête est dès lors recevable.
2.a)En vertu de l'art. 482 CPC, il y a lieu à interprétation d'un
jugement définitif ou d'un arrêt lorsque le dispositif en est équivoque,
incomplet, contradictoire ou encore lorsque, par une inadvertance
manifeste, le dispositif est en contradiction flagrante avec les motifs. Si
seul le dispositif d'un jugement ou d'un arrêt est susceptible d'être
interprété, les considérants d'un jugement ou d'un arrêt peuvent servir à
interpréter son dispositif (JT 1980 III 36), du moins lorsque celui-ci est
obscur ou insuffisant (cf. note de J.-M. Rapp sur l'arrêt précité, JT 1980 III
38, spéc. p. 40).
L'interprétation a pour objet de reformuler clairement et
complètement une décision qui ne l'a pas été alors même qu'elle a été
clairement et pleinement pensée et voulue (Poudret, Commentaire de la
loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. V, 1992, n. 1 ad art. 145 OJ, p.
77). A cet égard, l'énumération des conditions de l'interprétation est
limitative et celles-ci doivent être interprétées restrictivement, afin que les
parties ne puissent recourir à cette procédure pour obtenir une revision du
jugement (BGC 1966, p. 756; Poudret/Haldy/Tappy, Procédure civile
vaudoise, 3
ème
éd., Lausanne 2002, n. 3 ad art. 482 CPC, p. 749).
Le dispositif est équivoque lorsqu'en raison de sa rédaction, il
manque de clarté ou de précision et peut donner lieu à des interprétations
diverses et contradictoires. Il est incomplet dans le cas où le tribunal a
omis d'y exprimer la décision prise. Il est contradictoire lorsqu'un de ses
éléments est en contradiction avec un autre. Enfin, s'agissant du grief tiré
de la contradiction du dispositif avec les motifs du jugement ou de l'arrêt,
il n'est recevable que si la contradiction en question est flagrante et
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découle d'une inadvertance manifeste (Poudret, op. cit., n. 3.1 à 3.4 ad
art. 145 OJ, pp. 81-82).
b)Comme l'indique le Tribunal fédéral dans son arrêt du 15 mars
2010, la destitution de l'art. 445 al. 1 CC comporte une connotation
négative qui porte atteinte à l'honneur du tuteur, ce qui n'est pas le cas
pour la libération prévue à l'art. 445 al. 2 CC. Considérant que le tuteur
avait été négligent et s'était rendu coupable d'abus dans l'exercice de ses
fonctions, la justice de paix, dans sa décision du 25 juin 2009, a fait
application de l'art. 445 al. 1 CC et a destitué le requérant de sa fonction
de tuteur. Or, si la Chambre des tutelles a confirmé qu'il devait être mis fin
aux fonctions du tuteur, elle a, dans les considérants de son arrêt du 29
octobre 2009, motivé sa décision par l'âge du tuteur et par le conflit qui
l'opposait au pupille (cons. 1a). Elle a précisé qu'il n'était pas établi que le
tuteur ait commis une faute dans le gestion des comptes. Il existe dès lors
une contradiction entre les considérants de l'arrêt et son dispositif, en tant
que celui-ci confirme la décision attaquée qui prononçait une destitution.
Dans ces conditions, il se justifie de donner suite à la requête en interpré-
tation de W.________.
- La requête en interprétation de W.________ doit donc être
admise et le dispositif de l'arrêt de la Chambre des tutelles du 29 octobre
2009 réformé en ce sens que le requérant est relevé avec immédiat de
son mandat de tuteur.
L'arrêt est rendu sans frais.
Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens, la Chambres des tutelles,
comme la justice de paix, n'ayant pas le rôle de partie (JT 2001 III 122,
Poudret/Haldy/Tappy, op.cit., n. 2 ad art. 396 CPC).
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Par ces motifs,
la Chambre des tutelles du Tribunal cantonal,
statuant à huis clos,
p r o n o n c e :
I. La demande d'interprétation est admise.
II. Le dispositif de l'arrêt de la Chambre des tutelles du 29
octobre 2009 est complété par un chiffre I bis comme il suit :
I. bis Le chiffre I du dispositif de la décision rendue le 25 juin
2009 par la Justice de paix du district de Lausanne est
réformé comme il suit :
I. Relève avec effet immédiat W.________ de son mandat
de tuteur de C., né le 21 avril 1952.
III. L'arrêt, rendu sans frais, est exécutoire.
Le président :La greffière :
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié à :
-Me Jean-Pierre Moser (pour W.),
-Me Stéphanie Cacciatore (pour C.________),
et communiqué à :
-Justice de paix du district de Lausanne.
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par l'envoi de photocopies. Il prend date de ce jour.
Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
présente notification (art. 100 al. 1 LTF).
La greffière :
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